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15eme édition du festival international cinéma et migration d’Agadir : le Bénin était à l’honneur

Le Festival International Cinéma et Migration d’Agadir est un festival qui se déroule de 15 ans dans la ville d’Agadir situé au sud du Maroc.  Depuis deux ans, le festival s’est ouvert sur l’Afrique. Ainsi, la Cote d’Ivoire et le Cameroun ont été reçu comme invités d’honneur. Cette année, le Bénin était sous les feux des projecteurs. Un hommage a été rendu au grand réalisateur béninois Sylvestre Amoussou, de nombreux reportages ont été réalisés sur la délégation béninoise et sur le cinéma béninois. Une soirée a été consacrée au Bénin durant ce festival. J’ai participé à ce beau festival, Voici le best of en image.

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La délégation béninoise à l’ouverture du festival

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Sandra Adjaho, actrice béninoise

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Sylvestre Amoussou, honoré durant la spéciale soirée « Bénin »

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Au milieu, l’actrice marocaine Fatima Boujou dans une tenue traditionnelle du Bénin

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Le drapeau du Bénin était sur le lieu du festival

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Bien sur on a fait du tourisme

Voici la célébration du Bénin en vidéo.

Ciné229Awards 2018: Les nominés

Le Ciné 229 Awards est une soirée, organisée par l’Association Terre d’ébène, au cours de laquelle , les acteurs du cinéma béninois sont célébrés. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. L’édition 2018 va se dérouler le 8 décembre prochain au CanalOlympia Wologuede. En attendant voici la liste des nominées dans les 16 catégories. Votez dès maintenant pour votre réalisateur préféré en  cliquant sur ce lien

1- MEILLEURE AFFICHE DE FILM (Documentaire)

  • Fidèl Hounhouede
  • Olivier Medjigbodo
  • Boris Kouakou
  • Prudence AdoukonouMULTI-PANEL - AFFICHE DOCUMENTAIRE.png

2- MEILLEURE AFFICHE DE FILM  (Fiction)

  • Olivier Kpossa
  • Beaucejour Akodjenou
  • Marie-Pierre Dossou

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3-  INTERPRÉTATION FÉMININE

  • Idayatou Ibrahim
  • Marielie Dangnivo
  • Mazidath Bello MULTI-PANEL - INTERPRETATION FEMININE.png

4-  INTERPRÉTATION MASCULINE

  • Julio Avanhoun
  • Thomas Chakla
  • Josué Otou

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5- MAQUILLAGE DE FILM

  • Leyla Adje-Chabi
  • Emeuraude Houenon
  • Eunice Adande
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6- MEILLEUR MONTAGE (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Bilal Bababodi
  • Boris Kouakou
  • rudence Adoukonou

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7- MEILLEUR MONTAGE (Fiction)

  • Olivier Kpossa
  • George Gougnon
  • Elodie Guedeme

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8- MEILLEURE MUSIQUE DE FILM (Fiction)

  • Esaie Dakossi
  • Didier Guedou
  • Raunad Sagbohan

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9- MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (Documentaire)

  • Eudon Houessou
  • Alain Nounagnon
  • Marcelin Alosse

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10- MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (Fiction)

  • Lariaus Honvo
  • Geff Atindegla
  • Abraham Hounkanrin

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11- MEILLEURE RÉALISATION ( fiction)

  • Gédéon Djogbenou
  • Beaucejour Akodjenou
  • Mystourath Nouwatin
  • Loïc Francisco

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12- MEILLEURE RÉALISATION (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Olivier Medjigbodo
  • Dieudonné Osse
  • Osée Adamassou

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13-MEILLEUR SCENARIO  (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Olivier Medjigbodo
  • Dieudonné Osse
  • Osée Adamassou

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14- MEILLEUR SCENARIO (Fiction)

  • Gédéon Djogbenou
  • Beaucejour Akodjenou
  • Mystourath Nouwatin
  • Loïc FranciscoMULTI-PANEL - SCENARIO FICTION.png

15-  MEILLEUR SON (Documentaire)

  • Amoureck Hounleba
  • Gaetan Akpasso
  • Marcelin Alosse
  • Hugues Bossoudaho

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16- MEILLEUR SON (Fiction)

