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Ciné229Awards 2018: Les nominés

Le Ciné 229 Awards est une soirée, organisée par l’Association Terre d’ébène, au cours de laquelle , les acteurs du cinéma béninois sont célébrés. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. L’édition 2018 va se dérouler le 8 décembre prochain au CanalOlympia Wologuede. En attendant voici la liste des nominées dans les 16 catégories. Votez dès maintenant pour votre réalisateur préféré en  cliquant sur ce lien

1- MEILLEURE AFFICHE DE FILM (Documentaire)

  • Fidèl Hounhouede
  • Olivier Medjigbodo
  • Boris Kouakou
  • Prudence AdoukonouMULTI-PANEL - AFFICHE DOCUMENTAIRE.png

2- MEILLEURE AFFICHE DE FILM  (Fiction)

  • Olivier Kpossa
  • Beaucejour Akodjenou
  • Marie-Pierre Dossou

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3-  INTERPRÉTATION FÉMININE

  • Idayatou Ibrahim
  • Marielie Dangnivo
  • Mazidath Bello MULTI-PANEL - INTERPRETATION FEMININE.png

4-  INTERPRÉTATION MASCULINE

  • Julio Avanhoun
  • Thomas Chakla
  • Josué Otou

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5- MAQUILLAGE DE FILM

  • Leyla Adje-Chabi
  • Emeuraude Houenon
  • Eunice Adande
  • MULTI-PANEL - MAQUILLAGE FICTION.png

6- MEILLEUR MONTAGE (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Bilal Bababodi
  • Boris Kouakou
  • rudence Adoukonou

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7- MEILLEUR MONTAGE (Fiction)

  • Olivier Kpossa
  • George Gougnon
  • Elodie Guedeme

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8- MEILLEURE MUSIQUE DE FILM (Fiction)

  • Esaie Dakossi
  • Didier Guedou
  • Raunad Sagbohan

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9- MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (Documentaire)

  • Eudon Houessou
  • Alain Nounagnon
  • Marcelin Alosse

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10- MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (Fiction)

  • Lariaus Honvo
  • Geff Atindegla
  • Abraham Hounkanrin

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11- MEILLEURE RÉALISATION ( fiction)

  • Gédéon Djogbenou
  • Beaucejour Akodjenou
  • Mystourath Nouwatin
  • Loïc Francisco

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12- MEILLEURE RÉALISATION (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Olivier Medjigbodo
  • Dieudonné Osse
  • Osée Adamassou

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13-MEILLEUR SCENARIO  (Documentaire)

  • Gildas Dossou
  • Olivier Medjigbodo
  • Dieudonné Osse
  • Osée Adamassou

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14- MEILLEUR SCENARIO (Fiction)

  • Gédéon Djogbenou
  • Beaucejour Akodjenou
  • Mystourath Nouwatin
  • Loïc FranciscoMULTI-PANEL - SCENARIO FICTION.png

15-  MEILLEUR SON (Documentaire)

  • Amoureck Hounleba
  • Gaetan Akpasso
  • Marcelin Alosse
  • Hugues Bossoudaho

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16- MEILLEUR SON (Fiction)

  • Didier Guedou
  • Constant Tevoedjre
  • Jean-François Amehounkpe

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Voilà les nominés de l’édition 2018 du ciné229Awards. Vous aimez le travail de l’un d’eux? soutenez le en votant sur ce lien

Pourquoi j’aime le ciné229 Awards

On est tous d’accord que pour faire du cinéma au Bénin, il faut s’armer de beaucoup de courage puisqu’il n’y a pas réellement un circuit de distribution pour nos films, et encore moins des festivals nationaux pour reconnaitre les œuvres des uns et des autres.
Ici, on se plaint quotidiennement de l’oubli du cinéma par tous les gouvernements qui passent, de nos salles qui sont devenus lieux de cultes, abris pour bestioles et autres.
Dans cette litanie de malchance, mauvaise foi ou malheur (je ne sais pas), il y a des jeunes qui osent et qui font avec les moyens qu’ils ont, quitte à un sponsor de les soutenir : c’est ça le Ciné229Awards. 

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Les trophées du Ciné229 Awards


Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
C’est un gala, organisé par l’Association Terre d’ébène, lors duquel sont primés, depuis l’année dernière, les acteurs du cinéma béninois. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. Ceci vient donc insuffler une nouvelle dynamique à notre cinéma en instaurant l’esprit de compétition et donc la volonté de mieux faire.
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L’actrice béninoise Nadjibath Ibrahim a reçu l’année dernière le prix de la meilleure interprétation féminine.


Comment participer au ciné229Awards, édition 2018 ?
Vous aviez réalisé un film dernièrement ou aviez travaillé sur un projet comme acteur, cadreur, preneur de son, monteur, maquilleur… envoyez votre candidature en suivant les indications sur ce lien. Le deadline est pour le 09 septembre 2018 et la compétition est ouverte aux béninois uniquement.
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Envie de soutenir l’évènement ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une initiative jeune et ils travaillent beaucoup sur fonds propre donc un petit coup de main pourra les soulager. Si vous avez envie d’aider ou de devenir partenaire de l’évènement, vous pouvez m’envoyer un mail sur ecranbenin@gmail.com je me chargerai de vous mettre en relation avec le comité d’organisation.
Alors quelqu’un a compris pourquoi j’aime le ciné229awards ?

