Articles

5 raisons pour aller voir le film Lamb en projection au Bénin.  

 
Le samedi 5 mai 2018 à 19h, le film Lamb, du réalisateur éthiopien Yared Zeleke, sera projeté à l’espace Mayton sis à Abomey Calavi. Vous ne savez pas exactement pourquoi vous deviez voir Lamb ? Voici 5 bonnes raisons :
1– L’histoire  accrochant du film
Ce film, réalisé en 2015 et qui dure 94 minutes, raconte l’histoire d’Ephraïm  un jeune garçon éthiopien de 9ans, qui possède et adore une brebis appelé chuni. Ephraïm et Chuni passent toutes leurs journées ensemble. Après une famine ayant causé le décès de sa femme (la mère d’Ephraïm), le père du petit Ephraïm va en ville pour chercher du travail et confie l’enfant à son frère. Ephraïm n’aime pas cette nouvelle vie chez son oncle. Il décide de retrouver sa liberté le jour où l’oncle lui annonce qu’il devra sacrifier sa brebis pour le prochain repas de fête. Il veut partir et a donc besoin d’argent pour s’enfuir avec sa brebis. Il va enchainer plusieurs petits boulots afin de réunir la somme nécessaire. Va-t-il y parvenir ? Je vous laisse le découvrir par vous-mêmes.

lamb-cannes-film-festival

Rediat Amare dans le rôle de Ephraim


2– Le décor du film
Le film est beau grâce aux jeux, aux costumes des acteurs mais aussi aux décors. Il a été réalisé dans certains villages éthiopiens et offre aux cinéphiles la nature, les montagnes et une belle végétation. Je vous laisse la Bande annonce du film afin que vous ayez un aperçu de ce que je dis.

3- L’amour entre Ephraïm et sa brebis
C’est un film dramatique, et à l’écran tout se focalise sur l’amour entre un être humain et un animal. Ils sont tellement mignons ensemble qu’après le film, vous vous demanderez si vous donnez autant d’amour et d’amitié à vos amis.  Et ce n’est pas parce que le film est dramatique qu’il fait pleurer, il y a plusieurs séquences qui vont vous faire énormément rire.
arton9064-980x0

Ephraim et sa brebis Chuni


 
4- La suite de la soirée
Le film sera projeté dans le cadre de la Semaine de l’Europe au Bénin, qui va se dérouler du 04 au 12 Mai 2018. Après la projection, il y aura une Causerie-débat sur le thème « Les jeunes béninois face à l’Europe et au monde: peurs, attentes, et espoirs ». Les échanges seront modérés par Monsieur Fernand NOUWLIGBETO, docteur ès Lettres et un représentant de la Délégation de l’Union Européenne.
5- Le conte de fée derrière le film
Après le film, Yared Zeleke espérait que son film participe à un grand festival tel que Cannes. Mais après l’annonce de la sélection officielle, il a été déçu de ne pas avoir vu son film en lice. Il a, par la suite, été repêché dans la catégorie « un certain regard ». « Une magnifique surprise qui a illuminé ma journée, ma semaine, mon année, ma vie » a-t-il confié au magazine Jeune Afrique. Découvrez ici toute l’histoire de la sélection de son film au festival de Cannes.
FRANCE-FILM-FESTIVAL-CANNES-ETHIOPIA

Le réalisateur du long métrage Lamb Yared Zeleke


Crédits photos: Festival de Cannes, Critikat, ALAIN JOCARD / AFP

Fiche du film :
Pays : Ethiopie, France, Norvège, Allemagne
Genre : Drame
Durée : 94 minutes
Productrice: Ama Ampadu
Distribution (acteurs) : Rediat Amare, Indris Mohamed, Surafel Teka

Nicole Dadjo, maquilleuse  de cinéma : « C’est un terrain quasi vierge »

Nicole Annick Dadjo est esthéticienne et maquilleuse sur les plateaux de films et exerce le métier depuis plusieurs décennies. Elle a été maquilleuse sur tous les films de Prince ogoudjobi (le réalisateur de la série Deuxième chance qui passe actuellement sur A+) et a également travaillé sur plusieurs autres productions béninoise, burkinabé, anglaise ; etc. Nicole enseigne le maquillage dans les écoles de cinéma. Elle m’a invité à suivre un de ses cours, l’interview a été réalisée juste après.
 
