« Du Dessin animé à Ouidah » Rencontre avec Jean-Pierre Tardivel

Il y a presqu’un an, je vous racontais ici mon aventure à Ouidah avec de jeunes réalisateurs de films d’animation. Depuis ils ont progressé et l’un d’entre eux, odilon Assou, est sélectionné pour la Talent Durban 2019 en Afrique du Sud. Ils ont également comme ambition de réaliser une série de court métrage de films d’animation. J’ai jugé donc opportun de donner la parole à Jean Pierre Tardivel, l’initiateur de « Du Dessin animé à Ouidah » pour qu’il nous parle de son projet.

Bonjour Jean-Pierre, présente-toi stp.

Bonjour Cornélia. Je réponds au nom de Tardivel Jean-Pierre à l’état civil. Pour faire rapide, j’ai très tôt été attiré par le cinéma et le dessin. Ces deux arts conjugués se concrétisent dans celui du dessin animé.  La chance m’a permis de rencontrer les pères d’Astérix le Gaulois et de travailler dans le studio qu’ils avaient créé à Paris, en 1974 ! J’ai collaboré quatre années avec ces deux génies et des talents prodigieux de l’animation. Puis, ma carrière s’est orientée vers la série pour la télévision (Mondes engloutis, les Kangoo Juniors, Foot de rue, Bask Up…). Une carrière qui me fait voyager en Europe, mais aussi en Chine, et en Inde…

…Mais pas l’Afrique !

C’est en 2003 que je découvre le continent par un premier séjour à Abidjan, séjour que j’emploie à apporter la bonne parole de l’animation ! C’est là que vient le coup de cœur pour le continent, car de cette première expérience, avec les rencontres bénéfiques, s’enchaînent les séjours : Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal, Burina Faso, Congo Kinshasa et Bénin.

Je reviens sur plusieurs facettes, car à côté de mes activités de réalisateur en dessin animé, formateur et initiateur de projets dans le domaine, j’ai aussi une passion littéraire et j’écris des romans. Entre autres, deux ont paru à Abidjan dans la collection Enigma, chez Nei Ceda.

Parle-nous du projet « Du Dessin animé à Ouidah »

Je viens de dire avoir « prêché la bonne parole » de l’animation en Côte d’Ivoire. L’idée initiale était liée à un constat : pas de production de film d’animation sur place, par manque de connaissance de la technique. L’analyse était certes rapide, car d’autres facteurs entrent en jeu pour produire en audiovisuel, et tu le sais, Cornélia, mais toutefois, notre technique est si particulière que sans une approche pédagogique préalable, elle demeure une sorte d’activité magique, impénétrable ! Donc, j’ai cité les pays où, de rencontres en relations, nous sommes parvenus à concrétiser des moments de formation autour de la technique de l’animation. Je dis des moments, car il faudrait un vrai cursus, comme on les envisage partout sur la planète, sauf en Afrique ! Et là je m’adresse solennellement aux autorités. L’animation, comme la sociologie, l’agronomie ou la santé, nécessite un vrai plan de formation !

Ce que nous faisons à Ouidah, grâce aux aides dispensées par des mécènes à 90% extérieurs au Bénin, c’est une formation théorique de trois mois dans un premier temps et concrète sur une durée plus longue car axée sur des productions locales. En fait nous menons de front la très complexe dualité formation/production.

Et dans ce cadre, nous avons plusieurs projets en « chantier », dont un qui devrait démarrer incessamment. Le lien ci-dessous s’adresse à toutes celles et ceux qui veulent bien aider à sa concrétisation :

https://www.helloasso.com/associations/atelier-animation-et-recherche-graphique/collectes/serie-dessin-anime-2d-zloopi-et-dito-13-episodes-de-3-minutes

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atelier « Du Dessin animé à Ouidah »

 

 Pourquoi avoir choisi le Bénin pour ce projet ?

Les rencontres ont joué un grand rôle dans mes différents séjours. Si celle de Jean Odoutan, au hasard de mes sorties parisiennes au début des années 2000, m’a permis de m’intéresser à son pays, d’autres ont aussi compté pour m’établir ici. Désormais, je réside une grande partie de l’année à Ouidah.

Maintenant, dans tous les plans de formation que nous avions montés aussi bien à Abidjan, Bamako, Ouaga ou Kin, je suis intervenu en tant que formateur, l’organisation des ces véritables « barnum » était du fait d’autres organisateurs, Gaston Kaboré à Ouaga, Jean-Michel Kibushi à Kin, pour ne citer que ces deux réalisateurs… Ici à Ouidah, j’avoue être le maitre d’œuvre de l’initiative, ce qui suppose d’assumer toutes les démarches pour concrétiser l’atelier, démarches dont je vais épargner les lecteurs, car elles sont assez nombreuses et parfois stressantes…

 Et pourquoi la ville de Ouidah ?

Je vis à Ouidah plusieurs mois par an. Sans reprendre la liste des obligations qu’imposent de concrétiser le studio/école, il était plus évident d’organiser l’atelier dans la ville où je me trouve. Mais par delà ce confort personnel, plusieurs raisons m’ont incité à ce choix.

Une ville comme Ouidah est un lieu de mémoire, un lieu historique propice à la réflexion et sans doute à l’inspiration sur sa propre identité. Ce premier point est, je crois, majeur, car notre technique n’est pas un seul moyen d’agiter des images, mais bien plutôt un véritable véhicule pour faire passer des messages auprès du plus grand nombre. L’animation parle à toutes les couches de la société, elle touche directement, et à travers ce que l’équipe « du dessin animé à Ouidah » sera capable de mettre en scène, c’est l’âme de cette identité qui transparaitra. Et pour y parvenir de manière pratique, dans une petite ville comme Ouidah, on se concentre sur l’objectif de notre projet, car tous réunis en un lieu calme, préservé des pollutions de tous genres que l’on doit supporter dans les grandes villes. De plus, dans le cadre de la décentralisation, notre opération correspond  aux attentes maintes fois répétées par les autorités successives.

 Après une année de mise en œuvre, es-tu fier de ce projet ?

Difficile de répondre à cette question, car la fierté n’a pas de baromètre et demeure une mesure très subjective ! Je répondrais par une anecdote et des constats. Lorsque nous avons dispensé notre formation à Ouagadougou en 2008, nous avions passé le très beau film de Fréderic Back, réalisé d’après une nouvelle de Jean Giono : l’homme qui plantait des arbres. L’histoire d’un homme qui à force d’opiniâtreté est parvenu à reboiser entièrement une région devenue presque désertique.

