Ciné229Awards 2018: Les nominés

Le Ciné 229 Awards est une soirée, organisée par l’Association Terre d’ébène, au cours de laquelle , les acteurs du cinéma béninois sont célébrés. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. L’édition 2018 va se dérouler le 8 décembre prochain au CanalOlympia Wologuede. En attendant voici la liste des nominées dans les 16 catégories. Votez dès maintenant pour votre réalisateur préféré en  cliquant sur ce lien

1- MEILLEURE AFFICHE DE FILM (Documentaire)

  • Fidèl Hounhouede
  • Olivier Medjigbodo
  • Boris Kouakou
  • Prudence AdoukonouMULTI-PANEL - AFFICHE DOCUMENTAIRE.png

2- MEILLEURE AFFICHE DE FILM  (Fiction)

  • Olivier Kpossa
  • Beaucejour Akodjenou
  • Marie-Pierre Dossou

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3-  INTERPRÉTATION FÉMININE

  • Idayatou Ibrahim
  • Marielie Dangnivo
  • Mazidath Bello MULTI-PANEL - INTERPRETATION FEMININE.png

4-  INTERPRÉTATION MASCULINE

  • Julio Avanhoun
  • Thomas Chakla
  • Josué Otou

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5- MAQUILLAGE DE FILM

  • Leyla Adje-Chabi
  • Emeuraude Houenon
  • Eunice Adande
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6- MEILLEUR MONTAGE (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Bilal Bababodi
  • Boris Kouakou
  • rudence Adoukonou

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7- MEILLEUR MONTAGE (Fiction)

  • Olivier Kpossa
  • George Gougnon
  • Elodie Guedeme

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8- MEILLEURE MUSIQUE DE FILM (Fiction)

  • Esaie Dakossi
  • Didier Guedou
  • Raunad Sagbohan

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9- MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (Documentaire)

  • Eudon Houessou
  • Alain Nounagnon
  • Marcelin Alosse

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10- MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (Fiction)

  • Lariaus Honvo
  • Geff Atindegla
  • Abraham Hounkanrin

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11- MEILLEURE RÉALISATION ( fiction)

  • Gédéon Djogbenou
  • Beaucejour Akodjenou
  • Mystourath Nouwatin
  • Loïc Francisco

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12- MEILLEURE RÉALISATION (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Olivier Medjigbodo
  • Dieudonné Osse
  • Osée Adamassou

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13-MEILLEUR SCENARIO  (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Olivier Medjigbodo
  • Dieudonné Osse
  • Osée Adamassou

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14- MEILLEUR SCENARIO (Fiction)

  • Gédéon Djogbenou
  • Beaucejour Akodjenou
  • Mystourath Nouwatin
  • Loïc FranciscoMULTI-PANEL - SCENARIO FICTION.png

15-  MEILLEUR SON (Documentaire)

  • Amoureck Hounleba
  • Gaetan Akpasso
  • Marcelin Alosse
  • Hugues Bossoudaho

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16- MEILLEUR SON (Fiction)

  • Didier Guedou
  • Constant Tevoedjre
  • Jean-François Amehounkpe

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Voilà les nominés de l’édition 2018 du ciné229Awards. Vous aimez le travail de l’un d’eux? soutenez le en votant sur ce lien

Témoignage : J’ai occupé le poste de scripte sur une fiction

Le weekend dernier le réalisateur béninois Yaovi Amehounkpe m’a invité sur son plateau. Il m’a proposé le poste de script. Je savais que j’allais vous parler de ce poste à travers une interview avec une vraie scripte afin qu’elle nous explique en quoi consiste son job. Je le ferai mais en attendant, je partage avec vous  ce à quoi mes trois journées de tournages ont ressemblées.
Conférence de production
La veille du tournage, Le réalisateur a réuni l’équipe technique, il nous a expliqué pourquoi il a voulu de nous dans son équipe, ce qu’il attend de chaque personne et comment les trois jours de travaux vont se dérouler. Il m’a mise en relation avec Céline Atcho qui a occupé ce poste sur plusieurs plateaux. Céline m’a donc expliqué mes taches, elle m’a présenté comment on remplit la fiche de script et tous ce que je devais faire en tant que script.
 


Le job de script
Etant un film à petit budget j’avais en charge le clap également. Le matin, je notais toutes les séquences à tourner afin que le réalisateur se concentre sur ses acteurs. Je notais les informations de chaque séance sur le clap et j’annonçais après chaque REC (mis en marche de la caméra). Dès qu’on finit de tourner une séquence je note dans ma fiche de script si le son et l’image étaient bons. Ceci permet au monteur une fois le tournage achevé, de savoir qu’elles sont les prises qui sont exploitables et celles qui ne le sont pas. Le script est donc la mémoire du tournage, il doit savoir si toutes les séquences ont été tournées,  est ce que les dialogues prévues dans les différentes séquences sont respectées, est ce que le raccord est juste (Cliquez ici pour comprendre la notion de raccord au cinéma) et quelle est la qualité des séquences tournées.
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Je dois claper avant chaque scène


L’expérience
Au début j’avais un peu flippé n’étant pas sur mon territoire (mon truc c’est le documentaire) mais l’équipe de tournage a été vraiment sympathique avec moi. Il n’y a pas eu de discrimination. Les régisseurs  se sont assurés qu’on soit bien logés et nourris et que la cohésion règne dans l’équipe. On a donc au-delà du tournage passé d’excellents moments de blagues et de détentes à Dogbo (commune ou à lieu le tournage)
 

 
Le film
Je n’ai pas le droit dévoiler le film tant qu’il n’est pas sorti mais n’ayez pas peur nous aurons l’exclusivité. Je peux juste dire que c’est l’histoire d’un garçon béninois qui a été éduqué par un expatrié. Une fois âgé, le jeune homme essaie de retrouver ses parents biologiques.  Le film a connu la participation du célèbre acteur béninois Alexis Adadji  alias Tonton J et de certains autochtones de Dogbo qui à la fin m’ont fait gouter le Sodabi (alcool traditionnel béninois)  de Adja. La ligne éditoriale du blog n’étant pas culinaire je n’en dirai pas plus.
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Selfie avec Tonton J et Florida Zossoungbo (assistante caméra)


Des bisous

Maëlle, pâtissière, nous raconte une journée de tournage au cinéma.

 
La semaine dernière, la réalisatrice béninoise Kismath Baguiri a tourné son troisième court métrage. J’ai été invitée sur le plateau et j’y suis allée avec une fan de Ecranbénin, Maëlle Acakpo qui est pâtissière. A la fin, je lui ai demandé de vous raconter comment elle a vécu ce premier plateau cinéma. Lisez sa réponse.
 
« J’ai émis le souhait de participer à un tournage cinéma. Cornélia Glele, la promotrice de Ecranbenin m’a donc invitée dès qu’elle a pu sur un plateau. On était sur les lieux déjà à 7h. Première émotion pour moi: j’ai aperçu tata Carole Lokossou, la célèbre actrice béninoise que j’ai toujours vue à la télévision.  J’ai pu discuter avec elle pendant que la réalisatrice visualisait les prises de la veille avec son assistant, c’était très bien. A côté,il y a avait une maquilleuse qui mettait du sang sur une jeune actrice et les techniciens vérifiaient que le matériel était ok.
Après ce checking, Tata Carole et la jeune actrice ont fait du sport (je ne savais pas que c’était important d’être au top physiquement pour être acteur).

Carole Lokossou Ecranbenin blog Cinéma actrice

Le sport matinal. Allez hop on fait des pompes


Première prise de la journée, un décor a été installé, les prises ont été faites avec plusieurs reprises puisque la réalisatrice voulait le meilleur plan.
Ecranbénin, Kismath Baguiri, Alain Nounagnon, blog, cinéma, réalisateur, cadreur

Première scène de la journée


A midi, on a eu droit à une pause- déjeuner et on a changé de lieu de tournage pour le dernier épisode du film. Et là, j’ai compris que les films ne se tournaient pas selon l’ordre qu’on voit à la télévision, on a tourné la fin du film avant le début. Le moment le plus ennuyeux pour un spectateur comme moi est d’avoir à regarder la même scène se reproduire plus de 20 fois. La plupart du temps, ce n’est nullement parce-que les acteurs ont mal joué mais parce qu’une ombre sortie de nulle part apparait sur l’écran du caméraman ou encore parce qu’un bruit parasite s’invite.  Moi je ne voyais même pas l’ombre dont parlaient les techniciens (mais bon à chacun son métier)
Corneille Houssou, Elodie Guedeme, script, preneur de son, blog cinéma, ecranbenin

Le preneur de son et la script pendant la scène ou l’ombre dérangeait.


