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« Du Dessin animé à Ouidah » Rencontre avec Jean-Pierre Tardivel

Il y a presqu’un an, je vous racontais ici mon aventure à Ouidah avec de jeunes réalisateurs de films d’animation. Depuis ils ont progressé et l’un d’entre eux, odilon Assou, est sélectionné pour la Talent Durban 2019 en Afrique du Sud. Ils ont également comme ambition de réaliser une série de court métrage de films d’animation. J’ai jugé donc opportun de donner la parole à Jean Pierre Tardivel, l’initiateur de « Du Dessin animé à Ouidah » pour qu’il nous parle de son projet.

Bonjour Jean-Pierre, présente-toi stp.

Bonjour Cornélia. Je réponds au nom de Tardivel Jean-Pierre à l’état civil. Pour faire rapide, j’ai très tôt été attiré par le cinéma et le dessin. Ces deux arts conjugués se concrétisent dans celui du dessin animé.  La chance m’a permis de rencontrer les pères d’Astérix le Gaulois et de travailler dans le studio qu’ils avaient créé à Paris, en 1974 ! J’ai collaboré quatre années avec ces deux génies et des talents prodigieux de l’animation. Puis, ma carrière s’est orientée vers la série pour la télévision (Mondes engloutis, les Kangoo Juniors, Foot de rue, Bask Up…). Une carrière qui me fait voyager en Europe, mais aussi en Chine, et en Inde…

…Mais pas l’Afrique !

C’est en 2003 que je découvre le continent par un premier séjour à Abidjan, séjour que j’emploie à apporter la bonne parole de l’animation ! C’est là que vient le coup de cœur pour le continent, car de cette première expérience, avec les rencontres bénéfiques, s’enchaînent les séjours : Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal, Burina Faso, Congo Kinshasa et Bénin.

Je reviens sur plusieurs facettes, car à côté de mes activités de réalisateur en dessin animé, formateur et initiateur de projets dans le domaine, j’ai aussi une passion littéraire et j’écris des romans. Entre autres, deux ont paru à Abidjan dans la collection Enigma, chez Nei Ceda.

Parle-nous du projet « Du Dessin animé à Ouidah »

Je viens de dire avoir « prêché la bonne parole » de l’animation en Côte d’Ivoire. L’idée initiale était liée à un constat : pas de production de film d’animation sur place, par manque de connaissance de la technique. L’analyse était certes rapide, car d’autres facteurs entrent en jeu pour produire en audiovisuel, et tu le sais, Cornélia, mais toutefois, notre technique est si particulière que sans une approche pédagogique préalable, elle demeure une sorte d’activité magique, impénétrable ! Donc, j’ai cité les pays où, de rencontres en relations, nous sommes parvenus à concrétiser des moments de formation autour de la technique de l’animation. Je dis des moments, car il faudrait un vrai cursus, comme on les envisage partout sur la planète, sauf en Afrique ! Et là je m’adresse solennellement aux autorités. L’animation, comme la sociologie, l’agronomie ou la santé, nécessite un vrai plan de formation !

Ce que nous faisons à Ouidah, grâce aux aides dispensées par des mécènes à 90% extérieurs au Bénin, c’est une formation théorique de trois mois dans un premier temps et concrète sur une durée plus longue car axée sur des productions locales. En fait nous menons de front la très complexe dualité formation/production.

Et dans ce cadre, nous avons plusieurs projets en « chantier », dont un qui devrait démarrer incessamment. Le lien ci-dessous s’adresse à toutes celles et ceux qui veulent bien aider à sa concrétisation :

https://www.helloasso.com/associations/atelier-animation-et-recherche-graphique/collectes/serie-dessin-anime-2d-zloopi-et-dito-13-episodes-de-3-minutes

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atelier « Du Dessin animé à Ouidah »

 

 Pourquoi avoir choisi le Bénin pour ce projet ?

Les rencontres ont joué un grand rôle dans mes différents séjours. Si celle de Jean Odoutan, au hasard de mes sorties parisiennes au début des années 2000, m’a permis de m’intéresser à son pays, d’autres ont aussi compté pour m’établir ici. Désormais, je réside une grande partie de l’année à Ouidah.

Maintenant, dans tous les plans de formation que nous avions montés aussi bien à Abidjan, Bamako, Ouaga ou Kin, je suis intervenu en tant que formateur, l’organisation des ces véritables « barnum » était du fait d’autres organisateurs, Gaston Kaboré à Ouaga, Jean-Michel Kibushi à Kin, pour ne citer que ces deux réalisateurs… Ici à Ouidah, j’avoue être le maitre d’œuvre de l’initiative, ce qui suppose d’assumer toutes les démarches pour concrétiser l’atelier, démarches dont je vais épargner les lecteurs, car elles sont assez nombreuses et parfois stressantes…

 Et pourquoi la ville de Ouidah ?

Je vis à Ouidah plusieurs mois par an. Sans reprendre la liste des obligations qu’imposent de concrétiser le studio/école, il était plus évident d’organiser l’atelier dans la ville où je me trouve. Mais par delà ce confort personnel, plusieurs raisons m’ont incité à ce choix.

Une ville comme Ouidah est un lieu de mémoire, un lieu historique propice à la réflexion et sans doute à l’inspiration sur sa propre identité. Ce premier point est, je crois, majeur, car notre technique n’est pas un seul moyen d’agiter des images, mais bien plutôt un véritable véhicule pour faire passer des messages auprès du plus grand nombre. L’animation parle à toutes les couches de la société, elle touche directement, et à travers ce que l’équipe « du dessin animé à Ouidah » sera capable de mettre en scène, c’est l’âme de cette identité qui transparaitra. Et pour y parvenir de manière pratique, dans une petite ville comme Ouidah, on se concentre sur l’objectif de notre projet, car tous réunis en un lieu calme, préservé des pollutions de tous genres que l’on doit supporter dans les grandes villes. De plus, dans le cadre de la décentralisation, notre opération correspond  aux attentes maintes fois répétées par les autorités successives.

 Après une année de mise en œuvre, es-tu fier de ce projet ?

Difficile de répondre à cette question, car la fierté n’a pas de baromètre et demeure une mesure très subjective ! Je répondrais par une anecdote et des constats. Lorsque nous avons dispensé notre formation à Ouagadougou en 2008, nous avions passé le très beau film de Fréderic Back, réalisé d’après une nouvelle de Jean Giono : l’homme qui plantait des arbres. L’histoire d’un homme qui à force d’opiniâtreté est parvenu à reboiser entièrement une région devenue presque désertique.

En 2003, pratiquement pas d’animation en Côte d’Ivoire. Depuis, il existe plusieurs sociétés de production en animation, une association ivoirienne du film d’animation et un festival s’est même créé, dont la 2ème édition vient de s’achever début juin. Au Burkina Faso, le schéma est presque identique. Ouaga est connue pour son festival panafricain, l’animation y a eu sa place méritée lors de sa dernière édition en février de cette année. A Kinshasa, et dans la région des lacs, l’animation commence aussi à fleurir, etc…

Donc, pour revenir à la question, la fierté viendra lorsque l’animation béninoise pourra vivre de son propre talent !

 Qu’as-tu ressenti quand ton poulain Odilon t’a annoncé sa sélection  à Durban ?

Bien sûr, c’est un grand plaisir que d’apprendre une telle nouvelle. J’en suis heureux à plusieurs titres, car je me souviens avoir dit à l’équipe que « par ce métier, vous parviendrez à voyager, dans un cadre, avec des objectifs et non voyager par errance ! »  Cette invitation à travailler à Durban dans le cadre  « Talents Durban Class2019 » est le premier palier de ce que j’ai dit un peu plus haut : la fierté viendra lorsque l’animation béninoise pourra vivre de son propre talent !

On espère beaucoup de cette participation à « Talents Durban Class2019 ».

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Odilon Assou est selection pour la talent Durban 2019

 Vous travaillez sur une série de 13 épisodes de 3 minutes, un crownfunding a d’ailleurs été lancé, peux-tu mieux nous en parler ?

Le crowfunding vient d’être lancé, il y a un mois déjà. L’équipe s’est beaucoup investie au cours de l’année et aussi pour laquelle des participations béninoises nous ont été promises. Un budget relativement important est nécessaire pour parvenir à concrétiser le projet et nécessite de fait plusieurs sources de financement. D’où un appel lancé via la plateforme HelloAsso. Bien entendu toute participation béninoise sera la bienvenue, tant de la diaspora basée en France, que je sais très active, mais aussi de la société locale dont les ressources, pour certains, permettent aisément le coup de pouce attendu !

Et c’est presque un « coup de gueule » que je suis prêt à clamer ici, quand je constate le gâchis financier et les possibilités inouïes que ces dépenses inconsidérées pourraient soutenir.

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 Comment vois-tu le cinéma d’animation au Bénin dans les 5 prochaines années ?

Si je me réfère aux expériences conduites dans les pays cités plus haut, je suis assez sûr que le Bénin peut tirer son épingle du jeu. Les talents sont là : les idées de scénarios, les graphistes, les futurs animateurs… Il manque sans doute une volonté politique (au sens noble du terme), et si j’ai mentionné les pays voisins dont l’expansion du domaine va tambour battant, c’est en partie grâce à une vraie politique audiovisuelle menée par les autorités.

Manque peut-être aussi une volonté du peuple béninois à accepter ses propres talents. J’ai eu vent du fait que la salle Canal Olympia fait recette lorsqu’elle projette les superproductions hollywoodiennes et compte les spectateurs sur les doigts de la main lorsqu’elle programme un film béninois !