  • Didier Guedou
  • Constant Tevoedjre
  • Jean-François Amehounkpe

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Voilà les nominés de l’édition 2018 du ciné229Awards. Vous aimez le travail de l’un d’eux? soutenez le en votant sur ce lien

Kutonu : Jacob, de l’étoile de rouge, raconte Cotonou

Depuis le 1er novembre 2018, la série Kutonou, réalisée par Aymar Ayeman Esse et produite par Jean Noel Bah, a débarqué sur A+.  Kutonou, comme Bamako, Niamey, Yaoundé et autres fait partie d’un coffret appelé  « Capitales Africaines ». J’étais à la première de cette série, j’y ai rencontré Aymar et Jean-Noel de Scénarii production. Interview

Qu’y a-t ’il à raconter sur Cotonou ?

Aymar : Il y a beaucoup de choses à raconter, d’une génération à une autre. Cotonou, je la raconte de mon point de vue et ce n’est pas forcément de cette manière que les ainés la raconteront. Sur Cotonou, il y a la révolution, les divers faits de société, la politique, etc. Dans la série, je peins l’histoire d’un jeune qui a créé une application qui s’appelle Kutonou. Sur cette application qui fonctionne comme un réseau social, il va ajouter tous ses amis avec  qui il a fait la Terminale B. Il l’a fait pour se venger d’eux parce que, quand ils étaient en classe, il a hérité du surnom « Le bègue ». Ce scénario, pour moi un prétexte, m’a permis d’aborder les thématiques des réseaux sociaux, les TICS, le vodou et la cybercriminalité qui, qu’on le veuille ou pas, fait partie des caractéristiques de Cotonou. L’autre originalité, c’est qu’on raconte Kutonou du point de vue de Jacob.

Jacob ? Euh, c’est qui ?

Aymar : Jacob, c’est le soldat qui est perché au sommet de l’étoile rouge. Tu te souviens ? Quand on était petit, on disait « Jacob descend la terre, n’est pas en haut. Donc, dans la série, je donne une voix à notre Jacob de l’étoile rouge et c’est lui, depuis son sommet, qui observe les Cotonois et raconte leur vie.

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C’est lui Jacob!!!!

Jean Noel Bah, tu as vu Kutonou. Mis à part Jacob et notre vodou, que retiens-tu de Cotonou ?

Jean-Noel : Cotonou est une ville très connectée avec internet, c’est la première chose que je retiens parce que le film est vraiment ancré dans cet univers. Je retiens également que le Bénin n’est pas en marge d’un certain nombre de fléaux qui sévissent,  notamment la cybercriminalité.  Et il y a le vodou qui est spécifique au Bénin. De plus Cotonou, ce n’est pas Abidjan, ce n’est pas Bamako, les architectures ne sont pas les mêmes, les comportements non plus, les accents, etc.

Parlant d’accent, Aymar, tu as fait un casting qui a dépassé les frontières du Bénin. On remarque dans ta série la présence de nombreux comédiens togolais.  Ces derniers ont-ils pu se comporter en Cotonois, surtout côté accent ?

Aymar : Lorsqu’on a lancé le casting, on ne savait pas qu’il y aurait des Togolais, des Burkinabé, des Sierras léonais. On a donc remarqué de bons acteurs parmi les togolais qui étaient là et voilà, ils ont été retenus. On a travaillé avec eux, surtout au niveau des accents. Tu l’as dit, nous sommes pays frères mais on a des accents très différents.  Après, il y a eu l’intégration avec les techniciens et acteurs du Bénin puis les choses sont allées vites. De plus, pour les langues locales, on partage le mina avec le Togo donc on a fait avec.

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Les principaux acteurs de la série KUTONU

Quels sont les acteurs qui t’ont épaté avec leur jeu ?

Aymar : Celle qui m’a le plus impressionné  c’est Nelly (Simliwa jessica) qui était vraiment timide durant le casting. Beaucoup lui disaient qu’elle ne pouvait pas, on lui a trouvé le rôle d’une fille timide et elle a vraiment assuré.

Ensuite Rose (Beatrice Alovor) qui bien tenu son rôle aussi et Gael Hounkpatin qui a joué le rôle de Patrice Akouegnon, un jeune multimilliardaire.

Sur le plateau c’était comment ? On m’a dit que vous tourniez la journée et faisiez le montage la nuit.

