Articles

OUAGA FILM LAB 2018

Initié en Mars 2015, le OUAGA FILM LAB est un laboratoire de développement et de coproduction qui vise à renforcer la compétitivité des réalisateurs et producteurs d’Afrique, à faciliter leur accès aux différents grands laboratoires et fonds de financements internationaux ou locaux. La 3 ème édition qui  se déroule du 20 au 29 Septembre 2018 accueille, au cours de l’atelier Ouaga Producers Lab et de la résidence Ouaga Film Lab, 25 porteurs de projets cinématographiques du Bénin, du Burkina Faso, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Nigéria et du Sénégal, ainsi que plus d’une vingtaine d’experts venant d’Afrique, d’Europe et d’Amérique.
OUAGA PRODUCERS LAB
 Ouaga Producers Lab est un dispositif destiné aux professionnels d’Afrique francophone travaillant dans l´industrie cinématographique et audiovisuelle comme producteurs de fiction, documentaire ou de séries TV, et qui souhaitent dynamiser leurs compétences en production, direction de production et gestion d’entreprise. Quatre producteurs participent à l’édition 2018.
Esther TRAORÉ (Athena Films), productrice de Prejudice, par Kady TRAORÉ (Burkina Faso)
Kotchikpa R. AGBEDE (Strictness), producteur de Angel and Demon, par Yamowan Yves SOSSA (Bénin)
Ousmane SAMASSEKOU (DS Production), producteur de Tônsô, par Mamadou CISSE (Mali)
Tangui Jaloud ZAINOU (Artisan Prod), Producteur de In the Name of Memory, par Linda Leila (Niger)
Wilfried PARÉ (ABCA), Producteur de Etincelles, par Ouassila KHAROUNE (Burkina Faso)
OUAGA FILM LAB
10 projets ont sont sélectionnés.  Ils bénéficient d’ un accompagnement tout au long de la semaine et sont éligibles à plusieurs prix internationaux qui seront décernés le 29 septembre 2018.

Alhassane, The Master of Kharmou, projet de fiction de Idi NOUHOU (Niger), produit par Maman Siradji BAKABE – B@K TECHNO (Niger)
Amilcar Cabral, projet de documentaire de Rui Manuel DA COSTA (Guinea-Bissau), produit par  Carlos VAZ – Telecine Bissau (Guinea-Bissau)
Klema, projet documentaire de Aboubacar GAKOU (Mali), produit par Bassy KONATE – Les Films Du 7 (Mali)
The sheep of Sada, fiction de Pape Bouname LOPY (Sénégal), produit par Khadey ZIDNA Lydel Com Group (Sénégal)
Free to leave, free to stay, projet documentaire de Amina WEIRA (Niger), produit par  Carine Stella NZANG ASSOUMOU – Merveilles Production (Bénin)
Mami Wata, fiction de C.J. « Fiery » OBASI (Nigeria), produit par Oge OBASI – Fiery Film Company (Nigéria)
Moulaye, fiction de Alassane SY (Sénégal), produit par Baila SY – Proxycom (Sénégal)
Genetically Modified Religion, projet documentaire de  Simplice GANOU (Burkina Faso), produit par Rasmata KABORÉ – Tilé Fari Docs (Burkina Faso)
The rise and fall of Jammeh, projet documentaire de Mohamed Lamin TOURAY (Gambia), produit par Bubacarr JALLOW – Flame production (Gambia)
Wakat, fiction de Jean-Baptiste OUEDRAOGO (Burkina Faso), produit par Pierre Claver ZONGO – Yira Entertainment (Burkina Faso)

41180500_1912236575529943_7219157957999591424_n
Les mentors
Pierre Yaméogo, Burkina Faso
Dora Bouchoucha, Tunisie
Jihan El-Tahri, Egypte
Mama Keïta, Guinée
Moussa Sène Absa, Sénégal
Pedro Pimenta, Mozambique, sont les mentors de cette édition 2018 du OUAGA FILM LAB.
 

Témoignage : J’ai occupé le poste de scripte sur une fiction

Le weekend dernier le réalisateur béninois Yaovi Amehounkpe m’a invité sur son plateau. Il m’a proposé le poste de script. Je savais que j’allais vous parler de ce poste à travers une interview avec une vraie scripte afin qu’elle nous explique en quoi consiste son job. Je le ferai mais en attendant, je partage avec vous  ce à quoi mes trois journées de tournages ont ressemblées.
Conférence de production
La veille du tournage, Le réalisateur a réuni l’équipe technique, il nous a expliqué pourquoi il a voulu de nous dans son équipe, ce qu’il attend de chaque personne et comment les trois jours de travaux vont se dérouler. Il m’a mise en relation avec Céline Atcho qui a occupé ce poste sur plusieurs plateaux. Céline m’a donc expliqué mes taches, elle m’a présenté comment on remplit la fiche de script et tous ce que je devais faire en tant que script.
 


Le job de script
Etant un film à petit budget j’avais en charge le clap également. Le matin, je notais toutes les séquences à tourner afin que le réalisateur se concentre sur ses acteurs. Je notais les informations de chaque séance sur le clap et j’annonçais après chaque REC (mis en marche de la caméra). Dès qu’on finit de tourner une séquence je note dans ma fiche de script si le son et l’image étaient bons. Ceci permet au monteur une fois le tournage achevé, de savoir qu’elles sont les prises qui sont exploitables et celles qui ne le sont pas. Le script est donc la mémoire du tournage, il doit savoir si toutes les séquences ont été tournées,  est ce que les dialogues prévues dans les différentes séquences sont respectées, est ce que le raccord est juste (Cliquez ici pour comprendre la notion de raccord au cinéma) et quelle est la qualité des séquences tournées.
IMG_20180831_095808

Je dois claper avant chaque scène


L’expérience
Au début j’avais un peu flippé n’étant pas sur mon territoire (mon truc c’est le documentaire) mais l’équipe de tournage a été vraiment sympathique avec moi. Il n’y a pas eu de discrimination. Les régisseurs  se sont assurés qu’on soit bien logés et nourris et que la cohésion règne dans l’équipe. On a donc au-delà du tournage passé d’excellents moments de blagues et de détentes à Dogbo (commune ou à lieu le tournage)
 

 
Le film
Je n’ai pas le droit dévoiler le film tant qu’il n’est pas sorti mais n’ayez pas peur nous aurons l’exclusivité. Je peux juste dire que c’est l’histoire d’un garçon béninois qui a été éduqué par un expatrié. Une fois âgé, le jeune homme essaie de retrouver ses parents biologiques.  Le film a connu la participation du célèbre acteur béninois Alexis Adadji  alias Tonton J et de certains autochtones de Dogbo qui à la fin m’ont fait gouter le Sodabi (alcool traditionnel béninois)  de Adja. La ligne éditoriale du blog n’étant pas culinaire je n’en dirai pas plus.
IMG_20180901_110020

Selfie avec Tonton J et Florida Zossoungbo (assistante caméra)


Des bisous

Claire Diao: « Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone »

J’ai connu Claire Diao sur TV5 monde Afrique. En effet, je suis abonnée à la rubrique critique cinéma, qu’elle anime deux fois par mois en alternance avec Djia Mambu. Je me suis ensuite abonnée à son site Awotélé. Durant le Festival International de Film de Durban, je l’ai rencontrée en vrai et je lui ai posé quelques questions, après un copieux repas qu’on a partagé.
40160085_2385483104825311_913834900170211328_n.jpg
Bonjour Claire, présente-toi pour mes lecteurs, s’il te plaît.
Je suis Claire Diao, journaliste et critique de cinéma franco burkinabé. J’ai une société de distribution qui s’appelle  SUDU connexion et j’ai créé qui s’appelle Quartiers lointains. J’ai également cofondé la revue cinématographique panafricaine Awotélé
Ta personnalité est attachée à beaucoup de mots tels que Awotélé, Sudu connexion, quartier lointain. Explique-nous amplement,si tu le veux bien, chacun de ses concepts.
Ok je vais y aller dans l’ordre.
En 2013, j’ai fondé Quartier lointain, qui est un programme itinérant de courts métrages et qui circule entre la France, les Etats-Unis et plusieurs pays d’Afrique. L’idée c’est de proposer, une année, des courts métrages français issus de la diaspora et une année les courts métrages issus de la diaspora d’Afrique, toujours autour d’un thème. Pendant un an, on circule donc avec les films et on reverse les frais de locations aux producteurs.
En 2015, j’ai cofondé avec Michel Amarger une revue de cinéma qui s’appelle Awotélé et qui est publié trois fois par an à l’occasion des grands festivals du continent : les journées cinématographiques de Carthage, le festival international de Durban et le Fespaco au Burkina Faso. C’est une revue bilingue, français-anglais, avec des distributeurs à travers toutes l’Afrique.
En 2016, j’ai monté la société de distribution Sudu Connexion, pour porter à la fois Quartier lointain et Awotélé, mais aussi pour pouvoir proposer aux programmateurs, aux festivals et au chaines de télévision des contenus  d’Afrique et de sa diaspora qui manquent cruellement de visibilité.