 
Nicole, qu’est-ce que le maquillage plateau et en quoi diffère-t-il du maquillage simple ?
Le maquillage plateau est un maquillage qui se fait au cinéma. Il tient compte du scénario. Quand le maquilleur reçoit le scénario, il le lit, fait son propre dépouillement et crée des maquillages en fonction de ce qui est écrit dans le scénario.  Il fait des effets au besoin, réalise le maquillage en fonction de l’éclairage du plateau et du lieu du tournage. Il faut donc avoir des notions de cinéma, être créatif, être rapide et avoir de la finesse alors que dans un maquillage simple on se contente juste de maquiller le sujet selon l’évènement.
Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ?
Au début, je détestais le maquillage. Je ne me maquillais même pas. Puis j’ai eu un boulot et dans la boîte, le maquillage était exigé. Plus tard, je me suis intéressée au cinéma et j’ai travaillé sur la production du film  Voyage à Ouaga . Sur le plateau, j’ai rencontré une grande maquilleuse qui s’appelle Amy Zouré. J’ai été fascinée par son travail. J’ai donc décidé de faire du maquillage plateau. Je me suis inscrite pour la formation à Paris-Bénin Esthétique et  j’ai ensuite bossé sur le tas pendant deux années. J’ai notamment travaillé sur les plateaux du réalisateur nigérian Tundé Kelani. Après, j’ai complété ma formation dans une école française à Arras. A tout ça, s’ajoutent les livres que j’achète, les recettes que je teste.

IMG_20180411_101139

Du miel, du café et d’autres ingrédients secrets pour fabriquer le faux sang pour les plaies


Quel est le projet sur lequel tu as eu du plaisir à travailler ?
J’éprouve du plaisir sur tous mes projets mais mon préféré reste Le retour du roi mais le film n’est pas encore sorti. J’aime ce projet parce que j’ai vraiment fait du progrès côté création. Je me suis surpassée et ça me rend vraiment fière.
Parlant fierté, qu’est-ce qui te rend vraiment fière dans ton métier ?
Je suis fière quand je finis mon travail sur un plateau et les gens disent « Waooh ! Le maquillage est beau. C’est vraiment réussi…»  ça me rend très fière. L’autre chose qui me rend fière, c’est partager ma connaissance avec les personnes que je forme.
IMG_20180411_103906

Un étudiant content après qu’on ai réalisé sur lui un saignement du nez et un hématome ? il devait pleurer normalement pour faire le jeu mais trop content du résultat il a tout le temps rigolé


En maquillage que réussis-tu le plus ?
Les plaies (rire) je les réussis, et à chaque fois, j’arrive à créer une nouvelle technique de plaie. Je crée aussi des matériels locaux parce que c’est cher d’importer des trucs d’Europe. Je n’utilise plus le latex par exemple mais je continue de faire des plaies. Je fabrique moi-même les pâtes à modeler.
IMG_20180411_101321

Elle adore réaliser les plaies. Pendant le cours ses élèves ont eu droit à plusieurs techniques, celle de la pâte à modeler, celle du coton, celle de la cigarette…


Qu’est ce qui serait assez fort pour te dissuade d’exercer ton métier.
(Longue réflexion) je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé un truc qui réduit mon amour pour le maquillage plateau. J’ai du plaisir à maquiller.
Quelles écoles recommanderais-tu à quelqu’un qui voudrait embrasser cette carrière ?
Au Bénin et en Afrique, je n’en connais pas vraiment. Je lui recommanderais de se faire former sur le tas d’abord et ensuite compléter sa formation en Europe. Mais si la personne dispose de moyens, elle peut directement aller dans une école en Europe. Je recommande aussi de se faire former en esthétique parce que c’est important de connaître la peau sur laquelle on veut travailler afin de ne pas irriter les gens. il y a aussi Youtube aujourd’hui elle pourra voir les tutoriels. Il faut aussi faire beaucoup de stage afin d’avoir la main.
Ok !trouve-t-on  vraiment du travail dans ce domaine ?
C’est un terrain assez vierge. Il n’y a pas beaucoup de maquilleurs dans l’industrie donc c’est vraiment facile d’avoir à faire. De plus, avec toutes les écoles de formations en réalisation, c’est sûr qu’il y aura de plus en plus de tournage.
Dernière question pour toi, les maquilleurs sont-ils bien payés sur les plateaux ?
Le maquilleur est payé au même titre que les autres techniciens. 50 milles franc CFA la journée. Mais au Bénin ce n’est pas toujours ça.
IMG_20180411_094833