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Jean-Pierre, ces élèves et l’artiste béninois Lionel Attere

Rencontre avec l’actrice sénégalaise Fatou Jupiter Touré

Si vous avez regardé la série « C’est la vie » de Marguerite Abouet, vous êtes sûrement tombé amoureux de la belle, douce et gentille sage-femme Assitan. Au FESPACO dernier, j’étais avec elle et j’ai pu recueillir quelques mots d’elle pour Ecranbenin. Croyez-moi, Fatou Touré (son vrai nom) est aussi douce que Assitan.

Fatou Jupiter Touré.  Jupiter c’est vraiment ton prénom ?

Bien sûr! je m’appelle réellement Jupiter (rire). C’est un prénom qu’on retrouve assez couramment au Sénégal. C’est vrai que c’est un prénom plutôt masculin, mais on le retrouve souvent dans une ville appelée St Louis et c’est de là que mon homonyme est originaire.

Je connais la camerounaise Lucie Memba Bos qui est passé d’actrice à productrice, toi c’est le contraire.

C’est le cours normal de la vie hein. Moi j’ai commencé avec le théâtre à l’université. Ensuite, j’ai rejoint une école de cinéma où je restais devant et derrière la caméra. On a étudié en tronc commun et moi à la fin de ma formation, j’ai travaillé à la production de mon école. Puis j’ai continué comme productrice et technicienne audiovisuelle.

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L’actrice productrice camerounaise Lucie Memba Bos

Et est-ce après cela que tu as rejoint la série  « C’est la vie » comme actrice ?

Non non. «  C’est la vie » n’est pas mon premier film dans lequel je jouais comme actrice mais c’est cette production  qui m’a révélée hors du Sénégal. Avant cela, j’ai été membre de plusieurs compagnies, j’ai joué dans des publicités et des courts-métrages. «  C’est la vie » qui  m’a révélée au public à une époque où je voulais juste être scénariste. Je voulais être scénariste sur la production et on m’a proposé le casting.

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Fatou Jupiter Touré interprète de Assitan dans la série « C’est la vie » (ph: VBLOCH.COM)

Finalement, tu as fait les deux (scénario et acting) sur la production ?

Pas du tout. Je n’ai plus touché à l’écriture. Je n’avais plus le temps parce que quand ça commence, c’est vraiment une grosse machine. La première saison a duré 6 mois de tournage et donc c’était impossible de faire autre chose.

Et une journée de tournage sur « C’est la vie » ressemble à quoi ?

La journée pour moi commence à 5h.On vient me chercher à 6h du matin, je travaille jusqu’à 18h et le temps de rentrer il est 20h. Et je prépare les jeux du lendemain. Dans la journée, on a une de pause d’une heure  donc le rythme est assez soutenu.  Et ça va très vite.

Après « C’est la vie », direction le  Ghana pour travailler sur « Yellow Pepper » la série du bouillon culinaire Maggie.

Oui, c’est ce que j’appelle les belles surprises de la vie. La production de « Yellow Pepper » cherchait dans chaque pays de l’Afrique de l’ouest et du centre  un acteur ou  une actrice qui pouvait représenter son pays et c’est comme cela que j’ai été choisie pour le Sénégal.  Deux autres sont venus de la Côte d’Ivoire, une autre du Cameroun et d’autres du  Nigéria et du Ghana

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Fatout Touré et ses collègues sur la série « Yellow Pepper

Et quel rôle as-tu joué ?

Je jouais le rôle d’un agent infiltré, enquêtrice aux affaires économiques. Il y avait une fraude dans une banque et j’étais dépêchée par  le ministère des finances pour venir enquêter donc j’avais une sorte de double rôle. J’étais une voisine parfaite qui avait une fille mais derrière, je tenais mon rôle d’enquêtrice.  J’avoue que c’est une expérience qui m’a beaucoup amusée parce que ça a changé du caractère très souriant d’Assitan  de «  C’est la vie ».

Yellow Pepper n’était pas unilingue, il y avait du français et de l’anglais. Comment vous compreniez-vous sur le plateau ?

Le but de la série, c’était faire rencontrer le monde francophone et celui anglophone.  A l’université, j’ai étudié l’anglais et dans mon parcours il m’arrivait de le pratiquer. Quand j’ai participé au casting via WhatsApp, je n’étais pas très sûre de l’anglais et lorsque j’ai eu le rôle, j’ai commencé à écouter BBC, regarder les films en anglais etc… après ils ne cherchaient pas forcément quelqu’un qui avait un anglais académique.

Après « Yellow Pepper » qu’as-tu fait ?

J’ai tourné dans une série sénégalaise toute nouvelle qui est en montage actuellement, réalisée par une jeune femme très dynamique qui s’appelle Fatim Cissé et la série s’appelle « Djiguène » qui veut dire Femme en langue Wolof et elle parle de la femme dans la  société sénégalaise d’aujourd’hui entre la modernité et la tradition, des femmes qui se battent pour apporter quelque chose au développement et surtout de la solidarité féminine qui est importante pour moi.

A propos de femme, de féminisme et de solidarité, les femmes ont lancé au fespaco le mouvement #MêmePasPeur. Qu’est-ce que tu en penses ?

C’est une très bonne chose  parce que la femme est au cœur de toutes les activités et souvent dans les représentativités, on se rend compte que nous sommes minoritaires, et certaines femmes sont confrontées à des problèmes auxquels les hommes ne font pas forcément face et c’est souvent dans le silence.  J’étais dans la salle quand Azata Soro a raconté son histoire et il y a eu beaucoup d’autres témoignages. Je pense que c’est une bonne chose que la parole des femmes soit libérée mais surtout qu’elle soit suivie d’action parce qu’il ne faut plus qu’on soit seules.

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« Je pense que c’est une bonne chose que la parole des femmes soit libérée »

Pour finir Fatou, tu organises pour ce mois d’avril des Awards au Sénégal. Peux-tunous en dire plus ?

(Enthousiaste) Ah oui !!!! C’est d’ailleurs la principale raison de ma présence au FESPACO. J’organise le 25 avril prochain les Terranga Movies Awards (TMA) qui sera une cérémonie de récompense du cinéma et de l’audiovisuel pour l’Afrique et la diaspora. Le but de cette cérémonie, c’est de faire de Dakar une plaque tournante, une porte ouverte sur l’Afrique de par sa position géographique. Apporter une alternative à ce qui existe déjà comme le FESPACO, une alternative qui aura une touche particulière parce que c’est la diaspora et l’Afrique qui sont au centre de l’évènement et au-delà de cette cérémonie, l’autre objectif en tant que sénégalaise c’est faire un évènement qui va durer dans le temps. L’évènement sera donc annuel.  La veille de l’évènement, il y aura une table ronde avec les personnes du monde du cinéma et de l’audiovisuel afin de parler, pour cette première édition, de comment trouver des financements durables pour le cinéma parce qu’on est très dépendant de certains guichets.

Crédits Photos: Fatou Jupiter Touré

Cafétéria : Lancement de la sitcom béninoise ce 31 mars 2019.

Hello Ecranbenin people ;

Commençons cet article par un petit cours puisque j’ai utilisé un nouveau mot pas très connu du cinéphile lambda : « Sitcom »

La sitcom ou comédie de situation est une série, souvent de genre humoristique, qui se déroule généralement dans un décor unique. Vous rappelez-vous de Bisso Na Bisso avec Fafa et Freddy sur LC2 ? Voilà, c’est un exemple de sitcom.

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Fafa Rufino de Fafa et Freddy (c)Bossart

Aujourd’hui ce qui nous rassemble, c’est  Cafétéria, le nouveau-né du cinéma béninois. C’est une série de 35 épisodes de 06 minutes créée par Steven Boko  et Arielle Acakpo. Elle raconte le quotidien d’un patron de cafétéria qui  recrute deux employés. Ceux-ci lui causent tout le temps des problèmes mais, malheureusement, il ne peut les renvoyer puisqu’ils lui font du chantage à cause de son vice : celui d’être un coureur de jupons. A chaque épisode on assistera au quotidien des employés de la cafétéria et de leurs clients. Et tout, ceci dans un style humoristique.

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Une scène de Cafétéria

Alors où voir cafétéria ? Soyez parmi les premiers béninois à consommer cette nouvelle série béninoise en venant à la première le 31 mars prochain à 17h à CanalOlympia Wologuede. Les tickets d’entrée coûtent 3000 et 5000 francs et sont en vente au 61 36 24 34.

En attendant de vous retrouver à CanalOlympia, dégustez cet épisode de Cafétéria.

Formation en jeux d’acteurs:Canal+ dévoile le potentiel artistique de 10 jeunes

La salle de cinéma Canal Olympia a abrité, du 04 au 08 février 2019, une séance de formation en jeux d’acteurs au profil des jeunes désireux. Ils étaient plus d’une centaine à s’inscrire mais seuls 10 d’entre eux ont pu bénéficier de cette formation initiée par Canal +, en collaboration avec le réalisateur Sylvestre Amoussou.

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Le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou

Dans ses propos liminaires, Sylvestre Amoussou a rappelé que la tâche n’a pas été du tout aisée, mais que grâce à la volonté de tout un chacun des candidats, cela a été une réussite. Il a profité de l’occasion pour inviter le gouvernement à accompagner le cinéma béninois qui a beaucoup de problème pour son essor:  » J’ai du mal à concevoir que le gouvernement de mon pays ait du mal à faire développer le cinéma mais j’ai foi qu’on aura très vite des nouvelles, surtout avec ces nouveaux visages qui vont bientôt illuminer les plateaux de tournage de films au Bénin et à l’international. J’ai eu envie de prendre des jeunes qui n’ont pas encore assez d’expérience pour leur donner les bases du métier. Beaucoup de gens pensent qu’être acteur, c’est faire le guignol, c’est s’amuser. Non, c’est un métier. Je leur ai appris la technique, le travail vocal, comment s’approprier un personnage, comment faire un travail intérieur et d’autres choses inhérentes à un bon jeu d’acteur. Ils ont l’essentiel et je les aiderai du mieux que je peux à continuer de travailler », a déclaré Sylvestre Amoussou, réalisateur et formateur.