FB_IMG_1535474046466

Le dernier numéro de Awotele


N’est-ce pas beaucoup pour une seule personne ?
J’essaie de m’entourer. J’ai beaucoup lancé les projets bénévolement. Cela demande beaucoup d’énergie, de trouver les financements et j’espère, à terme, avoir suffisamment de moyens pour pouvoir embaucher des personnes capables de supporter chacun de ces projets, afin de pouvoir déléguer au maximum.
Tu maîtrises très bien le cinéma anglophone et celui francophone en Afrique. Selon toi, où est-ce que le cinéma connait une belle ascension actuellement ?
Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone, notamment parce que le cinéma francophone a beaucoup été financé, par la France par exemple, par l’Europe et se développe un peu moins quand il y a une absence de financement. A l’inverse des anglophones qui ont toujours été habitués à se débrouiller d’eux-mêmes et ils ont une vision un peu plus business et commerciale du cinéma alors que du côté des francophones, il y a un amour du film, un amour du cinéma d’auteur.
Tu as récemment fait sortir un livre, Double vague. De quoi traite t-il?
Double vague, c’est le résultat de cinq années d’articles, d’interviews, avec une cinquantaine de cinéastes français, pour la plupart nés dans une double culture souvent de parents étrangers venus en France. Ils ont grandi en tant que Français et cela interroge leur place dans la société et l’image qu’ils ont envie de donner de la France, des gens qui leur ressemblent notamment parce qu’il y a beaucoup de discrimination en France, de représentation stéréotypée des personnes issues de la diaspora.
29215956_343131736194030_5428350560585646080_n

Double Vague


Claire, connais-tu le cinéma béninois ? Que sais-tu de notre cinéma ?
Je sais assez peu de chose du cinéma béninois. Je connais le cinéaste Sylvestre Amoussou qui est l’un des principaux cinéastes à présenter des films aux FESPACO et qui auto-produit ces films. J’ai participé en 2012 au festival quintessence de Ouidah. Ça a été ma seule fois au Bénin. J’ai rencontré quelques cinéastes de courts métrages comme Kismath Baguiri. J’ai rencontré aussi Dorothé Dognon qui était directeur de la direction de cinématographie. Et je connais enfin le critique de cinéma Espera Donouvossi et l’ISMA qui est une école de cinéma au Bénin.
Dernière question  Claire, quel est ton top 5 des réalisateurs africains qui vont émerger dans les 10 prochaines années?
Top 5 oulala !!!! C’est dur d’en nommer, ils sont tous talentueux. Je pense que je continuerai de parler de Sibs Shongwe-La Mer, un sud-africain qui avait présenté « Necktie Youth » il y a deux ou trois ans et qui a eu beaucoup de succès, surtout du côté anglophone. Jim Chuchu du Kenya qui a fait avec le collectif NEST « Stories of our lives », qui se démarque avec son approche multidisciplinaire puisqu’il fait aujourd’hui des expositions photos de la réalité virtuelle. Je pense aussi à Kaouther Ben Hania, la réalisatrice tunisienne du film « La belle et la meute », elle s’est fait une place sur la scène internationale et je pense qu’elle continuera à se démarquer dans les années à venir. Le quatrième c’est Dieudo Hamadi de la République démocratique du Congo qui se fait remarquer dans l’univers du documentaire et cinquième Wanuri Kahiu, Rungano Nyoni qui se sont toutes deux faits repérer avec des courts métrages et qui sont passés au premier long avec « Rafiki » et «  I am not a witch ». j’aimerais que sur les prochains films elles nous surprennent, nous épatent. J’ai triché. Il y a ex æquo (rire).
IMG_20180723_142347.jpg

Claire Diao durant le Festival International de Film de Durban


Crédits Photos: Page Facebook Claire Diao.
 

«  Noces précoces » : à voir ce vendredi

Vous n’aviez pas souvent l’occasion de voir des films béninois ? Je vous invite donc à découvrir avec moi ce vendredi 24 Aout 2018  « Noces Précoces ». Le film va connaître sa première projection à l’espace Bluezone Zongo à 17h.
Généralement je vois les films avant d’écrire mes articles mais spécialement pour celui-ci j’ai décidé de ne pas le voir afin de le découvrir avec vous. On fera donc le débriefing ensemble. J’ai donc reçu du réalisateur  Hodonou Childéric le synopsis du film afin que nous ayons une idée de ce qui nous attend le vendredi prochain.
Synopsis :
Marie (Floride Houngbedji)  14ans, en pleine adolescence  a été donnée en mariage au vieux Amoussou interprété par le talentueux James Salanon alias « Major ». La jeune fille est victime de viol venant de son époux et de divers maltraitance venant de sa coépouse Pascaline.
On aura donc affaire à un drame. Le film dure 15 minutes. Le réalisateur, les acteurs et l’équipe technique seront là pour répondre à vos questions et encaisser vos critiques.
Alors je vous dis à Vendredi ????
NOCES_PREMIERE_FLYER.jpg

Aicha Macky, réalisatrice et féministe engagée.

La série Festival International de Film de Durban continue et, aujourd’hui, je fais mon premier article sur le cinéma nigérien. J’ai enfin rencontré la réalisatrice et productrice nigérienne Aicha Macky que j’ai commencée à suivre depuis le dernier FESPACO. Elle a réalisé le documentaire l’Arbre sans fruit qui aborde l’infertilité chez la femme. Ce documentaire a parcouru plus de 150 festivals dans le monde et a remporté plus de 50 prix. J’ai échangé et partagé plusieurs  jours avec la patronne de la boite de production Tabou production.
Aicha, pourquoi ta boite de production s’appelle-t’elle Tabou production ?
Tabou production parce que ma ligne éditoriale, c’est d’explorer tous les sujets tabous et non-dits  de notre société dans le but de briser la glace pour faire un dialogue autour de ces thématiques qu’on n’aborde pas et qui, quelque part,  font mal à la société. J’ai donc envie, avec la caméra, qu’on aborde ces sujets-là afin de changer les mentalités.
Et pour toi, est-ce le documentaire le meilleur genre pour s’exprimer?
Oui, puisque j’aime raconter des histoires réelles. Il est vrai qu’on peut raconter des histoires avec n’importe quel genre du cinéma mais avec le documentaire, l’histoire est beaucoup plus touchante. Elle parle beaucoup plus quand c’est la réalité et qu’elle a été vécue. J’aime surtout aborder les sujets qui parlent des conditions de la femme parce que c’est l’être le plus faible et il y a beaucoup de tabous autour d’elle.
Question polémique, beaucoup me disent que le documentaire n’est pas un genre pour le cinéma mais pour la télé. Ils pensent que c’est un nid d’incapables, dans le style tu as envie de faire du cinéma mais tu n’as pas la force pour tenir en fiction donc tu fais du documentaire. Que penses-tu de cela ?
(Rire) Tu as toi-même vu le résultat au Durban Filmmart : sur 9 bourses accordées, 8 sont allées aux documentaires donc je pense que cela devrait interpeler les gens qui pensent que le documentaire n’est pas un travail. La fiction est si simple, je peux rentrer dans ma chambre et imaginer une histoire. Mais pour faire du documentaire, il faut aller vers les gens, rencontrer un personnage, aimer son histoire, faire des repérages, faire de l’immersion s’il le faut, rentrer dans l’intimité des personnes, prendre autant de temps avent d’écrire juste l’histoire. Je ne suis pas là pour comparer la fiction et le documentaire mais si le cinéma se résumait au loisir, je ne le ferais pas. J’ai choisi de faire le documentaire parce que derrière, il y a un engagement qui est humain, social.
On a vu ton engagement dans le film l’Arbre sans fruit qui raconte ta propre histoire et le quotidien de beaucoup d’autres femmes africaines. Les regards envers toi ont-ils changé ?
Le changement s’observe sur un long terme. Néanmoins, j’ai remarqué que le regard a changé, pas qu’autour de moi mais aussi autour de la question dont j’ai traitée. Ce qui me touche personnellement, c’est quand à la sortie d’une salle, quelqu’un me dit «  ça fait longtemps qu’on a ce problème avec mon épouse, on n’arrive pas à en parler  ou quand on en parle c’est pour me disputer et là je prends l’engagement d’aller en consultation avec elle ». Je pense que le film a déclenché quelque chose. Faire ce film a également été une thérapie pour moi puisque j’ai pu parler de mon problème et c’est pareil pour les autres femmes qui ont intervenu dans le film.

Au dernier festival de Cannes tu as présenté ton nouveau projet « Zinder ». Ce même projet est revenu au Festival international du film de Durban, tu as pitché ton nouveau projet et a d’ailleurs eu le prix Afridocs. Parle-nous de ce nouveau projet et du prix que tu as reçu.
C’est un prix que m’a octroyé Afridocs. Zinder c’est ma ville natale et j’y ai grandi. C’est un havre de paix qui m’a bercée. Après l’évènement Charlie Hebdo le 15 janvier 2015, la ville est devenue tristement célèbre, beaucoup de personnes ont écrit sur la ville, ils ont écrit sur les jeunes de Zinder. Tout le monde raconte la vie de ces jeunes. Aujourd’hui, j’ai envie que ces jeunes se racontent eux-mêmes. Je veux leur donner la parole pour qu’on comprenne qui ils sont, pourquoi ils sont violents parfois. Dans ce film, je vais aussi montrer comment ils vivent quotidiennement puisqu’ils sont, pour la plupart, désœuvrés. Je veux qu’ils montrent leur vision du monde.
Des jeunes violents hein !!! Tu n’as pas peur de les approcher ?
Non, je n’ai pas peur puisque ce ne sont que des préjugés, des jugements. Ils font partie de notre société. Quand son bras est malade, on ne l’ampute pas, on le prend et on le soigne. C’est ce que je veux faire.
 

À propos d’Afridocs :
Afridocs est une plateforme qui diffuse des films documentaires africains. C’est comme avoir un festival de film  sur votre écran qui donne accès à des documentaires puissants et de qualité primés dans les plus grands festivals du monde.

37661401_1971060609605888_189187408103735296_n

Le prix Afridocs

 

Pourquoi j’aime le ciné229 Awards

On est tous d’accord que pour faire du cinéma au Bénin, il faut s’armer de beaucoup de courage puisqu’il n’y a pas réellement un circuit de distribution pour nos films, et encore moins des festivals nationaux pour reconnaitre les œuvres des uns et des autres.
Ici, on se plaint quotidiennement de l’oubli du cinéma par tous les gouvernements qui passent, de nos salles qui sont devenus lieux de cultes, abris pour bestioles et autres.
Dans cette litanie de malchance, mauvaise foi ou malheur (je ne sais pas), il y a des jeunes qui osent et qui font avec les moyens qu’ils ont, quitte à un sponsor de les soutenir : c’est ça le Ciné229Awards. 