Aymar : Oui, c’est ce qu’on a fait parce qu’il y avait la pression du délai. Les équipes travaillaient en parallèle, cela nous a permis en début de  tournage de voir les erreurs qu’on avait. Il y avait, par exemple, le son qu’on a corrigé dans la suite des séquences. Ça nous a aussi permis de voir l’évolution des personnages.

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Kutonu pendant la post-production

 Kutonu, c’est combien d’épisodes et de CFA ?

Jean-Noël : C’est Aymar qui a dépensé l’argent, c’est lui qui peut le dire (rire).  En général je ne donne pas le coût de mes productions. Kutonu, c’est 26 épisodes de 26 minutes. Et ça coûte à peu près ce que ça coûte (rire). Tu sais ce qu’on injecte dans une production,  ça ne correspond pas forcément à ce que la série donne, surtout en Afrique.  Donc je n’aime pas avancer les chiffres. On travaille au rabais par ici.

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Selfie avec le réalisateur Aymar ESSE et le producteur Jean-Noel BAH

 

Pourquoi j’aime le ciné229 Awards

On est tous d’accord que pour faire du cinéma au Bénin, il faut s’armer de beaucoup de courage puisqu’il n’y a pas réellement un circuit de distribution pour nos films, et encore moins des festivals nationaux pour reconnaitre les œuvres des uns et des autres.
Ici, on se plaint quotidiennement de l’oubli du cinéma par tous les gouvernements qui passent, de nos salles qui sont devenus lieux de cultes, abris pour bestioles et autres.
Dans cette litanie de malchance, mauvaise foi ou malheur (je ne sais pas), il y a des jeunes qui osent et qui font avec les moyens qu’ils ont, quitte à un sponsor de les soutenir : c’est ça le Ciné229Awards. 

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Les trophées du Ciné229 Awards


Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
C’est un gala, organisé par l’Association Terre d’ébène, lors duquel sont primés, depuis l’année dernière, les acteurs du cinéma béninois. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. Ceci vient donc insuffler une nouvelle dynamique à notre cinéma en instaurant l’esprit de compétition et donc la volonté de mieux faire.
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L’actrice béninoise Nadjibath Ibrahim a reçu l’année dernière le prix de la meilleure interprétation féminine.


Comment participer au ciné229Awards, édition 2018 ?
Vous aviez réalisé un film dernièrement ou aviez travaillé sur un projet comme acteur, cadreur, preneur de son, monteur, maquilleur… envoyez votre candidature en suivant les indications sur ce lien. Le deadline est pour le 09 septembre 2018 et la compétition est ouverte aux béninois uniquement.
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Envie de soutenir l’évènement ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une initiative jeune et ils travaillent beaucoup sur fonds propre donc un petit coup de main pourra les soulager. Si vous avez envie d’aider ou de devenir partenaire de l’évènement, vous pouvez m’envoyer un mail sur ecranbenin@gmail.com je me chargerai de vous mettre en relation avec le comité d’organisation.
Alors quelqu’un a compris pourquoi j’aime le ciné229awards ?

Nicole Dadjo, maquilleuse  de cinéma : « C’est un terrain quasi vierge »

Nicole Annick Dadjo est esthéticienne et maquilleuse sur les plateaux de films et exerce le métier depuis plusieurs décennies. Elle a été maquilleuse sur tous les films de Prince ogoudjobi (le réalisateur de la série Deuxième chance qui passe actuellement sur A+) et a également travaillé sur plusieurs autres productions béninoise, burkinabé, anglaise ; etc. Nicole enseigne le maquillage dans les écoles de cinéma. Elle m’a invité à suivre un de ses cours, l’interview a été réalisée juste après.
 