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Après cette formation, ces jeunes acteurs, désormais conscients de l’immensité de la tâche qui les attend, ont promis ne pas abandonner leur formation. Ils devront non seulement se perfectionner, mais aussi rendre sur scène les notions acquises avec professionnalisme. « Ce n’est pas facile de se mettre dans la peau du personnage qu’on est en train de jouer. Et moi déjà cette semaine,  j’ai appris et j’ai retenu comment passer d’une émotion à une autre », a confié Yves René M’Bemba, bénéficiaire.

Pour la responsable de l’institution, l’objectif de ce projet est de détecter, d’éclore et de soutenir les talents africains. « Nous avons décidé, depuis la fin de l’année dernière, de lancer des formations parce que l’Afrique est devenu un continent phare pour le groupe Canal + et qu’il faut savoir redonner où il y a des talents. De plus en plus, nos programmes sont africanisés puisque c’est ce qui fonctionne. il faut donc que les gens se reconnaissent à la télé et pour se reconnaître, il faut des personnes locales qui puissent jouer les rôles pour que vous, vous puissiez vous abonner pour vous reconnaître. Donc c’est vraiment dans la chaîne de notre Adn de pouvoir proposer ces formations. Si on arrive à trouver des partenaires, des structures, des institutions et des ministères qui veulent nous accompagner nous sommes preneurs pour travailler tous ensemble », a martelé Grace Loubassou, responsable chargée des relations institutionnelles.

Sylvestre Amoussou n’a pas manqué de crier son ras le bol par rapport à la non émergence du cinéma béninois et l’accompagnement du gouvernement « C’est la principale raison qui m’a poussé à faire connaître beaucoup de Béninois à travers mon film « L’orage africain » avec lequel j’ai été au Fespaco et qui a remporté l’étalon d’argent. Bientôt le Burkina célébrera 50 ans de cinéma du Fespaco et je suis président du jury dans la catégorie court métrage et films d’écoles ». Et il poursuit en disant  » j’y vais, pas pour dire que le Bénin est pays d’honneur, mais en tant que béninois.  » « J’ai l’impression que c’est quand tu évolues ailleurs que le Bénin te reconnait » a t’il fait savoir. Après une semaine de formation, apprenants et formateurs sont fiers du travail abattu. Un projet que Canal+ va certainement renouveler pour faire éclore d’autres talents du cinéma béninois.

Marina Hounnou (coll)

 

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Photo de famille des jeunes formés

 

Les films béninois sur l’ORTB dès le 21 janvier 2019!

Depuis 2017 que le blog existe, ce billet est le premier que j’écris avec beaucoup d’émotion et de fierté. En créant Ecranbenin, le rêve était de donner une bonne visibilité au cinéma béninois. Et, aujourd’hui, ce rêve est en train de devenir une réalité. La télévision nationale du Bénin a non seulement acheté des films béninois mais s’apprête à les diffuser pour le bonheur des téléspectateurs. Voici l’histoire:

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Tout a commencé par ce post

J’ai heureusement (ou malheureusement, ça dépend de qui voit) hérité du surnom « Grande Gueule » sur les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’un jour, alors que je taquinais des photographes, j’ai écrit un commentaire dans lequel j’ai accusé l’ORTB de ne pas diffuser les films béninois. J’ai alors été approchée par des responsables de la maison.

Au début, je flippais parce que je ne savais pas à quoi m’attendre. Je me suis donc rendue à la première réunion avec notre maman du cinéma béninois Christiane Chabi-Kao et la pétillante réalisatrice Kismath Baguiri. A cette réunion, loin de me blâmer, la responsable de l’ORTB que nous avions rencontrée était également d’accord sur le fait que notre télé devrait montrer nos productions et a proposé qu’on travaille sur ce projet.

Durant plusieurs mois, des cinéastes béninois et la télévision nationale ont travaillé en symbiose et vous verrez le résultat sur  vos écrans dès le 21 janvier 2019 juste après le journal télévisé de 20h.

Enfin, je pourrai servir une réponse aux nombreux messages que je reçois sur ecranbenin sur où et comment voir un film du Bénin.  Le plus dur est fait, les films béninois vont passer sur l’ORTB le reste est dans le camp des cinéphiles. C’est à vous maintenant de savourer ces films et de me dire surtout quand vous aimez et quand vous n’aimez pas. Progressivement, notre cinéma  prendra corps et dans quelques années, nous brillerons et révélerons notre pays.

Merci à l’ORTB pour cette belle aventure qu’elle permet aux cinéastes de vivre puisque le plus grand bonheur d’un réalisateur, c’est que son film soit vu.

Avec beaucoup d’amour et de fierté, je vous souhaite bon visionnage.

 

Kinshasa Collection : voyage au cœur des sapeurs congolais.

Bonjour la team EcranBénin.

Je vous remercie pour votre fidélité au blog. Merci de lire et de partager mes articles. Cette année je ferai encore l’effort de vous envoyer au cœur du cinéma africain à travers les festivals, les sorties de film et les interviews.

Pour ce premier article de l’année, je vous propose de voir un documentaire assez fun sur la mode : Kinshasa Collection.

Kinshasa Collection est une Web Série  qui se déroule entre  Kinshasa, Guangzhou et Berlin. Dans le film, on parle de la sapologie,  le style propre aux congolais.  Des Allemands (Pascal Capitolin, Dorothée Wenner, Jana Keuchel) sont envoyés au Congo afin de tourner une bande-annonce pour une campagne d’images destinée à changer la perception du public sur l’Afrique, en Allemagne. Durant tout le film, on assiste donc à leur aventure sur la terre africaine.

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Dorothée, Pascal et jana

Lors du tournage, l’équipe rencontre les célèbres acteurs de la mode, les cinéastes locaux et des designers dont la créativité dépasse de loin les tenues ordinaires. Ils découvrent le  «Kizobazoba» –  qui veut dire en lingala  «improvisation». Ils travaillent autour de ce projet. Vous verrez dans le film une équipe traverser des hauts et des bas, un peu pour nous dire armez-vous en 2019, vous traverserez des hauts et des bas mais vous devrez vous en sortir.

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Des mannequins congolais

C’est un documentaire de 6 épisodes, d’environ 30 minutes chacun. Je l’ai fini en une soirée à cause du montage qui vous donne envie de voir en même temps la suite. Ce film renseigne également sur les origines de cette mode assez extravagante dont les congolais raffolent. Je ne vous le cache pas, je suis également tombée amoureuse du générique début de ce film. Alors,envie de tester le « Kizobazoba » ou plutôt la web série « Kinshasa collection » ? Cliquez ici

Bonne et heureuse année 2019

 

Crédit Photos: Kinshasa Collection

Lucie Memba Bos, la fée du cinéma camerounais

Hello par ici !!! C’est le dernier article  de l’année. J’ai choisi à Ecranbenin de vous présenter à la fin de chaque année, une femme cinéaste qui m’a marquée. Après Vero Beya Tshanda l’année dernière, je nous emmène au Cameroun pour découvrir la fée du cinéma du 237. Et ce n’est pas moi qui la traite de fée, c’est son surnom.

Bonjour la fée camerounaise. Présente-toi pour mes lecteurs stp.

Merci à Ecranbenin  d’avoir pris la peine de m’inviter. Je suis Lucie Memba Bos, actrice et productrice camerounaise. Je fais des films en anglais et en français.

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Lucie était membre du jury au festival migration d’Agadir 2018

 

 

On parle beaucoup de toi en tant qu’actrice mais très peu toi comme productrice et c’est cette casquette qui m’intéresse. Alors, comment passe-t-on d’actrice à productrice ?

L’actorat est ma première casquette. J’ai commencé comme actrice. Puis film après film, j’ai constaté que la production était réduite et pas régulière au Cameroun.  Je  me suis dit qu’il ne fallait pas attendre à chaque fois qu’on m’appelle pour travailler et alors, j’ai décidé de produire des films dans lesquels je pourrai me mettre en valeur, avec des personnages qui me parlent véritablement. C’est comme cela que je suis passée d’actrice à productrice.

En tant que productrice, quelles sont les œuvres que tu as à ton actif ?

Mon premier bébé en tant que productrice s’appelle Paradis. Il a  été tiré de la série Paradis sur laquelle j’avais déjà travaillé. J’ai coproduit ensuite  Ntanapi, qui a eu le prix du meilleur film camerounais et de la meilleure actrice au festival Ecran noir en 2014. Mon label de production LMB production a également coproduit le premier film de guerre camerounais  la Patrie d’abord  de Thierry Ntarmak, dans lequel j’ai également joué le rôle principal.

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La Patrie d’abord fut nominé aux trophées francophones du cinéma 2017

 

 

Concrètement, qu’est-ce que le rôle du producteur sur les projets ?

Le producteur, c’est celui qui se bat pour trouver les moyens humains, financiers, techniques et même spirituels. Le producteur doit aider le film à passer de l’écriture à la réalisation. Il doit trouver tous les moyens dont le projet a besoin pour se matérialiser.