Interview Kismath Baguiri "je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités"

Kismath Baguiri fait partie de cette nouvelle génération de cinéastes béninois hyper motivée que j’aime. Elle est scénariste, réalisatrice, actrice de cinéma et organise depuis 2017 le Ciné229Awards. C’est la grande cérémonie qui récompense les acteurs du cinéma, qui se sont fait remarquer durant l’année. J’étais chez elle et devant nos bouteilles de bissap, elle a répondu à mes questions. Mais avant je lui ai demandé de faire un serment, parce-que notre jeune cinéaste est une grande cachotière.
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Bonjour Kismath. Alors en début d’interview, je voudrais que tu jures de tout dire à Ecranbénin, de n‘esquiver aucune question.
(Rire pendant un bon moment) On est au tribunal ???? Je vais répondre à toutes les questions sous réserve. Mais bon je promets, je vais répondre à tes questions dans la mesure du possible.
Kismath Baguiri, c’est qui  réellement ?
Kismath Baguiri, c’est une jeune béninoise qui a fait ses études à Parakou, et qui a ensuite continué dans le cinéma puisqu’elle est passionnée par l’art, tout ce qui est beau… Kismath c’est une jeune scénariste, réalisatrice, comédienne et chanteuse. Elle est attachée à des valeurs telles que la loyauté, l’humilité.
En tant que comédienne tu as quels films à ton actif ?
J’ai joué dans mon propre film, Health War, ensuite j’ai joué dans le film rhum’heure du réalisateur togolais Maxime Tchincoun qui a eu le Kodjo Ebouclé au clap Ivoire 2016, j’ai joué dans beaucoup de films d’étudiants et dans une série en Côte d’Ivoire « Intrigue à Babi ».
 
Et tant que scénariste et réalisatrice ?
J’ai à mon actif 2 court métrages fictions : « Health War » et  « Game over »  que j’ai écrit et réalisé, et mon tout dernier bébé qui est la saison deux de la série « Ting Tang » que j’ai réalisé. J’ai écrit le scénario « la bonne maitresse » une série ivoirienne.
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Parlant de Ting Tang, la salle était pleine à l’avant-première, ça fait quoi de voir le public béninois supporter notre cinéma.
Hum, Franchement j’étais surprise, ça nous a fait super plaisir. Ça veut dire que les gens croient en nous, et en ce que nous faisons. C’était très émouvant.

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Quelques membres de l’équipe technique de Ting Tang


Tu travailles aujourd’hui entre la Cote d’Ivoire et le Bénin, quel pays préfères-tu?
(Hésitante) C’est vrai que je suis sollicitée des deux côtés mais je reste béninoise à vie, donc je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités. On est justement en train de travailler pour que les gens commencent à comprendre ce dont il s’agit réellement dans notre domaine et commencent à nous accompagner.
Ce n’est pas compliqué d’être à la fois chanteuse, comédienne et réalisatrice ?
Non, tous ces domaines se rejoignent, dans un film il y a des chansons, donc c’est simple pour moi de proposer des musiques de film, pour mes propres films ou pour les films d’autres auteurs. Pour le jeu d’acteur, c’est bien que j’ai des notions d’actorat afin de diriger les comédiens sur mes plateaux en tant que réalisatrice.
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KISMATH sur un plateau de  tournage


C’est quoi ton palmarès au jour d’aujourd’hui ?
J’ai eu mon plus gros palmarès avec le film Health War qui a été sélectionné à plusieurs festivals comme Emergence au Togo, Africlap en France, Ficmec et le Rebiap à Parakou, où il a eu le prix du meilleur montage et meilleure réalisation. Il a été sélectionné en Egypte, et a également participé à la fête du cinéma avec Canal+. Il est actuellement en compétition pour le Festimaj. J’ai aussi eu le prix du meilleur scénario au festival des séries en Côte d’Ivoire avec « Intrigue à Babi » et mon actrice Eliane Tapé a eu le prix de l’interprétation féminine.
Avec ton association Terre D’ében tu organises depuis l’année dernière l’évènement ciné229, tu peux me rappeler le concept stp ?
C’est une soirée au cours de laquelle on récompense les meilleurs jeunes talents du domaine cinématographique. La particularité, c’est que tout le monde est récompensé, technicien, acteurs,… La première édition a eu lieu en décembre 2017 et nous sommes en train de préparer la seconde édition.
Quelle va être la particularité de ciné229awards 2018 ?
On aura éventuellement des invités internationaux qui ont déjà donné leur accord de principe, les lauréats de l’édition passée feront un film qui sera projeté à cette édition. Cela permet de cultiver l’union, l’entraide entre les cinéastes de la nouvelle génération. Donc si des personnes ont envie de se positionner comme sponsors ou partenaires, c’est le moment.
Je sais et je sens que tu es en train de travailler sur un nouveau projet. Parles-nous du projet et n’oublie pas le serment du début.
Hahaha le fameux serment !!! C’est bien deviné, mais je ne travaille pas sur un, mais sur plusieurs projets en même temps. Il y en a qui sont prioritaires. Parmi eux il y a la promotion de la série Ting Tang, l’organisation de la seconde édition de ciné229awards et la réalisation de mon prochain court métrage. Je sais que tu veux que je parle du film mais je ne le ferai pas avant avoir bouclé le projet. La seule chose que je peux te dire, c’est que ça raconte l’histoire d’une domestique et parmi les actrices du film, il y a la talentueuse Carole Lokossou. Mais c’est promis, Ecranbenin verra le film en premier.
Je suis rassurée. Dernièrement tu étais sur deux festivals, Série-Série et les Journées Cinématographique de la Femme Africaine de image au Burkina Faso où tu as rencontré de grandes dames telles que Marguerite Abouet et Naky Sy Savané, qu’est-ce que tu as appris durant ces Festivals ?
J’ai appris énormément. A Série Série, j’ai rencontré assez de producteurs, réalisateurs dont j’avais vu les œuvres par le passé, j’ai eu assez de conseils, de techniques et d’approches pour mes projets.
J’ai bénéficié de beaucoup de conseils avec Marguerite Abouet. Naky Sy aujourd’hui, c’est ma maman d’un autre pays. J’ai appris de ces deux grandes dames. Aux JCFA j’ai rencontré des femmes merveilleuses qui font beaucoup pour le cinéma africain. C’est dommage qu’elles n’aient pas la même cote de popularité que les hommes
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Kismath au côté de certaines cinéastes africaines pendant les JCFA