L’autre chose qui m’a beaucoup marquée est l’accueil. Dès mon arrivée, j’ai été reçue comme la chef, ahahaaa. Un accueil chaleureux, comme si on se connaissait depuis fort longtemps. Chaque technicien était disposé à m’expliquer comment se faisait son métier  ou encore à m’apprendre les termes techniques du cinéma malgré le stress. Ce fut une journée remplie et très riche pour moi. »
Maëlle Acakpo, pâtissière, blog, ecranbenin, cinéma, cuisine

Chef Maëlle


 

Découverte du critique de cinéma béninois Hector TOVIDOKOU

Au Bénin, on connaît très peu le métier de critique de cinéma et pourtant, certains béninois comme Hector TOVIDOKOU, Espera DONOUVOSSI brillent hors de nos frontières en tant que critiques de cinéma. Je me suis rapprochée de Hector afin que vous découvriez la fierté nationale qu’il constitue.
Hector, veuillez vous présenter pour mes lecteurs s’il vous plaît.
Je suis Hector TOVIDOKOU, journaliste culturel et critique de cinéma béninois depuis une quinzaine d’années. Membre fondateur et Premier président de l’Association Bénin Ciné Média (ABCM), membre de la Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc), correspondant du site panafricain de cinéma: africine.org  et du site de cinéma de la francophonie: imagesfrancophones.org , membre de la Fédération panafricaine cinématographie (Fepaci), Premier membre de l’Afrique de l’Ouest francophone du comité de jury de présélection de African Movie Academy Awards (Amaa). En tant que journaliste culturel, je suis également membre de l’Association des journalistes culturels du Benin (Ajcb), membre de l’Association « Noyau Critique », initiateur et premier organisateur de la Nuit des Journalistes culturels du Bénin. Premier animateur d’un blog dédié au cinéma depuis huit ans: tovidokou.blogspot.com

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Hector TOVIDOKOU, critique de cinéma béninois


Vous êtes journaliste/ critique de cinéma mais très peu connu au Bénin. Est-ce un choix ou est-ce l’environnement cinématographique du Bénin qui vous l’a imposé ?
Je ne crois pas être trop peu connu. Peut-être  inconnu de la jeune génération d’il y a cinq ans au moins de journalistes, de cinéastes et des autres arts. Parce que j’ai baissé la garde sur le plan national il y a quelques années mais je demeure actif à l’international. La génération émergente de cinéastes issues de l’ISMA n’a malheureusement pas la chance d’être avec nous, mais ils peuvent encore adhérer à nos idéaux, ceux de l’Abcm. Je peux vous donner quelques noms de cinéastes professionnels avec lesquels j’ai travaillé et dont j’ai promu les œuvres à  de hauts niveaux, par la critique et la communication: Jean Odoutan, Silvestre Amoussou, Jean-Paul Amoussou, Appolinaire Aivodji, Serges Yéou, Prince Ogoudjobi, Elvire Adjamonsi, Christiane Chabi-Kao, Jean-Paul Kpètèhogbé, Ibrahim Padonou, Marc Tchanou, Bonaventure Assogba, Akala Akambi, Ousmane Aledji, Claube Balogoun, les comédiens Pipi Wobaho, etc.
Quand vous êtes dans les festivals hors du Bénin, comment présentez-vous le cinéma béninois ?
Je dis qu’il y a des exemples en termes de qualité de films et des réalisateurs professionnels. Je ne fais que partager le côté positif du pays.
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Comment avez-vous eu l’idée de devenir critique de cinéma alors que le cinéma n’est pas développé au Bénin?
C’est grâce au Festival Quintessence que certains journalistes culturels ont pris part à une série de formation en critique cinématographique et lecture filmique par les mains de maître du Camerounais Jean-Mollo Ollinga, universitaire, ancien vice-président de la Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc) en 2004, 2005 et 2006. Cette dernière année a connu la mise sur pied de notre association Abcm, ensuite nous avons participé à la première édition du grand Festival de cinéma de Togo, dénommé: Rencontres de cinéma et de télévision de Lomé (Recitel) où nous avons contribué à fonder, avec les Togolais, l’Association des journalistes critiques de cinéma du Togo (Ajcct).
Avez-vous déjà critiqué des films béninois ? Si oui, lesquels?
Oui bien-sur j’ai écrit des critiques sur plusieurs films béninois, vous pourriez en lire ici
Pour vous, c’est quoi une bonne critique de film?
Une bonne critique c’est simplement une bonne lecture filmique.
Quelle est la meilleure critique que vous ayez écrite ?
Ma meilleure critique c’est Le Mandat, de Sembène Ousmane
Quel est le meilleur film africain que vous ayez vu et qu’a t-il de spécial ?
Le meilleur film que j’ai vu c’est Habit neuf du gouverneur du réalisateur congolais Dieudonné N’gangura. Le film est une adaptation du célèbre conte d’Andersen en forme de comédie musicale. C’est une fiction comédie dramatique sortie en 2005. C’est spécial pour moi parce que le film a une image soignée, un récit maitrisé qui raconte en musique lingala la corruption du pouvoir.
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Et le pire film africain et pourquoi était-il le pire?
Le pire film que j’ai vu c’est Man on ground du sud-africain Akin Omotosso. C’est pire parce que les ellipses, flashback et flash forward ne sont pas maitrisés alors que la mise en scène est parfaite. C’est l’œuvre d’un grand réalisateur et ces détails n’auraient pas du être négligés.
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Interview Kismath Baguiri "je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités"

Kismath Baguiri fait partie de cette nouvelle génération de cinéastes béninois hyper motivée que j’aime. Elle est scénariste, réalisatrice, actrice de cinéma et organise depuis 2017 le Ciné229Awards. C’est la grande cérémonie qui récompense les acteurs du cinéma, qui se sont fait remarquer durant l’année. J’étais chez elle et devant nos bouteilles de bissap, elle a répondu à mes questions. Mais avant je lui ai demandé de faire un serment, parce-que notre jeune cinéaste est une grande cachotière.
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Bonjour Kismath. Alors en début d’interview, je voudrais que tu jures de tout dire à Ecranbénin, de n‘esquiver aucune question.
(Rire pendant un bon moment) On est au tribunal ???? Je vais répondre à toutes les questions sous réserve. Mais bon je promets, je vais répondre à tes questions dans la mesure du possible.
Kismath Baguiri, c’est qui  réellement ?
Kismath Baguiri, c’est une jeune béninoise qui a fait ses études à Parakou, et qui a ensuite continué dans le cinéma puisqu’elle est passionnée par l’art, tout ce qui est beau… Kismath c’est une jeune scénariste, réalisatrice, comédienne et chanteuse. Elle est attachée à des valeurs telles que la loyauté, l’humilité.
En tant que comédienne tu as quels films à ton actif ?
J’ai joué dans mon propre film, Health War, ensuite j’ai joué dans le film rhum’heure du réalisateur togolais Maxime Tchincoun qui a eu le Kodjo Ebouclé au clap Ivoire 2016, j’ai joué dans beaucoup de films d’étudiants et dans une série en Côte d’Ivoire « Intrigue à Babi ».
 
Et tant que scénariste et réalisatrice ?
J’ai à mon actif 2 court métrages fictions : « Health War » et  « Game over »  que j’ai écrit et réalisé, et mon tout dernier bébé qui est la saison deux de la série « Ting Tang » que j’ai réalisé. J’ai écrit le scénario « la bonne maitresse » une série ivoirienne.
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Parlant de Ting Tang, la salle était pleine à l’avant-première, ça fait quoi de voir le public béninois supporter notre cinéma.
Hum, Franchement j’étais surprise, ça nous a fait super plaisir. Ça veut dire que les gens croient en nous, et en ce que nous faisons. C’était très émouvant.