En 2003, pratiquement pas d’animation en Côte d’Ivoire. Depuis, il existe plusieurs sociétés de production en animation, une association ivoirienne du film d’animation et un festival s’est même créé, dont la 2ème édition vient de s’achever début juin. Au Burkina Faso, le schéma est presque identique. Ouaga est connue pour son festival panafricain, l’animation y a eu sa place méritée lors de sa dernière édition en février de cette année. A Kinshasa, et dans la région des lacs, l’animation commence aussi à fleurir, etc…

Donc, pour revenir à la question, la fierté viendra lorsque l’animation béninoise pourra vivre de son propre talent !

 Qu’as-tu ressenti quand ton poulain Odilon t’a annoncé sa sélection  à Durban ?

Bien sûr, c’est un grand plaisir que d’apprendre une telle nouvelle. J’en suis heureux à plusieurs titres, car je me souviens avoir dit à l’équipe que « par ce métier, vous parviendrez à voyager, dans un cadre, avec des objectifs et non voyager par errance ! »  Cette invitation à travailler à Durban dans le cadre  « Talents Durban Class2019 » est le premier palier de ce que j’ai dit un peu plus haut : la fierté viendra lorsque l’animation béninoise pourra vivre de son propre talent !

On espère beaucoup de cette participation à « Talents Durban Class2019 ».

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Odilon Assou est selection pour la talent Durban 2019

 Vous travaillez sur une série de 13 épisodes de 3 minutes, un crownfunding a d’ailleurs été lancé, peux-tu mieux nous en parler ?

Le crowfunding vient d’être lancé, il y a un mois déjà. L’équipe s’est beaucoup investie au cours de l’année et aussi pour laquelle des participations béninoises nous ont été promises. Un budget relativement important est nécessaire pour parvenir à concrétiser le projet et nécessite de fait plusieurs sources de financement. D’où un appel lancé via la plateforme HelloAsso. Bien entendu toute participation béninoise sera la bienvenue, tant de la diaspora basée en France, que je sais très active, mais aussi de la société locale dont les ressources, pour certains, permettent aisément le coup de pouce attendu !

Et c’est presque un « coup de gueule » que je suis prêt à clamer ici, quand je constate le gâchis financier et les possibilités inouïes que ces dépenses inconsidérées pourraient soutenir.

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 Comment vois-tu le cinéma d’animation au Bénin dans les 5 prochaines années ?

Si je me réfère aux expériences conduites dans les pays cités plus haut, je suis assez sûr que le Bénin peut tirer son épingle du jeu. Les talents sont là : les idées de scénarios, les graphistes, les futurs animateurs… Il manque sans doute une volonté politique (au sens noble du terme), et si j’ai mentionné les pays voisins dont l’expansion du domaine va tambour battant, c’est en partie grâce à une vraie politique audiovisuelle menée par les autorités.

Manque peut-être aussi une volonté du peuple béninois à accepter ses propres talents. J’ai eu vent du fait que la salle Canal Olympia fait recette lorsqu’elle projette les superproductions hollywoodiennes et compte les spectateurs sur les doigts de la main lorsqu’elle programme un film béninois !

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Jean-Pierre, ces élèves et l’artiste béninois Lionel Attere

Cafétéria : Lancement de la sitcom béninoise ce 31 mars 2019.

Hello Ecranbenin people ;

Commençons cet article par un petit cours puisque j’ai utilisé un nouveau mot pas très connu du cinéphile lambda : « Sitcom »

La sitcom ou comédie de situation est une série, souvent de genre humoristique, qui se déroule généralement dans un décor unique. Vous rappelez-vous de Bisso Na Bisso avec Fafa et Freddy sur LC2 ? Voilà, c’est un exemple de sitcom.

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Fafa Rufino de Fafa et Freddy (c)Bossart

Aujourd’hui ce qui nous rassemble, c’est  Cafétéria, le nouveau-né du cinéma béninois. C’est une série de 35 épisodes de 06 minutes créée par Steven Boko  et Arielle Acakpo. Elle raconte le quotidien d’un patron de cafétéria qui  recrute deux employés. Ceux-ci lui causent tout le temps des problèmes mais, malheureusement, il ne peut les renvoyer puisqu’ils lui font du chantage à cause de son vice : celui d’être un coureur de jupons. A chaque épisode on assistera au quotidien des employés de la cafétéria et de leurs clients. Et tout, ceci dans un style humoristique.

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Une scène de Cafétéria

Alors où voir cafétéria ? Soyez parmi les premiers béninois à consommer cette nouvelle série béninoise en venant à la première le 31 mars prochain à 17h à CanalOlympia Wologuede. Les tickets d’entrée coûtent 3000 et 5000 francs et sont en vente au 61 36 24 34.

En attendant de vous retrouver à CanalOlympia, dégustez cet épisode de Cafétéria.

Le film ivoirien Résolution remporte le prix Félix Houphouët-Boigny  du Conseil de l’Entente lors du  Fespaco 2019

Depuis 2015, le Conseil de l’Entente prime un film avec un trophée d’une valeur d’un million de Fcfa et une enveloppe de 10 millions de F CFA.

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Le prix spécial Félix Houphouet-Boigny

Sur la centaine de films en compétition au Fespaco, une short list de 15 films a été retenue par l’organisation. Ces films sont réalisés par des jeunes de moins de 45 ans venant d’un pays membre de la CEDEAO et abordant des thématiques qui touchent l’organisation telles que la promotion de la démocratie et l’Etat de droit, la paix et la justice sociale, la fraternité et la solidarité.

Au soir du vendredi 1er Mars 2019, le long métrage Résolution , co-réalisé par Boris Oue et Marcel Sangne a remporté le prix. Leur film raconte  l’histoire de Yenan, une femme puissante qui dirige une usine de cacao.  Mariée à un procureur (interprété par Bruno Henry), sa famille semble parfaite mais au fond se cachent plusieurs blessures profondes qui la détruisent à petit feu. À travers ce film, les auteurs abordent les questions de  violences faites aux femmes en Afrique.

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A propos du conseil de l’entente

Le Conseil de l’Entente est un forum de coopération régionale ouest-africain créé en mai 1959 par la Côte d’Ivoire , le Niger , le Burkina Faso et  le Bénin et rejoint en 1966 par le Togo. Cette organisation, à finalité principalement économique, dispose d’un Secrétariat Exécutif  permanent basé à Abidjan , la plus grande ville de Côte d’Ivoire depuis 1966.

 

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FESPACO 2019 : Deux films d’écoles représenteront le Bénin à ce cinquantenaire.

Du 23 février au 2 Mars 2019, Ouagadougou la capitale du Burkina Faso va vivre les 50 ans du plus grand festival de film et de télévision de l’Afrique. Le Bénin y sera représenté cette année avec seulement deux courts métrages d’écoles, contrairement à l’édition de 2017 à laquelle on était avec 8 films dont 7 en compétition.