Pour finir, qu’est ce qui reste selon toi au Bénin, pour devenir une vraie nation du cinéma ?
Il reste beaucoup de choses à faire, mais il faut saluer le travail des cinéastes. Il y a de plus en plus de projets de qualité qui sortent du Bénin. Il faut mettre en place une meilleure politique pour la promotion de notre cinéma, rouvrir nos salles qui ont fermées. Il faut que les chaines de télévision apprennent à consommer les productions béninoises, et il faut que le public apprenne aussi à consommer le cinéma local.

Nicole Dadjo, maquilleuse  de cinéma : « C’est un terrain quasi vierge »

Nicole Annick Dadjo est esthéticienne et maquilleuse sur les plateaux de films et exerce le métier depuis plusieurs décennies. Elle a été maquilleuse sur tous les films de Prince ogoudjobi (le réalisateur de la série Deuxième chance qui passe actuellement sur A+) et a également travaillé sur plusieurs autres productions béninoise, burkinabé, anglaise ; etc. Nicole enseigne le maquillage dans les écoles de cinéma. Elle m’a invité à suivre un de ses cours, l’interview a été réalisée juste après.
 
 
Nicole, qu’est-ce que le maquillage plateau et en quoi diffère-t-il du maquillage simple ?
Le maquillage plateau est un maquillage qui se fait au cinéma. Il tient compte du scénario. Quand le maquilleur reçoit le scénario, il le lit, fait son propre dépouillement et crée des maquillages en fonction de ce qui est écrit dans le scénario.  Il fait des effets au besoin, réalise le maquillage en fonction de l’éclairage du plateau et du lieu du tournage. Il faut donc avoir des notions de cinéma, être créatif, être rapide et avoir de la finesse alors que dans un maquillage simple on se contente juste de maquiller le sujet selon l’évènement.
Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ?
Au début, je détestais le maquillage. Je ne me maquillais même pas. Puis j’ai eu un boulot et dans la boîte, le maquillage était exigé. Plus tard, je me suis intéressée au cinéma et j’ai travaillé sur la production du film  Voyage à Ouaga . Sur le plateau, j’ai rencontré une grande maquilleuse qui s’appelle Amy Zouré. J’ai été fascinée par son travail. J’ai donc décidé de faire du maquillage plateau. Je me suis inscrite pour la formation à Paris-Bénin Esthétique et  j’ai ensuite bossé sur le tas pendant deux années. J’ai notamment travaillé sur les plateaux du réalisateur nigérian Tundé Kelani. Après, j’ai complété ma formation dans une école française à Arras. A tout ça, s’ajoutent les livres que j’achète, les recettes que je teste.

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Du miel, du café et d’autres ingrédients secrets pour fabriquer le faux sang pour les plaies


Quel est le projet sur lequel tu as eu du plaisir à travailler ?
J’éprouve du plaisir sur tous mes projets mais mon préféré reste Le retour du roi mais le film n’est pas encore sorti. J’aime ce projet parce que j’ai vraiment fait du progrès côté création. Je me suis surpassée et ça me rend vraiment fière.
Parlant fierté, qu’est-ce qui te rend vraiment fière dans ton métier ?
Je suis fière quand je finis mon travail sur un plateau et les gens disent « Waooh ! Le maquillage est beau. C’est vraiment réussi…»  ça me rend très fière. L’autre chose qui me rend fière, c’est partager ma connaissance avec les personnes que je forme.
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Un étudiant content après qu’on ai réalisé sur lui un saignement du nez et un hématome 😅 il devait pleurer normalement pour faire le jeu mais trop content du résultat il a tout le temps rigolé


En maquillage que réussis-tu le plus ?
Les plaies (rire) je les réussis, et à chaque fois, j’arrive à créer une nouvelle technique de plaie. Je crée aussi des matériels locaux parce que c’est cher d’importer des trucs d’Europe. Je n’utilise plus le latex par exemple mais je continue de faire des plaies. Je fabrique moi-même les pâtes à modeler.
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Elle adore réaliser les plaies. Pendant le cours ses élèves ont eu droit à plusieurs techniques, celle de la pâte à modeler, celle du coton, celle de la cigarette…