 

Est-ce difficile de trouver l’argent pour les films ?

(Rire) Absolument, surtout dans le contexte africain. C’est difficile partout dans le monde, Hollywood, Bollywood mais c’est pire en Afrique centrale parce qu’on n’a pas une véritable industrie, un canal de distribution des films ; du coup, les investisseurs n’ont pas envie d’y mettre de l’argent puisqu’ils ont peur de la rentabilité du film et c’est logique. Mais avec de la volonté et de la passion,  on arrive à se battre pour pouvoir produire des films. Et je crois que progressivement, nous deviendrons aussi géants que nos voisins du Nigéria qui ont commencé petitement.

Quelles doivent être les qualités d’un producteur ?

Question difficile parce que je crois que les qualités sont personnelles.  Mais je pense qu’être smart, être capable de convaincre les sponsors et de trouver les fonds sont les caractéristiques que tous les producteurs doivent avoir en commun. Le producteur porte une grande casquette, toute la chaine dépend de lui, donc il doit rentabiliser pour faire vivre son équipe. Il doit aussi avoir une bonne ligne éditoriale.

Quelle est la ligne éditoriale de LMB prod ? Ou es-tu ouverte à toutes sortes de projets ?

Je suis ouverte à toutes sortes de projets porteurs. Je travaille sur des projets qui parlent parce qu’un film qui ne vous parle pas finit dans le tiroir et ce n’est pas la place d’une œuvre d’art.

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On voit bien qu’elle aime l’art

Si un jeune béninois ou africain a un projet et est à la recherche d’un producteur pour son film, comment te contacte-t-il ?

A cause des difficultés financières, je ne produis que les films dans lesquels je joue.  Lorsque la boite de production grandira, je les produirai avec beaucoup de plaisir et ils pourront me joindre en passant par toi, Ecranbenin.

Dernière question : imagine toi séquestrée par des individus, ils serrent ton cou, tu vois la scène ? Et là ils te disent « Lucie, aujourd’hui tu dois choisir entre l’actorat et la production ».

(Rire) Ton schéma est bizarre hein. Question piège ! Je choisirai l’actorat parce que c’est un métier qui me passionne et dans lequel je m’épanouis. Je l’aime, c’est mon premier amour.

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Lucie et moi à la fin de l’entretien

Crédit photo: Page FB Lucie Memba Bos

APPEL A FILMS FIFF COTONOU 2019

L’association ECRANBENIN a l’honneur de porter à la connaissance des femmes professionnelles du cinéma que les inscriptions pour la sélection des films de la 1ere  édition, prévue pour se tenir du 13 au 17 septembre 2019 , sont ouvertes.

La sélection comporte deux sections principales :

  • la section compétition officielle des films courts-métrages qui est réservée aux films de réalisatrices africaines

NB : Aucun film de plus de deux (02) ans d’âge au 31 Mai 2019 ne sera sélectionné.

  • la section hors compétition qui est ouverte aux films des cinéastes femmes du monde :

–  films abordant les problèmes auxquels les femmes sont confrontées;

– films mettant en exergue le savoir-faire ou le parcours d’une femme afin d’inspirer les autres femmes.

 

Toute inscription à la sélection implique l’acceptation des conditions et du règlement de la 1ere  édition du FIFF Cotonou https://www.ecranbenin.net/?page_id=63

Les dossiers d’inscription sont recevables à l’adresse électronique  au fiffcotonou@ecranbenin.net au plus tard le 31 Mai 2019

FIFF COTONOU

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Ciné229Awards 2018 : L’amour du cinéma et le patriotisme.

Il y a quelques mois, j’écrivais un article  pour vous raconter pourquoi j’aimais l’initiative #Ciné229Awards. L’édition 2 a eu lieu le samedi 8 décembre 2018 et je suis encore plus amoureuse de cet événement.

Pour avoir côtoyé les organisateurs, j’ai vu les différentes difficultés notamment financière qu’ils ont endurées. J’ai vu des jeunes qui, malgré le silence de plusieurs partenaires, ont refusé d’abandonner: ILS AIMENT LE CINÉMA  BÉNINOIS ET TIENNENT A CÉLÉBRER LEUR PAIRS.  ILS SONT PATRIOTES ET PENSENT QUE LE CINÉMA BÉNINOIS MÉRITE D’ETRE CÉLÉBRÉ.

Pari tenu. Le samedi 8, il n’y a eu que du feu au CanalOlympia Wologuede. La cérémonie a réuni plus de 500 personnes et je pense que la plupart, comme moi, sont repartis satisfaits de l’organisation.

Le grand prix de la soirée dénommé Grand prix DJIMON HOUNSOU a été décerné à Beaucéjour Akodjenou  du film Braquage à la béninoise (BALB). Son film a également obtenu quatre autres prix dont le prix de la meilleure photographie fiction (Geff Atindegla), le prix du meilleur montage fiction (George Gougnon), le prix du meilleur son fiction (Didier Guedou) et le prix de la meilleure interprétation féminine (Idayath Ibrahim).

En attendant l’édition 3, je vous prie de savourer les photos de cette belle soirée que Kismath Baguiri et sa team nous ont offert.

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OUAGA FILM LAB 2018

Initié en Mars 2015, le OUAGA FILM LAB est un laboratoire de développement et de coproduction qui vise à renforcer la compétitivité des réalisateurs et producteurs d’Afrique, à faciliter leur accès aux différents grands laboratoires et fonds de financements internationaux ou locaux. La 3 ème édition qui  se déroule du 20 au 29 Septembre 2018 accueille, au cours de l’atelier Ouaga Producers Lab et de la résidence Ouaga Film Lab, 25 porteurs de projets cinématographiques du Bénin, du Burkina Faso, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Nigéria et du Sénégal, ainsi que plus d’une vingtaine d’experts venant d’Afrique, d’Europe et d’Amérique.
OUAGA PRODUCERS LAB
 Ouaga Producers Lab est un dispositif destiné aux professionnels d’Afrique francophone travaillant dans l´industrie cinématographique et audiovisuelle comme producteurs de fiction, documentaire ou de séries TV, et qui souhaitent dynamiser leurs compétences en production, direction de production et gestion d’entreprise. Quatre producteurs participent à l’édition 2018.
Esther TRAORÉ (Athena Films), productrice de Prejudice, par Kady TRAORÉ (Burkina Faso)
Kotchikpa R. AGBEDE (Strictness), producteur de Angel and Demon, par Yamowan Yves SOSSA (Bénin)
Ousmane SAMASSEKOU (DS Production), producteur de Tônsô, par Mamadou CISSE (Mali)
Tangui Jaloud ZAINOU (Artisan Prod), Producteur de In the Name of Memory, par Linda Leila (Niger)
Wilfried PARÉ (ABCA), Producteur de Etincelles, par Ouassila KHAROUNE (Burkina Faso)
OUAGA FILM LAB
10 projets ont sont sélectionnés.  Ils bénéficient d’ un accompagnement tout au long de la semaine et sont éligibles à plusieurs prix internationaux qui seront décernés le 29 septembre 2018.

Alhassane, The Master of Kharmou, projet de fiction de Idi NOUHOU (Niger), produit par Maman Siradji BAKABE – B@K TECHNO (Niger)
Amilcar Cabral, projet de documentaire de Rui Manuel DA COSTA (Guinea-Bissau), produit par  Carlos VAZ – Telecine Bissau (Guinea-Bissau)
Klema, projet documentaire de Aboubacar GAKOU (Mali), produit par Bassy KONATE – Les Films Du 7 (Mali)
The sheep of Sada, fiction de Pape Bouname LOPY (Sénégal), produit par Khadey ZIDNA Lydel Com Group (Sénégal)
Free to leave, free to stay, projet documentaire de Amina WEIRA (Niger), produit par  Carine Stella NZANG ASSOUMOU – Merveilles Production (Bénin)
Mami Wata, fiction de C.J. « Fiery » OBASI (Nigeria), produit par Oge OBASI – Fiery Film Company (Nigéria)
Moulaye, fiction de Alassane SY (Sénégal), produit par Baila SY – Proxycom (Sénégal)
Genetically Modified Religion, projet documentaire de  Simplice GANOU (Burkina Faso), produit par Rasmata KABORÉ – Tilé Fari Docs (Burkina Faso)
The rise and fall of Jammeh, projet documentaire de Mohamed Lamin TOURAY (Gambia), produit par Bubacarr JALLOW – Flame production (Gambia)
Wakat, fiction de Jean-Baptiste OUEDRAOGO (Burkina Faso), produit par Pierre Claver ZONGO – Yira Entertainment (Burkina Faso)

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Les mentors
Pierre Yaméogo, Burkina Faso
Dora Bouchoucha, Tunisie
Jihan El-Tahri, Egypte
Mama Keïta, Guinée
Moussa Sène Absa, Sénégal
Pedro Pimenta, Mozambique, sont les mentors de cette édition 2018 du OUAGA FILM LAB.
 

Témoignage : J’ai occupé le poste de scripte sur une fiction

Le weekend dernier le réalisateur béninois Yaovi Amehounkpe m’a invité sur son plateau. Il m’a proposé le poste de script. Je savais que j’allais vous parler de ce poste à travers une interview avec une vraie scripte afin qu’elle nous explique en quoi consiste son job. Je le ferai mais en attendant, je partage avec vous  ce à quoi mes trois journées de tournages ont ressemblées.
Conférence de production
La veille du tournage, Le réalisateur a réuni l’équipe technique, il nous a expliqué pourquoi il a voulu de nous dans son équipe, ce qu’il attend de chaque personne et comment les trois jours de travaux vont se dérouler. Il m’a mise en relation avec Céline Atcho qui a occupé ce poste sur plusieurs plateaux. Céline m’a donc expliqué mes taches, elle m’a présenté comment on remplit la fiche de script et tous ce que je devais faire en tant que script.
 