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Quelques membres de l’équipe technique de Ting Tang


Tu travailles aujourd’hui entre la Cote d’Ivoire et le Bénin, quel pays préfères-tu?
(Hésitante) C’est vrai que je suis sollicitée des deux côtés mais je reste béninoise à vie, donc je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités. On est justement en train de travailler pour que les gens commencent à comprendre ce dont il s’agit réellement dans notre domaine et commencent à nous accompagner.
Ce n’est pas compliqué d’être à la fois chanteuse, comédienne et réalisatrice ?
Non, tous ces domaines se rejoignent, dans un film il y a des chansons, donc c’est simple pour moi de proposer des musiques de film, pour mes propres films ou pour les films d’autres auteurs. Pour le jeu d’acteur, c’est bien que j’ai des notions d’actorat afin de diriger les comédiens sur mes plateaux en tant que réalisatrice.
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KISMATH sur un plateau de  tournage


C’est quoi ton palmarès au jour d’aujourd’hui ?
J’ai eu mon plus gros palmarès avec le film Health War qui a été sélectionné à plusieurs festivals comme Emergence au Togo, Africlap en France, Ficmec et le Rebiap à Parakou, où il a eu le prix du meilleur montage et meilleure réalisation. Il a été sélectionné en Egypte, et a également participé à la fête du cinéma avec Canal+. Il est actuellement en compétition pour le Festimaj. J’ai aussi eu le prix du meilleur scénario au festival des séries en Côte d’Ivoire avec « Intrigue à Babi » et mon actrice Eliane Tapé a eu le prix de l’interprétation féminine.
Avec ton association Terre D’ében tu organises depuis l’année dernière l’évènement ciné229, tu peux me rappeler le concept stp ?
C’est une soirée au cours de laquelle on récompense les meilleurs jeunes talents du domaine cinématographique. La particularité, c’est que tout le monde est récompensé, technicien, acteurs,… La première édition a eu lieu en décembre 2017 et nous sommes en train de préparer la seconde édition.
Quelle va être la particularité de ciné229awards 2018 ?
On aura éventuellement des invités internationaux qui ont déjà donné leur accord de principe, les lauréats de l’édition passée feront un film qui sera projeté à cette édition. Cela permet de cultiver l’union, l’entraide entre les cinéastes de la nouvelle génération. Donc si des personnes ont envie de se positionner comme sponsors ou partenaires, c’est le moment.
Je sais et je sens que tu es en train de travailler sur un nouveau projet. Parles-nous du projet et n’oublie pas le serment du début.
Hahaha le fameux serment !!! C’est bien deviné, mais je ne travaille pas sur un, mais sur plusieurs projets en même temps. Il y en a qui sont prioritaires. Parmi eux il y a la promotion de la série Ting Tang, l’organisation de la seconde édition de ciné229awards et la réalisation de mon prochain court métrage. Je sais que tu veux que je parle du film mais je ne le ferai pas avant avoir bouclé le projet. La seule chose que je peux te dire, c’est que ça raconte l’histoire d’une domestique et parmi les actrices du film, il y a la talentueuse Carole Lokossou. Mais c’est promis, Ecranbenin verra le film en premier.
Je suis rassurée. Dernièrement tu étais sur deux festivals, Série-Série et les Journées Cinématographique de la Femme Africaine de image au Burkina Faso où tu as rencontré de grandes dames telles que Marguerite Abouet et Naky Sy Savané, qu’est-ce que tu as appris durant ces Festivals ?
J’ai appris énormément. A Série Série, j’ai rencontré assez de producteurs, réalisateurs dont j’avais vu les œuvres par le passé, j’ai eu assez de conseils, de techniques et d’approches pour mes projets.
J’ai bénéficié de beaucoup de conseils avec Marguerite Abouet. Naky Sy aujourd’hui, c’est ma maman d’un autre pays. J’ai appris de ces deux grandes dames. Aux JCFA j’ai rencontré des femmes merveilleuses qui font beaucoup pour le cinéma africain. C’est dommage qu’elles n’aient pas la même cote de popularité que les hommes
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Kismath au côté de certaines cinéastes africaines pendant les JCFA


Pour finir, qu’est ce qui reste selon toi au Bénin, pour devenir une vraie nation du cinéma ?
Il reste beaucoup de choses à faire, mais il faut saluer le travail des cinéastes. Il y a de plus en plus de projets de qualité qui sortent du Bénin. Il faut mettre en place une meilleure politique pour la promotion de notre cinéma, rouvrir nos salles qui ont fermées. Il faut que les chaines de télévision apprennent à consommer les productions béninoises, et il faut que le public apprenne aussi à consommer le cinéma local.

Festival de Cannes: la membre de jury Khadja Nin en 12 dates

Le festival de Cannes bat son plein en France depuis le 8 mai dernier et un jury de huit personnes a été constitué, pour apprécier les 21 longs métrages en compétition. Dans ce jury, on retrouve une seule africaine en la personne de Khadja Nin, chanteuse Burundaise. Je vous propose donc quelques dates essentielles de la vie de la seule jurée ne venant pas de l’univers du cinéma :
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27 juin 1959 : Jeanine Rema Ntiruhwama a vu le jour. Elle a 7 frères et sœurs et est la fille de l’ancien ministre Jean Ntiruhwama. Petite, elle chantait déjà dans la chorale ;
1973 : au moment de former son groupe, elle choisit le pseudo de «  Ka Jeanine » qui signifie « petite Jeanine », pseudo qui devient avec le temps Khadja Nin ;
1975 : Agée de 16 ans seulement, elle quitte son pays pour aller étudier au Zaïre (ancien nom de la République Démocratique du Congo) ;
1976 : Elle rencontre son futur mari. Elle part avec lui dans la forêt pour s’occuper des lodges pour les touristes. Elle devient maman cette année-là ;
1980 : Avec sa famille, elle immigre en Europe. Son mari décède peu après et elle enchaîne plusieurs petits boulots pour subvenir aux besoins de son fils. Plus tard, elle se marie avec Jacky Ickx, pilote automobile belge. Ils vivent entre Monaco et le Mali ;

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Khadja Nin et son époux Jacky Ickx ©reporters


1985 : Elle rencontre le célèbre musicien Nicolas Fiszman qui s’éprit de sa voix. Les deux travaillent sur ses morceaux;
1992 : Son premier album voit le jour et connaît un succès fou. Elle chante dans les langues de son pays : le Swahili et le Kirundi.
1994 : Son second disque «  Ya Pili » naît. Elle donne de nombreux concerts ;
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1996 : TF1 fait de son troisième album « Sambolera » le tube de l’été. Ceci donne plus de visibilité à la diva burundaise ;

2002 : Khadja Nin quitte la scène musicale. Elle s’engage dans le social, lutte pour la paix ainsi que pour le droit des femmes ;
2007 : Elle se produit au Burundi. Le pays vient de connaitre la guerre civile. Dans son pays, elle marche toujours pieds nus.
2018 :Khadja Nin est membre du jury du prestigieux festival de film de Cannes aux côtés de Cate Blanchett, Lea Seydoux, Kristen Stewart et plusieurs autres professionnels du cinéma.
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Crédits photos: – ©page Facebook Festival de Cannes
-©Reporters
-©AFP

Nicole Dadjo, maquilleuse  de cinéma : « C’est un terrain quasi vierge »

Nicole Annick Dadjo est esthéticienne et maquilleuse sur les plateaux de films et exerce le métier depuis plusieurs décennies. Elle a été maquilleuse sur tous les films de Prince ogoudjobi (le réalisateur de la série Deuxième chance qui passe actuellement sur A+) et a également travaillé sur plusieurs autres productions béninoise, burkinabé, anglaise ; etc. Nicole enseigne le maquillage dans les écoles de cinéma. Elle m’a invité à suivre un de ses cours, l’interview a été réalisée juste après.
 
 
Nicole, qu’est-ce que le maquillage plateau et en quoi diffère-t-il du maquillage simple ?
Le maquillage plateau est un maquillage qui se fait au cinéma. Il tient compte du scénario. Quand le maquilleur reçoit le scénario, il le lit, fait son propre dépouillement et crée des maquillages en fonction de ce qui est écrit dans le scénario.  Il fait des effets au besoin, réalise le maquillage en fonction de l’éclairage du plateau et du lieu du tournage. Il faut donc avoir des notions de cinéma, être créatif, être rapide et avoir de la finesse alors que dans un maquillage simple on se contente juste de maquiller le sujet selon l’évènement.
Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ?
Au début, je détestais le maquillage. Je ne me maquillais même pas. Puis j’ai eu un boulot et dans la boîte, le maquillage était exigé. Plus tard, je me suis intéressée au cinéma et j’ai travaillé sur la production du film  Voyage à Ouaga . Sur le plateau, j’ai rencontré une grande maquilleuse qui s’appelle Amy Zouré. J’ai été fascinée par son travail. J’ai donc décidé de faire du maquillage plateau. Je me suis inscrite pour la formation à Paris-Bénin Esthétique et  j’ai ensuite bossé sur le tas pendant deux années. J’ai notamment travaillé sur les plateaux du réalisateur nigérian Tundé Kelani. Après, j’ai complété ma formation dans une école française à Arras. A tout ça, s’ajoutent les livres que j’achète, les recettes que je teste.

