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Témoignage : J’ai occupé le poste de scripte sur une fiction

Le weekend dernier le réalisateur béninois Yaovi Amehounkpe m’a invité sur son plateau. Il m’a proposé le poste de script. Je savais que j’allais vous parler de ce poste à travers une interview avec une vraie scripte afin qu’elle nous explique en quoi consiste son job. Je le ferai mais en attendant, je partage avec vous  ce à quoi mes trois journées de tournages ont ressemblées.
Conférence de production
La veille du tournage, Le réalisateur a réuni l’équipe technique, il nous a expliqué pourquoi il a voulu de nous dans son équipe, ce qu’il attend de chaque personne et comment les trois jours de travaux vont se dérouler. Il m’a mise en relation avec Céline Atcho qui a occupé ce poste sur plusieurs plateaux. Céline m’a donc expliqué mes taches, elle m’a présenté comment on remplit la fiche de script et tous ce que je devais faire en tant que script.
 


Le job de script
Etant un film à petit budget j’avais en charge le clap également. Le matin, je notais toutes les séquences à tourner afin que le réalisateur se concentre sur ses acteurs. Je notais les informations de chaque séance sur le clap et j’annonçais après chaque REC (mis en marche de la caméra). Dès qu’on finit de tourner une séquence je note dans ma fiche de script si le son et l’image étaient bons. Ceci permet au monteur une fois le tournage achevé, de savoir qu’elles sont les prises qui sont exploitables et celles qui ne le sont pas. Le script est donc la mémoire du tournage, il doit savoir si toutes les séquences ont été tournées,  est ce que les dialogues prévues dans les différentes séquences sont respectées, est ce que le raccord est juste (Cliquez ici pour comprendre la notion de raccord au cinéma) et quelle est la qualité des séquences tournées.
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Je dois claper avant chaque scène


L’expérience
Au début j’avais un peu flippé n’étant pas sur mon territoire (mon truc c’est le documentaire) mais l’équipe de tournage a été vraiment sympathique avec moi. Il n’y a pas eu de discrimination. Les régisseurs  se sont assurés qu’on soit bien logés et nourris et que la cohésion règne dans l’équipe. On a donc au-delà du tournage passé d’excellents moments de blagues et de détentes à Dogbo (commune ou à lieu le tournage)
 

 
Le film
Je n’ai pas le droit dévoiler le film tant qu’il n’est pas sorti mais n’ayez pas peur nous aurons l’exclusivité. Je peux juste dire que c’est l’histoire d’un garçon béninois qui a été éduqué par un expatrié. Une fois âgé, le jeune homme essaie de retrouver ses parents biologiques.  Le film a connu la participation du célèbre acteur béninois Alexis Adadji  alias Tonton J et de certains autochtones de Dogbo qui à la fin m’ont fait gouter le Sodabi (alcool traditionnel béninois)  de Adja. La ligne éditoriale du blog n’étant pas culinaire je n’en dirai pas plus.
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Selfie avec Tonton J et Florida Zossoungbo (assistante caméra)


Des bisous

Claire Diao: « Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone »

J’ai connu Claire Diao sur TV5 monde Afrique. En effet, je suis abonnée à la rubrique critique cinéma, qu’elle anime deux fois par mois en alternance avec Djia Mambu. Je me suis ensuite abonnée à son site Awotélé. Durant le Festival International de Film de Durban, je l’ai rencontrée en vrai et je lui ai posé quelques questions, après un copieux repas qu’on a partagé.
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Bonjour Claire, présente-toi pour mes lecteurs, s’il te plaît.
Je suis Claire Diao, journaliste et critique de cinéma franco burkinabé. J’ai une société de distribution qui s’appelle  SUDU connexion et j’ai créé qui s’appelle Quartiers lointains. J’ai également cofondé la revue cinématographique panafricaine Awotélé
Ta personnalité est attachée à beaucoup de mots tels que Awotélé, Sudu connexion, quartier lointain. Explique-nous amplement,si tu le veux bien, chacun de ses concepts.
Ok je vais y aller dans l’ordre.
En 2013, j’ai fondé Quartier lointain, qui est un programme itinérant de courts métrages et qui circule entre la France, les Etats-Unis et plusieurs pays d’Afrique. L’idée c’est de proposer, une année, des courts métrages français issus de la diaspora et une année les courts métrages issus de la diaspora d’Afrique, toujours autour d’un thème. Pendant un an, on circule donc avec les films et on reverse les frais de locations aux producteurs.
En 2015, j’ai cofondé avec Michel Amarger une revue de cinéma qui s’appelle Awotélé et qui est publié trois fois par an à l’occasion des grands festivals du continent : les journées cinématographiques de Carthage, le festival international de Durban et le Fespaco au Burkina Faso. C’est une revue bilingue, français-anglais, avec des distributeurs à travers toutes l’Afrique.
En 2016, j’ai monté la société de distribution Sudu Connexion, pour porter à la fois Quartier lointain et Awotélé, mais aussi pour pouvoir proposer aux programmateurs, aux festivals et au chaines de télévision des contenus  d’Afrique et de sa diaspora qui manquent cruellement de visibilité.