Qu’est ce qui serait assez fort pour te dissuade d’exercer ton métier.
(Longue réflexion) je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé un truc qui réduit mon amour pour le maquillage plateau. J’ai du plaisir à maquiller.
Quelles écoles recommanderais-tu à quelqu’un qui voudrait embrasser cette carrière ?
Au Bénin et en Afrique, je n’en connais pas vraiment. Je lui recommanderais de se faire former sur le tas d’abord et ensuite compléter sa formation en Europe. Mais si la personne dispose de moyens, elle peut directement aller dans une école en Europe. Je recommande aussi de se faire former en esthétique parce que c’est important de connaître la peau sur laquelle on veut travailler afin de ne pas irriter les gens. il y a aussi Youtube aujourd’hui elle pourra voir les tutoriels. Il faut aussi faire beaucoup de stage afin d’avoir la main.
Ok !trouve-t-on  vraiment du travail dans ce domaine ?
C’est un terrain assez vierge. Il n’y a pas beaucoup de maquilleurs dans l’industrie donc c’est vraiment facile d’avoir à faire. De plus, avec toutes les écoles de formations en réalisation, c’est sûr qu’il y aura de plus en plus de tournage.
Dernière question pour toi, les maquilleurs sont-ils bien payés sur les plateaux ?
Le maquilleur est payé au même titre que les autres techniciens. 50 milles franc CFA la journée. Mais au Bénin ce n’est pas toujours ça.
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Nicole montre la réalisation d’un maquillage du jour à ses étudiants


 
 
 

Tout sur l'actrice béninoise Nadjibatou Ibrahim

BandeNadjibatou IBRAHIM fait partie des actrices émergentes de la zone ouest africaine. Je l’ai découverte dans le film Parinceste du réalisateur togolais Antonio Tchangai Palouki : j’avais été fascinée par son jeu d’acteur. Par la suite, je l’ai retrouvée dans plusieurs courts métrages, réalisés par les étudiants de l’ISMA. Elle a confirmé son talent en remportant le prix de la meilleure actrice béninoise lors des ciné229 awards. Vu que je rends hommage aux femmes cinéastes sur le blog en ce mois de mars, je suis allée la rencontrer afin que ceux qui ne la connaissent pas la découvrent. Interview
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Bonjour Nadjibath. Peux-tu faire une brève présentation de toi pour mes lecteurs ?
Nadjibatou IBRAHIM. Je suis commerciale de formation mais j’exerce dans le domaine culturel en tant qu’artiste comédienne, au théâtre et au cinéma. Je suis en couple et j’ai deux enfants.
Généralement, les gens commencent par le théâtre pour finir au cinéma mais toi, tu as fait l’inverse. La transition, ou plutôt, le mélange des deux arts, comment cela s’est-il effectué?
(Rire)…Ça n’a pas été difficile. J’ai commencé avec le cinéma en 2009 et j’ai fait mes premiers pas au théâtre avec Tola KOUKOUI, dans la pièce « Kondo le Requin », en 2016. Et ça m’a fait plaisir de travailler aux côtés d’un des plus grands du monde théâtral béninois. Je pense que le Théâtre et le Cinéma sont complémentaires et je compte bien évoluer dans les deux.

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Nadjibath sur un plateau de tournage


Y a-t-ils des comédiens d’autres générations qui t’inspirent ou qui t’ont inspirée ?
Bien sûr. Il faut toujours avoir des piliers sur lesquels s’appuyer et moi, je m’appuie sur les doyens Tola KOUKOUI et Ignace YETCHENOU, auprès desquels j’apprends beaucoup.
Beaucoup de passion quand on t’entend parler, mais est-ce facile d’être actrice au Bénin ?
Pas facile d’être actrice au Bénin, car certaines personnes dans notre société nous voient comme des ratés et d’autres nous traitent de dingues. Ils ne comprennent pas qu’on puisse décider de faire carrière dans le cinéma … Bref, je leur réponds que c’est une question de passion et que moi, j’ai fait mon choix!
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Nadjibath Ibrahim joue dans la nouvelle série KUTUNU du réalisateur béninois Aymar Esse


Dans quel grand film as-tu déjà joué ?
(Rire)… Pour moi, tous les films sont grands car il faut beaucoup d’efforts, et pas des moindres, pour faire un film. Mais j’ai eu la chance de travailler avec de grandes maisons de production telles que LAHA PRODUCTION, GANGAN PROD, et des réalisateurs tels que Ignace YETCHENOU, Aymar ESSE et Giscard DAH FONTON. J’ai également travaillé sur le projet ciné nomade et, dernièrement, avec le réalisateur togolais Joël M’BAKA TCHEDRE.
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Elle a le rôle principal dans le dernier court métrage du realo togolais Joël M’Baka Tchedre


Parlant de réalisateurs, avec qui as-tu vraiment apprécié la collaboration ?
Question piège (sourire ). J’apprécie tous les réalisateurs avec lesquels je travaille car, sur chacun des plateaux, pour moi, c’est une opportunité pour apprendre.
Quel est ton pire souvenir sur un plateau ?
Je n’en ai pas encore. Les souvenirs, j’en ai de bons jusque-là, pas de pire.
Est-ce que passer derrière la caméra (devenir réalisatrice) te tente ?
Oui, c’est en projet. Je compte faire de la réalisation dans quelques années et pour finir, produire: Actrice- Réalisatrice- Productrice, tel est mon plan de carrière.
Bonne chance Nadji. Tu étais au dernier FESPACO au Burkina Faso. Que manque t’il, selon toi, au cinéma béninois pour qu’il se hisse au rang des grandes nations de cinéma ?
Ma participation au FESPACO, l’année dernière, m’a permis de comprendre qu’au Bénin, nous souffrons d’une mauvaise organisation dans le monde culturel. Nous avons du potentiel chez nous mais nous ne savons pas l’exploiter.
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Nadjibath et Berni Goldblat le réalisateur du film Walai au Fespaco 2017


Et quel a été ton film coup de cœur à ce festival ?
Mon film coup de cœur pour cette édition du FESPACO est :  Frontières d’Apolline TRAORE, qui traduit les vraies réalités des frontières et met sur le tapis la force des femmes.