FB_IMG_1533665379840

Les trophées du Ciné229 Awards


Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
C’est un gala, organisé par l’Association Terre d’ébène, lors duquel sont primés, depuis l’année dernière, les acteurs du cinéma béninois. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. Ceci vient donc insuffler une nouvelle dynamique à notre cinéma en instaurant l’esprit de compétition et donc la volonté de mieux faire.
FB_IMG_1533665363249

L’actrice béninoise Nadjibath Ibrahim a reçu l’année dernière le prix de la meilleure interprétation féminine.


Comment participer au ciné229Awards, édition 2018 ?
Vous aviez réalisé un film dernièrement ou aviez travaillé sur un projet comme acteur, cadreur, preneur de son, monteur, maquilleur… envoyez votre candidature en suivant les indications sur ce lien. Le deadline est pour le 09 septembre 2018 et la compétition est ouverte aux béninois uniquement.
FB_IMG_1533665346960
Envie de soutenir l’évènement ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une initiative jeune et ils travaillent beaucoup sur fonds propre donc un petit coup de main pourra les soulager. Si vous avez envie d’aider ou de devenir partenaire de l’évènement, vous pouvez m’envoyer un mail sur ecranbenin@gmail.com je me chargerai de vous mettre en relation avec le comité d’organisation.
Alors quelqu’un a compris pourquoi j’aime le ciné229awards ?

Critique : Rafiki, une classique histoire d’un amour

Rafiki est un film kenyan, co-écrit par Jenna Bass et Wanuri Kahiu, qui en est d’ailleurs la réalisatrice. Les auteurs y abordent  l’amour lesbien dans les rues de Nairobi. Le film, censuré au Kenya à cause de la thématique abordée, a été présenté au festival de Cannes 2018 dans la catégorie un certain regard et a été choisi comme film de clôture du Festival International de Film de Durban en Afrique du Sud.
Kena (Samantha Mugatsia) et Ziki (Sheila Munyiva) – les protagonistes du film– sont deux adolescentes et filles de politiciens qui s’affrontent pour les élections locales. Elles se rencontrent au cours de la campagne qui oppose leurs pères et tombent amoureuses malgré leurs différents styles de vie. Kena a des parents divorcés et souhaite devenir infirmière tandis que Ziki rêve de danse et de voyage.

Leur amour est traité avec assez de sensualité et les scènes d’amour présentées avec beaucoup de pudeur, incluant  une complicité entre les deux actrices qui oblige le spectateur à s’attacher à elles : les moments de complicité comme quand Kena initie Ziki au football, la partie où la pluie les oblige à se réfugier dans un camion…, assez de scènes romantiques qui vous donnent le frisson.    La caméra est constamment près du visage, ainsi transmettant de l’émotion.
Quant à l’intrigue du film, elle est assez classique et souffre peut-être d’un manque d’originalité. Rafiki imite le style de nombreux films commerciaux américains qui abordent le sujet des adolescents amoureux.
Ziki et Kena vivent heureuses dans leur relation, sortent ensemble en boite de nuit, dans la rue, sur des terrains de sport…La suite du film se devine aisément, les habitants de leur quartier encore très conservateurs et traditionnels leur font subir des violences psychologiques et physiques.

Rafiki, Wanuri Kahiu, Cornélia Glele, Jenna Bass,

Une scène de Rafiki. Kena et Ziki sont en boite de nuit.


Wanuri Kahiu met en face de son sujet principal, l’amour entre les deux filles, la politique et la religion, deux sujets qui font entièrement partie du quotidien des Africains. On peut remarquer dans certaines scènes qu’en Afrique, le point de vue de la religion compte avec le prédicateur qui reçoit dans son église le politicien en campagne, ou encore le prédicateur qui condamne et interdit l’amour homosexuel. Cela permet de comprendre le rôle des religions dans le contexte social en Afrique.
 

Rencontre avec Marie-Inès Ayonga, actrice camerounaise.

Cette semaine je vous emmène au Cameroun, ce pays d’Afrique qui a connu ces dernières années une vraie croissance dans le domaine du cinéma. Je vous offre une  interview avec Marie-Inès Ayonga (MIA) qui, la trentaine environ,  est l’une des actrices les plus en vue du pays. Moi je l’ai découverte dans la série Jugement dernier qui est passée sur A+.
MIA, dans quels films as-tu joué ?
J’ai joué dans Coup de tonnerre de Jean marie Nengue, Orly de Francis Tene Kouagne, L’argent soigne la mort de Richard Enama, Céréla de jean-Baptiste Bekolo, dans la série Jugement dernier de Elvis Noulem, etc. En tout, j’ai joué dans un peu plus de 7 court-métrages, plus de 8 long- métrages et dans 11 séries télévisées
Tu as été le personnage principal dans la série Jugement dernier qui est passé récemment  sur la chaine A+. Peux-tu nous dire ce que raconte cette série et quel a été ton rôle ?
La série télévisée Jugement dernier est l’histoire de Natachas, une jeune fille qui a, très tôt, perdu ses parents. Elle se retrouve dans une vie de couple avec un jeune étudiant qui, malheureusement, ne répond pas à ses attentes. Natachas est capricieuse et orgueilleuse et ne respecte pas les habitants de son village, elle ne respecte personne. Elle quitte donc le village pour tenter l’aventure en ville, où plusieurs mésaventures l’attendent.

received_2122793397988495

MIA en mode maquillage avant le tournage


Quelles recherches as-tu fait pour préparer ce rôle ?
J’ai été formée à l’Institut Spécialisée des Métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel  d’Afrique Centrale (ISCAAC) où j’ai appris la technique du jeu vrai, qui est de partir de soi pour un personnage et la pratique du principe du jeu vrai, qui est la vérité de la scène. Je n’ai pas vraiment fait de recherche, la psychologie de mon personnage m’avait déjà beaucoup renseignée sur la pratique du jeu. J’ai juste eu besoin de me l’approprier et j’avoue, ça m’a beaucoup plu.
Sur le plateau de tournage, le réalisateur te permettait-il d’improviser ?
Oui,  j’ai improvisé par moment et ça a été super facile, d’autant plus que j’avais l’autorisation du réalisateur de le faire et une bonne direction artistique. Je me suis alors juste lâchée  comme  j’aime bien le faire, à fond.
received_2122793611321807.jpeg

C’est la bagarre, on se lâche…


Tu tiens également le rôle principal dans le court métrage à succès Mary Jane de Frank Olivier Ndema. Pour les tournages, que préfères– tu, les séries ou les court ou long métrages ? Pourquoi ?
 Mary Jane a été une grande expérience pour moi, la cause défendue dans ce film me tient énormément à cœur. Vous savez, je suis une actrice, je joue partout où le jeu m’appelle, je suis dans tous les projets sérieux, porteurs, innovants et audacieux. Le moment viendra où je ferais un choix de genre cinématographique mais pour l’heure, je reste ouverte d’esprit.
Franck Olivier Ndema, réalisateur, cinéma, cameroun

MIA et le réalisateur Frank Olivier Ndema sur le plateau de Mary Jane


Sur quel projet travailles-tu actuellement ?
Actuellement, je suis sur la production d’une série panafricaine avec le réalisateur ivoirien Jean Noel Bah.  Je travaille aussi sur la deuxième saison de la série Noire City de réalisateur camerounais  André Mbang et je dois aussi travailler sur le tournage de la série Mary Jane qui doit commencer en octobre. La série est produite par DIFFA.
Waooh! est-ce facile de bosser sur trois projets en même temps ? 
 Oui, bien sûr. Je m’accorde juste avec les réalisateurs ou  producteurs pour pouvoir honorer mes engagements.
Si tu as autant de projets, cela veut dire que le cinéma au Cameroun nourrit convenablement, n’est-ce pas?
Le cinéma camerounais me nourrit, maintenant convenablement c’est trop dire car tout change. Le coût de la vie devient de plus en plus élevé et la société de consommation n’est pas nombreuse. Pour ma part, je ne vis que du cinéma et tous mes projets comme ma future émission télévisée tournent au tour du cinéma et affiliés. On doit se battre pour vivre et ce n’est pas que dans le cinéma que c’est difficile.
Culture générale pour finir, que sais- tu du cinéma béninois ?
 Je connais un peu le cinéma béninois et j’aimerais bien travailler avec le réalisateur Sylvestre Amoussou.  J’ai beaucoup aimé son film sur l’immigration (Africa Paradis)  et aussi avec des acteurs tels que Jean Odoutan, Djimon Hounsou et Pipi Wobaho. Je connais aussi Jean Paul Amoussou, acteur, réalisateur, producteur béninois, connu sous le pseudo oncle bazar. J’ai regardé quelques films béninois tels que « Le choc » « Confession » et « Amour et envie ». J’ai beaucoup envie de venir découvrir le professionnalisme des cinéastes béninois et la culture béninoise. Je viendrai à la première invitation.  Je vous rappelle que vous avez gagné des prix et pas des moindres en plus (rire)…. Le Bénin me tente beaucoup et je n’hésiterai pas une seconde, dès que mon agenda me le permettra.
Marie Inès Ayonga, actrice, cinéma, cameroun

Mains en l’air!!!!!!