A la veille de cette fête du cinéma africain, je vous propose de découvrir les deux films qui vont défendre nos couleurs nationales :

Incompris de Jaures Koukpemedji

Le film raconte l’histoire de Bryan, un jeune bachelier, qui rêve d’être artiste. Son désir est brisé par la volonté imposante et indiscutable de sa mère qui, elle, souhaite voir son fils devenir un médecin. Un bras de fer mère-fils est alors engagé.

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de Giscard Dah Fonton

Satya est une jeune fille de 17ans, orpheline de mère. Elle porte une grossesse de 8 mois dont Mélike âgé de 23ans est l’auteur. Satya vit dans la même maison que sa tante Merveille (interprété par Nadjibath Ibrahim), une jeune femme trentenaire, et Nan sa grand-mère. Merveille nourrit une haine à l’égard de Mélike pour une raison que seules Nan et elle connaissent. Nan demande à Merveille de changer de comportement envers le petit ami de sa nièce. Cette dernière n’y parvient qu’après une série d’évènements qui la renvoient dans son passé.

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Giscard et Jaurès, tous deux étudiants à l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuels ISMA, seront donc nos porte-étendards à ce FESPACO.

Aussi, le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou, étalon d’argent de Yennenga (2017), y assistera en tant que président du jury de la section court-métrage et films d’écoles.

Canal+ Benin Ecranbenin

Le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou

Alors, si vous serez au FESPACO 2019, on peut s’y retrouver. Il suffit de m’envoyer un mail sur info@ecranbenin.net.  Et quand vous y serez, faites un tour au stand du Bénin au MICA afin de découvrir notre cinéma et ce que nous offrons en terme de tourisme.

Rendez-vous est pris donc à Ouaga Doux Goûts ( Ouagadougou).

 

Formation en jeux d’acteurs:Canal+ dévoile le potentiel artistique de 10 jeunes

La salle de cinéma Canal Olympia a abrité, du 04 au 08 février 2019, une séance de formation en jeux d’acteurs au profil des jeunes désireux. Ils étaient plus d’une centaine à s’inscrire mais seuls 10 d’entre eux ont pu bénéficier de cette formation initiée par Canal +, en collaboration avec le réalisateur Sylvestre Amoussou.

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Le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou

Dans ses propos liminaires, Sylvestre Amoussou a rappelé que la tâche n’a pas été du tout aisée, mais que grâce à la volonté de tout un chacun des candidats, cela a été une réussite. Il a profité de l’occasion pour inviter le gouvernement à accompagner le cinéma béninois qui a beaucoup de problème pour son essor:  » J’ai du mal à concevoir que le gouvernement de mon pays ait du mal à faire développer le cinéma mais j’ai foi qu’on aura très vite des nouvelles, surtout avec ces nouveaux visages qui vont bientôt illuminer les plateaux de tournage de films au Bénin et à l’international. J’ai eu envie de prendre des jeunes qui n’ont pas encore assez d’expérience pour leur donner les bases du métier. Beaucoup de gens pensent qu’être acteur, c’est faire le guignol, c’est s’amuser. Non, c’est un métier. Je leur ai appris la technique, le travail vocal, comment s’approprier un personnage, comment faire un travail intérieur et d’autres choses inhérentes à un bon jeu d’acteur. Ils ont l’essentiel et je les aiderai du mieux que je peux à continuer de travailler », a déclaré Sylvestre Amoussou, réalisateur et formateur.

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Après cette formation, ces jeunes acteurs, désormais conscients de l’immensité de la tâche qui les attend, ont promis ne pas abandonner leur formation. Ils devront non seulement se perfectionner, mais aussi rendre sur scène les notions acquises avec professionnalisme. « Ce n’est pas facile de se mettre dans la peau du personnage qu’on est en train de jouer. Et moi déjà cette semaine,  j’ai appris et j’ai retenu comment passer d’une émotion à une autre », a confié Yves René M’Bemba, bénéficiaire.

Pour la responsable de l’institution, l’objectif de ce projet est de détecter, d’éclore et de soutenir les talents africains. « Nous avons décidé, depuis la fin de l’année dernière, de lancer des formations parce que l’Afrique est devenu un continent phare pour le groupe Canal + et qu’il faut savoir redonner où il y a des talents. De plus en plus, nos programmes sont africanisés puisque c’est ce qui fonctionne. il faut donc que les gens se reconnaissent à la télé et pour se reconnaître, il faut des personnes locales qui puissent jouer les rôles pour que vous, vous puissiez vous abonner pour vous reconnaître. Donc c’est vraiment dans la chaîne de notre Adn de pouvoir proposer ces formations. Si on arrive à trouver des partenaires, des structures, des institutions et des ministères qui veulent nous accompagner nous sommes preneurs pour travailler tous ensemble », a martelé Grace Loubassou, responsable chargée des relations institutionnelles.

Sylvestre Amoussou n’a pas manqué de crier son ras le bol par rapport à la non émergence du cinéma béninois et l’accompagnement du gouvernement « C’est la principale raison qui m’a poussé à faire connaître beaucoup de Béninois à travers mon film « L’orage africain » avec lequel j’ai été au Fespaco et qui a remporté l’étalon d’argent. Bientôt le Burkina célébrera 50 ans de cinéma du Fespaco et je suis président du jury dans la catégorie court métrage et films d’écoles ». Et il poursuit en disant  » j’y vais, pas pour dire que le Bénin est pays d’honneur, mais en tant que béninois.  » « J’ai l’impression que c’est quand tu évolues ailleurs que le Bénin te reconnait » a t’il fait savoir. Après une semaine de formation, apprenants et formateurs sont fiers du travail abattu. Un projet que Canal+ va certainement renouveler pour faire éclore d’autres talents du cinéma béninois.

Marina Hounnou (coll)

 

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Photo de famille des jeunes formés

 

Les films béninois sur l’ORTB dès le 21 janvier 2019!

Depuis 2017 que le blog existe, ce billet est le premier que j’écris avec beaucoup d’émotion et de fierté. En créant Ecranbenin, le rêve était de donner une bonne visibilité au cinéma béninois. Et, aujourd’hui, ce rêve est en train de devenir une réalité. La télévision nationale du Bénin a non seulement acheté des films béninois mais s’apprête à les diffuser pour le bonheur des téléspectateurs. Voici l’histoire:

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Tout a commencé par ce post

J’ai heureusement (ou malheureusement, ça dépend de qui voit) hérité du surnom « Grande Gueule » sur les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’un jour, alors que je taquinais des photographes, j’ai écrit un commentaire dans lequel j’ai accusé l’ORTB de ne pas diffuser les films béninois. J’ai alors été approchée par des responsables de la maison.

Au début, je flippais parce que je ne savais pas à quoi m’attendre. Je me suis donc rendue à la première réunion avec notre maman du cinéma béninois Christiane Chabi-Kao et la pétillante réalisatrice Kismath Baguiri. A cette réunion, loin de me blâmer, la responsable de l’ORTB que nous avions rencontrée était également d’accord sur le fait que notre télé devrait montrer nos productions et a proposé qu’on travaille sur ce projet.