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Le dernier numéro de Awotele


N’est-ce pas beaucoup pour une seule personne ?
J’essaie de m’entourer. J’ai beaucoup lancé les projets bénévolement. Cela demande beaucoup d’énergie, de trouver les financements et j’espère, à terme, avoir suffisamment de moyens pour pouvoir embaucher des personnes capables de supporter chacun de ces projets, afin de pouvoir déléguer au maximum.
Tu maîtrises très bien le cinéma anglophone et celui francophone en Afrique. Selon toi, où est-ce que le cinéma connait une belle ascension actuellement ?
Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone, notamment parce que le cinéma francophone a beaucoup été financé, par la France par exemple, par l’Europe et se développe un peu moins quand il y a une absence de financement. A l’inverse des anglophones qui ont toujours été habitués à se débrouiller d’eux-mêmes et ils ont une vision un peu plus business et commerciale du cinéma alors que du côté des francophones, il y a un amour du film, un amour du cinéma d’auteur.
Tu as récemment fait sortir un livre, Double vague. De quoi traite t-il?
Double vague, c’est le résultat de cinq années d’articles, d’interviews, avec une cinquantaine de cinéastes français, pour la plupart nés dans une double culture souvent de parents étrangers venus en France. Ils ont grandi en tant que Français et cela interroge leur place dans la société et l’image qu’ils ont envie de donner de la France, des gens qui leur ressemblent notamment parce qu’il y a beaucoup de discrimination en France, de représentation stéréotypée des personnes issues de la diaspora.
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Double Vague


Claire, connais-tu le cinéma béninois ? Que sais-tu de notre cinéma ?
Je sais assez peu de chose du cinéma béninois. Je connais le cinéaste Sylvestre Amoussou qui est l’un des principaux cinéastes à présenter des films aux FESPACO et qui auto-produit ces films. J’ai participé en 2012 au festival quintessence de Ouidah. Ça a été ma seule fois au Bénin. J’ai rencontré quelques cinéastes de courts métrages comme Kismath Baguiri. J’ai rencontré aussi Dorothé Dognon qui était directeur de la direction de cinématographie. Et je connais enfin le critique de cinéma Espera Donouvossi et l’ISMA qui est une école de cinéma au Bénin.
Dernière question  Claire, quel est ton top 5 des réalisateurs africains qui vont émerger dans les 10 prochaines années?
Top 5 oulala !!!! C’est dur d’en nommer, ils sont tous talentueux. Je pense que je continuerai de parler de Sibs Shongwe-La Mer, un sud-africain qui avait présenté « Necktie Youth » il y a deux ou trois ans et qui a eu beaucoup de succès, surtout du côté anglophone. Jim Chuchu du Kenya qui a fait avec le collectif NEST « Stories of our lives », qui se démarque avec son approche multidisciplinaire puisqu’il fait aujourd’hui des expositions photos de la réalité virtuelle. Je pense aussi à Kaouther Ben Hania, la réalisatrice tunisienne du film « La belle et la meute », elle s’est fait une place sur la scène internationale et je pense qu’elle continuera à se démarquer dans les années à venir. Le quatrième c’est Dieudo Hamadi de la République démocratique du Congo qui se fait remarquer dans l’univers du documentaire et cinquième Wanuri Kahiu, Rungano Nyoni qui se sont toutes deux faits repérer avec des courts métrages et qui sont passés au premier long avec « Rafiki » et «  I am not a witch ». j’aimerais que sur les prochains films elles nous surprennent, nous épatent. J’ai triché. Il y a ex æquo (rire).
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Claire Diao durant le Festival International de Film de Durban


Crédits Photos: Page Facebook Claire Diao.
 