 
Nicole, qu’est-ce que le maquillage plateau et en quoi diffère-t-il du maquillage simple ?
Le maquillage plateau est un maquillage qui se fait au cinéma. Il tient compte du scénario. Quand le maquilleur reçoit le scénario, il le lit, fait son propre dépouillement et crée des maquillages en fonction de ce qui est écrit dans le scénario.  Il fait des effets au besoin, réalise le maquillage en fonction de l’éclairage du plateau et du lieu du tournage. Il faut donc avoir des notions de cinéma, être créatif, être rapide et avoir de la finesse alors que dans un maquillage simple on se contente juste de maquiller le sujet selon l’évènement.
Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ?
Au début, je détestais le maquillage. Je ne me maquillais même pas. Puis j’ai eu un boulot et dans la boîte, le maquillage était exigé. Plus tard, je me suis intéressée au cinéma et j’ai travaillé sur la production du film  Voyage à Ouaga . Sur le plateau, j’ai rencontré une grande maquilleuse qui s’appelle Amy Zouré. J’ai été fascinée par son travail. J’ai donc décidé de faire du maquillage plateau. Je me suis inscrite pour la formation à Paris-Bénin Esthétique et  j’ai ensuite bossé sur le tas pendant deux années. J’ai notamment travaillé sur les plateaux du réalisateur nigérian Tundé Kelani. Après, j’ai complété ma formation dans une école française à Arras. A tout ça, s’ajoutent les livres que j’achète, les recettes que je teste.

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Du miel, du café et d’autres ingrédients secrets pour fabriquer le faux sang pour les plaies


Quel est le projet sur lequel tu as eu du plaisir à travailler ?
J’éprouve du plaisir sur tous mes projets mais mon préféré reste Le retour du roi mais le film n’est pas encore sorti. J’aime ce projet parce que j’ai vraiment fait du progrès côté création. Je me suis surpassée et ça me rend vraiment fière.
Parlant fierté, qu’est-ce qui te rend vraiment fière dans ton métier ?
Je suis fière quand je finis mon travail sur un plateau et les gens disent « Waooh ! Le maquillage est beau. C’est vraiment réussi…»  ça me rend très fière. L’autre chose qui me rend fière, c’est partager ma connaissance avec les personnes que je forme.
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Un étudiant content après qu’on ai réalisé sur lui un saignement du nez et un hématome 😅 il devait pleurer normalement pour faire le jeu mais trop content du résultat il a tout le temps rigolé


En maquillage que réussis-tu le plus ?
Les plaies (rire) je les réussis, et à chaque fois, j’arrive à créer une nouvelle technique de plaie. Je crée aussi des matériels locaux parce que c’est cher d’importer des trucs d’Europe. Je n’utilise plus le latex par exemple mais je continue de faire des plaies. Je fabrique moi-même les pâtes à modeler.
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Elle adore réaliser les plaies. Pendant le cours ses élèves ont eu droit à plusieurs techniques, celle de la pâte à modeler, celle du coton, celle de la cigarette…


Qu’est ce qui serait assez fort pour te dissuade d’exercer ton métier.
(Longue réflexion) je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé un truc qui réduit mon amour pour le maquillage plateau. J’ai du plaisir à maquiller.
Quelles écoles recommanderais-tu à quelqu’un qui voudrait embrasser cette carrière ?
Au Bénin et en Afrique, je n’en connais pas vraiment. Je lui recommanderais de se faire former sur le tas d’abord et ensuite compléter sa formation en Europe. Mais si la personne dispose de moyens, elle peut directement aller dans une école en Europe. Je recommande aussi de se faire former en esthétique parce que c’est important de connaître la peau sur laquelle on veut travailler afin de ne pas irriter les gens. il y a aussi Youtube aujourd’hui elle pourra voir les tutoriels. Il faut aussi faire beaucoup de stage afin d’avoir la main.
Ok !trouve-t-on  vraiment du travail dans ce domaine ?
C’est un terrain assez vierge. Il n’y a pas beaucoup de maquilleurs dans l’industrie donc c’est vraiment facile d’avoir à faire. De plus, avec toutes les écoles de formations en réalisation, c’est sûr qu’il y aura de plus en plus de tournage.
Dernière question pour toi, les maquilleurs sont-ils bien payés sur les plateaux ?
Le maquilleur est payé au même titre que les autres techniciens. 50 milles franc CFA la journée. Mais au Bénin ce n’est pas toujours ça.
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Nicole montre la réalisation d’un maquillage du jour à ses étudiants


 
 
 

Marthe-Carmelle Okoumassoun l'écureuil du Bénin au festival Emergence.

Le festival émergence est un festival de court-métrage fiction et documentaire qui se déroule chaque année au Togo. La quatrième édition du festival  démarre demain à Lomé au Togo. 23 films sont en compétitions pour obtenir les précieux lauriers du festival et dans la catégorie des films documentaires, le Bénin est représenté par le film Egba Omondjagoun. Réalisé par Marthe-Carmelle Okoumassoun, ce film dure 12minutes 59 secondes. A la veille de son départ pour Lomé, j’ai rencontré la jeune réalisatrice à qui j’ai posé quelques questions afin de faire découvrir son film au public béninois.