 
 

Découverte du critique de cinéma béninois Hector TOVIDOKOU

Au Bénin, on connaît très peu le métier de critique de cinéma et pourtant, certains béninois comme Hector TOVIDOKOU, Espera DONOUVOSSI brillent hors de nos frontières en tant que critiques de cinéma. Je me suis rapprochée de Hector afin que vous découvriez la fierté nationale qu’il constitue.
Hector, veuillez vous présenter pour mes lecteurs s’il vous plaît.
Je suis Hector TOVIDOKOU, journaliste culturel et critique de cinéma béninois depuis une quinzaine d’années. Membre fondateur et Premier président de l’Association Bénin Ciné Média (ABCM), membre de la Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc), correspondant du site panafricain de cinéma: africine.org  et du site de cinéma de la francophonie: imagesfrancophones.org , membre de la Fédération panafricaine cinématographie (Fepaci), Premier membre de l’Afrique de l’Ouest francophone du comité de jury de présélection de African Movie Academy Awards (Amaa). En tant que journaliste culturel, je suis également membre de l’Association des journalistes culturels du Benin (Ajcb), membre de l’Association « Noyau Critique », initiateur et premier organisateur de la Nuit des Journalistes culturels du Bénin. Premier animateur d’un blog dédié au cinéma depuis huit ans: tovidokou.blogspot.com

IMG-20180528-WA0092

Hector TOVIDOKOU, critique de cinéma béninois


Vous êtes journaliste/ critique de cinéma mais très peu connu au Bénin. Est-ce un choix ou est-ce l’environnement cinématographique du Bénin qui vous l’a imposé ?
Je ne crois pas être trop peu connu. Peut-être  inconnu de la jeune génération d’il y a cinq ans au moins de journalistes, de cinéastes et des autres arts. Parce que j’ai baissé la garde sur le plan national il y a quelques années mais je demeure actif à l’international. La génération émergente de cinéastes issues de l’ISMA n’a malheureusement pas la chance d’être avec nous, mais ils peuvent encore adhérer à nos idéaux, ceux de l’Abcm. Je peux vous donner quelques noms de cinéastes professionnels avec lesquels j’ai travaillé et dont j’ai promu les œuvres à  de hauts niveaux, par la critique et la communication: Jean Odoutan, Silvestre Amoussou, Jean-Paul Amoussou, Appolinaire Aivodji, Serges Yéou, Prince Ogoudjobi, Elvire Adjamonsi, Christiane Chabi-Kao, Jean-Paul Kpètèhogbé, Ibrahim Padonou, Marc Tchanou, Bonaventure Assogba, Akala Akambi, Ousmane Aledji, Claube Balogoun, les comédiens Pipi Wobaho, etc.
Quand vous êtes dans les festivals hors du Bénin, comment présentez-vous le cinéma béninois ?
Je dis qu’il y a des exemples en termes de qualité de films et des réalisateurs professionnels. Je ne fais que partager le côté positif du pays.
IMG-20180612-WA0024
Comment avez-vous eu l’idée de devenir critique de cinéma alors que le cinéma n’est pas développé au Bénin?
C’est grâce au Festival Quintessence que certains journalistes culturels ont pris part à une série de formation en critique cinématographique et lecture filmique par les mains de maître du Camerounais Jean-Mollo Ollinga, universitaire, ancien vice-président de la Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc) en 2004, 2005 et 2006. Cette dernière année a connu la mise sur pied de notre association Abcm, ensuite nous avons participé à la première édition du grand Festival de cinéma de Togo, dénommé: Rencontres de cinéma et de télévision de Lomé (Recitel) où nous avons contribué à fonder, avec les Togolais, l’Association des journalistes critiques de cinéma du Togo (Ajcct).
Avez-vous déjà critiqué des films béninois ? Si oui, lesquels?
Oui bien-sur j’ai écrit des critiques sur plusieurs films béninois, vous pourriez en lire ici
Pour vous, c’est quoi une bonne critique de film?
Une bonne critique c’est simplement une bonne lecture filmique.
Quelle est la meilleure critique que vous ayez écrite ?
Ma meilleure critique c’est Le Mandat, de Sembène Ousmane
Quel est le meilleur film africain que vous ayez vu et qu’a t-il de spécial ?
Le meilleur film que j’ai vu c’est Habit neuf du gouverneur du réalisateur congolais Dieudonné N’gangura. Le film est une adaptation du célèbre conte d’Andersen en forme de comédie musicale. C’est une fiction comédie dramatique sortie en 2005. C’est spécial pour moi parce que le film a une image soignée, un récit maitrisé qui raconte en musique lingala la corruption du pouvoir.
cover.jpg
Et le pire film africain et pourquoi était-il le pire?
Le pire film que j’ai vu c’est Man on ground du sud-africain Akin Omotosso. C’est pire parce que les ellipses, flashback et flash forward ne sont pas maitrisés alors que la mise en scène est parfaite. C’est l’œuvre d’un grand réalisateur et ces détails n’auraient pas du être négligés.
Screenshot_20180614-002545

Interview Kismath Baguiri "je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités"

Kismath Baguiri fait partie de cette nouvelle génération de cinéastes béninois hyper motivée que j’aime. Elle est scénariste, réalisatrice, actrice de cinéma et organise depuis 2017 le Ciné229Awards. C’est la grande cérémonie qui récompense les acteurs du cinéma, qui se sont fait remarquer durant l’année. J’étais chez elle et devant nos bouteilles de bissap, elle a répondu à mes questions. Mais avant je lui ai demandé de faire un serment, parce-que notre jeune cinéaste est une grande cachotière.
IMG-20180522-WA0078
Bonjour Kismath. Alors en début d’interview, je voudrais que tu jures de tout dire à Ecranbénin, de n‘esquiver aucune question.
(Rire pendant un bon moment) On est au tribunal ???? Je vais répondre à toutes les questions sous réserve. Mais bon je promets, je vais répondre à tes questions dans la mesure du possible.
Kismath Baguiri, c’est qui  réellement ?
Kismath Baguiri, c’est une jeune béninoise qui a fait ses études à Parakou, et qui a ensuite continué dans le cinéma puisqu’elle est passionnée par l’art, tout ce qui est beau… Kismath c’est une jeune scénariste, réalisatrice, comédienne et chanteuse. Elle est attachée à des valeurs telles que la loyauté, l’humilité.
En tant que comédienne tu as quels films à ton actif ?
J’ai joué dans mon propre film, Health War, ensuite j’ai joué dans le film rhum’heure du réalisateur togolais Maxime Tchincoun qui a eu le Kodjo Ebouclé au clap Ivoire 2016, j’ai joué dans beaucoup de films d’étudiants et dans une série en Côte d’Ivoire « Intrigue à Babi ».
 
Et tant que scénariste et réalisatrice ?
J’ai à mon actif 2 court métrages fictions : « Health War » et  « Game over »  que j’ai écrit et réalisé, et mon tout dernier bébé qui est la saison deux de la série « Ting Tang » que j’ai réalisé. J’ai écrit le scénario « la bonne maitresse » une série ivoirienne.
IMG-20180521-WA0021.jpg
Parlant de Ting Tang, la salle était pleine à l’avant-première, ça fait quoi de voir le public béninois supporter notre cinéma.
Hum, Franchement j’étais surprise, ça nous a fait super plaisir. Ça veut dire que les gens croient en nous, et en ce que nous faisons. C’était très émouvant.

IMG-20180522-WA0087

Quelques membres de l’équipe technique de Ting Tang


Tu travailles aujourd’hui entre la Cote d’Ivoire et le Bénin, quel pays préfères-tu?
(Hésitante) C’est vrai que je suis sollicitée des deux côtés mais je reste béninoise à vie, donc je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités. On est justement en train de travailler pour que les gens commencent à comprendre ce dont il s’agit réellement dans notre domaine et commencent à nous accompagner.
Ce n’est pas compliqué d’être à la fois chanteuse, comédienne et réalisatrice ?
Non, tous ces domaines se rejoignent, dans un film il y a des chansons, donc c’est simple pour moi de proposer des musiques de film, pour mes propres films ou pour les films d’autres auteurs. Pour le jeu d’acteur, c’est bien que j’ai des notions d’actorat afin de diriger les comédiens sur mes plateaux en tant que réalisatrice.
IMG-20180522-WA0076

KISMATH sur un plateau de  tournage


C’est quoi ton palmarès au jour d’aujourd’hui ?
J’ai eu mon plus gros palmarès avec le film Health War qui a été sélectionné à plusieurs festivals comme Emergence au Togo, Africlap en France, Ficmec et le Rebiap à Parakou, où il a eu le prix du meilleur montage et meilleure réalisation. Il a été sélectionné en Egypte, et a également participé à la fête du cinéma avec Canal+. Il est actuellement en compétition pour le Festimaj. J’ai aussi eu le prix du meilleur scénario au festival des séries en Côte d’Ivoire avec « Intrigue à Babi » et mon actrice Eliane Tapé a eu le prix de l’interprétation féminine.
Avec ton association Terre D’ében tu organises depuis l’année dernière l’évènement ciné229, tu peux me rappeler le concept stp ?
C’est une soirée au cours de laquelle on récompense les meilleurs jeunes talents du domaine cinématographique. La particularité, c’est que tout le monde est récompensé, technicien, acteurs,… La première édition a eu lieu en décembre 2017 et nous sommes en train de préparer la seconde édition.
Quelle va être la particularité de ciné229awards 2018 ?
On aura éventuellement des invités internationaux qui ont déjà donné leur accord de principe, les lauréats de l’édition passée feront un film qui sera projeté à cette édition. Cela permet de cultiver l’union, l’entraide entre les cinéastes de la nouvelle génération. Donc si des personnes ont envie de se positionner comme sponsors ou partenaires, c’est le moment.
Je sais et je sens que tu es en train de travailler sur un nouveau projet. Parles-nous du projet et n’oublie pas le serment du début.
Hahaha le fameux serment !!! C’est bien deviné, mais je ne travaille pas sur un, mais sur plusieurs projets en même temps. Il y en a qui sont prioritaires. Parmi eux il y a la promotion de la série Ting Tang, l’organisation de la seconde édition de ciné229awards et la réalisation de mon prochain court métrage. Je sais que tu veux que je parle du film mais je ne le ferai pas avant avoir bouclé le projet. La seule chose que je peux te dire, c’est que ça raconte l’histoire d’une domestique et parmi les actrices du film, il y a la talentueuse Carole Lokossou. Mais c’est promis, Ecranbenin verra le film en premier.
Je suis rassurée. Dernièrement tu étais sur deux festivals, Série-Série et les Journées Cinématographique de la Femme Africaine de image au Burkina Faso où tu as rencontré de grandes dames telles que Marguerite Abouet et Naky Sy Savané, qu’est-ce que tu as appris durant ces Festivals ?
J’ai appris énormément. A Série Série, j’ai rencontré assez de producteurs, réalisateurs dont j’avais vu les œuvres par le passé, j’ai eu assez de conseils, de techniques et d’approches pour mes projets.
J’ai bénéficié de beaucoup de conseils avec Marguerite Abouet. Naky Sy aujourd’hui, c’est ma maman d’un autre pays. J’ai appris de ces deux grandes dames. Aux JCFA j’ai rencontré des femmes merveilleuses qui font beaucoup pour le cinéma africain. C’est dommage qu’elles n’aient pas la même cote de popularité que les hommes
FB_IMG_1527027699370