Nicole montre la réalisation d’un maquillage du jour à ses étudiants


 
 
 

L'Académie des SOTIGUI est née.

Vous connaissez l’Académie des Césars, l’Académie des Oscars, l’Afrique a désormais son Académie : l’Académie des Sotigui. C’est une initiative de Kévin Moné initiateur des Sotigui Award.
Je vous laisse lire le communiqué qui annonce officiellement la création de cette académie dont nous sommes fière.
« PROMOTION ET VALORISATION DU CINEMA AFRICAIN ET DE LA DIASPORA :
UNE ACADEMIE POUR L’AFRIQUE
Depuis deux ans, Ouagadougou abrite la prestigieuse et l’unique cérémonie africaine de récompense des talents dans les films africains et de la diaspora : les SOTIGUI AWARDS. Véritable plateforme et rendez-vous de valorisation du talent de l’acteur comédien, les SOTIGUI AWARDS ont confirmé leur utilité et convaincu l’ensemble des acteurs du monde du cinéma au plan national et africain en seulement deux éditions. Dans une logique de professionnalisation et pour répondre au principe de l’immensité de l’homme qui donne son nom à l’évènement (SOTIGUI KOUYATE), il est décidé de la création d’une Académie des Arts Cinématographiques Africains et de la Diaspora. Ainsi, à l’image des Césars qui sont organisés par l’Académie des CESARS, les Oscars organisés par l’Académie des OSCARS, les SOTIGUI AWARDS seront désormais organisés par l’Académie des SOTIGUI.
L’Académie des SOTIGUI est composée des professionnels de l’industrie cinématographique, répartis en neuf collèges de « métiers » (acteurs, réalisateurs, auteurs, techniciens, producteurs, distributeurs et exportateurs, industries techniques, agents artistiques, directeurs de casting, attachés de presse, exploitants). A ces acteurs viennent s’ajouter des personnalités dont l’activité soutient le rayonnement et le dynamisme du cinéma en Afrique, rassemblées dans un dixième collège de « membres non professionnels ».
L’Académie est régie par l’Association pour la Promotion du Cinéma Africain et de la Diaspora (APROCAD). Cette association, créée spécialement dans ce but en 2018 est reconnue sous le récépissé N° 3291 et est pilotée par Evrard Jean Kevin MONE. Elle est en charge de l’ensemble des opérations organisées dans le cadre de la poursuite des objectifs de l’Académie.
La promotion, et la pérennisation des SOTIGUI AWARDS restent les chantiers visibles de l’Académie qui envisage en sus, œuvrer dans l’organisation d’évènements dédiés et la professionnalisation des acteurs comédiens du cinéma africain et de la diaspora.
« Il y’a des choses qu’on peut faire, il y’a des choses qu’on veut faire mais il y’a des choses qu’on doit faire », disait SOTIGUI KOUYATE et à titres, si d’aucuns ont les césars, d’autres les oscars, l’Afrique doit avoir ses SOTIGUI et son Académie.
Pour le commissariat général des SOTIGUI AWARDS »
Evrard Jean Kevin MONE, Président de l’Académie
IMG-20180409-WA0026.jpg

Recap formation en acting

A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, Ecranbenin a organisé une formation en actorat pour 10 jeunes femmes. Elle a eu lieu les 24 et 25 mars 2018 et 10 jeunes femmes ont été formées en actorat. Durant la formation qu’a donné Carole Lokossou et Kismath Baguiri, les filles ont fait du sport (beaucoup pensaient que l’actorat c’était du maquillage et des tapis rouges, hihihi). Elles ont appris à jouer seule (monologue), elles ont appris à jouer ensemble, elles ont eu des techniques pour entrer dans la peau des personnages, etc. Suivez ici le reportage, réalisé par Médard Vianou, pour récapituler les deux jours de formation.
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=178551752771251&id=126209954672098
 