Le job de script
Etant un film à petit budget j’avais en charge le clap également. Le matin, je notais toutes les séquences à tourner afin que le réalisateur se concentre sur ses acteurs. Je notais les informations de chaque séance sur le clap et j’annonçais après chaque REC (mis en marche de la caméra). Dès qu’on finit de tourner une séquence je note dans ma fiche de script si le son et l’image étaient bons. Ceci permet au monteur une fois le tournage achevé, de savoir qu’elles sont les prises qui sont exploitables et celles qui ne le sont pas. Le script est donc la mémoire du tournage, il doit savoir si toutes les séquences ont été tournées,  est ce que les dialogues prévues dans les différentes séquences sont respectées, est ce que le raccord est juste (Cliquez ici pour comprendre la notion de raccord au cinéma) et quelle est la qualité des séquences tournées.
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Je dois claper avant chaque scène


L’expérience
Au début j’avais un peu flippé n’étant pas sur mon territoire (mon truc c’est le documentaire) mais l’équipe de tournage a été vraiment sympathique avec moi. Il n’y a pas eu de discrimination. Les régisseurs  se sont assurés qu’on soit bien logés et nourris et que la cohésion règne dans l’équipe. On a donc au-delà du tournage passé d’excellents moments de blagues et de détentes à Dogbo (commune ou à lieu le tournage)
 

 
Le film
Je n’ai pas le droit dévoiler le film tant qu’il n’est pas sorti mais n’ayez pas peur nous aurons l’exclusivité. Je peux juste dire que c’est l’histoire d’un garçon béninois qui a été éduqué par un expatrié. Une fois âgé, le jeune homme essaie de retrouver ses parents biologiques.  Le film a connu la participation du célèbre acteur béninois Alexis Adadji  alias Tonton J et de certains autochtones de Dogbo qui à la fin m’ont fait gouter le Sodabi (alcool traditionnel béninois)  de Adja. La ligne éditoriale du blog n’étant pas culinaire je n’en dirai pas plus.
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Selfie avec Tonton J et Florida Zossoungbo (assistante caméra)


Des bisous

Claire Diao: « Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone »

J’ai connu Claire Diao sur TV5 monde Afrique. En effet, je suis abonnée à la rubrique critique cinéma, qu’elle anime deux fois par mois en alternance avec Djia Mambu. Je me suis ensuite abonnée à son site Awotélé. Durant le Festival International de Film de Durban, je l’ai rencontrée en vrai et je lui ai posé quelques questions, après un copieux repas qu’on a partagé.
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Bonjour Claire, présente-toi pour mes lecteurs, s’il te plaît.
Je suis Claire Diao, journaliste et critique de cinéma franco burkinabé. J’ai une société de distribution qui s’appelle  SUDU connexion et j’ai créé qui s’appelle Quartiers lointains. J’ai également cofondé la revue cinématographique panafricaine Awotélé
Ta personnalité est attachée à beaucoup de mots tels que Awotélé, Sudu connexion, quartier lointain. Explique-nous amplement,si tu le veux bien, chacun de ses concepts.
Ok je vais y aller dans l’ordre.
En 2013, j’ai fondé Quartier lointain, qui est un programme itinérant de courts métrages et qui circule entre la France, les Etats-Unis et plusieurs pays d’Afrique. L’idée c’est de proposer, une année, des courts métrages français issus de la diaspora et une année les courts métrages issus de la diaspora d’Afrique, toujours autour d’un thème. Pendant un an, on circule donc avec les films et on reverse les frais de locations aux producteurs.
En 2015, j’ai cofondé avec Michel Amarger une revue de cinéma qui s’appelle Awotélé et qui est publié trois fois par an à l’occasion des grands festivals du continent : les journées cinématographiques de Carthage, le festival international de Durban et le Fespaco au Burkina Faso. C’est une revue bilingue, français-anglais, avec des distributeurs à travers toutes l’Afrique.
En 2016, j’ai monté la société de distribution Sudu Connexion, pour porter à la fois Quartier lointain et Awotélé, mais aussi pour pouvoir proposer aux programmateurs, aux festivals et au chaines de télévision des contenus  d’Afrique et de sa diaspora qui manquent cruellement de visibilité.

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Le dernier numéro de Awotele


N’est-ce pas beaucoup pour une seule personne ?
J’essaie de m’entourer. J’ai beaucoup lancé les projets bénévolement. Cela demande beaucoup d’énergie, de trouver les financements et j’espère, à terme, avoir suffisamment de moyens pour pouvoir embaucher des personnes capables de supporter chacun de ces projets, afin de pouvoir déléguer au maximum.
Tu maîtrises très bien le cinéma anglophone et celui francophone en Afrique. Selon toi, où est-ce que le cinéma connait une belle ascension actuellement ?
Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone, notamment parce que le cinéma francophone a beaucoup été financé, par la France par exemple, par l’Europe et se développe un peu moins quand il y a une absence de financement. A l’inverse des anglophones qui ont toujours été habitués à se débrouiller d’eux-mêmes et ils ont une vision un peu plus business et commerciale du cinéma alors que du côté des francophones, il y a un amour du film, un amour du cinéma d’auteur.
Tu as récemment fait sortir un livre, Double vague. De quoi traite t-il?
Double vague, c’est le résultat de cinq années d’articles, d’interviews, avec une cinquantaine de cinéastes français, pour la plupart nés dans une double culture souvent de parents étrangers venus en France. Ils ont grandi en tant que Français et cela interroge leur place dans la société et l’image qu’ils ont envie de donner de la France, des gens qui leur ressemblent notamment parce qu’il y a beaucoup de discrimination en France, de représentation stéréotypée des personnes issues de la diaspora.
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Double Vague


Claire, connais-tu le cinéma béninois ? Que sais-tu de notre cinéma ?
Je sais assez peu de chose du cinéma béninois. Je connais le cinéaste Sylvestre Amoussou qui est l’un des principaux cinéastes à présenter des films aux FESPACO et qui auto-produit ces films. J’ai participé en 2012 au festival quintessence de Ouidah. Ça a été ma seule fois au Bénin. J’ai rencontré quelques cinéastes de courts métrages comme Kismath Baguiri. J’ai rencontré aussi Dorothé Dognon qui était directeur de la direction de cinématographie. Et je connais enfin le critique de cinéma Espera Donouvossi et l’ISMA qui est une école de cinéma au Bénin.
Dernière question  Claire, quel est ton top 5 des réalisateurs africains qui vont émerger dans les 10 prochaines années?
Top 5 oulala !!!! C’est dur d’en nommer, ils sont tous talentueux. Je pense que je continuerai de parler de Sibs Shongwe-La Mer, un sud-africain qui avait présenté « Necktie Youth » il y a deux ou trois ans et qui a eu beaucoup de succès, surtout du côté anglophone. Jim Chuchu du Kenya qui a fait avec le collectif NEST « Stories of our lives », qui se démarque avec son approche multidisciplinaire puisqu’il fait aujourd’hui des expositions photos de la réalité virtuelle. Je pense aussi à Kaouther Ben Hania, la réalisatrice tunisienne du film « La belle et la meute », elle s’est fait une place sur la scène internationale et je pense qu’elle continuera à se démarquer dans les années à venir. Le quatrième c’est Dieudo Hamadi de la République démocratique du Congo qui se fait remarquer dans l’univers du documentaire et cinquième Wanuri Kahiu, Rungano Nyoni qui se sont toutes deux faits repérer avec des courts métrages et qui sont passés au premier long avec « Rafiki » et «  I am not a witch ». j’aimerais que sur les prochains films elles nous surprennent, nous épatent. J’ai triché. Il y a ex æquo (rire).
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Claire Diao durant le Festival International de Film de Durban


Crédits Photos: Page Facebook Claire Diao.
 

«  Noces précoces » : à voir ce vendredi

Vous n’aviez pas souvent l’occasion de voir des films béninois ? Je vous invite donc à découvrir avec moi ce vendredi 24 Aout 2018  « Noces Précoces ». Le film va connaître sa première projection à l’espace Bluezone Zongo à 17h.
Généralement je vois les films avant d’écrire mes articles mais spécialement pour celui-ci j’ai décidé de ne pas le voir afin de le découvrir avec vous. On fera donc le débriefing ensemble. J’ai donc reçu du réalisateur  Hodonou Childéric le synopsis du film afin que nous ayons une idée de ce qui nous attend le vendredi prochain.
Synopsis :
Marie (Floride Houngbedji)  14ans, en pleine adolescence  a été donnée en mariage au vieux Amoussou interprété par le talentueux James Salanon alias « Major ». La jeune fille est victime de viol venant de son époux et de divers maltraitance venant de sa coépouse Pascaline.
On aura donc affaire à un drame. Le film dure 15 minutes. Le réalisateur, les acteurs et l’équipe technique seront là pour répondre à vos questions et encaisser vos critiques.
Alors je vous dis à Vendredi ????
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Aicha Macky, réalisatrice et féministe engagée.