Kismath au côté de certaines cinéastes africaines pendant les JCFA


Pour finir, qu’est ce qui reste selon toi au Bénin, pour devenir une vraie nation du cinéma ?
Il reste beaucoup de choses à faire, mais il faut saluer le travail des cinéastes. Il y a de plus en plus de projets de qualité qui sortent du Bénin. Il faut mettre en place une meilleure politique pour la promotion de notre cinéma, rouvrir nos salles qui ont fermées. Il faut que les chaines de télévision apprennent à consommer les productions béninoises, et il faut que le public apprenne aussi à consommer le cinéma local.

Festival de Cannes: la membre de jury Khadja Nin en 12 dates

Le festival de Cannes bat son plein en France depuis le 8 mai dernier et un jury de huit personnes a été constitué, pour apprécier les 21 longs métrages en compétition. Dans ce jury, on retrouve une seule africaine en la personne de Khadja Nin, chanteuse Burundaise. Je vous propose donc quelques dates essentielles de la vie de la seule jurée ne venant pas de l’univers du cinéma :
FB_IMG_1526449804907
27 juin 1959 : Jeanine Rema Ntiruhwama a vu le jour. Elle a 7 frères et sœurs et est la fille de l’ancien ministre Jean Ntiruhwama. Petite, elle chantait déjà dans la chorale ;
1973 : au moment de former son groupe, elle choisit le pseudo de «  Ka Jeanine » qui signifie « petite Jeanine », pseudo qui devient avec le temps Khadja Nin ;
1975 : Agée de 16 ans seulement, elle quitte son pays pour aller étudier au Zaïre (ancien nom de la République Démocratique du Congo) ;
1976 : Elle rencontre son futur mari. Elle part avec lui dans la forêt pour s’occuper des lodges pour les touristes. Elle devient maman cette année-là ;
1980 : Avec sa famille, elle immigre en Europe. Son mari décède peu après et elle enchaîne plusieurs petits boulots pour subvenir aux besoins de son fils. Plus tard, elle se marie avec Jacky Ickx, pilote automobile belge. Ils vivent entre Monaco et le Mali ;

5ab8b7cecd702f0c1a8922ae

Khadja Nin et son époux Jacky Ickx ©reporters


1985 : Elle rencontre le célèbre musicien Nicolas Fiszman qui s’éprit de sa voix. Les deux travaillent sur ses morceaux;
1992 : Son premier album voit le jour et connaît un succès fou. Elle chante dans les langues de son pays : le Swahili et le Kirundi.
1994 : Son second disque «  Ya Pili » naît. Elle donne de nombreux concerts ;
khadja-nin-sambolera-mayi-son-460x460
1996 : TF1 fait de son troisième album « Sambolera » le tube de l’été. Ceci donne plus de visibilité à la diva burundaise ;

2002 : Khadja Nin quitte la scène musicale. Elle s’engage dans le social, lutte pour la paix ainsi que pour le droit des femmes ;
2007 : Elle se produit au Burundi. Le pays vient de connaitre la guerre civile. Dans son pays, elle marche toujours pieds nus.
2018 :Khadja Nin est membre du jury du prestigieux festival de film de Cannes aux côtés de Cate Blanchett, Lea Seydoux, Kristen Stewart et plusieurs autres professionnels du cinéma.
FB_IMG_1526449933407
Crédits photos: – ©page Facebook Festival de Cannes
-©Reporters
-©AFP

Coup de cœur : Du Dessin animé à Ouidah.

Il y a de cela une semaine, je me suis rendue à Ouidah sur invitation de Jean-Pierre Tardivel, un réalisateur de film d’animations français qui séjourne à Ouidah depuis un moment.
J’avais prévu y passer toute la journée mais la météo à Cotonou m’a empêchée d’y aller dans la matinée. J’ai finalement rejoint l’équipe aux alentours de 16h et j’ai passé une heure avec les futurs réalisateurs de dessins animés béninois. Une heure de pur bonheur.

IMG_20180420_161109
Bonjour Ouidah

Ils sont en formation depuis mars dernier et ont beaucoup progressé selon les dires des formateurs : ils sont passés du simple dessin à de l’animation. J’ai pris du plaisir à me promener sur l’écran de chaque étudiant afin de contempler les dessins bouger (pour moi qui ignore le processus de fabrication d’un dessin animé, imaginez l’émotion ! hihihi).

Au delà de la formation en réalisation de films d’animation, des séances d’échanges et de partage d’expériences sont organisées, afin que les apprenants prennent connaissance des expériences des autres et en tirent des leçons. Ils ont déjà reçu la visite de Romuald hazoumè, Hector Sonon et d’autres personnes. J’ai partagé avec eux ma modeste expérience en tant que blogueuse cinéma et réalisatrice de films documentaires. Loin d’être timides, ils m’ont posé assez de questions, et j’ai fait pareil avec eux dans le but de mieux comprendre le fonctionnement d’un film d’animation. Ils m’ont, par ailleurs, expliqué avoir en projet de se mettre ensemble afin de créer des dessins animés pour notre plus grand plaisir. Ne vous étonnez donc pas de voir des films d’animation au Bénin dans les années à venir.

IMG_20180420_164015

On parle de blogging et de réalisation documentaire☺☺☺


Ma visite au centre du dessin de Ouidah s’est terminée par la traditionnelle photo de famille mais avant, les étudiants m’ont offert un portrait de moi. Le plus beau portrait de moi dont on m’ait d’ailleurs fait don.
Merci à tous les étudiants. Je vous souhaite de brillantes carrières dans l’univers du film d’animation. Merci au staff pour l’accueil qui m’a été réservé et surtout pour le travail abattu avec ces jeunes béninois.
IMG_20180420_165345
IMG_20180420_165550

C’est lui qui a réalisé le portrait

5 raisons pour aller voir le film Lamb en projection au Bénin.  

 
Le samedi 5 mai 2018 à 19h, le film Lamb, du réalisateur éthiopien Yared Zeleke, sera projeté à l’espace Mayton sis à Abomey Calavi. Vous ne savez pas exactement pourquoi vous deviez voir Lamb ? Voici 5 bonnes raisons :
1– L’histoire  accrochant du film
Ce film, réalisé en 2015 et qui dure 94 minutes, raconte l’histoire d’Ephraïm  un jeune garçon éthiopien de 9ans, qui possède et adore une brebis appelé chuni. Ephraïm et Chuni passent toutes leurs journées ensemble. Après une famine ayant causé le décès de sa femme (la mère d’Ephraïm), le père du petit Ephraïm va en ville pour chercher du travail et confie l’enfant à son frère. Ephraïm n’aime pas cette nouvelle vie chez son oncle. Il décide de retrouver sa liberté le jour où l’oncle lui annonce qu’il devra sacrifier sa brebis pour le prochain repas de fête. Il veut partir et a donc besoin d’argent pour s’enfuir avec sa brebis. Il va enchainer plusieurs petits boulots afin de réunir la somme nécessaire. Va-t-il y parvenir ? Je vous laisse le découvrir par vous-mêmes.

lamb-cannes-film-festival

Rediat Amare dans le rôle de Ephraim


2– Le décor du film
Le film est beau grâce aux jeux, aux costumes des acteurs mais aussi aux décors. Il a été réalisé dans certains villages éthiopiens et offre aux cinéphiles la nature, les montagnes et une belle végétation. Je vous laisse la Bande annonce du film afin que vous ayez un aperçu de ce que je dis.