Merci à toutes les personnes qui ont accompagné cette première activité physique de Ecranbenin. Merci à Btech Space, Black Feeling production, EIDA consulting, Awalé Afriki, Beninculture, Maquis chez Nad, Assan Salami, Loukman, Tidjani, Irmine Ayihounton,Karell Attolou, Marina Hounnou, Carole Lokossou, et Médard Vianou grâce à qui cette formation a été un succès.
 

Huguette Goudjo, Costumière de cinéma et fière.

Huguette fait partie des perles du cinéma béninois. Assez discrète, on n’entend pas vraiment parler d’elle. Moi je l’ai découvert en discutant avec le producteur congolais Rufin Mbou Mikima. Il m’a dit : « le Bénin a de très belles personnes dans le cinéma. Je travaille d’ailleurs avec une chef costumière du Bénin pour le second long métrage de Françoise Ellong,  que je produis au Cameroun ». J’étais stupéfaite : une costumière béninoise ? difficile d’y croire. J’ai alors décidé de mener ma petite enquête sur cette dame et ce que j’ai découvert est juste époustouflant. Son CV est une merveille et elle s’impose, peu à peu, comme une figure importante du cinéma africain. Elle a été costumière sur L’œil du cyclone de Sékou Traoré (2015), Vindicte de Ange-regis Hounkpatin (2016), Walay de Berni Goldblat (2017), Cessez le feu de Emmanuel Courcol (2017), ou encore Kuntak de Françoise Ellong (2018),entre autres. Elle est actuellement au Bénin et j’ai sauté sur l’occasion pour la rencontrer, afin de vous faire découvrir le métier de costumière de cinéma.

FB_IMG_1520950361683

Rufin Mbou Mikima et Huguette Goudjo


Qu’ est ce qu’ une costumière de cinéma ?
C’est une technicienne du cinéma qui s’occupe, surtout au moment de la préparation du film, de gérer les costumes, de parler avec le réalisateur et de comprendre sa vision, dans le but de décider du costume qui ira à chaque acteur du film.
Je crois que costume, ici, signifie vêtement. Est-ce à dire que le costumier est un couturier ?
Oui. Quand on est costumier, on doit forcément avoir la base, le B-A BA de la couture. Moi je dessine parfois les croquis de ce que je veux, pour aider le styliste.
IMG-20180313-WA0026

Huguette costumière sur le film l’œil de cyclone avec l’acteur Burkinabé Rasmané Ouedraogo


Où as-tu appris ce métier ?
Sur le tas. Après mon bac, je suis entrée à l’université où j’ai commencé le secrétariat, mais je n’aimais pas ça. Je ne me voyais pas assise derrière un bureau. Et quand je suivais le journal avec ma mère les soirs, je lui disais : « tiens, cette journaliste est mal habillée » et ma mère me refoulait, genre « toi tu sais quoi des habits et du style ». Avec le temps, j’ai compris que je voulais évoluer dans un domaine ayant un lien avec les habits et j’ai fini par choisir le métier de costumière. J’ai reçu des cours en ligne de costumières françaises et c’est ainsi que je suis devenue costumière.
Te rappelles-Tu de ton premier film ?
C’était en 2008. Dix ans maintenant. C’était « Deuxième bureau » de Sanvi Panou. J’ai été sollicitée par un technicien de Laha Productions pour prendre le scénario. J’ai flippé parce que c’était mon baptême de feu et je n’avais que mes cours, appris dans des documents. Je n’avais ni coach ni mentor. Je me demandais si je serais à la hauteur. En fin de compte, j’ai réussi ce test et il n’y a eu aucune erreur de raccord. J’étais fière de moi. Après cela, le réalo m’a rappelée pour faire la série entière. J’ai été très chanceuse et cela m’a servi de publicité car, la série est diffusée sur certaines chaînes tv de certains pays sous-régionaux
IMG-20180313-WA0005