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Du miel, du café et d’autres ingrédients secrets pour fabriquer le faux sang pour les plaies


Quel est le projet sur lequel tu as eu du plaisir à travailler ?
J’éprouve du plaisir sur tous mes projets mais mon préféré reste Le retour du roi mais le film n’est pas encore sorti. J’aime ce projet parce que j’ai vraiment fait du progrès côté création. Je me suis surpassée et ça me rend vraiment fière.
Parlant fierté, qu’est-ce qui te rend vraiment fière dans ton métier ?
Je suis fière quand je finis mon travail sur un plateau et les gens disent « Waooh ! Le maquillage est beau. C’est vraiment réussi…»  ça me rend très fière. L’autre chose qui me rend fière, c’est partager ma connaissance avec les personnes que je forme.
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Un étudiant content après qu’on ai réalisé sur lui un saignement du nez et un hématome 😅 il devait pleurer normalement pour faire le jeu mais trop content du résultat il a tout le temps rigolé


En maquillage que réussis-tu le plus ?
Les plaies (rire) je les réussis, et à chaque fois, j’arrive à créer une nouvelle technique de plaie. Je crée aussi des matériels locaux parce que c’est cher d’importer des trucs d’Europe. Je n’utilise plus le latex par exemple mais je continue de faire des plaies. Je fabrique moi-même les pâtes à modeler.
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Elle adore réaliser les plaies. Pendant le cours ses élèves ont eu droit à plusieurs techniques, celle de la pâte à modeler, celle du coton, celle de la cigarette…


Qu’est ce qui serait assez fort pour te dissuade d’exercer ton métier.
(Longue réflexion) je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé un truc qui réduit mon amour pour le maquillage plateau. J’ai du plaisir à maquiller.
Quelles écoles recommanderais-tu à quelqu’un qui voudrait embrasser cette carrière ?
Au Bénin et en Afrique, je n’en connais pas vraiment. Je lui recommanderais de se faire former sur le tas d’abord et ensuite compléter sa formation en Europe. Mais si la personne dispose de moyens, elle peut directement aller dans une école en Europe. Je recommande aussi de se faire former en esthétique parce que c’est important de connaître la peau sur laquelle on veut travailler afin de ne pas irriter les gens. il y a aussi Youtube aujourd’hui elle pourra voir les tutoriels. Il faut aussi faire beaucoup de stage afin d’avoir la main.
Ok !trouve-t-on  vraiment du travail dans ce domaine ?
C’est un terrain assez vierge. Il n’y a pas beaucoup de maquilleurs dans l’industrie donc c’est vraiment facile d’avoir à faire. De plus, avec toutes les écoles de formations en réalisation, c’est sûr qu’il y aura de plus en plus de tournage.
Dernière question pour toi, les maquilleurs sont-ils bien payés sur les plateaux ?
Le maquilleur est payé au même titre que les autres techniciens. 50 milles franc CFA la journée. Mais au Bénin ce n’est pas toujours ça.
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Nicole montre la réalisation d’un maquillage du jour à ses étudiants


 
 
 

Le Beatmaker béninois, Marshall Cyano, exporte son talent vers le cinéma.

Bonjour les cinéphiles. Cette semaine, je vous propose une interview avec le beatmaker béninois Marshall Cyano (je suis sûre que ça vous fait bizarre hiihiihi). Ce n’est pas ma faute. Marshall a mis un pied dans le cinéma et il faut donc qu’Ecranbenin le mette dans la sauce. Pour les personnes qui suivent A+, vous avez sûrement remarqué comme moi la nouvelle série Aissa qui fait du buzz et si vous l’avez remarqué, vous devriez aussi avoir constaté que dans le générique, on entend le «  Marshall Cyano » qu’on entend souvent dans les sons de Fanicko, Dibi Dobo, Vano et autres….. Il vient chercher quoi dans le cinéma ? Je l’ai rencontré un après-midi à l’Institut Français, on a bien rigolé et on a fait notre interview. Mais avant la lecture de l’interview, suivez le générique de Aissa afin qu’on soit tous au même niveau d’information.

Hello chef ! Présente-toi pour moi et pour mes lecteurs s’il te plaît.
Salut, je suis Marshall Cyano, Omontecho Patrick Ciano à l’état civil. Je suis beatmaker et ingénieur de son. J’ai travaillé avec Fanicko, Vano, Blaaz,Dibi Dobo et beaucoup d’autres artistes.

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Marshall Cyano en studio


Actuellement nous autres, fans de cinéma, sommes câblés sur la série musicale Aissa. Et dans l’une des chansons, on entend en début Marshall cyano. Est-ce toi qui as fait cette chanson ? Si oui, raconte-nous l’aventure.
Oui, c’est moi. J’ai été approché par le co-producteur de la série, Kodjo Houngbeme de Nouvelle Donne Production, qui cherchait déjà à collaborer avec moi sur un projet depuis un moment. Donc il m’a contacté, il m’a dit qu’il recherchait un générique pour la série Aissa. Alors j’ai bossé et je lui ai fait plusieurs propositions, Il a écouté, on a vu le texte ensemble. Ensuite, l’artiste (Senzaa Brown NDLR) est venu ici à Cotonou, elle est entrée en studio et on a fait le reste du travail.
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Senzaa Brown incarne le rôle de Aissa dans la série


C’était quand et combien de temps a duré ce travail ?
C’était en décembre dernier, si ma mémoire est bonne (rire). L’enregistrement a duré une journée, puisque l’artiste  avait déjà le texte et a eu le temps de répéter avant de venir en studio.
Et est-ce la première fois que tu bosses sur un projet au cinéma ?
(Hésitant) non, c’est la deuxième fois. La première fois, c’était il y a quatre ou cinq ans mais la série n’a pas vu le jour.
Pourquoi cela et comment s’appelle cette série morte à la naissance, si je peux me permettre ce terme?
Je ne me rappelle pas du nom, je ne sais pas pourquoi elle n’est pas sortie. Je me rappelle juste que c’est l’adaptation d’un livre écrit par un béninois.
Ah dommage. Pour en revenir à Aissa, comment as-tu trouvé l’expérience et as-tu envie d’évoluer comme beatmaker au cinéma ?
Déjà, j’ai remarqué que ce n’est pas la même chose quand on veut faire un beat pour une simple chanson et pour un film. C’est plus complexe quand c’est un film parce que ce dernier a une thématique, et il faut que la musique qu’on crée aille avec. Au cinéma, l’émotion est importante. C’est assez stressant et intéressant en même temps. Pour les chansons, les artistes demandent un beat, je leur crée ça et ils posent alors qu’en cinéma, on ne crée pas sur un coup de tête. Ça demande assez de soin et beaucoup d’attention et quand le beat est réussi, c’est assez gratifiant. J’ai aimé l’expérience, c’est différent de ce que je fais tous les jours et je voudrais bien reprendre.
Fiche de film (Aissa)
Synopsis : AÏSSA, jeune fille dans la fleur de l’âge, perd sa mère. Après une enfance heureuse au village, AÏSSA doit aller vivre chez son père, un inconnu et s’intégrer à sa famille. Continuellement accablée et maltraitée par Clotilde sa belle-mère et Kimy sa demi-sœur, AISSA ne peut pas compter sur son père indécis et évasif. Ewoua la gouvernante est la seule avec qui elle créée un lien de complicité.
AISSA trouve alors refuge dans ses rêveries et ses chansons mélodieuses. Elle espère devenir un jour une star de la musique.
Pays : Cameroun
Genre : série musicale
Format : 26 X 26
Producteurs : Jean Roke Patoudem, Kodjo Houngbeme
Acteurs : Senzaa Brown, Hama Hahaya,Romaine Ebo’o Emma Lohoues, Lino Versace….
Bande annonce Aissa👇👇👇

Sergent Markus, RotC, Lek, Yanick Tchaou et Lucrèce Olikoyi (costumière) tous des béninois ont aussi travaillé sur série Aissa.
Crédit photo: Page Facebook Jean Roke Patoudem, Marshall Cyano
Crédit vidéo : Patou film in action

Huguette Goudjo, Costumière de cinéma et fière.