«  Noces précoces » : à voir ce vendredi

Vous n’aviez pas souvent l’occasion de voir des films béninois ? Je vous invite donc à découvrir avec moi ce vendredi 24 Aout 2018  « Noces Précoces ». Le film va connaître sa première projection à l’espace Bluezone Zongo à 17h.
Généralement je vois les films avant d’écrire mes articles mais spécialement pour celui-ci j’ai décidé de ne pas le voir afin de le découvrir avec vous. On fera donc le débriefing ensemble. J’ai donc reçu du réalisateur  Hodonou Childéric le synopsis du film afin que nous ayons une idée de ce qui nous attend le vendredi prochain.
Synopsis :
Marie (Floride Houngbedji)  14ans, en pleine adolescence  a été donnée en mariage au vieux Amoussou interprété par le talentueux James Salanon alias « Major ». La jeune fille est victime de viol venant de son époux et de divers maltraitance venant de sa coépouse Pascaline.
On aura donc affaire à un drame. Le film dure 15 minutes. Le réalisateur, les acteurs et l’équipe technique seront là pour répondre à vos questions et encaisser vos critiques.
Alors je vous dis à Vendredi ????
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Aicha Macky, réalisatrice et féministe engagée.

La série Festival International de Film de Durban continue et, aujourd’hui, je fais mon premier article sur le cinéma nigérien. J’ai enfin rencontré la réalisatrice et productrice nigérienne Aicha Macky que j’ai commencée à suivre depuis le dernier FESPACO. Elle a réalisé le documentaire l’Arbre sans fruit qui aborde l’infertilité chez la femme. Ce documentaire a parcouru plus de 150 festivals dans le monde et a remporté plus de 50 prix. J’ai échangé et partagé plusieurs  jours avec la patronne de la boite de production Tabou production.
Aicha, pourquoi ta boite de production s’appelle-t’elle Tabou production ?
Tabou production parce que ma ligne éditoriale, c’est d’explorer tous les sujets tabous et non-dits  de notre société dans le but de briser la glace pour faire un dialogue autour de ces thématiques qu’on n’aborde pas et qui, quelque part,  font mal à la société. J’ai donc envie, avec la caméra, qu’on aborde ces sujets-là afin de changer les mentalités.
Et pour toi, est-ce le documentaire le meilleur genre pour s’exprimer?
Oui, puisque j’aime raconter des histoires réelles. Il est vrai qu’on peut raconter des histoires avec n’importe quel genre du cinéma mais avec le documentaire, l’histoire est beaucoup plus touchante. Elle parle beaucoup plus quand c’est la réalité et qu’elle a été vécue. J’aime surtout aborder les sujets qui parlent des conditions de la femme parce que c’est l’être le plus faible et il y a beaucoup de tabous autour d’elle.
Question polémique, beaucoup me disent que le documentaire n’est pas un genre pour le cinéma mais pour la télé. Ils pensent que c’est un nid d’incapables, dans le style tu as envie de faire du cinéma mais tu n’as pas la force pour tenir en fiction donc tu fais du documentaire. Que penses-tu de cela ?
(Rire) Tu as toi-même vu le résultat au Durban Filmmart : sur 9 bourses accordées, 8 sont allées aux documentaires donc je pense que cela devrait interpeler les gens qui pensent que le documentaire n’est pas un travail. La fiction est si simple, je peux rentrer dans ma chambre et imaginer une histoire. Mais pour faire du documentaire, il faut aller vers les gens, rencontrer un personnage, aimer son histoire, faire des repérages, faire de l’immersion s’il le faut, rentrer dans l’intimité des personnes, prendre autant de temps avent d’écrire juste l’histoire. Je ne suis pas là pour comparer la fiction et le documentaire mais si le cinéma se résumait au loisir, je ne le ferais pas. J’ai choisi de faire le documentaire parce que derrière, il y a un engagement qui est humain, social.
On a vu ton engagement dans le film l’Arbre sans fruit qui raconte ta propre histoire et le quotidien de beaucoup d’autres femmes africaines. Les regards envers toi ont-ils changé ?
Le changement s’observe sur un long terme. Néanmoins, j’ai remarqué que le regard a changé, pas qu’autour de moi mais aussi autour de la question dont j’ai traitée. Ce qui me touche personnellement, c’est quand à la sortie d’une salle, quelqu’un me dit «  ça fait longtemps qu’on a ce problème avec mon épouse, on n’arrive pas à en parler  ou quand on en parle c’est pour me disputer et là je prends l’engagement d’aller en consultation avec elle ». Je pense que le film a déclenché quelque chose. Faire ce film a également été une thérapie pour moi puisque j’ai pu parler de mon problème et c’est pareil pour les autres femmes qui ont intervenu dans le film.

