Articles

15eme édition du festival international cinéma et migration d’Agadir : le Bénin était à l’honneur

Le Festival International Cinéma et Migration d’Agadir est un festival qui se déroule de 15 ans dans la ville d’Agadir situé au sud du Maroc.  Depuis deux ans, le festival s’est ouvert sur l’Afrique. Ainsi, la Cote d’Ivoire et le Cameroun ont été reçu comme invités d’honneur. Cette année, le Bénin était sous les feux des projecteurs. Un hommage a été rendu au grand réalisateur béninois Sylvestre Amoussou, de nombreux reportages ont été réalisés sur la délégation béninoise et sur le cinéma béninois. Une soirée a été consacrée au Bénin durant ce festival. J’ai participé à ce beau festival, Voici le best of en image.

FB_IMG_1542029953339

La délégation béninoise à l’ouverture du festival

FB_IMG_1542030093597

Sandra Adjaho, actrice béninoise

FB_IMG_1542030357768

Sylvestre Amoussou, honoré durant la spéciale soirée « Bénin »

FB_IMG_1542030508562

Au milieu, l’actrice marocaine Fatima Boujou dans une tenue traditionnelle du Bénin

IMG_20181107_184942

Le drapeau du Bénin était sur le lieu du festival

IMG-20181108-WA0010.jpg

Bien sur on a fait du tourisme

Voici la célébration du Bénin en vidéo.

Ciné229Awards 2018: Les nominés

Le Ciné 229 Awards est une soirée, organisée par l’Association Terre d’ébène, au cours de laquelle , les acteurs du cinéma béninois sont célébrés. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. L’édition 2018 va se dérouler le 8 décembre prochain au CanalOlympia Wologuede. En attendant voici la liste des nominées dans les 16 catégories. Votez dès maintenant pour votre réalisateur préféré en  cliquant sur ce lien

1- MEILLEURE AFFICHE DE FILM (Documentaire)

  • Fidèl Hounhouede
  • Olivier Medjigbodo
  • Boris Kouakou
  • Prudence AdoukonouMULTI-PANEL - AFFICHE DOCUMENTAIRE.png

2- MEILLEURE AFFICHE DE FILM  (Fiction)

  • Olivier Kpossa
  • Beaucejour Akodjenou
  • Marie-Pierre Dossou

MULTI-PANEL - AFFICHE FICTION.png

3-  INTERPRÉTATION FÉMININE

  • Idayatou Ibrahim
  • Marielie Dangnivo
  • Mazidath Bello MULTI-PANEL - INTERPRETATION FEMININE.png

4-  INTERPRÉTATION MASCULINE

  • Julio Avanhoun
  • Thomas Chakla
  • Josué Otou

MULTI-PANEL - INTERPRETATION MASCULINE.png

5- MAQUILLAGE DE FILM

  • Leyla Adje-Chabi
  • Emeuraude Houenon
  • Eunice Adande
  • MULTI-PANEL - MAQUILLAGE FICTION.png

6- MEILLEUR MONTAGE (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Bilal Bababodi
  • Boris Kouakou
  • rudence Adoukonou

MULTI-PANEL - MONTAGE DOCU.png

7- MEILLEUR MONTAGE (Fiction)

  • Olivier Kpossa
  • George Gougnon
  • Elodie Guedeme

MULTI-PANEL - MONTAGE FICTION.png

8- MEILLEURE MUSIQUE DE FILM (Fiction)

  • Esaie Dakossi
  • Didier Guedou
  • Raunad Sagbohan

MULTI-PANEL - MUSIQUE FICTION.png

9- MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (Documentaire)

  • Eudon Houessou
  • Alain Nounagnon
  • Marcelin Alosse

MULTI-PANEL - PHOTOGRAPHIE DOCU.png

10- MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (Fiction)

  • Lariaus Honvo
  • Geff Atindegla
  • Abraham Hounkanrin

MULTI-PANEL - PHOTOGRAPHIE FICTION.png

11- MEILLEURE RÉALISATION ( fiction)

  • Gédéon Djogbenou
  • Beaucejour Akodjenou
  • Mystourath Nouwatin
  • Loïc Francisco

MULTI-PANEL - REALISATION  FICTION.png

12- MEILLEURE RÉALISATION (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Olivier Medjigbodo
  • Dieudonné Osse
  • Osée Adamassou

MULTI-PANEL - REALISATION DOCU.png

13-MEILLEUR SCENARIO  (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Olivier Medjigbodo
  • Dieudonné Osse
  • Osée Adamassou