Durant plusieurs mois, des cinéastes béninois et la télévision nationale ont travaillé en symbiose et vous verrez le résultat sur  vos écrans dès le 21 janvier 2019 juste après le journal télévisé de 20h.

Enfin, je pourrai servir une réponse aux nombreux messages que je reçois sur ecranbenin sur où et comment voir un film du Bénin.  Le plus dur est fait, les films béninois vont passer sur l’ORTB le reste est dans le camp des cinéphiles. C’est à vous maintenant de savourer ces films et de me dire surtout quand vous aimez et quand vous n’aimez pas. Progressivement, notre cinéma  prendra corps et dans quelques années, nous brillerons et révélerons notre pays.

Merci à l’ORTB pour cette belle aventure qu’elle permet aux cinéastes de vivre puisque le plus grand bonheur d’un réalisateur, c’est que son film soit vu.

Avec beaucoup d’amour et de fierté, je vous souhaite bon visionnage.

 

Kinshasa Collection : voyage au cœur des sapeurs congolais.

Bonjour la team EcranBénin.

Je vous remercie pour votre fidélité au blog. Merci de lire et de partager mes articles. Cette année je ferai encore l’effort de vous envoyer au cœur du cinéma africain à travers les festivals, les sorties de film et les interviews.

Pour ce premier article de l’année, je vous propose de voir un documentaire assez fun sur la mode : Kinshasa Collection.

Kinshasa Collection est une Web Série  qui se déroule entre  Kinshasa, Guangzhou et Berlin. Dans le film, on parle de la sapologie,  le style propre aux congolais.  Des Allemands (Pascal Capitolin, Dorothée Wenner, Jana Keuchel) sont envoyés au Congo afin de tourner une bande-annonce pour une campagne d’images destinée à changer la perception du public sur l’Afrique, en Allemagne. Durant tout le film, on assiste donc à leur aventure sur la terre africaine.

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Dorothée, Pascal et jana

Lors du tournage, l’équipe rencontre les célèbres acteurs de la mode, les cinéastes locaux et des designers dont la créativité dépasse de loin les tenues ordinaires. Ils découvrent le  «Kizobazoba» –  qui veut dire en lingala  «improvisation». Ils travaillent autour de ce projet. Vous verrez dans le film une équipe traverser des hauts et des bas, un peu pour nous dire armez-vous en 2019, vous traverserez des hauts et des bas mais vous devrez vous en sortir.

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Des mannequins congolais

C’est un documentaire de 6 épisodes, d’environ 30 minutes chacun. Je l’ai fini en une soirée à cause du montage qui vous donne envie de voir en même temps la suite. Ce film renseigne également sur les origines de cette mode assez extravagante dont les congolais raffolent. Je ne vous le cache pas, je suis également tombée amoureuse du générique début de ce film. Alors,envie de tester le « Kizobazoba » ou plutôt la web série « Kinshasa collection » ? Cliquez ici

Bonne et heureuse année 2019

 

Crédit Photos: Kinshasa Collection

FIFF COTONOU 2019 CALL FOR ENTRIES

The ECRANBENIN association has the honor to bring to the attention of  professionals women filmmakers that the registrations  to the 1st edition of the International Women’s Film Festival of Cotonou are open from september 13th  to 17th  2019.

The selection has two main sections:

  • the official competition section of short films which is reserved for films by African women directors

NB: No film more than two (02) years of age on May 31, 2019 will be selected.

  • the out-of-competition section which is open to women’s filmmakers’ films from around the world:

– films addressing the problems women face;

– films highlighting the know-how or the path of a woman to inspire other women.

 

Any registration for the selection implies the acceptance of the terms and conditions of the first edition of the Cotonou FIFF https://www.ecranbenin.net/?page_id=63

Registration files are receivable at the email address at fiffcotonou@ecranbenin.net

FIFF COTONOU

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APPEL A FILMS FIFF COTONOU 2019

L’association ECRANBENIN a l’honneur de porter à la connaissance des femmes professionnelles du cinéma que les inscriptions pour la sélection des films de la 1ere  édition, prévue pour se tenir du 13 au 17 septembre 2019 , sont ouvertes.

La sélection comporte deux sections principales :

  • la section compétition officielle des films courts-métrages qui est réservée aux films de réalisatrices africaines

NB : Aucun film de plus de deux (02) ans d’âge au 31 Mai 2019 ne sera sélectionné.

  • la section hors compétition qui est ouverte aux films des cinéastes femmes du monde :

–  films abordant les problèmes auxquels les femmes sont confrontées;

– films mettant en exergue le savoir-faire ou le parcours d’une femme afin d’inspirer les autres femmes.

 

Toute inscription à la sélection implique l’acceptation des conditions et du règlement de la 1ere  édition du FIFF Cotonou https://www.ecranbenin.net/?page_id=63

Les dossiers d’inscription sont recevables à l’adresse électronique  au fiffcotonou@ecranbenin.net au plus tard le 31 Mai 2019

FIFF COTONOU

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Ciné229Awards 2018 : L’amour du cinéma et le patriotisme.

Il y a quelques mois, j’écrivais un article  pour vous raconter pourquoi j’aimais l’initiative #Ciné229Awards. L’édition 2 a eu lieu le samedi 8 décembre 2018 et je suis encore plus amoureuse de cet événement.

Pour avoir côtoyé les organisateurs, j’ai vu les différentes difficultés notamment financière qu’ils ont endurées. J’ai vu des jeunes qui, malgré le silence de plusieurs partenaires, ont refusé d’abandonner: ILS AIMENT LE CINÉMA  BÉNINOIS ET TIENNENT A CÉLÉBRER LEUR PAIRS.  ILS SONT PATRIOTES ET PENSENT QUE LE CINÉMA BÉNINOIS MÉRITE D’ETRE CÉLÉBRÉ.

Pari tenu. Le samedi 8, il n’y a eu que du feu au CanalOlympia Wologuede. La cérémonie a réuni plus de 500 personnes et je pense que la plupart, comme moi, sont repartis satisfaits de l’organisation.

Le grand prix de la soirée dénommé Grand prix DJIMON HOUNSOU a été décerné à Beaucéjour Akodjenou  du film Braquage à la béninoise (BALB). Son film a également obtenu quatre autres prix dont le prix de la meilleure photographie fiction (Geff Atindegla), le prix du meilleur montage fiction (George Gougnon), le prix du meilleur son fiction (Didier Guedou) et le prix de la meilleure interprétation féminine (Idayath Ibrahim).

En attendant l’édition 3, je vous prie de savourer les photos de cette belle soirée que Kismath Baguiri et sa team nous ont offert.