Bande annonce frontière☝☝☝☝

Le métier de Directeur de la photographie en 7 questions

Alain Nounagnon est directeur de la photographie et connaît depuis quelques années, un essor dans le métier. Nanti d’un Master of fine art en gestion de production, spécialité lumière, il travaille dans le cinéma et a déjà collaboré avec des réalisateurs de plusieurs pays. Il a, par exemple, travaillé comme premier assistant Directeur photo avec Kwaku Alston et Hervé Cohen sur, respectivement, « In the search of Voodoo » de Djimon Hounsou (si si, le fameux documentaire qu’on attend tous de voir) et Kids Against Malaria de Jon Fine. Ils sont unanimes : le gars connaît son job. Je l’ai donc rencontré et, devant des boissons fruitées, il m’a parlé du métier de Directeur Photo.
Qu’est ce que c’est que la tâche du directeur photo ?
Le directeur de la photographie ou chef opérateur prise de vue,  c’est celui-là qui est responsable de l’image lors d’une production cinématographique.
La tâche du directeur de la photographie est de veiller, lors d’un tournage, à la qualité technique et artistique de l’image. Le cadreur est là pour exécuter les ordres du directeur photo. Il intervient avant,  pendant et après une production cinématographique.
Avant une production cinématographique,  c’est lui qui définit la caméra à utiliser,  les objectifs,  les angles de prise de vues, les filtres,  les lumières et qui établit le découpage technique avec le réalisateur. Après le tournage, il a l’obligation de suivre le bon déroulement de l’étalonnage afin qu’on ne modifie pas la teinte qu’il a donnée au film.
Mais pourquoi le métier s’appelle Directeur de la photographie alors que le DP n’est pas sur le plateau pour prendre des photos ?
(Rire) j’attendais cette question !!! C’est vrai qu’on a des points communs mais ce n’est pas le même métier. Le DP crée la lumière alors que le photographe peut prendre les photos et les retoucher après. Maintenant, pourquoi la dénomination directeur de la photographie ? Je ne sais pas.

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Sur le plateau du film documentaire Okuta la pierre de Aymar Esse


Avec quelles personnes collabore t-il le plus sur un plateau ?
Le directeur de la photographie travaille en étroite collaboration avec le réalisateur. Il est le chef de l’équipe images. Il dirige les assistants-directeur de la photographie,  les cadreurs, les machinistes,  les électriciens en général et travaille aussi en post-production avec le monteur.
Ne peut-on pas se passer du DP sur un plateau surtout si on n’a pas beaucoup d’argent ?
Il est impossible de se passer d’un directeur de la photographie sur un plateau de tournage.
Mais malheureusement chez nous, ce métier n’est pas du tout connu. Ici par exemple, le producteur te parle de restrictions budgétaires et donc te paye juste pour venir cadrer son film. Et là, par passion, tu es obligé de jouer deux rôles :   celui du cadreur et du directeur de la photographie. De plus, tu as obligation de résultat.
Dois-je comprendre que ce sont les cadreurs qui deviennent DP ?
Pour devenir un directeur de la photographie, le processus normal est de faire une école de cinéma, faire tout au moins un Master 2 en gestion de l’image, spécialité lumière.
Par ailleurs, il est nécessaire de comprendre qu’être directeur de la photographie c’est une question de pratique et d’expériences.
Pour la petite histoire,  avant d’être un chef opérateur de prise de vues digne de ce nom, il faut d’abord être stagiaire de l’équipe image sur plusieurs productions, ensuite être cadreur sur plusieurs productions pendant des années et être assistant-directeur photo sur plusieurs années également afin d’acquérir beaucoup d’expérience. Après l’étape d’assistant, on peut maintenant t’appeler directeur de la photographie. En résumé,  c’est vrai qu’il faut au minimum 5 ans d’ études dans une école de cinéma,  mais pour être un directeur photo,  c’est plus la pratique et l’expérience afin de pouvoir acquérir l’aptitude nécessaire qu’il faut.
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Sur le plateau de tournage de « kids Against Malaria » De Jon FINE


Quel est le matériel du directeur photo ?
Il utilise tout ce qui touche à l’image, les gélatines, les lampes, la caméra, les objectifs,etc.
Est-ce un métier qui paie bien en Afrique ?
(Rire)merci d’avoir précisé en Afrique, car quand les productions internationales viennent ici,  on souffle un peu.  On ne vit pas encore totalement de notre métier,  on vit plutôt par passion pour le métier…

{Mon avis} Le voyage des oubliés de Sénami Kpetehogbé

Réalisateur : Sènami Kpetehogbe
Acteurs: Sèna Agbofoun, Rosita Ogba,Florisse Adjanonhoun
Genre : Drame
Nationalité : Bénino-Nigériane
Durée : 1h55’
Synopsis :
Nnawo, une jeune femme musulmane, quitte le nord du Nigéria pour le Bénin dans le but de déplacer Yabani son mari handicapé et sa fille de 11ans qui vivent quotidiennement dans l’insécurité.