La série Festival International de Film de Durban continue et, aujourd’hui, je fais mon premier article sur le cinéma nigérien. J’ai enfin rencontré la réalisatrice et productrice nigérienne Aicha Macky que j’ai commencée à suivre depuis le dernier FESPACO. Elle a réalisé le documentaire l’Arbre sans fruit qui aborde l’infertilité chez la femme. Ce documentaire a parcouru plus de 150 festivals dans le monde et a remporté plus de 50 prix. J’ai échangé et partagé plusieurs  jours avec la patronne de la boite de production Tabou production.
Aicha, pourquoi ta boite de production s’appelle-t’elle Tabou production ?
Tabou production parce que ma ligne éditoriale, c’est d’explorer tous les sujets tabous et non-dits  de notre société dans le but de briser la glace pour faire un dialogue autour de ces thématiques qu’on n’aborde pas et qui, quelque part,  font mal à la société. J’ai donc envie, avec la caméra, qu’on aborde ces sujets-là afin de changer les mentalités.
Et pour toi, est-ce le documentaire le meilleur genre pour s’exprimer?
Oui, puisque j’aime raconter des histoires réelles. Il est vrai qu’on peut raconter des histoires avec n’importe quel genre du cinéma mais avec le documentaire, l’histoire est beaucoup plus touchante. Elle parle beaucoup plus quand c’est la réalité et qu’elle a été vécue. J’aime surtout aborder les sujets qui parlent des conditions de la femme parce que c’est l’être le plus faible et il y a beaucoup de tabous autour d’elle.
Question polémique, beaucoup me disent que le documentaire n’est pas un genre pour le cinéma mais pour la télé. Ils pensent que c’est un nid d’incapables, dans le style tu as envie de faire du cinéma mais tu n’as pas la force pour tenir en fiction donc tu fais du documentaire. Que penses-tu de cela ?
(Rire) Tu as toi-même vu le résultat au Durban Filmmart : sur 9 bourses accordées, 8 sont allées aux documentaires donc je pense que cela devrait interpeler les gens qui pensent que le documentaire n’est pas un travail. La fiction est si simple, je peux rentrer dans ma chambre et imaginer une histoire. Mais pour faire du documentaire, il faut aller vers les gens, rencontrer un personnage, aimer son histoire, faire des repérages, faire de l’immersion s’il le faut, rentrer dans l’intimité des personnes, prendre autant de temps avent d’écrire juste l’histoire. Je ne suis pas là pour comparer la fiction et le documentaire mais si le cinéma se résumait au loisir, je ne le ferais pas. J’ai choisi de faire le documentaire parce que derrière, il y a un engagement qui est humain, social.
On a vu ton engagement dans le film l’Arbre sans fruit qui raconte ta propre histoire et le quotidien de beaucoup d’autres femmes africaines. Les regards envers toi ont-ils changé ?
Le changement s’observe sur un long terme. Néanmoins, j’ai remarqué que le regard a changé, pas qu’autour de moi mais aussi autour de la question dont j’ai traitée. Ce qui me touche personnellement, c’est quand à la sortie d’une salle, quelqu’un me dit «  ça fait longtemps qu’on a ce problème avec mon épouse, on n’arrive pas à en parler  ou quand on en parle c’est pour me disputer et là je prends l’engagement d’aller en consultation avec elle ». Je pense que le film a déclenché quelque chose. Faire ce film a également été une thérapie pour moi puisque j’ai pu parler de mon problème et c’est pareil pour les autres femmes qui ont intervenu dans le film.

Au dernier festival de Cannes tu as présenté ton nouveau projet « Zinder ». Ce même projet est revenu au Festival international du film de Durban, tu as pitché ton nouveau projet et a d’ailleurs eu le prix Afridocs. Parle-nous de ce nouveau projet et du prix que tu as reçu.
C’est un prix que m’a octroyé Afridocs. Zinder c’est ma ville natale et j’y ai grandi. C’est un havre de paix qui m’a bercée. Après l’évènement Charlie Hebdo le 15 janvier 2015, la ville est devenue tristement célèbre, beaucoup de personnes ont écrit sur la ville, ils ont écrit sur les jeunes de Zinder. Tout le monde raconte la vie de ces jeunes. Aujourd’hui, j’ai envie que ces jeunes se racontent eux-mêmes. Je veux leur donner la parole pour qu’on comprenne qui ils sont, pourquoi ils sont violents parfois. Dans ce film, je vais aussi montrer comment ils vivent quotidiennement puisqu’ils sont, pour la plupart, désœuvrés. Je veux qu’ils montrent leur vision du monde.
Des jeunes violents hein !!! Tu n’as pas peur de les approcher ?
Non, je n’ai pas peur puisque ce ne sont que des préjugés, des jugements. Ils font partie de notre société. Quand son bras est malade, on ne l’ampute pas, on le prend et on le soigne. C’est ce que je veux faire.
 

À propos d’Afridocs :
Afridocs est une plateforme qui diffuse des films documentaires africains. C’est comme avoir un festival de film  sur votre écran qui donne accès à des documentaires puissants et de qualité primés dans les plus grands festivals du monde.

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Le prix Afridocs

 

Pourquoi j’aime le ciné229 Awards

On est tous d’accord que pour faire du cinéma au Bénin, il faut s’armer de beaucoup de courage puisqu’il n’y a pas réellement un circuit de distribution pour nos films, et encore moins des festivals nationaux pour reconnaitre les œuvres des uns et des autres.
Ici, on se plaint quotidiennement de l’oubli du cinéma par tous les gouvernements qui passent, de nos salles qui sont devenus lieux de cultes, abris pour bestioles et autres.
Dans cette litanie de malchance, mauvaise foi ou malheur (je ne sais pas), il y a des jeunes qui osent et qui font avec les moyens qu’ils ont, quitte à un sponsor de les soutenir : c’est ça le Ciné229Awards. 

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Les trophées du Ciné229 Awards


Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
C’est un gala, organisé par l’Association Terre d’ébène, lors duquel sont primés, depuis l’année dernière, les acteurs du cinéma béninois. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. Ceci vient donc insuffler une nouvelle dynamique à notre cinéma en instaurant l’esprit de compétition et donc la volonté de mieux faire.
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L’actrice béninoise Nadjibath Ibrahim a reçu l’année dernière le prix de la meilleure interprétation féminine.


Comment participer au ciné229Awards, édition 2018 ?
Vous aviez réalisé un film dernièrement ou aviez travaillé sur un projet comme acteur, cadreur, preneur de son, monteur, maquilleur… envoyez votre candidature en suivant les indications sur ce lien. Le deadline est pour le 09 septembre 2018 et la compétition est ouverte aux béninois uniquement.
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Envie de soutenir l’évènement ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une initiative jeune et ils travaillent beaucoup sur fonds propre donc un petit coup de main pourra les soulager. Si vous avez envie d’aider ou de devenir partenaire de l’évènement, vous pouvez m’envoyer un mail sur ecranbenin@gmail.com je me chargerai de vous mettre en relation avec le comité d’organisation.
Alors quelqu’un a compris pourquoi j’aime le ciné229awards ?

Critique : Rafiki, une classique histoire d’un amour

Rafiki est un film kenyan, co-écrit par Jenna Bass et Wanuri Kahiu, qui en est d’ailleurs la réalisatrice. Les auteurs y abordent  l’amour lesbien dans les rues de Nairobi. Le film, censuré au Kenya à cause de la thématique abordée, a été présenté au festival de Cannes 2018 dans la catégorie un certain regard et a été choisi comme film de clôture du Festival International de Film de Durban en Afrique du Sud.
Kena (Samantha Mugatsia) et Ziki (Sheila Munyiva) – les protagonistes du film– sont deux adolescentes et filles de politiciens qui s’affrontent pour les élections locales. Elles se rencontrent au cours de la campagne qui oppose leurs pères et tombent amoureuses malgré leurs différents styles de vie. Kena a des parents divorcés et souhaite devenir infirmière tandis que Ziki rêve de danse et de voyage.

Leur amour est traité avec assez de sensualité et les scènes d’amour présentées avec beaucoup de pudeur, incluant  une complicité entre les deux actrices qui oblige le spectateur à s’attacher à elles : les moments de complicité comme quand Kena initie Ziki au football, la partie où la pluie les oblige à se réfugier dans un camion…, assez de scènes romantiques qui vous donnent le frisson.    La caméra est constamment près du visage, ainsi transmettant de l’émotion.
Quant à l’intrigue du film, elle est assez classique et souffre peut-être d’un manque d’originalité. Rafiki imite le style de nombreux films commerciaux américains qui abordent le sujet des adolescents amoureux.
Ziki et Kena vivent heureuses dans leur relation, sortent ensemble en boite de nuit, dans la rue, sur des terrains de sport…La suite du film se devine aisément, les habitants de leur quartier encore très conservateurs et traditionnels leur font subir des violences psychologiques et physiques.

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Une scène de Rafiki. Kena et Ziki sont en boite de nuit.


Wanuri Kahiu met en face de son sujet principal, l’amour entre les deux filles, la politique et la religion, deux sujets qui font entièrement partie du quotidien des Africains. On peut remarquer dans certaines scènes qu’en Afrique, le point de vue de la religion compte avec le prédicateur qui reçoit dans son église le politicien en campagne, ou encore le prédicateur qui condamne et interdit l’amour homosexuel. Cela permet de comprendre le rôle des religions dans le contexte social en Afrique.
 

Rencontre avec Marie-Inès Ayonga, actrice camerounaise.