3- L’amour entre Ephraïm et sa brebis
C’est un film dramatique, et à l’écran tout se focalise sur l’amour entre un être humain et un animal. Ils sont tellement mignons ensemble qu’après le film, vous vous demanderez si vous donnez autant d’amour et d’amitié à vos amis.  Et ce n’est pas parce que le film est dramatique qu’il fait pleurer, il y a plusieurs séquences qui vont vous faire énormément rire.
arton9064-980x0

Ephraim et sa brebis Chuni


 
4- La suite de la soirée
Le film sera projeté dans le cadre de la Semaine de l’Europe au Bénin, qui va se dérouler du 04 au 12 Mai 2018. Après la projection, il y aura une Causerie-débat sur le thème « Les jeunes béninois face à l’Europe et au monde: peurs, attentes, et espoirs ». Les échanges seront modérés par Monsieur Fernand NOUWLIGBETO, docteur ès Lettres et un représentant de la Délégation de l’Union Européenne.
5- Le conte de fée derrière le film
Après le film, Yared Zeleke espérait que son film participe à un grand festival tel que Cannes. Mais après l’annonce de la sélection officielle, il a été déçu de ne pas avoir vu son film en lice. Il a, par la suite, été repêché dans la catégorie « un certain regard ». « Une magnifique surprise qui a illuminé ma journée, ma semaine, mon année, ma vie » a-t-il confié au magazine Jeune Afrique. Découvrez ici toute l’histoire de la sélection de son film au festival de Cannes.
FRANCE-FILM-FESTIVAL-CANNES-ETHIOPIA

Le réalisateur du long métrage Lamb Yared Zeleke


Crédits photos: Festival de Cannes, Critikat, ALAIN JOCARD / AFP

Fiche du film :
Pays : Ethiopie, France, Norvège, Allemagne
Genre : Drame
Durée : 94 minutes
Productrice: Ama Ampadu
Distribution (acteurs) : Rediat Amare, Indris Mohamed, Surafel Teka

Nicole Dadjo, maquilleuse  de cinéma : « C’est un terrain quasi vierge »

Nicole Annick Dadjo est esthéticienne et maquilleuse sur les plateaux de films et exerce le métier depuis plusieurs décennies. Elle a été maquilleuse sur tous les films de Prince ogoudjobi (le réalisateur de la série Deuxième chance qui passe actuellement sur A+) et a également travaillé sur plusieurs autres productions béninoise, burkinabé, anglaise ; etc. Nicole enseigne le maquillage dans les écoles de cinéma. Elle m’a invité à suivre un de ses cours, l’interview a été réalisée juste après.
 
 
Nicole, qu’est-ce que le maquillage plateau et en quoi diffère-t-il du maquillage simple ?
Le maquillage plateau est un maquillage qui se fait au cinéma. Il tient compte du scénario. Quand le maquilleur reçoit le scénario, il le lit, fait son propre dépouillement et crée des maquillages en fonction de ce qui est écrit dans le scénario.  Il fait des effets au besoin, réalise le maquillage en fonction de l’éclairage du plateau et du lieu du tournage. Il faut donc avoir des notions de cinéma, être créatif, être rapide et avoir de la finesse alors que dans un maquillage simple on se contente juste de maquiller le sujet selon l’évènement.
Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ?
Au début, je détestais le maquillage. Je ne me maquillais même pas. Puis j’ai eu un boulot et dans la boîte, le maquillage était exigé. Plus tard, je me suis intéressée au cinéma et j’ai travaillé sur la production du film  Voyage à Ouaga . Sur le plateau, j’ai rencontré une grande maquilleuse qui s’appelle Amy Zouré. J’ai été fascinée par son travail. J’ai donc décidé de faire du maquillage plateau. Je me suis inscrite pour la formation à Paris-Bénin Esthétique et  j’ai ensuite bossé sur le tas pendant deux années. J’ai notamment travaillé sur les plateaux du réalisateur nigérian Tundé Kelani. Après, j’ai complété ma formation dans une école française à Arras. A tout ça, s’ajoutent les livres que j’achète, les recettes que je teste.

IMG_20180411_101139

Du miel, du café et d’autres ingrédients secrets pour fabriquer le faux sang pour les plaies


Quel est le projet sur lequel tu as eu du plaisir à travailler ?
J’éprouve du plaisir sur tous mes projets mais mon préféré reste Le retour du roi mais le film n’est pas encore sorti. J’aime ce projet parce que j’ai vraiment fait du progrès côté création. Je me suis surpassée et ça me rend vraiment fière.
Parlant fierté, qu’est-ce qui te rend vraiment fière dans ton métier ?
Je suis fière quand je finis mon travail sur un plateau et les gens disent « Waooh ! Le maquillage est beau. C’est vraiment réussi…»  ça me rend très fière. L’autre chose qui me rend fière, c’est partager ma connaissance avec les personnes que je forme.
IMG_20180411_103906

Un étudiant content après qu’on ai réalisé sur lui un saignement du nez et un hématome 😅 il devait pleurer normalement pour faire le jeu mais trop content du résultat il a tout le temps rigolé


En maquillage que réussis-tu le plus ?
Les plaies (rire) je les réussis, et à chaque fois, j’arrive à créer une nouvelle technique de plaie. Je crée aussi des matériels locaux parce que c’est cher d’importer des trucs d’Europe. Je n’utilise plus le latex par exemple mais je continue de faire des plaies. Je fabrique moi-même les pâtes à modeler.
IMG_20180411_101321

Elle adore réaliser les plaies. Pendant le cours ses élèves ont eu droit à plusieurs techniques, celle de la pâte à modeler, celle du coton, celle de la cigarette…


Qu’est ce qui serait assez fort pour te dissuade d’exercer ton métier.
(Longue réflexion) je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé un truc qui réduit mon amour pour le maquillage plateau. J’ai du plaisir à maquiller.
Quelles écoles recommanderais-tu à quelqu’un qui voudrait embrasser cette carrière ?
Au Bénin et en Afrique, je n’en connais pas vraiment. Je lui recommanderais de se faire former sur le tas d’abord et ensuite compléter sa formation en Europe. Mais si la personne dispose de moyens, elle peut directement aller dans une école en Europe. Je recommande aussi de se faire former en esthétique parce que c’est important de connaître la peau sur laquelle on veut travailler afin de ne pas irriter les gens. il y a aussi Youtube aujourd’hui elle pourra voir les tutoriels. Il faut aussi faire beaucoup de stage afin d’avoir la main.
Ok !trouve-t-on  vraiment du travail dans ce domaine ?
C’est un terrain assez vierge. Il n’y a pas beaucoup de maquilleurs dans l’industrie donc c’est vraiment facile d’avoir à faire. De plus, avec toutes les écoles de formations en réalisation, c’est sûr qu’il y aura de plus en plus de tournage.
Dernière question pour toi, les maquilleurs sont-ils bien payés sur les plateaux ?
Le maquilleur est payé au même titre que les autres techniciens. 50 milles franc CFA la journée. Mais au Bénin ce n’est pas toujours ça.
IMG_20180411_094833

Nicole montre la réalisation d’un maquillage du jour à ses étudiants


 
 
 

L'Académie des SOTIGUI est née.

Vous connaissez l’Académie des Césars, l’Académie des Oscars, l’Afrique a désormais son Académie : l’Académie des Sotigui. C’est une initiative de Kévin Moné initiateur des Sotigui Award.
Je vous laisse lire le communiqué qui annonce officiellement la création de cette académie dont nous sommes fière.
« PROMOTION ET VALORISATION DU CINEMA AFRICAIN ET DE LA DIASPORA :
UNE ACADEMIE POUR L’AFRIQUE
Depuis deux ans, Ouagadougou abrite la prestigieuse et l’unique cérémonie africaine de récompense des talents dans les films africains et de la diaspora : les SOTIGUI AWARDS. Véritable plateforme et rendez-vous de valorisation du talent de l’acteur comédien, les SOTIGUI AWARDS ont confirmé leur utilité et convaincu l’ensemble des acteurs du monde du cinéma au plan national et africain en seulement deux éditions. Dans une logique de professionnalisation et pour répondre au principe de l’immensité de l’homme qui donne son nom à l’évènement (SOTIGUI KOUYATE), il est décidé de la création d’une Académie des Arts Cinématographiques Africains et de la Diaspora. Ainsi, à l’image des Césars qui sont organisés par l’Académie des CESARS, les Oscars organisés par l’Académie des OSCARS, les SOTIGUI AWARDS seront désormais organisés par l’Académie des SOTIGUI.
L’Académie des SOTIGUI est composée des professionnels de l’industrie cinématographique, répartis en neuf collèges de « métiers » (acteurs, réalisateurs, auteurs, techniciens, producteurs, distributeurs et exportateurs, industries techniques, agents artistiques, directeurs de casting, attachés de presse, exploitants). A ces acteurs viennent s’ajouter des personnalités dont l’activité soutient le rayonnement et le dynamisme du cinéma en Afrique, rassemblées dans un dixième collège de « membres non professionnels ».
L’Académie est régie par l’Association pour la Promotion du Cinéma Africain et de la Diaspora (APROCAD). Cette association, créée spécialement dans ce but en 2018 est reconnue sous le récépissé N° 3291 et est pilotée par Evrard Jean Kevin MONE. Elle est en charge de l’ensemble des opérations organisées dans le cadre de la poursuite des objectifs de l’Académie.
La promotion, et la pérennisation des SOTIGUI AWARDS restent les chantiers visibles de l’Académie qui envisage en sus, œuvrer dans l’organisation d’évènements dédiés et la professionnalisation des acteurs comédiens du cinéma africain et de la diaspora.
« Il y’a des choses qu’on peut faire, il y’a des choses qu’on veut faire mais il y’a des choses qu’on doit faire », disait SOTIGUI KOUYATE et à titres, si d’aucuns ont les césars, d’autres les oscars, l’Afrique doit avoir ses SOTIGUI et son Académie.
Pour le commissariat général des SOTIGUI AWARDS »
Evrard Jean Kevin MONE, Président de l’Académie
IMG-20180409-WA0026.jpg

Recap formation en acting

A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, Ecranbenin a organisé une formation en actorat pour 10 jeunes femmes. Elle a eu lieu les 24 et 25 mars 2018 et 10 jeunes femmes ont été formées en actorat. Durant la formation qu’a donné Carole Lokossou et Kismath Baguiri, les filles ont fait du sport (beaucoup pensaient que l’actorat c’était du maquillage et des tapis rouges, hihihi). Elles ont appris à jouer seule (monologue), elles ont appris à jouer ensemble, elles ont eu des techniques pour entrer dans la peau des personnages, etc. Suivez ici le reportage, réalisé par Médard Vianou, pour récapituler les deux jours de formation.
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=178551752771251&id=126209954672098
 
Merci à toutes les personnes qui ont accompagné cette première activité physique de Ecranbenin. Merci à Btech Space, Black Feeling production, EIDA consulting, Awalé Afriki, Beninculture, Maquis chez Nad, Assan Salami, Loukman, Tidjani, Irmine Ayihounton,Karell Attolou, Marina Hounnou, Carole Lokossou, et Médard Vianou grâce à qui cette formation a été un succès.
 