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SOTIGUI  AWARDS 2018 : Découvrez le Palmarès complet

La troisième édition des SOTIGUI AWARDS a eu lieu le 1er Décembre 2018 au CanalOlymppia Yennenga.

La prestigieuse soirée qui se veut être les Oscars africains a connu la présence de célébrités du cinéma africain dont :

  • John Kani, acteur sud-africain interprète du rôle de roi Tchaka dans le blockbuster Black Panther

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  • Firmine Richard, actrice française qui a fait parler d’elle en 2018 grâce au livre du collectif « Noir n’est pas mon métier » et
  • Marie-Philomène Nga, actrice camerounaise, également du collectif « Noir n’est pas mon métier ».

Les membres du collège des SOTIGUI AWARDS après délibération ont décerné 13 prix aux meilleurs acteurs africains de 2018 :

  • SOTIGUI du meilleur acteur de l’Afrique de l’ouest : Naky Sy Savané (Cote d’Ivoire)
  • SOTIGUI du meilleur acteur de l’Afrique du nord : Abdelmonem Chouayet (Tunisie)
  • SOTIGUI du meilleur acteur de l’Afrique centrale : Azah Awa Melvine (Cameroun)
  • SOTIGUI du meilleur acteur de l’Afrique australe : Munya Chidzonga (Zimbabwe)
  • SOTIGUI du meilleur acteur de l’Afrique de l’est : Hawa Alisa (Tanzanie)
  • SOTIGUI du meilleur acteur du Ghana/ Nigéria : Joseph Van Viker (Ghana)
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Joseph Van Viker

  • SOTIGUI du plus jeune acteur : Mélanie De Vales Rafael (Mozambique)
  • SOTIGUI du meilleur espoir : Margaret Mulubwa (Zambie)
  • SOTIGUI de la meilleure interprétation masculine Burkinabé : Salif Louis Kiekita
  • SOTIGUI de la meilleure interprétation féminine : Rihanata Zongo
  • SOTIGUI du public Burkina Faso : Moussa Guigma
  • SOTIGUI du meilleur acteur de la diaspora : Lupita Nyongo

Le SOTIGUI D’OR le plus grand prix de la soirée est attribué au tunisien Abdelomem Chouayet.

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Abdelomem Chouayet SOTIGUI D’OR 2018

In the search of  Voodoo : Djimon Hounsou alterne documentaire et grand reportage.

Rétablir l’histoire du Vodou, c’est la mission que s’est donné l’acteur et producteur béninois Djimon Hounsou en prenant une nouvelle casquette : celle de réalisateur.  «  Le vodoun est une part de notre tradition, de notre culture » dixit Djimon Hounsou

Deux fois nominés aux oscars, Djimon fait partie de la distribution de grands films américains tels que Blood Diamond, Fast and Furious 7, Gladiator.  Son premier film est In the search of Voodoo : Root to heaven, un long métrage documentaire, réalisé sur le Vodoun béninois en  2018. Ce film a  été co-écrit avec le scénariste et monteur américain  Thompson Douglas.

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Djimon Hounsou

 

Après l’avant-première à Lomé (Togo) et quelques festivals parcourus dans le monde, le film a été projeté lors du There Global Festival Celebrating Benin afin de faire découvrir au public américain le mythe du Vodou présent au Bénin. L’auteur traite de la thématique en toute neutralité, sans un réel point de vu.

Le film ressemble donc plus à un reportage qu’à un documentaire. Il veut comprendre le Vodoun, il va à la rencontre de divers adeptes de Vodoun qui lui racontent leurs affinités avec les dieux vodoun et les avantages à être adepte du Vodoun. En Face, Djimon Hounsou met des prêtres catholiques, des imams et des scientifiques qui sont, pour la plupart, contre le Vodoun. Cette dualité empêche de connaitre le point de vu réel de l’auteur même si son titre « A la recherche du Vodoun : des racines aux paradis » tente de nous dire qu’il veut restaurer l’image du Vodoun qui a été sali durant des siècles par la colonisation et les religions exogènes.

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Sur le plan technique, les images sont très colorées et dynamiques, les plans sont variés et agréables à voir. Le réalisateur nous propose même une petite scène assez intéressante,  qui n’était pas prévue et que son équipe a vécue pendant le tournage. Une façon de nous dire « on écrit le film mais c’est le terrain qui commande ».  Le son également est une grande réussite, avec en sus la voix d’un Djimon Hounsou narrateur qui captive l’attention durant les 65 minutes que dure le film.

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In The Search of Vodoo est le film parfait à voir si vous voulez en apprendre plus sur le vodou. Cela vous aidera à vous faire votre propre opinion sur cette entité.

crédit photos: http://www.insearchofvoodoo.com

Festival Emergence 2018 : Le Palmarès de la 5em édition

Durant 5 jours, Lomé la capitale togolaise a accueilli des cinéastes venus de toute l’Afrique. Une quarantaine de court-métrages ont été présenté au public togolais et au jury présidé par le producteur et réalisateur Jean-Noël Bah.  Le nom des Lauréats de cette cinquième  édition ont été dévoilés lors de la cérémonie clôture qui a eu lieu au CanalOlympia Godopé.

Voici les lauréats du Festival Émergence 2018

Prix FETOCI, décerné par la Fédération Togolaise  des cinéastes : Croire encore de Emmanuel K. Badaké (Togo)

Prix spécial de la meilleure création documentaire : La Lecture et moi de Solange Koné (Bénin-Cote d’Ivoire)

Prix spécial du meilleur scénario fiction : Mes silences de Benjamin Eyaga (Cameroun)

Meilleure Interprétation Masculine : Gentil Houndenou dans la Vie de Daniel de  Gilbert Bararmna  (Togo)

Meilleure Interprétation Féminine : Mira Loussi dans le film Alicia de Michael Gandoh (Congo)

Coup de Cœur du Jury : Dernière Guerre de Charles Etsi (Togo)

Mention spécial : Le con, Le cupide et le Chanceux de Boris Kpadenou (Togo)

Meilleur Film documentaire : Le dernier combat de Linda Diatta (France-Niger)

Meilleur Film Fiction : La poupée d’Isabelle Kouraogo (Maroc-Cote d’ Ivoire)

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Le Directeur de la Cinématographie du Bénin reçoit le prix de la meilleure fiction pour Isabelle Kouraogo.

 

 

15eme édition du festival international cinéma et migration d’Agadir : le Bénin était à l’honneur

Le Festival International Cinéma et Migration d’Agadir est un festival qui se déroule de 15 ans dans la ville d’Agadir situé au sud du Maroc.  Depuis deux ans, le festival s’est ouvert sur l’Afrique. Ainsi, la Cote d’Ivoire et le Cameroun ont été reçu comme invités d’honneur. Cette année, le Bénin était sous les feux des projecteurs. Un hommage a été rendu au grand réalisateur béninois Sylvestre Amoussou, de nombreux reportages ont été réalisés sur la délégation béninoise et sur le cinéma béninois. Une soirée a été consacrée au Bénin durant ce festival. J’ai participé à ce beau festival, Voici le best of en image.