Huguette fait partie des perles du cinéma béninois. Assez discrète, on n’entend pas vraiment parler d’elle. Moi je l’ai découvert en discutant avec le producteur congolais Rufin Mbou Mikima. Il m’a dit : « le Bénin a de très belles personnes dans le cinéma. Je travaille d’ailleurs avec une chef costumière du Bénin pour le second long métrage de Françoise Ellong,  que je produis au Cameroun ». J’étais stupéfaite : une costumière béninoise ? difficile d’y croire. J’ai alors décidé de mener ma petite enquête sur cette dame et ce que j’ai découvert est juste époustouflant. Son CV est une merveille et elle s’impose, peu à peu, comme une figure importante du cinéma africain. Elle a été costumière sur L’œil du cyclone de Sékou Traoré (2015), Vindicte de Ange-regis Hounkpatin (2016), Walay de Berni Goldblat (2017), Cessez le feu de Emmanuel Courcol (2017), ou encore Kuntak de Françoise Ellong (2018),entre autres. Elle est actuellement au Bénin et j’ai sauté sur l’occasion pour la rencontrer, afin de vous faire découvrir le métier de costumière de cinéma.

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Rufin Mbou Mikima et Huguette Goudjo


Qu’ est ce qu’ une costumière de cinéma ?
C’est une technicienne du cinéma qui s’occupe, surtout au moment de la préparation du film, de gérer les costumes, de parler avec le réalisateur et de comprendre sa vision, dans le but de décider du costume qui ira à chaque acteur du film.
Je crois que costume, ici, signifie vêtement. Est-ce à dire que le costumier est un couturier ?
Oui. Quand on est costumier, on doit forcément avoir la base, le B-A BA de la couture. Moi je dessine parfois les croquis de ce que je veux, pour aider le styliste.
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Huguette costumière sur le film l’œil de cyclone avec l’acteur Burkinabé Rasmané Ouedraogo


Où as-tu appris ce métier ?
Sur le tas. Après mon bac, je suis entrée à l’université où j’ai commencé le secrétariat, mais je n’aimais pas ça. Je ne me voyais pas assise derrière un bureau. Et quand je suivais le journal avec ma mère les soirs, je lui disais : « tiens, cette journaliste est mal habillée » et ma mère me refoulait, genre « toi tu sais quoi des habits et du style ». Avec le temps, j’ai compris que je voulais évoluer dans un domaine ayant un lien avec les habits et j’ai fini par choisir le métier de costumière. J’ai reçu des cours en ligne de costumières françaises et c’est ainsi que je suis devenue costumière.
Te rappelles-Tu de ton premier film ?
C’était en 2008. Dix ans maintenant. C’était « Deuxième bureau » de Sanvi Panou. J’ai été sollicitée par un technicien de Laha Productions pour prendre le scénario. J’ai flippé parce que c’était mon baptême de feu et je n’avais que mes cours, appris dans des documents. Je n’avais ni coach ni mentor. Je me demandais si je serais à la hauteur. En fin de compte, j’ai réussi ce test et il n’y a eu aucune erreur de raccord. J’étais fière de moi. Après cela, le réalo m’a rappelée pour faire la série entière. J’ai été très chanceuse et cela m’a servi de publicité car, la série est diffusée sur certaines chaînes tv de certains pays sous-régionaux
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Huguette costumière sur le film béninois « le retour du roi » réalisé par Roger Nahum


Tu sais, je me promène souvent sur les plateaux des réalisateurs et je ne vois pas vraiment de costumière. Le métier te fait-il vivre ou chômes-tu souvent ?
(Rire) C’est vrai que ce métier est très saisonnier. Tu peux chômer pendant six mois avant d’avoir un nouveau contrat. Mais au Bénin, on ne travaille presque jamais parce que la qualité des œuvres n’impose pas, encore, la présence d’un costumier. Il y a beaucoup de postes qui ne sont pas sollicités sur les plateaux dont celui de costumier. Donc, on est obligé d’avoir des contacts à l’étranger et d’aller bosser sur les projets hors du Bénin.
Il est vrai que c’est ton gagne-pain mais, en toute honnêteté, ne penses-tu pas qu’on peut se passer de ce poste, surtout sur les petites productions ?
Cela est impossible si tu veux avoir un bon résultat. On dit souvent que les postes du cinéma sont complémentaires, donc quand un poste manque, on le ressent sur la version finale du film.
D’accord. Parlons cash à présent. Les costumiers gagnent-ils gros sur les plateaux ?
(Rire pendant un bon moment) Cela dépend de votre contrat. Mais sur une bonne production, le costumier peut être à 50 milles francs par jour et ça, c’est quand il veut bosser gratis, parce que c’est un travail épuisant. Maintenant, si le tournage est long, vous pouvez négocier sous forme de forfait et avoir 4-5 millions pour 30 jours. L’autre chose, c’est que sur les productions, on joue souvent le rôle de costumier et d’habilleur, qui est normalement un autre poste du cinéma. Cela fait que notre cachet est vraiment un forfait.
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Huguette a travaillé sur le film « Kuntak » de Françoise Ellong. Le film n’est pas encore sorti


Si un jeune a envie de suivre tes pas, que doit-il faire pour devenir costumier ?
Je le prends tout de suite avec moi. Au Bénin, je n’ai jamais vu une personne s’intéresser à ce métier. Je n’ai pas d’assistant donc je pourrai le prendre avec moi afin de partager mes connaissances avec lui. Je l’emmènerai sur mes plateaux, au Bénin ou à l’étranger, pour qu’il puisse s’exercer. Je recommanderais quand à ces jeunes, qui ont envie d’embrasser cette carrière, de voir des films, de faire attentions aux costumes et à tous les détails qui y figurent, selon le personnage, etc..
Huguette, c’est la fin de l’entretien que je te laisse conclure..
Merci Cornélia. Je vais simplement dire que j’aime mon métier, j’adore ce que je fais. Et je voudrais partager ceci avec toutes les personnes qui travaillent dans le cinéma : «  il faut être humble ». Quand on n’est pas humble, on n’est pas compatible avec le cinéma.
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Huguette et moi. On a passé un bel après-midi


Crédit photo: Huguette Goudjo

Guy Kalou nous dit tout sur le métier d’acteur de cinéma

Il s’appelle Guy Kalou. Il est ivoirien, acteur de cinéma, producteur et depuis quelques temps, réalisateur cinéma. Il a fait une visite flash au Bénin, et étant l’un des meilleurs acteurs francophones (c’est mon avis), je l’ai rencontré afin de lui soutirer tous les secrets pour être bon acteur. L’interview a duré environ une heure et c’était « G E-N I- A L ». On a beaucoup rigolé et Guy faisait tout le temps la comédie. Je crois que c’est pour me rappeler que j’étais devant un acteur de cinéma. Trêve de blabla, voici l’interview.
 
Bonsoir Guy. Comment avez-vous découvert l’actorat ?
Par hasard. C’était en 2005, je bossais dans une entreprise de cosmétique et au détour d’un déjeuner avec une amie, j’ai vu une affiche de casting. Elle m’a incité à y aller vu que j’ai l’habitude de les faire rigoler au bureau. J’ai tenté ma chance. C’était mon premier casting. Environ dix jours après, on m’a appelé pour me dire que j’étais retenu pour le rôle principal. Je n’y croyais pas du tout. J’ai même dit au réalisateur qu’il était fou puisque j’avais zéro expérience. L’aventure a commencé comme ça avec le film Le clash. Le réalisateur s’appelle N’goh Raymond
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Et après Le clash, les tournages se sont se sont succédés …
Avec beaucoup de chance, après Le clash, il y a eu Dr Boris, Coup de force conjugal, ensuite Illusion perdue, Exil intérieur , Interprète, Brouteur… J’ai enchainé les tournages ce qui m’a permis de m’améliorer et aussi de me positionner comme acteur de cinéma en Côte d’Ivoire.
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D’après mes lectures sur vous, on vous classe toujours parmi les meilleurs de la Côte d’Ivoire et c’est aussi mon avis. C’est quoi le secret ?
Règle Numéro 1: il faut croire en soi et ne pas devenir acteur juste pour se faire voir. C’est un moyen de s’exprimer et il faut le sentir; je pense qu’on le sent. Lors de votre premier rôle, c’est à vous de déterminer si c’est votre chemin ou pas. Avant de faire une école d’actorat, Dieu doit déposer un petit don en vous. Il faut ensuite professionnaliser ce don en allant se faire former, en allant se frotter à des anciens. Et il faut également garder les expériences que vous enchainez sur les plateaux. Il faut être humble, modeste. On ne donne qu’aux humbles. Et l’humilité vous ouvre des portes. En gros, il y a le don, l’humilié et aller à l’école professionnelle et celle des ainés.