Cette semaine je vous emmène au Cameroun, ce pays d’Afrique qui a connu ces dernières années une vraie croissance dans le domaine du cinéma. Je vous offre une  interview avec Marie-Inès Ayonga (MIA) qui, la trentaine environ,  est l’une des actrices les plus en vue du pays. Moi je l’ai découverte dans la série Jugement dernier qui est passée sur A+.
MIA, dans quels films as-tu joué ?
J’ai joué dans Coup de tonnerre de Jean marie Nengue, Orly de Francis Tene Kouagne, L’argent soigne la mort de Richard Enama, Céréla de jean-Baptiste Bekolo, dans la série Jugement dernier de Elvis Noulem, etc. En tout, j’ai joué dans un peu plus de 7 court-métrages, plus de 8 long- métrages et dans 11 séries télévisées
Tu as été le personnage principal dans la série Jugement dernier qui est passé récemment  sur la chaine A+. Peux-tu nous dire ce que raconte cette série et quel a été ton rôle ?
La série télévisée Jugement dernier est l’histoire de Natachas, une jeune fille qui a, très tôt, perdu ses parents. Elle se retrouve dans une vie de couple avec un jeune étudiant qui, malheureusement, ne répond pas à ses attentes. Natachas est capricieuse et orgueilleuse et ne respecte pas les habitants de son village, elle ne respecte personne. Elle quitte donc le village pour tenter l’aventure en ville, où plusieurs mésaventures l’attendent.

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MIA en mode maquillage avant le tournage


Quelles recherches as-tu fait pour préparer ce rôle ?
J’ai été formée à l’Institut Spécialisée des Métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel  d’Afrique Centrale (ISCAAC) où j’ai appris la technique du jeu vrai, qui est de partir de soi pour un personnage et la pratique du principe du jeu vrai, qui est la vérité de la scène. Je n’ai pas vraiment fait de recherche, la psychologie de mon personnage m’avait déjà beaucoup renseignée sur la pratique du jeu. J’ai juste eu besoin de me l’approprier et j’avoue, ça m’a beaucoup plu.
Sur le plateau de tournage, le réalisateur te permettait-il d’improviser ?
Oui,  j’ai improvisé par moment et ça a été super facile, d’autant plus que j’avais l’autorisation du réalisateur de le faire et une bonne direction artistique. Je me suis alors juste lâchée  comme  j’aime bien le faire, à fond.
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C’est la bagarre, on se lâche…


Tu tiens également le rôle principal dans le court métrage à succès Mary Jane de Frank Olivier Ndema. Pour les tournages, que préfères– tu, les séries ou les court ou long métrages ? Pourquoi ?
 Mary Jane a été une grande expérience pour moi, la cause défendue dans ce film me tient énormément à cœur. Vous savez, je suis une actrice, je joue partout où le jeu m’appelle, je suis dans tous les projets sérieux, porteurs, innovants et audacieux. Le moment viendra où je ferais un choix de genre cinématographique mais pour l’heure, je reste ouverte d’esprit.
Franck Olivier Ndema, réalisateur, cinéma, cameroun

MIA et le réalisateur Frank Olivier Ndema sur le plateau de Mary Jane


Sur quel projet travailles-tu actuellement ?
Actuellement, je suis sur la production d’une série panafricaine avec le réalisateur ivoirien Jean Noel Bah.  Je travaille aussi sur la deuxième saison de la série Noire City de réalisateur camerounais  André Mbang et je dois aussi travailler sur le tournage de la série Mary Jane qui doit commencer en octobre. La série est produite par DIFFA.
Waooh! est-ce facile de bosser sur trois projets en même temps ? 
 Oui, bien sûr. Je m’accorde juste avec les réalisateurs ou  producteurs pour pouvoir honorer mes engagements.
Si tu as autant de projets, cela veut dire que le cinéma au Cameroun nourrit convenablement, n’est-ce pas?
Le cinéma camerounais me nourrit, maintenant convenablement c’est trop dire car tout change. Le coût de la vie devient de plus en plus élevé et la société de consommation n’est pas nombreuse. Pour ma part, je ne vis que du cinéma et tous mes projets comme ma future émission télévisée tournent au tour du cinéma et affiliés. On doit se battre pour vivre et ce n’est pas que dans le cinéma que c’est difficile.
Culture générale pour finir, que sais- tu du cinéma béninois ?
 Je connais un peu le cinéma béninois et j’aimerais bien travailler avec le réalisateur Sylvestre Amoussou.  J’ai beaucoup aimé son film sur l’immigration (Africa Paradis)  et aussi avec des acteurs tels que Jean Odoutan, Djimon Hounsou et Pipi Wobaho. Je connais aussi Jean Paul Amoussou, acteur, réalisateur, producteur béninois, connu sous le pseudo oncle bazar. J’ai regardé quelques films béninois tels que « Le choc » « Confession » et « Amour et envie ». J’ai beaucoup envie de venir découvrir le professionnalisme des cinéastes béninois et la culture béninoise. Je viendrai à la première invitation.  Je vous rappelle que vous avez gagné des prix et pas des moindres en plus (rire)…. Le Bénin me tente beaucoup et je n’hésiterai pas une seconde, dès que mon agenda me le permettra.
Marie Inès Ayonga, actrice, cinéma, cameroun

Mains en l’air!!!!!!


 
 

Découverte du critique de cinéma béninois Hector TOVIDOKOU

Au Bénin, on connaît très peu le métier de critique de cinéma et pourtant, certains béninois comme Hector TOVIDOKOU, Espera DONOUVOSSI brillent hors de nos frontières en tant que critiques de cinéma. Je me suis rapprochée de Hector afin que vous découvriez la fierté nationale qu’il constitue.
Hector, veuillez vous présenter pour mes lecteurs s’il vous plaît.
Je suis Hector TOVIDOKOU, journaliste culturel et critique de cinéma béninois depuis une quinzaine d’années. Membre fondateur et Premier président de l’Association Bénin Ciné Média (ABCM), membre de la Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc), correspondant du site panafricain de cinéma: africine.org  et du site de cinéma de la francophonie: imagesfrancophones.org , membre de la Fédération panafricaine cinématographie (Fepaci), Premier membre de l’Afrique de l’Ouest francophone du comité de jury de présélection de African Movie Academy Awards (Amaa). En tant que journaliste culturel, je suis également membre de l’Association des journalistes culturels du Benin (Ajcb), membre de l’Association « Noyau Critique », initiateur et premier organisateur de la Nuit des Journalistes culturels du Bénin. Premier animateur d’un blog dédié au cinéma depuis huit ans: tovidokou.blogspot.com

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Hector TOVIDOKOU, critique de cinéma béninois


Vous êtes journaliste/ critique de cinéma mais très peu connu au Bénin. Est-ce un choix ou est-ce l’environnement cinématographique du Bénin qui vous l’a imposé ?
Je ne crois pas être trop peu connu. Peut-être  inconnu de la jeune génération d’il y a cinq ans au moins de journalistes, de cinéastes et des autres arts. Parce que j’ai baissé la garde sur le plan national il y a quelques années mais je demeure actif à l’international. La génération émergente de cinéastes issues de l’ISMA n’a malheureusement pas la chance d’être avec nous, mais ils peuvent encore adhérer à nos idéaux, ceux de l’Abcm. Je peux vous donner quelques noms de cinéastes professionnels avec lesquels j’ai travaillé et dont j’ai promu les œuvres à  de hauts niveaux, par la critique et la communication: Jean Odoutan, Silvestre Amoussou, Jean-Paul Amoussou, Appolinaire Aivodji, Serges Yéou, Prince Ogoudjobi, Elvire Adjamonsi, Christiane Chabi-Kao, Jean-Paul Kpètèhogbé, Ibrahim Padonou, Marc Tchanou, Bonaventure Assogba, Akala Akambi, Ousmane Aledji, Claube Balogoun, les comédiens Pipi Wobaho, etc.
Quand vous êtes dans les festivals hors du Bénin, comment présentez-vous le cinéma béninois ?
Je dis qu’il y a des exemples en termes de qualité de films et des réalisateurs professionnels. Je ne fais que partager le côté positif du pays.
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Comment avez-vous eu l’idée de devenir critique de cinéma alors que le cinéma n’est pas développé au Bénin?
C’est grâce au Festival Quintessence que certains journalistes culturels ont pris part à une série de formation en critique cinématographique et lecture filmique par les mains de maître du Camerounais Jean-Mollo Ollinga, universitaire, ancien vice-président de la Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc) en 2004, 2005 et 2006. Cette dernière année a connu la mise sur pied de notre association Abcm, ensuite nous avons participé à la première édition du grand Festival de cinéma de Togo, dénommé: Rencontres de cinéma et de télévision de Lomé (Recitel) où nous avons contribué à fonder, avec les Togolais, l’Association des journalistes critiques de cinéma du Togo (Ajcct).
Avez-vous déjà critiqué des films béninois ? Si oui, lesquels?
Oui bien-sur j’ai écrit des critiques sur plusieurs films béninois, vous pourriez en lire ici
Pour vous, c’est quoi une bonne critique de film?
Une bonne critique c’est simplement une bonne lecture filmique.
Quelle est la meilleure critique que vous ayez écrite ?
Ma meilleure critique c’est Le Mandat, de Sembène Ousmane
Quel est le meilleur film africain que vous ayez vu et qu’a t-il de spécial ?
Le meilleur film que j’ai vu c’est Habit neuf du gouverneur du réalisateur congolais Dieudonné N’gangura. Le film est une adaptation du célèbre conte d’Andersen en forme de comédie musicale. C’est une fiction comédie dramatique sortie en 2005. C’est spécial pour moi parce que le film a une image soignée, un récit maitrisé qui raconte en musique lingala la corruption du pouvoir.
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Et le pire film africain et pourquoi était-il le pire?
Le pire film que j’ai vu c’est Man on ground du sud-africain Akin Omotosso. C’est pire parce que les ellipses, flashback et flash forward ne sont pas maitrisés alors que la mise en scène est parfaite. C’est l’œuvre d’un grand réalisateur et ces détails n’auraient pas du être négligés.
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Interview Kismath Baguiri "je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités"