Au dernier festival de Cannes tu as présenté ton nouveau projet « Zinder ». Ce même projet est revenu au Festival international du film de Durban, tu as pitché ton nouveau projet et a d’ailleurs eu le prix Afridocs. Parle-nous de ce nouveau projet et du prix que tu as reçu.
C’est un prix que m’a octroyé Afridocs. Zinder c’est ma ville natale et j’y ai grandi. C’est un havre de paix qui m’a bercée. Après l’évènement Charlie Hebdo le 15 janvier 2015, la ville est devenue tristement célèbre, beaucoup de personnes ont écrit sur la ville, ils ont écrit sur les jeunes de Zinder. Tout le monde raconte la vie de ces jeunes. Aujourd’hui, j’ai envie que ces jeunes se racontent eux-mêmes. Je veux leur donner la parole pour qu’on comprenne qui ils sont, pourquoi ils sont violents parfois. Dans ce film, je vais aussi montrer comment ils vivent quotidiennement puisqu’ils sont, pour la plupart, désœuvrés. Je veux qu’ils montrent leur vision du monde.
Des jeunes violents hein !!! Tu n’as pas peur de les approcher ?
Non, je n’ai pas peur puisque ce ne sont que des préjugés, des jugements. Ils font partie de notre société. Quand son bras est malade, on ne l’ampute pas, on le prend et on le soigne. C’est ce que je veux faire.
 

À propos d’Afridocs :
Afridocs est une plateforme qui diffuse des films documentaires africains. C’est comme avoir un festival de film  sur votre écran qui donne accès à des documentaires puissants et de qualité primés dans les plus grands festivals du monde.

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Le prix Afridocs

 

Pourquoi j’aime le ciné229 Awards

On est tous d’accord que pour faire du cinéma au Bénin, il faut s’armer de beaucoup de courage puisqu’il n’y a pas réellement un circuit de distribution pour nos films, et encore moins des festivals nationaux pour reconnaitre les œuvres des uns et des autres.
Ici, on se plaint quotidiennement de l’oubli du cinéma par tous les gouvernements qui passent, de nos salles qui sont devenus lieux de cultes, abris pour bestioles et autres.
Dans cette litanie de malchance, mauvaise foi ou malheur (je ne sais pas), il y a des jeunes qui osent et qui font avec les moyens qu’ils ont, quitte à un sponsor de les soutenir : c’est ça le Ciné229Awards. 

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Les trophées du Ciné229 Awards


Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
C’est un gala, organisé par l’Association Terre d’ébène, lors duquel sont primés, depuis l’année dernière, les acteurs du cinéma béninois. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. Ceci vient donc insuffler une nouvelle dynamique à notre cinéma en instaurant l’esprit de compétition et donc la volonté de mieux faire.
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L’actrice béninoise Nadjibath Ibrahim a reçu l’année dernière le prix de la meilleure interprétation féminine.


Comment participer au ciné229Awards, édition 2018 ?
Vous aviez réalisé un film dernièrement ou aviez travaillé sur un projet comme acteur, cadreur, preneur de son, monteur, maquilleur… envoyez votre candidature en suivant les indications sur ce lien. Le deadline est pour le 09 septembre 2018 et la compétition est ouverte aux béninois uniquement.
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Envie de soutenir l’évènement ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une initiative jeune et ils travaillent beaucoup sur fonds propre donc un petit coup de main pourra les soulager. Si vous avez envie d’aider ou de devenir partenaire de l’évènement, vous pouvez m’envoyer un mail sur ecranbenin@gmail.com je me chargerai de vous mettre en relation avec le comité d’organisation.
Alors quelqu’un a compris pourquoi j’aime le ciné229awards ?