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Selfie de l’équipe de production pendant le tournage


En une phrase, qui est Marthe-Carmelle Okoumassoun ?
C’est une jeune fille qui se bat et qui a une licence en journalisme. Je suis également l’auteure-réalisatrice du film Egba Omondjagoun.
Parlant de Egba Omondjagoun, de quoi traite le film et pourquoi ce titre ?
C’est un documentaire qui parle du clan princier de Dassa. Ce clan n’est pas très connu et même certains fils de Dassa n’y connaissent pas grand chose. J’y ai alors consacré un film. Je l’ai ainsi titré parce que tout le monde dit généralement Omondjagoun mais la vraie appellation est Egba Omondjagoun parce qu’ils viennent de Egba au Nigéria.
A quel moment toi  as-tu découvert les Omondjagoun de Dassa ?
J’ai toujours eu connaissance de l’existence des Omandjagoun de Dassa vu que je suis originaire de cette ville. Mais, je ne savais pas vraiment grand-chose d’eux. Ce tournage a, de ce fait, eu d’abord sur moi-même l’effet escompté. J’ai véritablement découvert ce clan lors de la réalisation de mon film.
Comment s’est conçu le scénario du film et quel est le coût en terme de budget ?
Le film m’a couté un peu moins d’un million. Pour le scénario, j’ai écrit un dossier de production mais arrivée sur le terrain, j’ai fait face à d’autres réalités. J’ai alors travaillé en tenant compte de tous les paramètres présents.
Raconte nous une anecdote qui t’a marquée durant le tournage.
(Rire pendant un long moment) Une anecdote !!!!!! Une chose qui m’a marquée parmi tant d’autres , c’est quand on est allé à Tré. On devait grimper les collines, ça a pris 45min. Nous étions arrivés sur une sorte de clairière. J’étais heureuse d’être arrivée à destination mais notre guide nous a dit qu’on venait de faire la moitié du trajet. Là je me suis mise à pleurer. C’était d’ailleurs ça ma principale difficulté sur ce tournage ; il fallait beaucoup grimper et pour moi qui ne suis pas très sportive, c’était chaud.
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En route pour le sommet de la colline….


Tu défendras les couleurs du Bénin à Lomé dès demain dans le cadre du festival Emergence. Qu’est-ce que cela te fait ?
Je suis fière mais je stresse aussi beaucoup. Ce sont des amis qui m’ont informée de la sélection du film. J’ai ensuite consulté la liste et je me suis rendu compte que j’étais la seule béninoise en compétition. J’avoue que c’est stressant.
Parmi les autres films en compétition, lequel te fait peur ?
Je n’ai pas peur. Si mon film est meilleur à celui des autres, je gagnerai. Dans le cas contraire, je ne gagnerai pas de trophée mais j’aurais gagné en expérience. Je suis personnellement satisfaite parce que cette sélection est pour moi une victoire morale.
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Liste des films sélectionnés pour le Festival émergence 2017


Après Emergence, quel sera le destin du film ?
Ah !!! Je suis retournée à Dassa et on a complété le tournage avec des plans tournés en drone. Donc je vais remonter le film pour lui donner un nouveau visage. Après je vais l’envoyer à d’autres festivals.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer jusqu’à Lomé vous voir le film en salle, vous pouvez le voir sur YouTube. cliquez là👇👇👇👇👇

 
 
 
 
 