Kismath Baguiri fait partie de cette nouvelle génération de cinéastes béninois hyper motivée que j’aime. Elle est scénariste, réalisatrice, actrice de cinéma et organise depuis 2017 le Ciné229Awards. C’est la grande cérémonie qui récompense les acteurs du cinéma, qui se sont fait remarquer durant l’année. J’étais chez elle et devant nos bouteilles de bissap, elle a répondu à mes questions. Mais avant je lui ai demandé de faire un serment, parce-que notre jeune cinéaste est une grande cachotière.
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Bonjour Kismath. Alors en début d’interview, je voudrais que tu jures de tout dire à Ecranbénin, de n‘esquiver aucune question.
(Rire pendant un bon moment) On est au tribunal ???? Je vais répondre à toutes les questions sous réserve. Mais bon je promets, je vais répondre à tes questions dans la mesure du possible.
Kismath Baguiri, c’est qui  réellement ?
Kismath Baguiri, c’est une jeune béninoise qui a fait ses études à Parakou, et qui a ensuite continué dans le cinéma puisqu’elle est passionnée par l’art, tout ce qui est beau… Kismath c’est une jeune scénariste, réalisatrice, comédienne et chanteuse. Elle est attachée à des valeurs telles que la loyauté, l’humilité.
En tant que comédienne tu as quels films à ton actif ?
J’ai joué dans mon propre film, Health War, ensuite j’ai joué dans le film rhum’heure du réalisateur togolais Maxime Tchincoun qui a eu le Kodjo Ebouclé au clap Ivoire 2016, j’ai joué dans beaucoup de films d’étudiants et dans une série en Côte d’Ivoire « Intrigue à Babi ».
 
Et tant que scénariste et réalisatrice ?
J’ai à mon actif 2 court métrages fictions : « Health War » et  « Game over »  que j’ai écrit et réalisé, et mon tout dernier bébé qui est la saison deux de la série « Ting Tang » que j’ai réalisé. J’ai écrit le scénario « la bonne maitresse » une série ivoirienne.
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Parlant de Ting Tang, la salle était pleine à l’avant-première, ça fait quoi de voir le public béninois supporter notre cinéma.
Hum, Franchement j’étais surprise, ça nous a fait super plaisir. Ça veut dire que les gens croient en nous, et en ce que nous faisons. C’était très émouvant.

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Quelques membres de l’équipe technique de Ting Tang


Tu travailles aujourd’hui entre la Cote d’Ivoire et le Bénin, quel pays préfères-tu?
(Hésitante) C’est vrai que je suis sollicitée des deux côtés mais je reste béninoise à vie, donc je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités. On est justement en train de travailler pour que les gens commencent à comprendre ce dont il s’agit réellement dans notre domaine et commencent à nous accompagner.
Ce n’est pas compliqué d’être à la fois chanteuse, comédienne et réalisatrice ?
Non, tous ces domaines se rejoignent, dans un film il y a des chansons, donc c’est simple pour moi de proposer des musiques de film, pour mes propres films ou pour les films d’autres auteurs. Pour le jeu d’acteur, c’est bien que j’ai des notions d’actorat afin de diriger les comédiens sur mes plateaux en tant que réalisatrice.
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KISMATH sur un plateau de  tournage


C’est quoi ton palmarès au jour d’aujourd’hui ?
J’ai eu mon plus gros palmarès avec le film Health War qui a été sélectionné à plusieurs festivals comme Emergence au Togo, Africlap en France, Ficmec et le Rebiap à Parakou, où il a eu le prix du meilleur montage et meilleure réalisation. Il a été sélectionné en Egypte, et a également participé à la fête du cinéma avec Canal+. Il est actuellement en compétition pour le Festimaj. J’ai aussi eu le prix du meilleur scénario au festival des séries en Côte d’Ivoire avec « Intrigue à Babi » et mon actrice Eliane Tapé a eu le prix de l’interprétation féminine.
Avec ton association Terre D’ében tu organises depuis l’année dernière l’évènement ciné229, tu peux me rappeler le concept stp ?
C’est une soirée au cours de laquelle on récompense les meilleurs jeunes talents du domaine cinématographique. La particularité, c’est que tout le monde est récompensé, technicien, acteurs,… La première édition a eu lieu en décembre 2017 et nous sommes en train de préparer la seconde édition.
Quelle va être la particularité de ciné229awards 2018 ?
On aura éventuellement des invités internationaux qui ont déjà donné leur accord de principe, les lauréats de l’édition passée feront un film qui sera projeté à cette édition. Cela permet de cultiver l’union, l’entraide entre les cinéastes de la nouvelle génération. Donc si des personnes ont envie de se positionner comme sponsors ou partenaires, c’est le moment.
Je sais et je sens que tu es en train de travailler sur un nouveau projet. Parles-nous du projet et n’oublie pas le serment du début.
Hahaha le fameux serment !!! C’est bien deviné, mais je ne travaille pas sur un, mais sur plusieurs projets en même temps. Il y en a qui sont prioritaires. Parmi eux il y a la promotion de la série Ting Tang, l’organisation de la seconde édition de ciné229awards et la réalisation de mon prochain court métrage. Je sais que tu veux que je parle du film mais je ne le ferai pas avant avoir bouclé le projet. La seule chose que je peux te dire, c’est que ça raconte l’histoire d’une domestique et parmi les actrices du film, il y a la talentueuse Carole Lokossou. Mais c’est promis, Ecranbenin verra le film en premier.
Je suis rassurée. Dernièrement tu étais sur deux festivals, Série-Série et les Journées Cinématographique de la Femme Africaine de image au Burkina Faso où tu as rencontré de grandes dames telles que Marguerite Abouet et Naky Sy Savané, qu’est-ce que tu as appris durant ces Festivals ?
J’ai appris énormément. A Série Série, j’ai rencontré assez de producteurs, réalisateurs dont j’avais vu les œuvres par le passé, j’ai eu assez de conseils, de techniques et d’approches pour mes projets.
J’ai bénéficié de beaucoup de conseils avec Marguerite Abouet. Naky Sy aujourd’hui, c’est ma maman d’un autre pays. J’ai appris de ces deux grandes dames. Aux JCFA j’ai rencontré des femmes merveilleuses qui font beaucoup pour le cinéma africain. C’est dommage qu’elles n’aient pas la même cote de popularité que les hommes
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Kismath au côté de certaines cinéastes africaines pendant les JCFA


Pour finir, qu’est ce qui reste selon toi au Bénin, pour devenir une vraie nation du cinéma ?
Il reste beaucoup de choses à faire, mais il faut saluer le travail des cinéastes. Il y a de plus en plus de projets de qualité qui sortent du Bénin. Il faut mettre en place une meilleure politique pour la promotion de notre cinéma, rouvrir nos salles qui ont fermées. Il faut que les chaines de télévision apprennent à consommer les productions béninoises, et il faut que le public apprenne aussi à consommer le cinéma local.

Festival de Cannes: la membre de jury Khadja Nin en 12 dates

Le festival de Cannes bat son plein en France depuis le 8 mai dernier et un jury de huit personnes a été constitué, pour apprécier les 21 longs métrages en compétition. Dans ce jury, on retrouve une seule africaine en la personne de Khadja Nin, chanteuse Burundaise. Je vous propose donc quelques dates essentielles de la vie de la seule jurée ne venant pas de l’univers du cinéma :
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27 juin 1959 : Jeanine Rema Ntiruhwama a vu le jour. Elle a 7 frères et sœurs et est la fille de l’ancien ministre Jean Ntiruhwama. Petite, elle chantait déjà dans la chorale ;
1973 : au moment de former son groupe, elle choisit le pseudo de «  Ka Jeanine » qui signifie « petite Jeanine », pseudo qui devient avec le temps Khadja Nin ;
1975 : Agée de 16 ans seulement, elle quitte son pays pour aller étudier au Zaïre (ancien nom de la République Démocratique du Congo) ;
1976 : Elle rencontre son futur mari. Elle part avec lui dans la forêt pour s’occuper des lodges pour les touristes. Elle devient maman cette année-là ;
1980 : Avec sa famille, elle immigre en Europe. Son mari décède peu après et elle enchaîne plusieurs petits boulots pour subvenir aux besoins de son fils. Plus tard, elle se marie avec Jacky Ickx, pilote automobile belge. Ils vivent entre Monaco et le Mali ;

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Khadja Nin et son époux Jacky Ickx ©reporters


1985 : Elle rencontre le célèbre musicien Nicolas Fiszman qui s’éprit de sa voix. Les deux travaillent sur ses morceaux;
1992 : Son premier album voit le jour et connaît un succès fou. Elle chante dans les langues de son pays : le Swahili et le Kirundi.
1994 : Son second disque «  Ya Pili » naît. Elle donne de nombreux concerts ;
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1996 : TF1 fait de son troisième album « Sambolera » le tube de l’été. Ceci donne plus de visibilité à la diva burundaise ;

2002 : Khadja Nin quitte la scène musicale. Elle s’engage dans le social, lutte pour la paix ainsi que pour le droit des femmes ;
2007 : Elle se produit au Burundi. Le pays vient de connaitre la guerre civile. Dans son pays, elle marche toujours pieds nus.
2018 :Khadja Nin est membre du jury du prestigieux festival de film de Cannes aux côtés de Cate Blanchett, Lea Seydoux, Kristen Stewart et plusieurs autres professionnels du cinéma.
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Crédits photos: – ©page Facebook Festival de Cannes
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