Huguette Goudjo, Costumière de cinéma et fière.

Huguette fait partie des perles du cinéma béninois. Assez discrète, on n’entend pas vraiment parler d’elle. Moi je l’ai découvert en discutant avec le producteur congolais Rufin Mbou Mikima. Il m’a dit : « le Bénin a de très belles personnes dans le cinéma. Je travaille d’ailleurs avec une chef costumière du Bénin pour le second long métrage de Françoise Ellong,  que je produis au Cameroun ». J’étais stupéfaite : une costumière béninoise ? difficile d’y croire. J’ai alors décidé de mener ma petite enquête sur cette dame et ce que j’ai découvert est juste époustouflant. Son CV est une merveille et elle s’impose, peu à peu, comme une figure importante du cinéma africain. Elle a été costumière sur L’œil du cyclone de Sékou Traoré (2015), Vindicte de Ange-regis Hounkpatin (2016), Walay de Berni Goldblat (2017), Cessez le feu de Emmanuel Courcol (2017), ou encore Kuntak de Françoise Ellong (2018),entre autres. Elle est actuellement au Bénin et j’ai sauté sur l’occasion pour la rencontrer, afin de vous faire découvrir le métier de costumière de cinéma.

FB_IMG_1520950361683

Rufin Mbou Mikima et Huguette Goudjo


Qu’ est ce qu’ une costumière de cinéma ?
C’est une technicienne du cinéma qui s’occupe, surtout au moment de la préparation du film, de gérer les costumes, de parler avec le réalisateur et de comprendre sa vision, dans le but de décider du costume qui ira à chaque acteur du film.
Je crois que costume, ici, signifie vêtement. Est-ce à dire que le costumier est un couturier ?
Oui. Quand on est costumier, on doit forcément avoir la base, le B-A BA de la couture. Moi je dessine parfois les croquis de ce que je veux, pour aider le styliste.
IMG-20180313-WA0026

Huguette costumière sur le film l’œil de cyclone avec l’acteur Burkinabé Rasmané Ouedraogo


Où as-tu appris ce métier ?
Sur le tas. Après mon bac, je suis entrée à l’université où j’ai commencé le secrétariat, mais je n’aimais pas ça. Je ne me voyais pas assise derrière un bureau. Et quand je suivais le journal avec ma mère les soirs, je lui disais : « tiens, cette journaliste est mal habillée » et ma mère me refoulait, genre « toi tu sais quoi des habits et du style ». Avec le temps, j’ai compris que je voulais évoluer dans un domaine ayant un lien avec les habits et j’ai fini par choisir le métier de costumière. J’ai reçu des cours en ligne de costumières françaises et c’est ainsi que je suis devenue costumière.
Te rappelles-Tu de ton premier film ?
C’était en 2008. Dix ans maintenant. C’était « Deuxième bureau » de Sanvi Panou. J’ai été sollicitée par un technicien de Laha Productions pour prendre le scénario. J’ai flippé parce que c’était mon baptême de feu et je n’avais que mes cours, appris dans des documents. Je n’avais ni coach ni mentor. Je me demandais si je serais à la hauteur. En fin de compte, j’ai réussi ce test et il n’y a eu aucune erreur de raccord. J’étais fière de moi. Après cela, le réalo m’a rappelée pour faire la série entière. J’ai été très chanceuse et cela m’a servi de publicité car, la série est diffusée sur certaines chaînes tv de certains pays sous-régionaux
IMG-20180313-WA0005

Huguette costumière sur le film béninois « le retour du roi » réalisé par Roger Nahum


Tu sais, je me promène souvent sur les plateaux des réalisateurs et je ne vois pas vraiment de costumière. Le métier te fait-il vivre ou chômes-tu souvent ?
(Rire) C’est vrai que ce métier est très saisonnier. Tu peux chômer pendant six mois avant d’avoir un nouveau contrat. Mais au Bénin, on ne travaille presque jamais parce que la qualité des œuvres n’impose pas, encore, la présence d’un costumier. Il y a beaucoup de postes qui ne sont pas sollicités sur les plateaux dont celui de costumier. Donc, on est obligé d’avoir des contacts à l’étranger et d’aller bosser sur les projets hors du Bénin.
Il est vrai que c’est ton gagne-pain mais, en toute honnêteté, ne penses-tu pas qu’on peut se passer de ce poste, surtout sur les petites productions ?
Cela est impossible si tu veux avoir un bon résultat. On dit souvent que les postes du cinéma sont complémentaires, donc quand un poste manque, on le ressent sur la version finale du film.
D’accord. Parlons cash à présent. Les costumiers gagnent-ils gros sur les plateaux ?
(Rire pendant un bon moment) Cela dépend de votre contrat. Mais sur une bonne production, le costumier peut être à 50 milles francs par jour et ça, c’est quand il veut bosser gratis, parce que c’est un travail épuisant. Maintenant, si le tournage est long, vous pouvez négocier sous forme de forfait et avoir 4-5 millions pour 30 jours. L’autre chose, c’est que sur les productions, on joue souvent le rôle de costumier et d’habilleur, qui est normalement un autre poste du cinéma. Cela fait que notre cachet est vraiment un forfait.
IMG-20180312-WA0045

Huguette a travaillé sur le film « Kuntak » de Françoise Ellong. Le film n’est pas encore sorti


Si un jeune a envie de suivre tes pas, que doit-il faire pour devenir costumier ?
Je le prends tout de suite avec moi. Au Bénin, je n’ai jamais vu une personne s’intéresser à ce métier. Je n’ai pas d’assistant donc je pourrai le prendre avec moi afin de partager mes connaissances avec lui. Je l’emmènerai sur mes plateaux, au Bénin ou à l’étranger, pour qu’il puisse s’exercer. Je recommanderais quand à ces jeunes, qui ont envie d’embrasser cette carrière, de voir des films, de faire attentions aux costumes et à tous les détails qui y figurent, selon le personnage, etc..
Huguette, c’est la fin de l’entretien que je te laisse conclure..
Merci Cornélia. Je vais simplement dire que j’aime mon métier, j’adore ce que je fais. Et je voudrais partager ceci avec toutes les personnes qui travaillent dans le cinéma : «  il faut être humble ». Quand on n’est pas humble, on n’est pas compatible avec le cinéma.
IMG-20180301-WA0023

Huguette et moi. On a passé un bel après-midi


Crédit photo: Huguette Goudjo

Tout sur l'actrice béninoise Nadjibatou Ibrahim

BandeNadjibatou IBRAHIM fait partie des actrices émergentes de la zone ouest africaine. Je l’ai découverte dans le film Parinceste du réalisateur togolais Antonio Tchangai Palouki : j’avais été fascinée par son jeu d’acteur. Par la suite, je l’ai retrouvée dans plusieurs courts métrages, réalisés par les étudiants de l’ISMA. Elle a confirmé son talent en remportant le prix de la meilleure actrice béninoise lors des ciné229 awards. Vu que je rends hommage aux femmes cinéastes sur le blog en ce mois de mars, je suis allée la rencontrer afin que ceux qui ne la connaissent pas la découvrent. Interview
FB_IMG_1520404016668
Bonjour Nadjibath. Peux-tu faire une brève présentation de toi pour mes lecteurs ?
Nadjibatou IBRAHIM. Je suis commerciale de formation mais j’exerce dans le domaine culturel en tant qu’artiste comédienne, au théâtre et au cinéma. Je suis en couple et j’ai deux enfants.
Généralement, les gens commencent par le théâtre pour finir au cinéma mais toi, tu as fait l’inverse. La transition, ou plutôt, le mélange des deux arts, comment cela s’est-il effectué?
(Rire)…Ça n’a pas été difficile. J’ai commencé avec le cinéma en 2009 et j’ai fait mes premiers pas au théâtre avec Tola KOUKOUI, dans la pièce « Kondo le Requin », en 2016. Et ça m’a fait plaisir de travailler aux côtés d’un des plus grands du monde théâtral béninois. Je pense que le Théâtre et le Cinéma sont complémentaires et je compte bien évoluer dans les deux.

IMG-20180303-WA0064

Nadjibath sur un plateau de tournage


Y a-t-ils des comédiens d’autres générations qui t’inspirent ou qui t’ont inspirée ?
Bien sûr. Il faut toujours avoir des piliers sur lesquels s’appuyer et moi, je m’appuie sur les doyens Tola KOUKOUI et Ignace YETCHENOU, auprès desquels j’apprends beaucoup.
Beaucoup de passion quand on t’entend parler, mais est-ce facile d’être actrice au Bénin ?
Pas facile d’être actrice au Bénin, car certaines personnes dans notre société nous voient comme des ratés et d’autres nous traitent de dingues. Ils ne comprennent pas qu’on puisse décider de faire carrière dans le cinéma … Bref, je leur réponds que c’est une question de passion et que moi, j’ai fait mon choix!
FB_IMG_1520117630832

Nadjibath Ibrahim joue dans la nouvelle série KUTUNU du réalisateur béninois Aymar Esse


Dans quel grand film as-tu déjà joué ?
(Rire)… Pour moi, tous les films sont grands car il faut beaucoup d’efforts, et pas des moindres, pour faire un film. Mais j’ai eu la chance de travailler avec de grandes maisons de production telles que LAHA PRODUCTION, GANGAN PROD, et des réalisateurs tels que Ignace YETCHENOU, Aymar ESSE et Giscard DAH FONTON. J’ai également travaillé sur le projet ciné nomade et, dernièrement, avec le réalisateur togolais Joël M’BAKA TCHEDRE.
IMG-20180303-WA0054