Critique : Rafiki, une classique histoire d’un amour

Rafiki est un film kenyan, co-écrit par Jenna Bass et Wanuri Kahiu, qui en est d’ailleurs la réalisatrice. Les auteurs y abordent  l’amour lesbien dans les rues de Nairobi. Le film, censuré au Kenya à cause de la thématique abordée, a été présenté au festival de Cannes 2018 dans la catégorie un certain regard et a été choisi comme film de clôture du Festival International de Film de Durban en Afrique du Sud.
Kena (Samantha Mugatsia) et Ziki (Sheila Munyiva) – les protagonistes du film– sont deux adolescentes et filles de politiciens qui s’affrontent pour les élections locales. Elles se rencontrent au cours de la campagne qui oppose leurs pères et tombent amoureuses malgré leurs différents styles de vie. Kena a des parents divorcés et souhaite devenir infirmière tandis que Ziki rêve de danse et de voyage.

Leur amour est traité avec assez de sensualité et les scènes d’amour présentées avec beaucoup de pudeur, incluant  une complicité entre les deux actrices qui oblige le spectateur à s’attacher à elles : les moments de complicité comme quand Kena initie Ziki au football, la partie où la pluie les oblige à se réfugier dans un camion…, assez de scènes romantiques qui vous donnent le frisson.    La caméra est constamment près du visage, ainsi transmettant de l’émotion.
Quant à l’intrigue du film, elle est assez classique et souffre peut-être d’un manque d’originalité. Rafiki imite le style de nombreux films commerciaux américains qui abordent le sujet des adolescents amoureux.
Ziki et Kena vivent heureuses dans leur relation, sortent ensemble en boite de nuit, dans la rue, sur des terrains de sport…La suite du film se devine aisément, les habitants de leur quartier encore très conservateurs et traditionnels leur font subir des violences psychologiques et physiques.

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Une scène de Rafiki. Kena et Ziki sont en boite de nuit.


Wanuri Kahiu met en face de son sujet principal, l’amour entre les deux filles, la politique et la religion, deux sujets qui font entièrement partie du quotidien des Africains. On peut remarquer dans certaines scènes qu’en Afrique, le point de vue de la religion compte avec le prédicateur qui reçoit dans son église le politicien en campagne, ou encore le prédicateur qui condamne et interdit l’amour homosexuel. Cela permet de comprendre le rôle des religions dans le contexte social en Afrique.
 

Maëlle, pâtissière, nous raconte une journée de tournage au cinéma.

 
La semaine dernière, la réalisatrice béninoise Kismath Baguiri a tourné son troisième court métrage. J’ai été invitée sur le plateau et j’y suis allée avec une fan de Ecranbénin, Maëlle Acakpo qui est pâtissière. A la fin, je lui ai demandé de vous raconter comment elle a vécu ce premier plateau cinéma. Lisez sa réponse.
 
« J’ai émis le souhait de participer à un tournage cinéma. Cornélia Glele, la promotrice de Ecranbenin m’a donc invitée dès qu’elle a pu sur un plateau. On était sur les lieux déjà à 7h. Première émotion pour moi: j’ai aperçu tata Carole Lokossou, la célèbre actrice béninoise que j’ai toujours vue à la télévision.  J’ai pu discuter avec elle pendant que la réalisatrice visualisait les prises de la veille avec son assistant, c’était très bien. A côté,il y a avait une maquilleuse qui mettait du sang sur une jeune actrice et les techniciens vérifiaient que le matériel était ok.
Après ce checking, Tata Carole et la jeune actrice ont fait du sport (je ne savais pas que c’était important d’être au top physiquement pour être acteur).