Mon avis :
Nnawo est une jeune femme heureuse, mariée avec une enfant. Elle vit dans une famille typiquement africaine : cour commune, partage de repas dans une même assiette. Son bonheur est de courte durée parce que le terrorisme sévit dans la région du nord Nigéria ou elle vit. Après avoir perdu tous les membres de sa famille exceptés son époux handicapé moteur et sa fille, Nnawo est contrainte de venir à Cotonou au Bénin afin d’étudier les possibilités d’y emmener sa famille.
Sènami Kpetehogbe dans son premier long métrage est resté fidèle à son registre de film. Après la faim dans son court métrage Dinan, il aborde dans ce film la tolérance religieuse et le terrorisme. Comment est-on perçu par la société béninoise quand on est une personne étrangère et voilée ? Comment vivent les victimes des villages où sévit le terrorisme ? C’est ce que le réalisateur nous a montré avec des séquences parfois drôles et parfois très mélancoliques.
Le style et la religion, un frein.
Nnawo, partant du Nigéria, devait sûrement se dire que les choses se passeraient pour le mieux au Bénin mais erreur, son allure fait peur. Voile de la tête au pied, chaussettes, ce n’est pas un mode vestimentaire habituel ici. Elle enchaîne dans plusieurs domiciles le job de lavandière et passe ses nuits dans la rue. Nnawo se retrouve en face d’un couple chrétien catholique dont la mère de famille a la phobie des étrangers et voue, même si elle ne l’affirme pas, une haine aux musulmans. Intolérance religieuse. Le destin veut que la jeune nigériane travaille chez elle et casse même par mégarde une statue de la Vierge Marie. Ceci renforce la haine de la jeune dame. Cependant, grâce à son époux et à son père spirituel, elle reprend confiance et apprend à aimer la jeune musulmane. Ç’aurait pu être une bonne fin, n’est-ce pas ? Malheureusement, le réalisateur a voulu qu’elle reperde à nouveau confiance puisqu’elle s’est vu menacée et presque tuée par Nnawo qui, en maqnue d’argent pour retourner dans son Nigéria natal, l’a braquée et a emporté une somme considérable.
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Pendant ce temps au Nigéria…
Alors que Nnawo cherche désespérément les moyens d’offrir un avenir meilleur à sa famille, son époux sombre dans l’alcool et la pauvreté puisque sa fille, par mégarde, lui a annoncé : « Maman a trouvé un bonhomme qui nous donnera une maison ».
Le film n’a pas de happy end, la haine religieuse n’a fait qu’augmenter, le terrorisme n’a pas diminué d’un pouce et le mari sentant son handicap lourd et ne voyant pas d’avenir radieux à l’horizon met fin à ses jours ainsi qu’à ceux de sa fille, leur imposant ainsi un long voyage puisqu’ils sont les oubliés de la terre.
 

Ouverture de rideau pour le Festival Bénindocs 2017

Du 15 au 22 novembre, le Bénin va connaître la quatrième édition du festival «  BéninDocs Festival International du Premier Film Documentaire ». C’est un festival de film documentaire organisé par l’association Africadoc-Bénin. Son but, c’est d’encourager la diffusion des premières œuvres documentaires auprès du public et faire connaître le travail des jeunes réalisateurs.
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Thème de l’édition 4
L’Edition de cette année a pour thème «  Résistance…Entre Ecueil, Survivre en Inventant ». Vous verrez donc des documentaires qui abordent les thématiques « comment faire le pont entre le traditionnel et le moderne, entre le passé et le futur ».
Marraine du festival
Penda Diouf, la jeune Auteure-dramatuge sénégalaise est la marraine du BéninDocs4. Elle a, à son actif, six pièces publiées. Elle a écrit « Poussière », sa première pièce, à 19ans et plusieurs autres pièces qui ont fait le tour du monde. Ses thèmes favoris d’écriture sont le racisme, le sexisme et l’oppression. Il est clair donc qu’elle a des choses à partager avec le public durant ce festival.
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Lieux de déroulement du Bénindocs4
Les films seront projetés à Porto-Novo (au palais des Migan et Aimonlonfidé) et à Cotonou (à l’institut Français et à l’ISMA) selon le programme sur l’image ci-dessous.

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Programme du Festival Benindocs4


Films à voir
Au total 23 films documentaires de création seront projetés au public béninois. Parmi ces films, j’ai trois coups de cœur que je vous recommande vivement.

  • Alpha Blondy, Un combat pour la liberté. C’est un film de 90 minutes (comme un match de foot) réalisé en 2010 par Dramane Cissé et Antoinette Delafin. Le film retrace la vie musicale, spirituelle et politique de l’artiste ivoirien. Il se bat pour la paix en Côte d’Ivoire et en Afrique et son arme, c’est la musique. C’est d’ailleurs le seul documentaire sur l’artiste jusqu’à ce jour.
  • Une démocratie africaine. C’est un film de 72 minutes réalisé en 2016 par Pierre Loti Simo. Dans le film, le réalisateur et son équipe nous emmènent dans un village du Cameroun ou la monarchie a toujours régné pour voir si la démocratie, tel que prônée aujourd’hui, peut cohabiter avec la monarchie. Ils nous font tout simplement découvrir la démocratie monarchique.
  • Marie Curie, Une femme sur le front. Pour les féministes et autres défenseurs de la femme, c’est le film qu’il vous faut. Dans ce film, Alain Brunard nous présente Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie. Elle a été une personne remarquable durant la guerre de 1914. En effet, grâce à sa fille et à l’aide d’un ami médecin, elle a équipé les camionnettes des soldats de matériels de radiographie. Son implication dans la survie des soldats dans cette guerre a rendu populaire la radiographie qui, dans le temps, était banalisée.