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Guy Kalou sur un plateau de tournage


Un bon acteur, est- ce celui qui peut incarner tous les rôles ?
Pour moi c’est impossible. C’est mon avis. Une personne ne peut pas incarner tous les rôles. Le personnage, avant d’être psychologique, il est d’abord physiologique donc il faut correspondre aux critères physiques. Ensuite, il y a le critère psychologique. On a beau être le meilleur acteur, on ne peut pas faire tous les rôles. Un acteur, qui veut vraiment faire carrière, doit être sélectif. Si vous ne sentez pas un rôle, ne le faites pas, même pour de l’argent. Un jeu d’acteur raté dans un film peut briser une carrière.
Quelles sont les difficultés du job ?
Ici en Afrique, puisque c’est l’aire géographique que je maîtrise , on a plusieurs difficultés. D’abord on n’a pas de boulot tout le temps, donc difficile de vivre uniquement de son métier d’acteur. Après, quand il y a des productions, les budgets sont restreints. Parfois, on joue dans des films car on a envie d’exister ,mais on finit d’exister mais on ne vit pas.
Je suis sûre que tout n’est pas mauvais. Quel est le côté chic de votre métier ?
Le fait de rentrer dans différents personnages. Le cinéma est une arme et c’est d’ailleurs pourquoi je fais uniquement du cinéma d’engagement.
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Comment fait-on pour être un acteur célèbre ?
La célébrité, on ne l’achète pas, on ne la construit pas. Elle vous accompagne selon que vous posez un pas, bien ou pas. Ne venez pas au cinéma pour être célèbre, venez pour être de bons acteurs, des gens qui jouent juste. Ça vous amènera la célébrité.
Crédit photo: Page Facebook Guy Kalou

L’incroyable histoire de Véronique Tshanda Beya.

Avec Vero, On a commencé à travailler sur cet article depuis Aout-Septembre 2017, mais j’ai tenu à le mettre comme dernier article sur le blog pour une seule raison : elle est l’actrice africaine de l’année et il faut clôturer avec elle (lol). On l’a vue sur toutes les chaînes et dans tous les magazines(enfin,ceux qui suivent l’actualité cinématographique) . Elle a interprété avec brio le rôle de Félicité dans le film éponyme réalisé par Alain Gomis. Cette femme forte, drôle et humble, grosse inconnue de tous avant 2017 a une histoire digne d’un conte de fées.
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Avant Félicité le casting…
Etre actrice a toujours été son rêve mais, n’ayant pas eu de soutien, elle a rangé ce rêve au placard. Elle a fait des études de science commerciale et de marketing. Sans boulot, elle a enchaîné de petits jobs, et fait du commerce « informel » dans sa ville Kinshasa. Une amie connaissant sa passion pour le théâtre, lui a proposé de participer au casting du film Félicité et elle a tenté sa chance. Deux mois, après elle n’avait toujours pas eu de suite et s’est imaginé un échec. Elle a finalement été invitée à passer un second casting puis un troisième et un quatrième et a obtenu le rôle principal du film devant des comédiens professionnels. Son incroyable histoire d’actrice commence là.

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Vero Beya pendant le tournage de Félicité


Félicité
Dans le Film d’ Alain Gomis, la belle congolaise incarne le rôle de Félicité, une chanteuse, mère d’un garçon de 16ans. Un jour son fils a un accident. Pour sauver, ce dernier d’une amputation, Félicité se lance dans une quête désespérée à travers la ville. Elle parcourt ses relations pour trouver l’argent nécessaire, elle est parfois prise en pitié, parfois très humiliée. Vero a brillement tenu le rôle, ce qui lui a valu sa fulgurante ascension.
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De la vente de vêtements aux tapis rouges et festivals
Après des séances de répétition, des mois de tournages et de post-production, le film a été présenté pour la première fois à Berlin en Allemagne. C’est le début des red-carpet pour notre star congolaise qui a ensuite enchaîné les apparitions sur plusieurs festivals, des passages à la télé et des interviews. Le film a eu un palmarès de ouf (grand prix du jury à la berlinade 2017, Etalon d’or de Yennenga au Fespaco 2017, nominé parmi les 9 films -sur 91-de la short liste de la catégorie du « meilleur film long métrage » en langue étrangère de la 90è Edition des oscars du cinéma aux Etats-Unis).
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Vero Beya sur Le Walk of Fame


2018…
L’actrice dont l’histoire rappelle celle de Rachel Mwanza (actrice congolaise aussi) a promis ne pas disparaitre des écrans. Elle va continuer dans l’arène cinématographique et aurait des surprises pour très bientôt. 2018 c’est dans quelques jours et on a hâte de voir ce que tu nous réserves Vero.
Crédit Photo: Page Facebook Vero Bea & Félicité

Le métier de Directeur de la photographie en 7 questions

Alain Nounagnon est directeur de la photographie et connaît depuis quelques années, un essor dans le métier. Nanti d’un Master of fine art en gestion de production, spécialité lumière, il travaille dans le cinéma et a déjà collaboré avec des réalisateurs de plusieurs pays. Il a, par exemple, travaillé comme premier assistant Directeur photo avec Kwaku Alston et Hervé Cohen sur, respectivement, « In the search of Voodoo » de Djimon Hounsou (si si, le fameux documentaire qu’on attend tous de voir) et Kids Against Malaria de Jon Fine. Ils sont unanimes : le gars connaît son job. Je l’ai donc rencontré et, devant des boissons fruitées, il m’a parlé du métier de Directeur Photo.
Qu’est ce que c’est que la tâche du directeur photo ?
Le directeur de la photographie ou chef opérateur prise de vue,  c’est celui-là qui est responsable de l’image lors d’une production cinématographique.
La tâche du directeur de la photographie est de veiller, lors d’un tournage, à la qualité technique et artistique de l’image. Le cadreur est là pour exécuter les ordres du directeur photo. Il intervient avant,  pendant et après une production cinématographique.
Avant une production cinématographique,  c’est lui qui définit la caméra à utiliser,  les objectifs,  les angles de prise de vues, les filtres,  les lumières et qui établit le découpage technique avec le réalisateur. Après le tournage, il a l’obligation de suivre le bon déroulement de l’étalonnage afin qu’on ne modifie pas la teinte qu’il a donnée au film.
Mais pourquoi le métier s’appelle Directeur de la photographie alors que le DP n’est pas sur le plateau pour prendre des photos ?
(Rire) j’attendais cette question !!! C’est vrai qu’on a des points communs mais ce n’est pas le même métier. Le DP crée la lumière alors que le photographe peut prendre les photos et les retoucher après. Maintenant, pourquoi la dénomination directeur de la photographie ? Je ne sais pas.

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Sur le plateau du film documentaire Okuta la pierre de Aymar Esse


Avec quelles personnes collabore t-il le plus sur un plateau ?
Le directeur de la photographie travaille en étroite collaboration avec le réalisateur. Il est le chef de l’équipe images. Il dirige les assistants-directeur de la photographie,  les cadreurs, les machinistes,  les électriciens en général et travaille aussi en post-production avec le monteur.
Ne peut-on pas se passer du DP sur un plateau surtout si on n’a pas beaucoup d’argent ?
Il est impossible de se passer d’un directeur de la photographie sur un plateau de tournage.
Mais malheureusement chez nous, ce métier n’est pas du tout connu. Ici par exemple, le producteur te parle de restrictions budgétaires et donc te paye juste pour venir cadrer son film. Et là, par passion, tu es obligé de jouer deux rôles :   celui du cadreur et du directeur de la photographie. De plus, tu as obligation de résultat.
Dois-je comprendre que ce sont les cadreurs qui deviennent DP ?
Pour devenir un directeur de la photographie, le processus normal est de faire une école de cinéma, faire tout au moins un Master 2 en gestion de l’image, spécialité lumière.
Par ailleurs, il est nécessaire de comprendre qu’être directeur de la photographie c’est une question de pratique et d’expériences.
Pour la petite histoire,  avant d’être un chef opérateur de prise de vues digne de ce nom, il faut d’abord être stagiaire de l’équipe image sur plusieurs productions, ensuite être cadreur sur plusieurs productions pendant des années et être assistant-directeur photo sur plusieurs années également afin d’acquérir beaucoup d’expérience. Après l’étape d’assistant, on peut maintenant t’appeler directeur de la photographie. En résumé,  c’est vrai qu’il faut au minimum 5 ans d’ études dans une école de cinéma,  mais pour être un directeur photo,  c’est plus la pratique et l’expérience afin de pouvoir acquérir l’aptitude nécessaire qu’il faut.
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Sur le plateau de tournage de « kids Against Malaria » De Jon FINE