Huguette costumière sur le film béninois « le retour du roi » réalisé par Roger Nahum


Tu sais, je me promène souvent sur les plateaux des réalisateurs et je ne vois pas vraiment de costumière. Le métier te fait-il vivre ou chômes-tu souvent ?
(Rire) C’est vrai que ce métier est très saisonnier. Tu peux chômer pendant six mois avant d’avoir un nouveau contrat. Mais au Bénin, on ne travaille presque jamais parce que la qualité des œuvres n’impose pas, encore, la présence d’un costumier. Il y a beaucoup de postes qui ne sont pas sollicités sur les plateaux dont celui de costumier. Donc, on est obligé d’avoir des contacts à l’étranger et d’aller bosser sur les projets hors du Bénin.
Il est vrai que c’est ton gagne-pain mais, en toute honnêteté, ne penses-tu pas qu’on peut se passer de ce poste, surtout sur les petites productions ?
Cela est impossible si tu veux avoir un bon résultat. On dit souvent que les postes du cinéma sont complémentaires, donc quand un poste manque, on le ressent sur la version finale du film.
D’accord. Parlons cash à présent. Les costumiers gagnent-ils gros sur les plateaux ?
(Rire pendant un bon moment) Cela dépend de votre contrat. Mais sur une bonne production, le costumier peut être à 50 milles francs par jour et ça, c’est quand il veut bosser gratis, parce que c’est un travail épuisant. Maintenant, si le tournage est long, vous pouvez négocier sous forme de forfait et avoir 4-5 millions pour 30 jours. L’autre chose, c’est que sur les productions, on joue souvent le rôle de costumier et d’habilleur, qui est normalement un autre poste du cinéma. Cela fait que notre cachet est vraiment un forfait.
IMG-20180312-WA0045

Huguette a travaillé sur le film « Kuntak » de Françoise Ellong. Le film n’est pas encore sorti


Si un jeune a envie de suivre tes pas, que doit-il faire pour devenir costumier ?
Je le prends tout de suite avec moi. Au Bénin, je n’ai jamais vu une personne s’intéresser à ce métier. Je n’ai pas d’assistant donc je pourrai le prendre avec moi afin de partager mes connaissances avec lui. Je l’emmènerai sur mes plateaux, au Bénin ou à l’étranger, pour qu’il puisse s’exercer. Je recommanderais quand à ces jeunes, qui ont envie d’embrasser cette carrière, de voir des films, de faire attentions aux costumes et à tous les détails qui y figurent, selon le personnage, etc..
Huguette, c’est la fin de l’entretien que je te laisse conclure..
Merci Cornélia. Je vais simplement dire que j’aime mon métier, j’adore ce que je fais. Et je voudrais partager ceci avec toutes les personnes qui travaillent dans le cinéma : «  il faut être humble ». Quand on n’est pas humble, on n’est pas compatible avec le cinéma.
IMG-20180301-WA0023

Huguette et moi. On a passé un bel après-midi


Crédit photo: Huguette Goudjo

Tout sur l'actrice béninoise Nadjibatou Ibrahim

BandeNadjibatou IBRAHIM fait partie des actrices émergentes de la zone ouest africaine. Je l’ai découverte dans le film Parinceste du réalisateur togolais Antonio Tchangai Palouki : j’avais été fascinée par son jeu d’acteur. Par la suite, je l’ai retrouvée dans plusieurs courts métrages, réalisés par les étudiants de l’ISMA. Elle a confirmé son talent en remportant le prix de la meilleure actrice béninoise lors des ciné229 awards. Vu que je rends hommage aux femmes cinéastes sur le blog en ce mois de mars, je suis allée la rencontrer afin que ceux qui ne la connaissent pas la découvrent. Interview
FB_IMG_1520404016668
Bonjour Nadjibath. Peux-tu faire une brève présentation de toi pour mes lecteurs ?
Nadjibatou IBRAHIM. Je suis commerciale de formation mais j’exerce dans le domaine culturel en tant qu’artiste comédienne, au théâtre et au cinéma. Je suis en couple et j’ai deux enfants.
Généralement, les gens commencent par le théâtre pour finir au cinéma mais toi, tu as fait l’inverse. La transition, ou plutôt, le mélange des deux arts, comment cela s’est-il effectué?
(Rire)…Ça n’a pas été difficile. J’ai commencé avec le cinéma en 2009 et j’ai fait mes premiers pas au théâtre avec Tola KOUKOUI, dans la pièce « Kondo le Requin », en 2016. Et ça m’a fait plaisir de travailler aux côtés d’un des plus grands du monde théâtral béninois. Je pense que le Théâtre et le Cinéma sont complémentaires et je compte bien évoluer dans les deux.