Ouverture de rideau pour le Festival Bénindocs 2017

Du 15 au 22 novembre, le Bénin va connaître la quatrième édition du festival «  BéninDocs Festival International du Premier Film Documentaire ». C’est un festival de film documentaire organisé par l’association Africadoc-Bénin. Son but, c’est d’encourager la diffusion des premières œuvres documentaires auprès du public et faire connaître le travail des jeunes réalisateurs.
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Thème de l’édition 4
L’Edition de cette année a pour thème «  Résistance…Entre Ecueil, Survivre en Inventant ». Vous verrez donc des documentaires qui abordent les thématiques « comment faire le pont entre le traditionnel et le moderne, entre le passé et le futur ».
Marraine du festival
Penda Diouf, la jeune Auteure-dramatuge sénégalaise est la marraine du BéninDocs4. Elle a, à son actif, six pièces publiées. Elle a écrit « Poussière », sa première pièce, à 19ans et plusieurs autres pièces qui ont fait le tour du monde. Ses thèmes favoris d’écriture sont le racisme, le sexisme et l’oppression. Il est clair donc qu’elle a des choses à partager avec le public durant ce festival.
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Lieux de déroulement du Bénindocs4
Les films seront projetés à Porto-Novo (au palais des Migan et Aimonlonfidé) et à Cotonou (à l’institut Français et à l’ISMA) selon le programme sur l’image ci-dessous.

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Programme du Festival Benindocs4


Films à voir
Au total 23 films documentaires de création seront projetés au public béninois. Parmi ces films, j’ai trois coups de cœur que je vous recommande vivement.

  • Alpha Blondy, Un combat pour la liberté. C’est un film de 90 minutes (comme un match de foot) réalisé en 2010 par Dramane Cissé et Antoinette Delafin. Le film retrace la vie musicale, spirituelle et politique de l’artiste ivoirien. Il se bat pour la paix en Côte d’Ivoire et en Afrique et son arme, c’est la musique. C’est d’ailleurs le seul documentaire sur l’artiste jusqu’à ce jour.
  • Une démocratie africaine. C’est un film de 72 minutes réalisé en 2016 par Pierre Loti Simo. Dans le film, le réalisateur et son équipe nous emmènent dans un village du Cameroun ou la monarchie a toujours régné pour voir si la démocratie, tel que prônée aujourd’hui, peut cohabiter avec la monarchie. Ils nous font tout simplement découvrir la démocratie monarchique.
  • Marie Curie, Une femme sur le front. Pour les féministes et autres défenseurs de la femme, c’est le film qu’il vous faut. Dans ce film, Alain Brunard nous présente Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie. Elle a été une personne remarquable durant la guerre de 1914. En effet, grâce à sa fille et à l’aide d’un ami médecin, elle a équipé les camionnettes des soldats de matériels de radiographie. Son implication dans la survie des soldats dans cette guerre a rendu populaire la radiographie qui, dans le temps, était banalisée.

Voilà pour mes trois coups de cœurs. Je n’ai pas encore vu tous les films à l’affiche mais je suis sûre que je découvrirai d’autres films tout aussi intéressants que ceux cités. N’hésitez par suivre les projections du Bénindoc4 qui sont gratuites et surtout, partagez avec moi vos coups de cœur ici en commentaire ou sur la page facebook du blog Ecranbenin.

Dans la peau d’une assistante réalisatrice

J’ai participé au tournage de fin  de film de Gande Audrey journaliste documentariste. Son film met en valeur les poteries de la localité de Sè (petit village situé au sud-ouest du Bénin). La réalisatrice a mis en place, une short équipe de cadreur, preneur de son, gestionnaire de production. Non non je n’étais pas sur le tournage pour bavarder ou pour jouer les kpakpatos, j’y étais en tant que qu’assistante réalisatrice. Je vous raconte. 

Ecran

l’équipe de tournage☺☺☺☺


Alors on a pris le départ de Cotonou avec beaucoup de retard pour des raisons logistiques.  Une fois dans le village de Sè, on est passé au commissariat pour signaler notre position aux autorités et en suite début de tournage. On a tourné en majorité, les plans de situation, les plans de coupe… et on a mis fin à la journée à 18h avec une belle fatigue.
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Fin de tournage. On partage un repas en groupe.


 
Couac le logement trouvé par la réalisatrice n’était pas adéquat. On a décampé malgré la fatigue et après quelques heures de recherches, on a trouvé une nouvelle maison pour la couchette grâce à des contacts que j’avais dans le village.
 
 
Deuxième jour de tournage. La réalisatrice a mis les petits plats dans les grands pour nous faire faire le travail de deux jours en un . On a donc pu finir le tournage ce jour-là. L’expérience fut belle car cela m’a permis de rencontrer des femmes dévouées, battantes qui transforment la terre en objet d’art et ustensile. J’ai même appris à faire quelques petits pots.

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Je vous dirai quand le film sortira.