Quel est le matériel du directeur photo ?
Il utilise tout ce qui touche à l’image, les gélatines, les lampes, la caméra, les objectifs,etc.
Est-ce un métier qui paie bien en Afrique ?
(Rire)merci d’avoir précisé en Afrique, car quand les productions internationales viennent ici,  on souffle un peu.  On ne vit pas encore totalement de notre métier,  on vit plutôt par passion pour le métier…

Festival Emergence 2017 : le palmarès

Emergence 2017, c’est complètement fini. C’est à Anoumou Amekudji (critique cinéma), Angela Aquereburu (productrice-réalisatrice), Emerson Ayivor (producteur) et Aymar Esse (réalisateur) qu’ a échu la tâche de récompenser les plus méritants parmi les 23 films en compétition.
Voici le palmarès de la 4ème édition du Festival Emergence :
Meilleur film fiction et Meilleure interprétation masculine : Pile à l’heure de l’Ivoirienne Mariam Doumbouya.
Le film, long de 16 minutes, raconte l’histoire de ZOKO un jeune ouvrier. Un jour, il emprunte la pinasse pour se rendre au boulot. Lors de la traversée, il tombe sous le charme du discours de ZEZE, un tradi-praticien qui vante les mérites d’un produit spécial dénommé ‘’Pile à l’heure’’. ZOKO l’achète en espérant l’utiliser avec sa nouvelle conquête, Bijou. Frustré par ses mésaventures passées, il décide de quadrupler la dose contrairement aux prescriptions de ZEZE. Malheureusement, une fois à l’hôtel, le surdosage provoque une terrible diarrhée qui l’empêche, à son grand désarroi, de concrétiser ses fantasmes. Cliquez là pour voir la Bande-annonce du film.

Meilleur film documentaire : Comme si on a plus de valeur de Clemens de Souza du Togo.
Personnellement, je pense que c’est le meilleur film du festival du point de vue histoire. C’est un documentaire de 26 minutes qui nous transporte dans l’univers des malades mentaux. Le réalisateur promène sa caméra dans les rues de Lomé et nous fait découvrir le quotidien de ces personnes que nous appelons péjorativement « les fous »

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Clemens de Souza (en chemise noire) meilleur réalisateur documentaire


Prix spécial du meilleur son destiné uniquement aux films togolais et meilleure Interprétation féminine : Brigitte du réalisateur togolais Gilbert Bararmna-Boukpessi
Dans le film, Nassiba Tchassanté interprète le rôle de la grande sœur courageuse. Ses parents sont décédés et elle doit se battre pour que son jeune frère survive à un cancer. Pour avoir l’argent nécessaire afin de le sauver, elle se propose comme mère porteuse d’un riche couple. Malheureusement, après l’accouchement elle connaît des complications et meurt en couches.
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Nassiba Tchassanté, meilleure interprétation féminine


Coup de cœur du jury : La peau de caméléon du réalisateur français Remy Jennequin
Ce film peint un militant togolais « caméléon ». Il est à la fois partisan du parti de Faure Gnassingbe et de celui de jean-Pierre Fabre. Il change de couleur et de discours mais un jour il devra choisir.
J’ai trouvé le film assez instructif et drôle avec un excellent jeu d’acteur. Mais je pense que pour un sujet aussi sensible que la politique, le réalisateur aurait pu utiliser des pseudonymes pour représenter les partis et les noms de leurs leaders contrairement au schéma qui nous a été présenté.
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Le preneur de son sur la production reçoit le prix pour Rémy Jennequin


Le prix spécial de la réalisatrice offert par l’association infos ciné est revenu à la réalisatrice malienne Hawa N’diaye pour le film documentaire L’absence.Le documentaire de 13minutes raconte l’histoire d’une jeune fille qui a souffert de l’absence de son père. Ce dernier est plus occupé par les affaires de la mosquée que par sa propre famille.
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Voilà le récapitulatif des vainqueurs de cette quatrième édition du Festival Émergences. Les Écureuils du Bénin n’ont pas eu de prix. Souhaitons leur donc bonne préparation et bonne chance pour la cinquième édition du festival qui est déjà en téléchargement.
 

Marthe-Carmelle Okoumassoun l'écureuil du Bénin au festival Emergence.

Le festival émergence est un festival de court-métrage fiction et documentaire qui se déroule chaque année au Togo. La quatrième édition du festival  démarre demain à Lomé au Togo. 23 films sont en compétitions pour obtenir les précieux lauriers du festival et dans la catégorie des films documentaires, le Bénin est représenté par le film Egba Omondjagoun. Réalisé par Marthe-Carmelle Okoumassoun, ce film dure 12minutes 59 secondes. A la veille de son départ pour Lomé, j’ai rencontré la jeune réalisatrice à qui j’ai posé quelques questions afin de faire découvrir son film au public béninois.

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Selfie de l’équipe de production pendant le tournage


En une phrase, qui est Marthe-Carmelle Okoumassoun ?
C’est une jeune fille qui se bat et qui a une licence en journalisme. Je suis également l’auteure-réalisatrice du film Egba Omondjagoun.
Parlant de Egba Omondjagoun, de quoi traite le film et pourquoi ce titre ?
C’est un documentaire qui parle du clan princier de Dassa. Ce clan n’est pas très connu et même certains fils de Dassa n’y connaissent pas grand chose. J’y ai alors consacré un film. Je l’ai ainsi titré parce que tout le monde dit généralement Omondjagoun mais la vraie appellation est Egba Omondjagoun parce qu’ils viennent de Egba au Nigéria.
A quel moment toi  as-tu découvert les Omondjagoun de Dassa ?
J’ai toujours eu connaissance de l’existence des Omandjagoun de Dassa vu que je suis originaire de cette ville. Mais, je ne savais pas vraiment grand-chose d’eux. Ce tournage a, de ce fait, eu d’abord sur moi-même l’effet escompté. J’ai véritablement découvert ce clan lors de la réalisation de mon film.
Comment s’est conçu le scénario du film et quel est le coût en terme de budget ?
Le film m’a couté un peu moins d’un million. Pour le scénario, j’ai écrit un dossier de production mais arrivée sur le terrain, j’ai fait face à d’autres réalités. J’ai alors travaillé en tenant compte de tous les paramètres présents.
Raconte nous une anecdote qui t’a marquée durant le tournage.
(Rire pendant un long moment) Une anecdote !!!!!! Une chose qui m’a marquée parmi tant d’autres , c’est quand on est allé à Tré. On devait grimper les collines, ça a pris 45min. Nous étions arrivés sur une sorte de clairière. J’étais heureuse d’être arrivée à destination mais notre guide nous a dit qu’on venait de faire la moitié du trajet. Là je me suis mise à pleurer. C’était d’ailleurs ça ma principale difficulté sur ce tournage ; il fallait beaucoup grimper et pour moi qui ne suis pas très sportive, c’était chaud.
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En route pour le sommet de la colline….


Tu défendras les couleurs du Bénin à Lomé dès demain dans le cadre du festival Emergence. Qu’est-ce que cela te fait ?
Je suis fière mais je stresse aussi beaucoup. Ce sont des amis qui m’ont informée de la sélection du film. J’ai ensuite consulté la liste et je me suis rendu compte que j’étais la seule béninoise en compétition. J’avoue que c’est stressant.
Parmi les autres films en compétition, lequel te fait peur ?
Je n’ai pas peur. Si mon film est meilleur à celui des autres, je gagnerai. Dans le cas contraire, je ne gagnerai pas de trophée mais j’aurais gagné en expérience. Je suis personnellement satisfaite parce que cette sélection est pour moi une victoire morale.
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Liste des films sélectionnés pour le Festival émergence 2017


Après Emergence, quel sera le destin du film ?
Ah !!! Je suis retournée à Dassa et on a complété le tournage avec des plans tournés en drone. Donc je vais remonter le film pour lui donner un nouveau visage. Après je vais l’envoyer à d’autres festivals.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer jusqu’à Lomé vous voir le film en salle, vous pouvez le voir sur YouTube. cliquez là👇👇👇👇👇

 
 
 
 
 

Zoom sur le job de réalisateur

On a tous vu avant le début des films cette fameuse phrase « un film de ». J‘ai donc rencontré Samson Adjaho, réalisateur béninois, à qui j’ai posé quelques questions afin de mieux comprendre le métier de réalisateur. Qui sait après lecture on aura de nouvelles vocations.

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Fauteuil du réalisateur sur les plateaux de tournage.