IMG-20180303-WA0064

Nadjibath sur un plateau de tournage


Y a-t-ils des comédiens d’autres générations qui t’inspirent ou qui t’ont inspirée ?
Bien sûr. Il faut toujours avoir des piliers sur lesquels s’appuyer et moi, je m’appuie sur les doyens Tola KOUKOUI et Ignace YETCHENOU, auprès desquels j’apprends beaucoup.
Beaucoup de passion quand on t’entend parler, mais est-ce facile d’être actrice au Bénin ?
Pas facile d’être actrice au Bénin, car certaines personnes dans notre société nous voient comme des ratés et d’autres nous traitent de dingues. Ils ne comprennent pas qu’on puisse décider de faire carrière dans le cinéma … Bref, je leur réponds que c’est une question de passion et que moi, j’ai fait mon choix!
FB_IMG_1520117630832

Nadjibath Ibrahim joue dans la nouvelle série KUTUNU du réalisateur béninois Aymar Esse


Dans quel grand film as-tu déjà joué ?
(Rire)… Pour moi, tous les films sont grands car il faut beaucoup d’efforts, et pas des moindres, pour faire un film. Mais j’ai eu la chance de travailler avec de grandes maisons de production telles que LAHA PRODUCTION, GANGAN PROD, et des réalisateurs tels que Ignace YETCHENOU, Aymar ESSE et Giscard DAH FONTON. J’ai également travaillé sur le projet ciné nomade et, dernièrement, avec le réalisateur togolais Joël M’BAKA TCHEDRE.
IMG-20180303-WA0054

Elle a le rôle principal dans le dernier court métrage du realo togolais Joël M’Baka Tchedre


Parlant de réalisateurs, avec qui as-tu vraiment apprécié la collaboration ?
Question piège (sourire ). J’apprécie tous les réalisateurs avec lesquels je travaille car, sur chacun des plateaux, pour moi, c’est une opportunité pour apprendre.
Quel est ton pire souvenir sur un plateau ?
Je n’en ai pas encore. Les souvenirs, j’en ai de bons jusque-là, pas de pire.
Est-ce que passer derrière la caméra (devenir réalisatrice) te tente ?
Oui, c’est en projet. Je compte faire de la réalisation dans quelques années et pour finir, produire: Actrice- Réalisatrice- Productrice, tel est mon plan de carrière.
Bonne chance Nadji. Tu étais au dernier FESPACO au Burkina Faso. Que manque t’il, selon toi, au cinéma béninois pour qu’il se hisse au rang des grandes nations de cinéma ?
Ma participation au FESPACO, l’année dernière, m’a permis de comprendre qu’au Bénin, nous souffrons d’une mauvaise organisation dans le monde culturel. Nous avons du potentiel chez nous mais nous ne savons pas l’exploiter.
FB_IMG_1520117195474

Nadjibath et Berni Goldblat le réalisateur du film Walai au Fespaco 2017


Et quel a été ton film coup de cœur à ce festival ?
Mon film coup de cœur pour cette édition du FESPACO est :  Frontières d’Apolline TRAORE, qui traduit les vraies réalités des frontières et met sur le tapis la force des femmes.

Bande annonce frontière☝☝☝☝

Tilaï, de Idrissa Ouédraogo  Du classicisme africain !  