MULTI-PANEL - SCENARIO  DOCU.png

14- MEILLEUR SCENARIO (Fiction)

  • Gédéon Djogbenou
  • Beaucejour Akodjenou
  • Mystourath Nouwatin
  • Loïc FranciscoMULTI-PANEL - SCENARIO FICTION.png

15-  MEILLEUR SON (Documentaire)

  • Amoureck Hounleba
  • Gaetan Akpasso
  • Marcelin Alosse
  • Hugues Bossoudaho

MULTI-PANEL - SON DOCUMENTAIRE.png

16- MEILLEUR SON (Fiction)

  • Didier Guedou
  • Constant Tevoedjre
  • Jean-François Amehounkpe

MULTI-PANEL - SON FICTION.png

 

Voilà les nominés de l’édition 2018 du ciné229Awards. Vous aimez le travail de l’un d’eux? soutenez le en votant sur ce lien

Kutonu : Jacob, de l’étoile de rouge, raconte Cotonou

Depuis le 1er novembre 2018, la série Kutonou, réalisée par Aymar Ayeman Esse et produite par Jean Noel Bah, a débarqué sur A+.  Kutonou, comme Bamako, Niamey, Yaoundé et autres fait partie d’un coffret appelé  « Capitales Africaines ». J’étais à la première de cette série, j’y ai rencontré Aymar et Jean-Noel de Scénarii production. Interview

Qu’y a-t ’il à raconter sur Cotonou ?

Aymar : Il y a beaucoup de choses à raconter, d’une génération à une autre. Cotonou, je la raconte de mon point de vue et ce n’est pas forcément de cette manière que les ainés la raconteront. Sur Cotonou, il y a la révolution, les divers faits de société, la politique, etc. Dans la série, je peins l’histoire d’un jeune qui a créé une application qui s’appelle Kutonou. Sur cette application qui fonctionne comme un réseau social, il va ajouter tous ses amis avec  qui il a fait la Terminale B. Il l’a fait pour se venger d’eux parce que, quand ils étaient en classe, il a hérité du surnom « Le bègue ». Ce scénario, pour moi un prétexte, m’a permis d’aborder les thématiques des réseaux sociaux, les TICS, le vodou et la cybercriminalité qui, qu’on le veuille ou pas, fait partie des caractéristiques de Cotonou. L’autre originalité, c’est qu’on raconte Kutonou du point de vue de Jacob.

Jacob ? Euh, c’est qui ?

Aymar : Jacob, c’est le soldat qui est perché au sommet de l’étoile rouge. Tu te souviens ? Quand on était petit, on disait « Jacob descend la terre, n’est pas en haut. Donc, dans la série, je donne une voix à notre Jacob de l’étoile rouge et c’est lui, depuis son sommet, qui observe les Cotonois et raconte leur vie.

19420794_694551860752358_7382358348326128372_n-e1541492545673.jpg

C’est lui Jacob!!!!

Jean Noel Bah, tu as vu Kutonou. Mis à part Jacob et notre vodou, que retiens-tu de Cotonou ?

Jean-Noel : Cotonou est une ville très connectée avec internet, c’est la première chose que je retiens parce que le film est vraiment ancré dans cet univers. Je retiens également que le Bénin n’est pas en marge d’un certain nombre de fléaux qui sévissent,  notamment la cybercriminalité.  Et il y a le vodou qui est spécifique au Bénin. De plus Cotonou, ce n’est pas Abidjan, ce n’est pas Bamako, les architectures ne sont pas les mêmes, les comportements non plus, les accents, etc.

Parlant d’accent, Aymar, tu as fait un casting qui a dépassé les frontières du Bénin. On remarque dans ta série la présence de nombreux comédiens togolais.  Ces derniers ont-ils pu se comporter en Cotonois, surtout côté accent ?

Aymar : Lorsqu’on a lancé le casting, on ne savait pas qu’il y aurait des Togolais, des Burkinabé, des Sierras léonais. On a donc remarqué de bons acteurs parmi les togolais qui étaient là et voilà, ils ont été retenus. On a travaillé avec eux, surtout au niveau des accents. Tu l’as dit, nous sommes pays frères mais on a des accents très différents.  Après, il y a eu l’intégration avec les techniciens et acteurs du Bénin puis les choses sont allées vites. De plus, pour les langues locales, on partage le mina avec le Togo donc on a fait avec.