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La délégation béninoise à l’ouverture du festival

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Sandra Adjaho, actrice béninoise

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Sylvestre Amoussou, honoré durant la spéciale soirée « Bénin »

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Au milieu, l’actrice marocaine Fatima Boujou dans une tenue traditionnelle du Bénin

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Le drapeau du Bénin était sur le lieu du festival

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Bien sur on a fait du tourisme

Voici la célébration du Bénin en vidéo.

Kutonu : Jacob, de l’étoile de rouge, raconte Cotonou

Depuis le 1er novembre 2018, la série Kutonou, réalisée par Aymar Ayeman Esse et produite par Jean Noel Bah, a débarqué sur A+.  Kutonou, comme Bamako, Niamey, Yaoundé et autres fait partie d’un coffret appelé  « Capitales Africaines ». J’étais à la première de cette série, j’y ai rencontré Aymar et Jean-Noel de Scénarii production. Interview

Qu’y a-t ’il à raconter sur Cotonou ?

Aymar : Il y a beaucoup de choses à raconter, d’une génération à une autre. Cotonou, je la raconte de mon point de vue et ce n’est pas forcément de cette manière que les ainés la raconteront. Sur Cotonou, il y a la révolution, les divers faits de société, la politique, etc. Dans la série, je peins l’histoire d’un jeune qui a créé une application qui s’appelle Kutonou. Sur cette application qui fonctionne comme un réseau social, il va ajouter tous ses amis avec  qui il a fait la Terminale B. Il l’a fait pour se venger d’eux parce que, quand ils étaient en classe, il a hérité du surnom « Le bègue ». Ce scénario, pour moi un prétexte, m’a permis d’aborder les thématiques des réseaux sociaux, les TICS, le vodou et la cybercriminalité qui, qu’on le veuille ou pas, fait partie des caractéristiques de Cotonou. L’autre originalité, c’est qu’on raconte Kutonou du point de vue de Jacob.

Jacob ? Euh, c’est qui ?

Aymar : Jacob, c’est le soldat qui est perché au sommet de l’étoile rouge. Tu te souviens ? Quand on était petit, on disait « Jacob descend la terre, n’est pas en haut. Donc, dans la série, je donne une voix à notre Jacob de l’étoile rouge et c’est lui, depuis son sommet, qui observe les Cotonois et raconte leur vie.

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C’est lui Jacob!!!!

Jean Noel Bah, tu as vu Kutonou. Mis à part Jacob et notre vodou, que retiens-tu de Cotonou ?

Jean-Noel : Cotonou est une ville très connectée avec internet, c’est la première chose que je retiens parce que le film est vraiment ancré dans cet univers. Je retiens également que le Bénin n’est pas en marge d’un certain nombre de fléaux qui sévissent,  notamment la cybercriminalité.  Et il y a le vodou qui est spécifique au Bénin. De plus Cotonou, ce n’est pas Abidjan, ce n’est pas Bamako, les architectures ne sont pas les mêmes, les comportements non plus, les accents, etc.

Parlant d’accent, Aymar, tu as fait un casting qui a dépassé les frontières du Bénin. On remarque dans ta série la présence de nombreux comédiens togolais.  Ces derniers ont-ils pu se comporter en Cotonois, surtout côté accent ?

Aymar : Lorsqu’on a lancé le casting, on ne savait pas qu’il y aurait des Togolais, des Burkinabé, des Sierras léonais. On a donc remarqué de bons acteurs parmi les togolais qui étaient là et voilà, ils ont été retenus. On a travaillé avec eux, surtout au niveau des accents. Tu l’as dit, nous sommes pays frères mais on a des accents très différents.  Après, il y a eu l’intégration avec les techniciens et acteurs du Bénin puis les choses sont allées vites. De plus, pour les langues locales, on partage le mina avec le Togo donc on a fait avec.

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Les principaux acteurs de la série KUTONU

Quels sont les acteurs qui t’ont épaté avec leur jeu ?

Aymar : Celle qui m’a le plus impressionné  c’est Nelly (Simliwa jessica) qui était vraiment timide durant le casting. Beaucoup lui disaient qu’elle ne pouvait pas, on lui a trouvé le rôle d’une fille timide et elle a vraiment assuré.

Ensuite Rose (Beatrice Alovor) qui bien tenu son rôle aussi et Gael Hounkpatin qui a joué le rôle de Patrice Akouegnon, un jeune multimilliardaire.

Sur le plateau c’était comment ? On m’a dit que vous tourniez la journée et faisiez le montage la nuit.

Aymar : Oui, c’est ce qu’on a fait parce qu’il y avait la pression du délai. Les équipes travaillaient en parallèle, cela nous a permis en début de  tournage de voir les erreurs qu’on avait. Il y avait, par exemple, le son qu’on a corrigé dans la suite des séquences. Ça nous a aussi permis de voir l’évolution des personnages.

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Kutonu pendant la post-production

 Kutonu, c’est combien d’épisodes et de CFA ?

Jean-Noël : C’est Aymar qui a dépensé l’argent, c’est lui qui peut le dire (rire).  En général je ne donne pas le coût de mes productions. Kutonu, c’est 26 épisodes de 26 minutes. Et ça coûte à peu près ce que ça coûte (rire). Tu sais ce qu’on injecte dans une production,  ça ne correspond pas forcément à ce que la série donne, surtout en Afrique.  Donc je n’aime pas avancer les chiffres. On travaille au rabais par ici.

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Selfie avec le réalisateur Aymar ESSE et le producteur Jean-Noel BAH

 

OUAGA FILM LAB 2018

Initié en Mars 2015, le OUAGA FILM LAB est un laboratoire de développement et de coproduction qui vise à renforcer la compétitivité des réalisateurs et producteurs d’Afrique, à faciliter leur accès aux différents grands laboratoires et fonds de financements internationaux ou locaux. La 3 ème édition qui  se déroule du 20 au 29 Septembre 2018 accueille, au cours de l’atelier Ouaga Producers Lab et de la résidence Ouaga Film Lab, 25 porteurs de projets cinématographiques du Bénin, du Burkina Faso, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Nigéria et du Sénégal, ainsi que plus d’une vingtaine d’experts venant d’Afrique, d’Europe et d’Amérique.
OUAGA PRODUCERS LAB
 Ouaga Producers Lab est un dispositif destiné aux professionnels d’Afrique francophone travaillant dans l´industrie cinématographique et audiovisuelle comme producteurs de fiction, documentaire ou de séries TV, et qui souhaitent dynamiser leurs compétences en production, direction de production et gestion d’entreprise. Quatre producteurs participent à l’édition 2018.
Esther TRAORÉ (Athena Films), productrice de Prejudice, par Kady TRAORÉ (Burkina Faso)
Kotchikpa R. AGBEDE (Strictness), producteur de Angel and Demon, par Yamowan Yves SOSSA (Bénin)
Ousmane SAMASSEKOU (DS Production), producteur de Tônsô, par Mamadou CISSE (Mali)
Tangui Jaloud ZAINOU (Artisan Prod), Producteur de In the Name of Memory, par Linda Leila (Niger)
Wilfried PARÉ (ABCA), Producteur de Etincelles, par Ouassila KHAROUNE (Burkina Faso)
OUAGA FILM LAB
10 projets ont sont sélectionnés.  Ils bénéficient d’ un accompagnement tout au long de la semaine et sont éligibles à plusieurs prix internationaux qui seront décernés le 29 septembre 2018.