Dans le cinéma, qui est-ce qu’on appelle réalisateur ?
Le réalisateur, c’est celui à qui le producteur confie le film après l’écriture du scénario. Il est le chef d’orchestre sur la production. Il constitue son équipe technique, cordonne la validation de la préparation du film avec son assistant, il écrit son découpage technique, organise le casting, les repérages…Pendant le tournage il dirige les acteurs et les techniciens. Il intervient de la fin du scénario jusqu’à la sortie du film.
Le réalisateur écrit-il des scénarii ?
Oui un réalisateur peut écrire le scénario s’il est aussi scénariste, mais il n’y est pas obligé
Quelles sont les qualités d’un bon réalisateur ?
Le bon réalisateur, c’est un artiste, un fou, quelqu’un qui rêve beaucoup, c’est quelqu’un qui a une grande culture générale. Ce sont les deux grandes qualités du réalisateur. L’humilité, le sourire, la simplicité, on a vu de très grands réalisateurs qui ne souriaient à personnes et pourtant sortaient de très grands films. En gros il faut 1% de talent et 99% de culture.
 
Olivier Koné

Ambiance plateau!!! Le réalisateur ivoirien Oliver Koné en discussion avec son preneur de son


Est-ce qu’il y a une formation particulière à suivre pour être réalisateur ?
Aujourd’hui il y a des formations diplômantes pour avoir le diplôme de licence ou de master en réalisation mais ça n’exclut pas la culture personnelle.
Combien gagne environ un réalisateur cinéma dans le contexte béninois?
(Rire) je ne pourrai pas donner une fourchette type parce qu’au Bénin le métier n’est pas régit par une loi donc le réalisateur négocie lui-même son salaire selon le projet.
Le réalisateur fiction est-il différent du réalisateur documentaire ?
Les deux sont réalisateurs, mais dans la faisabilité, le réalisateur documentaire peint la réalité alors que le réalisateur fiction crée l’histoire, imagine le décor. Mais de plus en plus le réalisateur documentaire emprunte des éléments chez le réalisateur fiction et vice versa. C’est la même cause d’émotion mais avec des démarches différentes
À quelle difficulté, le réalisateur est souvent confronté ?
L’art c’est abstrait et transmettre la vision que l’on a au public, c’est extrêmement difficile. La deuxième difficulté c’est avoir le moyen de ses rêves : on n’a jamais le moyens de ses rêves. La troisième difficulté est enfin la direction de l’équipe ; ce n’est pas facile de diriger de la ressource humaine.
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Le réalisateur béninois Samson Adjaho en plein tournage.😉😉😉

Dans la peau d’une assistante réalisatrice

J’ai participé au tournage de fin  de film de Gande Audrey journaliste documentariste. Son film met en valeur les poteries de la localité de Sè (petit village situé au sud-ouest du Bénin). La réalisatrice a mis en place, une short équipe de cadreur, preneur de son, gestionnaire de production. Non non je n’étais pas sur le tournage pour bavarder ou pour jouer les kpakpatos, j’y étais en tant que qu’assistante réalisatrice. Je vous raconte. 

Ecran

l’équipe de tournage☺☺☺☺


Alors on a pris le départ de Cotonou avec beaucoup de retard pour des raisons logistiques.  Une fois dans le village de Sè, on est passé au commissariat pour signaler notre position aux autorités et en suite début de tournage. On a tourné en majorité, les plans de situation, les plans de coupe… et on a mis fin à la journée à 18h avec une belle fatigue.
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Fin de tournage. On partage un repas en groupe.


 
Couac le logement trouvé par la réalisatrice n’était pas adéquat. On a décampé malgré la fatigue et après quelques heures de recherches, on a trouvé une nouvelle maison pour la couchette grâce à des contacts que j’avais dans le village.
 
 
Deuxième jour de tournage. La réalisatrice a mis les petits plats dans les grands pour nous faire faire le travail de deux jours en un . On a donc pu finir le tournage ce jour-là. L’expérience fut belle car cela m’a permis de rencontrer des femmes dévouées, battantes qui transforment la terre en objet d’art et ustensile. J’ai même appris à faire quelques petits pots.

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Je vous dirai quand le film sortira.

C’est quoi un « Gestionnaire de production » ?

Les productions audiovisuelles coutent beaucoup d’argent et pour soulager le réalisateur de la gestion de ces fonds, le métier de gestionnaire de production a été créé. Arnold SETOHOU, gestionnaire de production béninois nous parle de ce métier en  huit questions.
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C’est qui le gestionnaire de production ? 
Le gestionnaire de production est celui-là qui assure la mise en œuvre et le suivi des moyens matériels, Techniques, humains et financiers d’un projet audiovisuel (cinéma, évènementiel etc.) tout en ayant comme tableau de bord le cadre budgétaire prévu. Il gère beaucoup de paperasse (administration, juridique et financier), et est très sollicité pendant la production.
Le gestionnaire de production est-il différent du directeur de production ?
Je pense que Oui, les deux sur un même projet n’ont pas le même rôle. Le directeur est beaucoup plus imprégné du projet que le gestionnaire de production. Le directeur de production est impliqué de la conception du projet à la finition et représente un pont entre l’équipe technique, artistique et le producteur. Il faut dire que le directeur peut être aussi le producteur ou coproducteur. En gros, sur un même projet le gestionnaire de prod est un salarié du directeur de production pour être ces yeux et ces mains et ces pieds en vue d’un bon accomplissement du projet. Dans un autre cas le directeur de prod porte les deux casquettes.
Ce poste très important du cinéma est-il une réalité dans les œuvres cinématographiques béninoises ?
Il faut commencer par notifier que les œuvres cinématographiques professionnelles sont rares au Benin et le respect des postes au cinéma n’est pas encore très cultivé. Vous pouvez voir un producteur qui est à la fois réalisateur et même comédien… croyants mieux gérer, ils se disent donc qu’ils peuvent se passer de certains postes et surtout celui du GP qui n’est pas très connu non plus.
C’est un peu dommage. Sur un plateau de tournage, c’est quoi la journée type d’un GP ?
La journée type d’un GP pour moi est un mélange de passion et de stress et c’est cela qui fait toute la beauté du métier. Il doit s’assurer que tout soit en place pour le ‘’Action !’’ (Décore, techniciens, comédiens etc.). Il doit veiller au respect du plan de travail qui garantit la survie du budget. Le plus stressant est la gestion des imprévus qui surgissent de partout : des caprices de comédiens ou de techniciens, des changements climatiques, des pannes techniques etc.
Vu que c’est le GP qui gère l’argent de la production, combien est qu’il se paie à lui même ? 
Rire, tous les projets n’ont pas la même taille donc c’est difficile à dire surtout dans un environnement comme le nôtre où on n’est pas payé au pourcentage du budget.
Pourquoi selon vous ce poste n’est pas très connu du grand public ?
Du grand public ? Beaucoup de poste ne sont pas connu surtout ceux derrière la caméra comme on le dit.  Mais pour ce poste en particulier c’est beaucoup plus compliqué de voir son impact sur le produit fini d’une œuvre audiovisuelle. Je n’ai pas encore vu le prix du meilleur gestionnaire de production ou de meilleur directeur de production, mais il y  a le prix de la meilleure photographie, montage, son et autres. Voilà un peu pourquoi.
Pour un jeune qui veut faire ce métier quelles sont les qualités qu’il doit avoir ?
Etre très dynamique et surtout avoir la passion de son métier. C’est très important. Il faut avoir une bonne connaissance générale de la chaîne de production audiovisuelle : mise en scène, la production, la décoration, la prise de vue, la post-production etc. et savoir comment tout ça fonctionne. Ces connaissances sont indispensables pour des choix qui pèseront moins sur le budget. Par exemple le choix d’un drone au lieu d’une grue qui revient très chère en termes de logistique et de main d’œuvre. Etre très ouvert d’esprit afin de mieux gérer les ressources humaines qui est très complexe en raison des personnalités qui sont pas les mêmes. Donner le meilleur de soit sur tous les projets dont il aura l’opportunité de travailler. Ça définit la suite de sa carrière. Garder donc à l’esprit que chaque production aussi petite qu’elle soit est un défi à relever.
Pour finir notre entretient est qu’une personne  qui a tout le temps fait de la littérature peut-il devenir GP ?
De la littérature sans une connaissance de la chaîne de production audiovisuelle ? Non. Mais il ferait un bon auteur et pourrait travailler avec plein de producteurs, gestionnaires de production, Scénariste et réalisateurs.

Arnold Setohou

Arnold Setohou, Gestionnaire de production.