Voilà pour mes trois coups de cœurs. Je n’ai pas encore vu tous les films à l’affiche mais je suis sûre que je découvrirai d’autres films tout aussi intéressants que ceux cités. N’hésitez par suivre les projections du Bénindoc4 qui sont gratuites et surtout, partagez avec moi vos coups de cœur ici en commentaire ou sur la page facebook du blog Ecranbenin.

Zoom sur le job de réalisateur

On a tous vu avant le début des films cette fameuse phrase « un film de ». J‘ai donc rencontré Samson Adjaho, réalisateur béninois, à qui j’ai posé quelques questions afin de mieux comprendre le métier de réalisateur. Qui sait après lecture on aura de nouvelles vocations.

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Fauteuil du réalisateur sur les plateaux de tournage.


Dans le cinéma, qui est-ce qu’on appelle réalisateur ?
Le réalisateur, c’est celui à qui le producteur confie le film après l’écriture du scénario. Il est le chef d’orchestre sur la production. Il constitue son équipe technique, cordonne la validation de la préparation du film avec son assistant, il écrit son découpage technique, organise le casting, les repérages…Pendant le tournage il dirige les acteurs et les techniciens. Il intervient de la fin du scénario jusqu’à la sortie du film.
Le réalisateur écrit-il des scénarii ?
Oui un réalisateur peut écrire le scénario s’il est aussi scénariste, mais il n’y est pas obligé
Quelles sont les qualités d’un bon réalisateur ?
Le bon réalisateur, c’est un artiste, un fou, quelqu’un qui rêve beaucoup, c’est quelqu’un qui a une grande culture générale. Ce sont les deux grandes qualités du réalisateur. L’humilité, le sourire, la simplicité, on a vu de très grands réalisateurs qui ne souriaient à personnes et pourtant sortaient de très grands films. En gros il faut 1% de talent et 99% de culture.
 
Olivier Koné

Ambiance plateau!!! Le réalisateur ivoirien Oliver Koné en discussion avec son preneur de son


Est-ce qu’il y a une formation particulière à suivre pour être réalisateur ?
Aujourd’hui il y a des formations diplômantes pour avoir le diplôme de licence ou de master en réalisation mais ça n’exclut pas la culture personnelle.
Combien gagne environ un réalisateur cinéma dans le contexte béninois?
(Rire) je ne pourrai pas donner une fourchette type parce qu’au Bénin le métier n’est pas régit par une loi donc le réalisateur négocie lui-même son salaire selon le projet.
Le réalisateur fiction est-il différent du réalisateur documentaire ?
Les deux sont réalisateurs, mais dans la faisabilité, le réalisateur documentaire peint la réalité alors que le réalisateur fiction crée l’histoire, imagine le décor. Mais de plus en plus le réalisateur documentaire emprunte des éléments chez le réalisateur fiction et vice versa. C’est la même cause d’émotion mais avec des démarches différentes
À quelle difficulté, le réalisateur est souvent confronté ?
L’art c’est abstrait et transmettre la vision que l’on a au public, c’est extrêmement difficile. La deuxième difficulté c’est avoir le moyen de ses rêves : on n’a jamais le moyens de ses rêves. La troisième difficulté est enfin la direction de l’équipe ; ce n’est pas facile de diriger de la ressource humaine.
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Le réalisateur béninois Samson Adjaho en plein tournage.😉😉😉

Où voir un film à Cotonou ?

La grosse question qu’on me posait quand j’ai parlé de création d’un blog dédié au cinéma, c’est : « existe-t’il des salles de cinéma au Bénin ?»
Alors en guise de premier article post  lancement, j’ai fait une liste non exhaustive de quelques endroits où on peut voir des films à Cotonou et environs.
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1. Institut Français de Cotonou. L’ex CCF propose au public béninois deux séances de projection par semaine. Il s’agit de Ciné mômes tous les mercredis à 16h (films destinés aux enfants et pour lesquels l’entrée est gratuite pour les adhérents de moins de 12ans) et le Mardi c’est ciné, chaque mardi soir. Ces projections sont faites pour tous avec, parfois en bonus, la participation des réalisateurs. L’entrée est libre et gratuite.
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2. Val’s Plazza. Le centre commercial Val’s Plazza fait des projections les mercredis, les samedis et les dimanches. La session pour enfants a lieu les mercredis et les dimanches à 16h et celle pour adultes les mercredis, les samedis et les dimanches à 20h. Les billets pour voir les films à Val’s Plazza coûtent 3000f donnant droit à un grand bol de pop-corn.

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Les ciné pass de Val’s Plazza


3. Le Centre. Le centre est situé à Atropocodji et propose aux cinéphiles les Vendredis du cinéma. Comme le nom l’indique, les projections ont lieu chaque vendredi à 19h30. L’entrée y est également libre et gratuite.
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4.L’Espace Tchif. Après sa fermeture temporaire, il a rouvert ses portes et propose dorénavant une soirée cinéma chaque mercredi à partir de 20h. Le billet d’entrée coûte 1000 F et vous aurez la chance d’y suivre régulièrement des films réalisés par des béninois et des africains.
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5.Play Zone. Eh benh c’est la totale à playZone. Les projections ont lieu tous les jours de 18h à 3h du matin et le billet pour aller voir les films coûte 2000F.
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Bonus
Ouais ! Il y a un bonus. Le Canal Olympia!!!! Vous connaissez ? C’est une salle de cinéma du groupe Vivendi. Il existe dans plusieurs pays d’Afrique et la salle du Bénin sera bientôt inaugurée à wologuede.
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Alors, envie de voir un film ? Par quelle salle allez-vous commencer ?
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ciné229awards : 5 choses à savoir