Alhassane, The Master of Kharmou, projet de fiction de Idi NOUHOU (Niger), produit par Maman Siradji BAKABE – B@K TECHNO (Niger)
Amilcar Cabral, projet de documentaire de Rui Manuel DA COSTA (Guinea-Bissau), produit par  Carlos VAZ – Telecine Bissau (Guinea-Bissau)
Klema, projet documentaire de Aboubacar GAKOU (Mali), produit par Bassy KONATE – Les Films Du 7 (Mali)
The sheep of Sada, fiction de Pape Bouname LOPY (Sénégal), produit par Khadey ZIDNA Lydel Com Group (Sénégal)
Free to leave, free to stay, projet documentaire de Amina WEIRA (Niger), produit par  Carine Stella NZANG ASSOUMOU – Merveilles Production (Bénin)
Mami Wata, fiction de C.J. « Fiery » OBASI (Nigeria), produit par Oge OBASI – Fiery Film Company (Nigéria)
Moulaye, fiction de Alassane SY (Sénégal), produit par Baila SY – Proxycom (Sénégal)
Genetically Modified Religion, projet documentaire de  Simplice GANOU (Burkina Faso), produit par Rasmata KABORÉ – Tilé Fari Docs (Burkina Faso)
The rise and fall of Jammeh, projet documentaire de Mohamed Lamin TOURAY (Gambia), produit par Bubacarr JALLOW – Flame production (Gambia)
Wakat, fiction de Jean-Baptiste OUEDRAOGO (Burkina Faso), produit par Pierre Claver ZONGO – Yira Entertainment (Burkina Faso)

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Les mentors
Pierre Yaméogo, Burkina Faso
Dora Bouchoucha, Tunisie
Jihan El-Tahri, Egypte
Mama Keïta, Guinée
Moussa Sène Absa, Sénégal
Pedro Pimenta, Mozambique, sont les mentors de cette édition 2018 du OUAGA FILM LAB.
 

«  Noces précoces » : à voir ce vendredi

Vous n’aviez pas souvent l’occasion de voir des films béninois ? Je vous invite donc à découvrir avec moi ce vendredi 24 Aout 2018  « Noces Précoces ». Le film va connaître sa première projection à l’espace Bluezone Zongo à 17h.
Généralement je vois les films avant d’écrire mes articles mais spécialement pour celui-ci j’ai décidé de ne pas le voir afin de le découvrir avec vous. On fera donc le débriefing ensemble. J’ai donc reçu du réalisateur  Hodonou Childéric le synopsis du film afin que nous ayons une idée de ce qui nous attend le vendredi prochain.
Synopsis :
Marie (Floride Houngbedji)  14ans, en pleine adolescence  a été donnée en mariage au vieux Amoussou interprété par le talentueux James Salanon alias « Major ». La jeune fille est victime de viol venant de son époux et de divers maltraitance venant de sa coépouse Pascaline.
On aura donc affaire à un drame. Le film dure 15 minutes. Le réalisateur, les acteurs et l’équipe technique seront là pour répondre à vos questions et encaisser vos critiques.
Alors je vous dis à Vendredi ????
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Aicha Macky, réalisatrice et féministe engagée.

La série Festival International de Film de Durban continue et, aujourd’hui, je fais mon premier article sur le cinéma nigérien. J’ai enfin rencontré la réalisatrice et productrice nigérienne Aicha Macky que j’ai commencée à suivre depuis le dernier FESPACO. Elle a réalisé le documentaire l’Arbre sans fruit qui aborde l’infertilité chez la femme. Ce documentaire a parcouru plus de 150 festivals dans le monde et a remporté plus de 50 prix. J’ai échangé et partagé plusieurs  jours avec la patronne de la boite de production Tabou production.
Aicha, pourquoi ta boite de production s’appelle-t’elle Tabou production ?
Tabou production parce que ma ligne éditoriale, c’est d’explorer tous les sujets tabous et non-dits  de notre société dans le but de briser la glace pour faire un dialogue autour de ces thématiques qu’on n’aborde pas et qui, quelque part,  font mal à la société. J’ai donc envie, avec la caméra, qu’on aborde ces sujets-là afin de changer les mentalités.
Et pour toi, est-ce le documentaire le meilleur genre pour s’exprimer?
Oui, puisque j’aime raconter des histoires réelles. Il est vrai qu’on peut raconter des histoires avec n’importe quel genre du cinéma mais avec le documentaire, l’histoire est beaucoup plus touchante. Elle parle beaucoup plus quand c’est la réalité et qu’elle a été vécue. J’aime surtout aborder les sujets qui parlent des conditions de la femme parce que c’est l’être le plus faible et il y a beaucoup de tabous autour d’elle.
Question polémique, beaucoup me disent que le documentaire n’est pas un genre pour le cinéma mais pour la télé. Ils pensent que c’est un nid d’incapables, dans le style tu as envie de faire du cinéma mais tu n’as pas la force pour tenir en fiction donc tu fais du documentaire. Que penses-tu de cela ?
(Rire) Tu as toi-même vu le résultat au Durban Filmmart : sur 9 bourses accordées, 8 sont allées aux documentaires donc je pense que cela devrait interpeler les gens qui pensent que le documentaire n’est pas un travail. La fiction est si simple, je peux rentrer dans ma chambre et imaginer une histoire. Mais pour faire du documentaire, il faut aller vers les gens, rencontrer un personnage, aimer son histoire, faire des repérages, faire de l’immersion s’il le faut, rentrer dans l’intimité des personnes, prendre autant de temps avent d’écrire juste l’histoire. Je ne suis pas là pour comparer la fiction et le documentaire mais si le cinéma se résumait au loisir, je ne le ferais pas. J’ai choisi de faire le documentaire parce que derrière, il y a un engagement qui est humain, social.
On a vu ton engagement dans le film l’Arbre sans fruit qui raconte ta propre histoire et le quotidien de beaucoup d’autres femmes africaines. Les regards envers toi ont-ils changé ?
Le changement s’observe sur un long terme. Néanmoins, j’ai remarqué que le regard a changé, pas qu’autour de moi mais aussi autour de la question dont j’ai traitée. Ce qui me touche personnellement, c’est quand à la sortie d’une salle, quelqu’un me dit «  ça fait longtemps qu’on a ce problème avec mon épouse, on n’arrive pas à en parler  ou quand on en parle c’est pour me disputer et là je prends l’engagement d’aller en consultation avec elle ». Je pense que le film a déclenché quelque chose. Faire ce film a également été une thérapie pour moi puisque j’ai pu parler de mon problème et c’est pareil pour les autres femmes qui ont intervenu dans le film.