Elle a le rôle principal dans le dernier court métrage du realo togolais Joël M’Baka Tchedre


Parlant de réalisateurs, avec qui as-tu vraiment apprécié la collaboration ?
Question piège (sourire ). J’apprécie tous les réalisateurs avec lesquels je travaille car, sur chacun des plateaux, pour moi, c’est une opportunité pour apprendre.
Quel est ton pire souvenir sur un plateau ?
Je n’en ai pas encore. Les souvenirs, j’en ai de bons jusque-là, pas de pire.
Est-ce que passer derrière la caméra (devenir réalisatrice) te tente ?
Oui, c’est en projet. Je compte faire de la réalisation dans quelques années et pour finir, produire: Actrice- Réalisatrice- Productrice, tel est mon plan de carrière.
Bonne chance Nadji. Tu étais au dernier FESPACO au Burkina Faso. Que manque t’il, selon toi, au cinéma béninois pour qu’il se hisse au rang des grandes nations de cinéma ?
Ma participation au FESPACO, l’année dernière, m’a permis de comprendre qu’au Bénin, nous souffrons d’une mauvaise organisation dans le monde culturel. Nous avons du potentiel chez nous mais nous ne savons pas l’exploiter.
FB_IMG_1520117195474

Nadjibath et Berni Goldblat le réalisateur du film Walai au Fespaco 2017


Et quel a été ton film coup de cœur à ce festival ?
Mon film coup de cœur pour cette édition du FESPACO est :  Frontières d’Apolline TRAORE, qui traduit les vraies réalités des frontières et met sur le tapis la force des femmes.

Bande annonce frontière☝☝☝☝

Tilaï, de Idrissa Ouédraogo  Du classicisme africain !  

La loi est dure mais c’est la loi ; force et respect doivent y rester. Là-dessus, les constitutionnels sont fermes. Mais, avant le droit écrit positif, les sociétés africaines étaient fondées sur un droit naturel. La morale et l’éthique venaient aisément inspirées des us et coutumes : le droit coutumier.
Le cinéma africain, à travers le chef d’oeuvre historique Tilaï du Burkinabè Idrissa Ouédraogo réalisé en 1990, porte évidemment les griffes d’une sentence ferme prononcée sur des fondements légalement coutumiers.
téléchargement
Tilaï est une histoire d’amour compliqué, de morale, de loi, de principes, d’honneur et de courage. La femme qui commet l’adultère n’a pas sa place dans la société africaine traditionnelle. Ce principe est encore plus sévèrement puni quand il s’agit de l’inceste. Toute l’histoire de Tilaï se situe là. Une histoire purement africaine et qui dépasse les seules frontières du Burkina Faso où il a été réalisé. Toute l’Afrique est concernée par cette histoire et même le principe serait universel ! Avec ses thématiques variées, l’histoire de Tilaï reste l’une des plus touchantes et mémorables du cinéma africain. Elle est racontée avec une certaine sobriété et simplicité du langage, portée par de belles images, des décors qui rapprochent l’histoire à son espace et à son époque.
Amour, jalousie, honneur, courage et tuerie sont autant de thèmes abordés dans ce long métrage de 81 minutes tourné en 35 mm et qui, depuis 1990, a eu le mérite de ne jamais ennuyer son public qui l’a toujours redemandé.
Malgré son ancrage linguistique (réalisé en mooré, une langue nationale au Burkina Faso), l’œuvre – pleine de belles images expressives et de symbolismes métaphoriques – porte en elle le langage universel que peut comprendre tout spectateur. C’est le principe du beau cinéma.
Saga (joué par l’indomptable Rasmané Ouédraogo) qui avait quitté son village, n’y revient que deux ans plus tard. Au cours de son absence, son père a pris pour épouse sa fiancée. À son retour, se manifesta sa jalousie ; son amour pour l’ex-fiancée – la désormais femme de son père – est resté intact et réciproquement. Il commit l’adultère avec la femme de son père et tous deux tombèrent sous le coup de la loi. La sentence tombe : Saga doit être exécuté. D’une façon rhétorique bien choquante et pour la beauté de l’oeuvre, Idrissa Ouédraogo fait choisir le frère de Saga pour exécuter la sentence.
Tuera-t-il vraiment son frère pour respecter les principes des coutumes ? Avant de trouver la réponse à cette interrogation, le père de la femme adultère doit sauver son honneur dans le village.
Idrissa raconte de belle manière une histoire africaine avec une thématique bien pointue et artistiquement bien ficelée. Une histoire classique dont la réalisation a tout du beau cinéma pour plaire à des générations et des générations. Les personnages venant de toutes les catégories de la société, le décor original d’un village africain et les plans éloignés montrant d’une vue d’ensemble, le village et son paysage ; ce sont autant d’éléments qui portent bien le langage et le succès de ce film. Le beau paysage sec et l’accoutrement des acteurs sont d’une façon métaphorique en accord avec l’histoire et la dureté ainsi que la tristesse de la sentence prononcée.
Couronné grand prix du jury au festival de Cannes en 1990, la même année de sa réalisation, ce film dramatique d’une durée modeste reste accrocheur et mémorable, partout où il est vu.
Projeté par le Cinéma Numérique Ambulant dans les villages africains, cette fiction a toujours été accueilli par les villages comme un documentaire réalisé sur leur quotidien. Même si les réalités ne sont plus typiquement les mêmes dans certaines contrées africaines, il n’en demeure pas moins évident que ses principes sont restés chers à ces villageois qui y accordent respect et vocation.
Tilaï reste l’un des grands films de l’histoire du cinéma et jusqu’à nos jours continue d’être en phase avec tout un public qui le voit pour la première fois. À chaque édition de Cannes, quand il s’agit de faire le bilan des performances des cinémas africains, Tilaï s’impose comme une loi inévitable.

Critique publiée sur www.africine.org en Juin 2009. ( Espéra G. Donouvossi).

Black Panther : Mon voyage au Wakanda

Quand j’ai reçu l’invitation de Canal + pour voir Black Panther, j’étais un peu réticente pour deux raisons :
1- je ne suis pas vraiment fan des films de super-héros ;
2- je suis depuis un moment focus sur les films africains. Black Panther étant d’origine américaine, je n’étais donc pas vraiment intéressée.
Mais finalement, avec tout le tapage sur les réseaux sociaux et à la télé, je suis quand même allée au CanalOlympia de Wologuede pour voir le fameux film et je peux vous garantir que j’ai été bluffée.
 L’histoire
‘’Black Panther, c’est l’histoire du Prince T-Challa qui revient dans son pays, le Wakanda, pour régner après la mort de son père, le Roi. Le Wakanda est un pays africain isolé et très développé et leur technologie dépasse même celle des USA. Le Wakanda possède le vibranium, un minerai qui leur fournit toute leur puissance. Le méchant du film se nomme Erik Killmonger et est le cousin du roi T-Challa. Quelques années plus tôt, son père avait été tué par le père de T-Challa. Il vivait aux Etats-Unis et rentre maintenant au Wakanda pour prendre le trône. Mission qu’il a réussie. La suite se devine aisément. Un combat s’engage entre lui et T-Challa.’’
J’ai quand même été déçue du dernier combat. Pour ce que je sais des films de super-héros et de guerre, les derniers combats sont ouf, avec de grandes actions et sont généralement longs. Celui-ci était bref et pas si waouh que ça.

943995dd1759946c19db0f604846899c

T-Challa VS Erik Killmonger


 Les costumes et décors
Au-delà de l’histoire, ce sont les costumes et le décor du film qui m’ont impressionnés. Les peuples d’Afrique y sont représentés à travers les tenues des acteurs (les Peulhs, les Yoruba, les Maasai, les Himbale, les Touareg, les Ghanéens ; ce sont là quelques tribus que j’ai reconnus).
La nature est verte ; les cases, les arbres et les chutes d’eau sont vraiment identiques à ceux que nous avons en Afrique. La seule différence est que ceux-là ont été construits dans un studio à Atlanta (USA).
649241e0c0d5b60d4ab9832c5a9f0b81

Le Wakanda


Les femmes du Wakanda
Le roi T-Challa a peut-être vaincu son ennemi mais cela n’aurait pas été possible sans les femmes. Elles constituent la colonne vertébrale du film. Trois femmes principalement ont contribué à la mission de T-Challa :
1- Nakia (Rôle interprété par Lupita Nyong’o) : elle est l’amoureuse du roi T-Challa ; et, en tant que telle, elle est avec lui et le soutient dans toutes ses missions, lui apporte ses conseils et se bat quand c’est nécessaire. Elle a une sacrée force.
a87b15b87836e2d39bf160499c23cbf0 (1)

Lupita Nyong’o dans Black Panther


2- Shuri : C’est la sœur de T-Challa et le cerveau technologique du Wakanda. Elle possède un laboratoire, fabrique les costumes et gadgets de combat. Elle a même réussi à guérir un blessé par balles en 24heures. C’est l’Einstein wakandaise
images

Letitia Wright dans le rôle de « Shuri »


3- Danai Guira : l’actrice américaine et zimbabwéenne, qui a fêté ses 40 ans le 14 février dernier, incarne le rôle d’Okoye, chef des guerrières du Wakanda. C’est grâce à elle que le combat final, entre pro et anti T-Challa, n’a pas dégénéré. Sa devise et celle des Dora Milage (nom de son équipe) est Le Wakanda pour toujours. Elles se battent donc jusqu’au dernier souffle pour leur pays.
dd0ef85b7d4664446be4409e1de6b840

Danai Gurira la générale des Dora Milaje


Voilà ce que je peux partager avec vous après ma visite au Wakanda. Je vous recommande ce film qui passe actuellement dans les salles CanalOlympia. Vous allez aimer.
Crédit photos: Marvel Studios