Vous êtes plusieurs à vous demander ce qu’est le ciné229awards. On vous propose alors un top 5 des choses à savoir sur cet événement qui a été lancé le 04 septembre 2017. 
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  1. C’est la première soirée de distinction des acteurs du cinéma au Bénin.
  2. Ce concours prend en compte tous les acteurs du cinéma réalisateur, acteurs, maquilleurs, techniciens…et vise la promotion des jeunes talents du cinéma béninois
  3. C’est une compétition organisé par de jeunes cinéastes organisé en association. L’association est dénommé terre d’ébène
  4. La compétition est ouverte à tous les acteurs du cinéma. il vous suffira d’inscrire un film sur la www.ciné229.org
  5. 14 prix officiels seront décernés soit 10 dans la catégorie fiction et 4 dans la catégorie documentaire

C’est quoi un « Gestionnaire de production » ?

Les productions audiovisuelles coutent beaucoup d’argent et pour soulager le réalisateur de la gestion de ces fonds, le métier de gestionnaire de production a été créé. Arnold SETOHOU, gestionnaire de production béninois nous parle de ce métier en  huit questions.
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C’est qui le gestionnaire de production ? 
Le gestionnaire de production est celui-là qui assure la mise en œuvre et le suivi des moyens matériels, Techniques, humains et financiers d’un projet audiovisuel (cinéma, évènementiel etc.) tout en ayant comme tableau de bord le cadre budgétaire prévu. Il gère beaucoup de paperasse (administration, juridique et financier), et est très sollicité pendant la production.
Le gestionnaire de production est-il différent du directeur de production ?
Je pense que Oui, les deux sur un même projet n’ont pas le même rôle. Le directeur est beaucoup plus imprégné du projet que le gestionnaire de production. Le directeur de production est impliqué de la conception du projet à la finition et représente un pont entre l’équipe technique, artistique et le producteur. Il faut dire que le directeur peut être aussi le producteur ou coproducteur. En gros, sur un même projet le gestionnaire de prod est un salarié du directeur de production pour être ces yeux et ces mains et ces pieds en vue d’un bon accomplissement du projet. Dans un autre cas le directeur de prod porte les deux casquettes.
Ce poste très important du cinéma est-il une réalité dans les œuvres cinématographiques béninoises ?
Il faut commencer par notifier que les œuvres cinématographiques professionnelles sont rares au Benin et le respect des postes au cinéma n’est pas encore très cultivé. Vous pouvez voir un producteur qui est à la fois réalisateur et même comédien… croyants mieux gérer, ils se disent donc qu’ils peuvent se passer de certains postes et surtout celui du GP qui n’est pas très connu non plus.
C’est un peu dommage. Sur un plateau de tournage, c’est quoi la journée type d’un GP ?
La journée type d’un GP pour moi est un mélange de passion et de stress et c’est cela qui fait toute la beauté du métier. Il doit s’assurer que tout soit en place pour le ‘’Action !’’ (Décore, techniciens, comédiens etc.). Il doit veiller au respect du plan de travail qui garantit la survie du budget. Le plus stressant est la gestion des imprévus qui surgissent de partout : des caprices de comédiens ou de techniciens, des changements climatiques, des pannes techniques etc.
Vu que c’est le GP qui gère l’argent de la production, combien est qu’il se paie à lui même ? 
Rire, tous les projets n’ont pas la même taille donc c’est difficile à dire surtout dans un environnement comme le nôtre où on n’est pas payé au pourcentage du budget.
Pourquoi selon vous ce poste n’est pas très connu du grand public ?
Du grand public ? Beaucoup de poste ne sont pas connu surtout ceux derrière la caméra comme on le dit.  Mais pour ce poste en particulier c’est beaucoup plus compliqué de voir son impact sur le produit fini d’une œuvre audiovisuelle. Je n’ai pas encore vu le prix du meilleur gestionnaire de production ou de meilleur directeur de production, mais il y  a le prix de la meilleure photographie, montage, son et autres. Voilà un peu pourquoi.
Pour un jeune qui veut faire ce métier quelles sont les qualités qu’il doit avoir ?
Etre très dynamique et surtout avoir la passion de son métier. C’est très important. Il faut avoir une bonne connaissance générale de la chaîne de production audiovisuelle : mise en scène, la production, la décoration, la prise de vue, la post-production etc. et savoir comment tout ça fonctionne. Ces connaissances sont indispensables pour des choix qui pèseront moins sur le budget. Par exemple le choix d’un drone au lieu d’une grue qui revient très chère en termes de logistique et de main d’œuvre. Etre très ouvert d’esprit afin de mieux gérer les ressources humaines qui est très complexe en raison des personnalités qui sont pas les mêmes. Donner le meilleur de soit sur tous les projets dont il aura l’opportunité de travailler. Ça définit la suite de sa carrière. Garder donc à l’esprit que chaque production aussi petite qu’elle soit est un défi à relever.
Pour finir notre entretient est qu’une personne  qui a tout le temps fait de la littérature peut-il devenir GP ?
De la littérature sans une connaissance de la chaîne de production audiovisuelle ? Non. Mais il ferait un bon auteur et pourrait travailler avec plein de producteurs, gestionnaires de production, Scénariste et réalisateurs.

Arnold Setohou

Arnold Setohou, Gestionnaire de production.