Au dernier festival de Cannes tu as présenté ton nouveau projet « Zinder ». Ce même projet est revenu au Festival international du film de Durban, tu as pitché ton nouveau projet et a d’ailleurs eu le prix Afridocs. Parle-nous de ce nouveau projet et du prix que tu as reçu.
C’est un prix que m’a octroyé Afridocs. Zinder c’est ma ville natale et j’y ai grandi. C’est un havre de paix qui m’a bercée. Après l’évènement Charlie Hebdo le 15 janvier 2015, la ville est devenue tristement célèbre, beaucoup de personnes ont écrit sur la ville, ils ont écrit sur les jeunes de Zinder. Tout le monde raconte la vie de ces jeunes. Aujourd’hui, j’ai envie que ces jeunes se racontent eux-mêmes. Je veux leur donner la parole pour qu’on comprenne qui ils sont, pourquoi ils sont violents parfois. Dans ce film, je vais aussi montrer comment ils vivent quotidiennement puisqu’ils sont, pour la plupart, désœuvrés. Je veux qu’ils montrent leur vision du monde.
Des jeunes violents hein !!! Tu n’as pas peur de les approcher ?
Non, je n’ai pas peur puisque ce ne sont que des préjugés, des jugements. Ils font partie de notre société. Quand son bras est malade, on ne l’ampute pas, on le prend et on le soigne. C’est ce que je veux faire.
 

À propos d’Afridocs :
Afridocs est une plateforme qui diffuse des films documentaires africains. C’est comme avoir un festival de film  sur votre écran qui donne accès à des documentaires puissants et de qualité primés dans les plus grands festivals du monde.

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Le prix Afridocs

 

Pourquoi j’aime le ciné229 Awards

On est tous d’accord que pour faire du cinéma au Bénin, il faut s’armer de beaucoup de courage puisqu’il n’y a pas réellement un circuit de distribution pour nos films, et encore moins des festivals nationaux pour reconnaitre les œuvres des uns et des autres.
Ici, on se plaint quotidiennement de l’oubli du cinéma par tous les gouvernements qui passent, de nos salles qui sont devenus lieux de cultes, abris pour bestioles et autres.
Dans cette litanie de malchance, mauvaise foi ou malheur (je ne sais pas), il y a des jeunes qui osent et qui font avec les moyens qu’ils ont, quitte à un sponsor de les soutenir : c’est ça le Ciné229Awards. 

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Les trophées du Ciné229 Awards


Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
C’est un gala, organisé par l’Association Terre d’ébène, lors duquel sont primés, depuis l’année dernière, les acteurs du cinéma béninois. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. Ceci vient donc insuffler une nouvelle dynamique à notre cinéma en instaurant l’esprit de compétition et donc la volonté de mieux faire.
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L’actrice béninoise Nadjibath Ibrahim a reçu l’année dernière le prix de la meilleure interprétation féminine.


Comment participer au ciné229Awards, édition 2018 ?
Vous aviez réalisé un film dernièrement ou aviez travaillé sur un projet comme acteur, cadreur, preneur de son, monteur, maquilleur… envoyez votre candidature en suivant les indications sur ce lien. Le deadline est pour le 09 septembre 2018 et la compétition est ouverte aux béninois uniquement.
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Envie de soutenir l’évènement ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une initiative jeune et ils travaillent beaucoup sur fonds propre donc un petit coup de main pourra les soulager. Si vous avez envie d’aider ou de devenir partenaire de l’évènement, vous pouvez m’envoyer un mail sur ecranbenin@gmail.com je me chargerai de vous mettre en relation avec le comité d’organisation.
Alors quelqu’un a compris pourquoi j’aime le ciné229awards ?

Critique : Rafiki, une classique histoire d’un amour

Rafiki est un film kenyan, co-écrit par Jenna Bass et Wanuri Kahiu, qui en est d’ailleurs la réalisatrice. Les auteurs y abordent  l’amour lesbien dans les rues de Nairobi. Le film, censuré au Kenya à cause de la thématique abordée, a été présenté au festival de Cannes 2018 dans la catégorie un certain regard et a été choisi comme film de clôture du Festival International de Film de Durban en Afrique du Sud.
Kena (Samantha Mugatsia) et Ziki (Sheila Munyiva) – les protagonistes du film– sont deux adolescentes et filles de politiciens qui s’affrontent pour les élections locales. Elles se rencontrent au cours de la campagne qui oppose leurs pères et tombent amoureuses malgré leurs différents styles de vie. Kena a des parents divorcés et souhaite devenir infirmière tandis que Ziki rêve de danse et de voyage.

Leur amour est traité avec assez de sensualité et les scènes d’amour présentées avec beaucoup de pudeur, incluant  une complicité entre les deux actrices qui oblige le spectateur à s’attacher à elles : les moments de complicité comme quand Kena initie Ziki au football, la partie où la pluie les oblige à se réfugier dans un camion…, assez de scènes romantiques qui vous donnent le frisson.    La caméra est constamment près du visage, ainsi transmettant de l’émotion.
Quant à l’intrigue du film, elle est assez classique et souffre peut-être d’un manque d’originalité. Rafiki imite le style de nombreux films commerciaux américains qui abordent le sujet des adolescents amoureux.
Ziki et Kena vivent heureuses dans leur relation, sortent ensemble en boite de nuit, dans la rue, sur des terrains de sport…La suite du film se devine aisément, les habitants de leur quartier encore très conservateurs et traditionnels leur font subir des violences psychologiques et physiques.

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Une scène de Rafiki. Kena et Ziki sont en boite de nuit.


Wanuri Kahiu met en face de son sujet principal, l’amour entre les deux filles, la politique et la religion, deux sujets qui font entièrement partie du quotidien des Africains. On peut remarquer dans certaines scènes qu’en Afrique, le point de vue de la religion compte avec le prédicateur qui reçoit dans son église le politicien en campagne, ou encore le prédicateur qui condamne et interdit l’amour homosexuel. Cela permet de comprendre le rôle des religions dans le contexte social en Afrique.