45434336_1965215640199902_1656304024023990272_n

Les principaux acteurs de la série KUTONU

Quels sont les acteurs qui t’ont épaté avec leur jeu ?

Aymar : Celle qui m’a le plus impressionné  c’est Nelly (Simliwa jessica) qui était vraiment timide durant le casting. Beaucoup lui disaient qu’elle ne pouvait pas, on lui a trouvé le rôle d’une fille timide et elle a vraiment assuré.

Ensuite Rose (Beatrice Alovor) qui bien tenu son rôle aussi et Gael Hounkpatin qui a joué le rôle de Patrice Akouegnon, un jeune multimilliardaire.

Sur le plateau c’était comment ? On m’a dit que vous tourniez la journée et faisiez le montage la nuit.

Aymar : Oui, c’est ce qu’on a fait parce qu’il y avait la pression du délai. Les équipes travaillaient en parallèle, cela nous a permis en début de  tournage de voir les erreurs qu’on avait. Il y avait, par exemple, le son qu’on a corrigé dans la suite des séquences. Ça nous a aussi permis de voir l’évolution des personnages.

19702168_699768660230678_5663598895709875659_n

Kutonu pendant la post-production

 Kutonu, c’est combien d’épisodes et de CFA ?

Jean-Noël : C’est Aymar qui a dépensé l’argent, c’est lui qui peut le dire (rire).  En général je ne donne pas le coût de mes productions. Kutonu, c’est 26 épisodes de 26 minutes. Et ça coûte à peu près ce que ça coûte (rire). Tu sais ce qu’on injecte dans une production,  ça ne correspond pas forcément à ce que la série donne, surtout en Afrique.  Donc je n’aime pas avancer les chiffres. On travaille au rabais par ici.

IMG_20181025_145414

Selfie avec le réalisateur Aymar ESSE et le producteur Jean-Noel BAH

 

Pourquoi j’aime le ciné229 Awards

On est tous d’accord que pour faire du cinéma au Bénin, il faut s’armer de beaucoup de courage puisqu’il n’y a pas réellement un circuit de distribution pour nos films, et encore moins des festivals nationaux pour reconnaitre les œuvres des uns et des autres.
Ici, on se plaint quotidiennement de l’oubli du cinéma par tous les gouvernements qui passent, de nos salles qui sont devenus lieux de cultes, abris pour bestioles et autres.
Dans cette litanie de malchance, mauvaise foi ou malheur (je ne sais pas), il y a des jeunes qui osent et qui font avec les moyens qu’ils ont, quitte à un sponsor de les soutenir : c’est ça le Ciné229Awards. 

FB_IMG_1533665379840

Les trophées du Ciné229 Awards


Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
C’est un gala, organisé par l’Association Terre d’ébène, lors duquel sont primés, depuis l’année dernière, les acteurs du cinéma béninois. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. Ceci vient donc insuffler une nouvelle dynamique à notre cinéma en instaurant l’esprit de compétition et donc la volonté de mieux faire.
FB_IMG_1533665363249

L’actrice béninoise Nadjibath Ibrahim a reçu l’année dernière le prix de la meilleure interprétation féminine.


Comment participer au ciné229Awards, édition 2018 ?
Vous aviez réalisé un film dernièrement ou aviez travaillé sur un projet comme acteur, cadreur, preneur de son, monteur, maquilleur… envoyez votre candidature en suivant les indications sur ce lien. Le deadline est pour le 09 septembre 2018 et la compétition est ouverte aux béninois uniquement.
FB_IMG_1533665346960
Envie de soutenir l’évènement ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une initiative jeune et ils travaillent beaucoup sur fonds propre donc un petit coup de main pourra les soulager. Si vous avez envie d’aider ou de devenir partenaire de l’évènement, vous pouvez m’envoyer un mail sur ecranbenin@gmail.com je me chargerai de vous mettre en relation avec le comité d’organisation.
Alors quelqu’un a compris pourquoi j’aime le ciné229awards ?