Carole Lokossou Ecranbenin blog Cinéma actrice

Le sport matinal. Allez hop on fait des pompes


Première prise de la journée, un décor a été installé, les prises ont été faites avec plusieurs reprises puisque la réalisatrice voulait le meilleur plan.
Ecranbénin, Kismath Baguiri, Alain Nounagnon, blog, cinéma, réalisateur, cadreur

Première scène de la journée


A midi, on a eu droit à une pause- déjeuner et on a changé de lieu de tournage pour le dernier épisode du film. Et là, j’ai compris que les films ne se tournaient pas selon l’ordre qu’on voit à la télévision, on a tourné la fin du film avant le début. Le moment le plus ennuyeux pour un spectateur comme moi est d’avoir à regarder la même scène se reproduire plus de 20 fois. La plupart du temps, ce n’est nullement parce-que les acteurs ont mal joué mais parce qu’une ombre sortie de nulle part apparait sur l’écran du caméraman ou encore parce qu’un bruit parasite s’invite.  Moi je ne voyais même pas l’ombre dont parlaient les techniciens (mais bon à chacun son métier)
Corneille Houssou, Elodie Guedeme, script, preneur de son, blog cinéma, ecranbenin

Le preneur de son et la script pendant la scène ou l’ombre dérangeait.


L’autre chose qui m’a beaucoup marquée est l’accueil. Dès mon arrivée, j’ai été reçue comme la chef, ahahaaa. Un accueil chaleureux, comme si on se connaissait depuis fort longtemps. Chaque technicien était disposé à m’expliquer comment se faisait son métier  ou encore à m’apprendre les termes techniques du cinéma malgré le stress. Ce fut une journée remplie et très riche pour moi. »
Maëlle Acakpo, pâtissière, blog, ecranbenin, cinéma, cuisine

Chef Maëlle


 

Découverte du critique de cinéma béninois Hector TOVIDOKOU

Au Bénin, on connaît très peu le métier de critique de cinéma et pourtant, certains béninois comme Hector TOVIDOKOU, Espera DONOUVOSSI brillent hors de nos frontières en tant que critiques de cinéma. Je me suis rapprochée de Hector afin que vous découvriez la fierté nationale qu’il constitue.
Hector, veuillez vous présenter pour mes lecteurs s’il vous plaît.
Je suis Hector TOVIDOKOU, journaliste culturel et critique de cinéma béninois depuis une quinzaine d’années. Membre fondateur et Premier président de l’Association Bénin Ciné Média (ABCM), membre de la Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc), correspondant du site panafricain de cinéma: africine.org  et du site de cinéma de la francophonie: imagesfrancophones.org , membre de la Fédération panafricaine cinématographie (Fepaci), Premier membre de l’Afrique de l’Ouest francophone du comité de jury de présélection de African Movie Academy Awards (Amaa). En tant que journaliste culturel, je suis également membre de l’Association des journalistes culturels du Benin (Ajcb), membre de l’Association « Noyau Critique », initiateur et premier organisateur de la Nuit des Journalistes culturels du Bénin. Premier animateur d’un blog dédié au cinéma depuis huit ans: tovidokou.blogspot.com

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Hector TOVIDOKOU, critique de cinéma béninois


Vous êtes journaliste/ critique de cinéma mais très peu connu au Bénin. Est-ce un choix ou est-ce l’environnement cinématographique du Bénin qui vous l’a imposé ?
Je ne crois pas être trop peu connu. Peut-être  inconnu de la jeune génération d’il y a cinq ans au moins de journalistes, de cinéastes et des autres arts. Parce que j’ai baissé la garde sur le plan national il y a quelques années mais je demeure actif à l’international. La génération émergente de cinéastes issues de l’ISMA n’a malheureusement pas la chance d’être avec nous, mais ils peuvent encore adhérer à nos idéaux, ceux de l’Abcm. Je peux vous donner quelques noms de cinéastes professionnels avec lesquels j’ai travaillé et dont j’ai promu les œuvres à  de hauts niveaux, par la critique et la communication: Jean Odoutan, Silvestre Amoussou, Jean-Paul Amoussou, Appolinaire Aivodji, Serges Yéou, Prince Ogoudjobi, Elvire Adjamonsi, Christiane Chabi-Kao, Jean-Paul Kpètèhogbé, Ibrahim Padonou, Marc Tchanou, Bonaventure Assogba, Akala Akambi, Ousmane Aledji, Claube Balogoun, les comédiens Pipi Wobaho, etc.
Quand vous êtes dans les festivals hors du Bénin, comment présentez-vous le cinéma béninois ?
Je dis qu’il y a des exemples en termes de qualité de films et des réalisateurs professionnels. Je ne fais que partager le côté positif du pays.
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Comment avez-vous eu l’idée de devenir critique de cinéma alors que le cinéma n’est pas développé au Bénin?
C’est grâce au Festival Quintessence que certains journalistes culturels ont pris part à une série de formation en critique cinématographique et lecture filmique par les mains de maître du Camerounais Jean-Mollo Ollinga, universitaire, ancien vice-président de la Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc) en 2004, 2005 et 2006. Cette dernière année a connu la mise sur pied de notre association Abcm, ensuite nous avons participé à la première édition du grand Festival de cinéma de Togo, dénommé: Rencontres de cinéma et de télévision de Lomé (Recitel) où nous avons contribué à fonder, avec les Togolais, l’Association des journalistes critiques de cinéma du Togo (Ajcct).
Avez-vous déjà critiqué des films béninois ? Si oui, lesquels?
Oui bien-sur j’ai écrit des critiques sur plusieurs films béninois, vous pourriez en lire ici
Pour vous, c’est quoi une bonne critique de film?
Une bonne critique c’est simplement une bonne lecture filmique.
Quelle est la meilleure critique que vous ayez écrite ?
Ma meilleure critique c’est Le Mandat, de Sembène Ousmane
Quel est le meilleur film africain que vous ayez vu et qu’a t-il de spécial ?
Le meilleur film que j’ai vu c’est Habit neuf du gouverneur du réalisateur congolais Dieudonné N’gangura. Le film est une adaptation du célèbre conte d’Andersen en forme de comédie musicale. C’est une fiction comédie dramatique sortie en 2005. C’est spécial pour moi parce que le film a une image soignée, un récit maitrisé qui raconte en musique lingala la corruption du pouvoir.
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Et le pire film africain et pourquoi était-il le pire?
Le pire film que j’ai vu c’est Man on ground du sud-africain Akin Omotosso. C’est pire parce que les ellipses, flashback et flash forward ne sont pas maitrisés alors que la mise en scène est parfaite. C’est l’œuvre d’un grand réalisateur et ces détails n’auraient pas du être négligés.
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Coup de cœur : Du Dessin animé à Ouidah.

Il y a de cela une semaine, je me suis rendue à Ouidah sur invitation de Jean-Pierre Tardivel, un réalisateur de film d’animations français qui séjourne à Ouidah depuis un moment.
J’avais prévu y passer toute la journée mais la météo à Cotonou m’a empêchée d’y aller dans la matinée. J’ai finalement rejoint l’équipe aux alentours de 16h et j’ai passé une heure avec les futurs réalisateurs de dessins animés béninois. Une heure de pur bonheur.

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Bonjour Ouidah

Ils sont en formation depuis mars dernier et ont beaucoup progressé selon les dires des formateurs : ils sont passés du simple dessin à de l’animation. J’ai pris du plaisir à me promener sur l’écran de chaque étudiant afin de contempler les dessins bouger (pour moi qui ignore le processus de fabrication d’un dessin animé, imaginez l’émotion ! hihihi).

Au delà de la formation en réalisation de films d’animation, des séances d’échanges et de partage d’expériences sont organisées, afin que les apprenants prennent connaissance des expériences des autres et en tirent des leçons. Ils ont déjà reçu la visite de Romuald hazoumè, Hector Sonon et d’autres personnes. J’ai partagé avec eux ma modeste expérience en tant que blogueuse cinéma et réalisatrice de films documentaires. Loin d’être timides, ils m’ont posé assez de questions, et j’ai fait pareil avec eux dans le but de mieux comprendre le fonctionnement d’un film d’animation. Ils m’ont, par ailleurs, expliqué avoir en projet de se mettre ensemble afin de créer des dessins animés pour notre plus grand plaisir. Ne vous étonnez donc pas de voir des films d’animation au Bénin dans les années à venir.

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On parle de blogging et de réalisation documentaire☺☺☺


Ma visite au centre du dessin de Ouidah s’est terminée par la traditionnelle photo de famille mais avant, les étudiants m’ont offert un portrait de moi. Le plus beau portrait de moi dont on m’ait d’ailleurs fait don.
Merci à tous les étudiants. Je vous souhaite de brillantes carrières dans l’univers du film d’animation. Merci au staff pour l’accueil qui m’a été réservé et surtout pour le travail abattu avec ces jeunes béninois.
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C’est lui qui a réalisé le portrait