Tout sur l'actrice béninoise Nadjibatou Ibrahim

BandeNadjibatou IBRAHIM fait partie des actrices émergentes de la zone ouest africaine. Je l’ai découverte dans le film Parinceste du réalisateur togolais Antonio Tchangai Palouki : j’avais été fascinée par son jeu d’acteur. Par la suite, je l’ai retrouvée dans plusieurs courts métrages, réalisés par les étudiants de l’ISMA. Elle a confirmé son talent en remportant le prix de la meilleure actrice béninoise lors des ciné229 awards. Vu que je rends hommage aux femmes cinéastes sur le blog en ce mois de mars, je suis allée la rencontrer afin que ceux qui ne la connaissent pas la découvrent. Interview
FB_IMG_1520404016668
Bonjour Nadjibath. Peux-tu faire une brève présentation de toi pour mes lecteurs ?
Nadjibatou IBRAHIM. Je suis commerciale de formation mais j’exerce dans le domaine culturel en tant qu’artiste comédienne, au théâtre et au cinéma. Je suis en couple et j’ai deux enfants.
Généralement, les gens commencent par le théâtre pour finir au cinéma mais toi, tu as fait l’inverse. La transition, ou plutôt, le mélange des deux arts, comment cela s’est-il effectué?
(Rire)…Ça n’a pas été difficile. J’ai commencé avec le cinéma en 2009 et j’ai fait mes premiers pas au théâtre avec Tola KOUKOUI, dans la pièce « Kondo le Requin », en 2016. Et ça m’a fait plaisir de travailler aux côtés d’un des plus grands du monde théâtral béninois. Je pense que le Théâtre et le Cinéma sont complémentaires et je compte bien évoluer dans les deux.

IMG-20180303-WA0064

Nadjibath sur un plateau de tournage


Y a-t-ils des comédiens d’autres générations qui t’inspirent ou qui t’ont inspirée ?
Bien sûr. Il faut toujours avoir des piliers sur lesquels s’appuyer et moi, je m’appuie sur les doyens Tola KOUKOUI et Ignace YETCHENOU, auprès desquels j’apprends beaucoup.
Beaucoup de passion quand on t’entend parler, mais est-ce facile d’être actrice au Bénin ?
Pas facile d’être actrice au Bénin, car certaines personnes dans notre société nous voient comme des ratés et d’autres nous traitent de dingues. Ils ne comprennent pas qu’on puisse décider de faire carrière dans le cinéma … Bref, je leur réponds que c’est une question de passion et que moi, j’ai fait mon choix!
FB_IMG_1520117630832

Nadjibath Ibrahim joue dans la nouvelle série KUTUNU du réalisateur béninois Aymar Esse


Dans quel grand film as-tu déjà joué ?
(Rire)… Pour moi, tous les films sont grands car il faut beaucoup d’efforts, et pas des moindres, pour faire un film. Mais j’ai eu la chance de travailler avec de grandes maisons de production telles que LAHA PRODUCTION, GANGAN PROD, et des réalisateurs tels que Ignace YETCHENOU, Aymar ESSE et Giscard DAH FONTON. J’ai également travaillé sur le projet ciné nomade et, dernièrement, avec le réalisateur togolais Joël M’BAKA TCHEDRE.
IMG-20180303-WA0054

Elle a le rôle principal dans le dernier court métrage du realo togolais Joël M’Baka Tchedre


Parlant de réalisateurs, avec qui as-tu vraiment apprécié la collaboration ?
Question piège (sourire ). J’apprécie tous les réalisateurs avec lesquels je travaille car, sur chacun des plateaux, pour moi, c’est une opportunité pour apprendre.
Quel est ton pire souvenir sur un plateau ?
Je n’en ai pas encore. Les souvenirs, j’en ai de bons jusque-là, pas de pire.
Est-ce que passer derrière la caméra (devenir réalisatrice) te tente ?
Oui, c’est en projet. Je compte faire de la réalisation dans quelques années et pour finir, produire: Actrice- Réalisatrice- Productrice, tel est mon plan de carrière.
Bonne chance Nadji. Tu étais au dernier FESPACO au Burkina Faso. Que manque t’il, selon toi, au cinéma béninois pour qu’il se hisse au rang des grandes nations de cinéma ?
Ma participation au FESPACO, l’année dernière, m’a permis de comprendre qu’au Bénin, nous souffrons d’une mauvaise organisation dans le monde culturel. Nous avons du potentiel chez nous mais nous ne savons pas l’exploiter.
FB_IMG_1520117195474

Nadjibath et Berni Goldblat le réalisateur du film Walai au Fespaco 2017


Et quel a été ton film coup de cœur à ce festival ?
Mon film coup de cœur pour cette édition du FESPACO est :  Frontières d’Apolline TRAORE, qui traduit les vraies réalités des frontières et met sur le tapis la force des femmes.

Bande annonce frontière☝☝☝☝