La loi est dure mais c’est la loi ; force et respect doivent y rester. Là-dessus, les constitutionnels sont fermes. Mais, avant le droit écrit positif, les sociétés africaines étaient fondées sur un droit naturel. La morale et l’éthique venaient aisément inspirées des us et coutumes : le droit coutumier.
Le cinéma africain, à travers le chef d’oeuvre historique Tilaï du Burkinabè Idrissa Ouédraogo réalisé en 1990, porte évidemment les griffes d’une sentence ferme prononcée sur des fondements légalement coutumiers.
téléchargement
Tilaï est une histoire d’amour compliqué, de morale, de loi, de principes, d’honneur et de courage. La femme qui commet l’adultère n’a pas sa place dans la société africaine traditionnelle. Ce principe est encore plus sévèrement puni quand il s’agit de l’inceste. Toute l’histoire de Tilaï se situe là. Une histoire purement africaine et qui dépasse les seules frontières du Burkina Faso où il a été réalisé. Toute l’Afrique est concernée par cette histoire et même le principe serait universel ! Avec ses thématiques variées, l’histoire de Tilaï reste l’une des plus touchantes et mémorables du cinéma africain. Elle est racontée avec une certaine sobriété et simplicité du langage, portée par de belles images, des décors qui rapprochent l’histoire à son espace et à son époque.
Amour, jalousie, honneur, courage et tuerie sont autant de thèmes abordés dans ce long métrage de 81 minutes tourné en 35 mm et qui, depuis 1990, a eu le mérite de ne jamais ennuyer son public qui l’a toujours redemandé.
Malgré son ancrage linguistique (réalisé en mooré, une langue nationale au Burkina Faso), l’œuvre – pleine de belles images expressives et de symbolismes métaphoriques – porte en elle le langage universel que peut comprendre tout spectateur. C’est le principe du beau cinéma.
Saga (joué par l’indomptable Rasmané Ouédraogo) qui avait quitté son village, n’y revient que deux ans plus tard. Au cours de son absence, son père a pris pour épouse sa fiancée. À son retour, se manifesta sa jalousie ; son amour pour l’ex-fiancée – la désormais femme de son père – est resté intact et réciproquement. Il commit l’adultère avec la femme de son père et tous deux tombèrent sous le coup de la loi. La sentence tombe : Saga doit être exécuté. D’une façon rhétorique bien choquante et pour la beauté de l’oeuvre, Idrissa Ouédraogo fait choisir le frère de Saga pour exécuter la sentence.
Tuera-t-il vraiment son frère pour respecter les principes des coutumes ? Avant de trouver la réponse à cette interrogation, le père de la femme adultère doit sauver son honneur dans le village.
Idrissa raconte de belle manière une histoire africaine avec une thématique bien pointue et artistiquement bien ficelée. Une histoire classique dont la réalisation a tout du beau cinéma pour plaire à des générations et des générations. Les personnages venant de toutes les catégories de la société, le décor original d’un village africain et les plans éloignés montrant d’une vue d’ensemble, le village et son paysage ; ce sont autant d’éléments qui portent bien le langage et le succès de ce film. Le beau paysage sec et l’accoutrement des acteurs sont d’une façon métaphorique en accord avec l’histoire et la dureté ainsi que la tristesse de la sentence prononcée.
Couronné grand prix du jury au festival de Cannes en 1990, la même année de sa réalisation, ce film dramatique d’une durée modeste reste accrocheur et mémorable, partout où il est vu.
Projeté par le Cinéma Numérique Ambulant dans les villages africains, cette fiction a toujours été accueilli par les villages comme un documentaire réalisé sur leur quotidien. Même si les réalités ne sont plus typiquement les mêmes dans certaines contrées africaines, il n’en demeure pas moins évident que ses principes sont restés chers à ces villageois qui y accordent respect et vocation.
Tilaï reste l’un des grands films de l’histoire du cinéma et jusqu’à nos jours continue d’être en phase avec tout un public qui le voit pour la première fois. À chaque édition de Cannes, quand il s’agit de faire le bilan des performances des cinémas africains, Tilaï s’impose comme une loi inévitable.

Critique publiée sur www.africine.org en Juin 2009. ( Espéra G. Donouvossi).

Black Panther : Mon voyage au Wakanda

Quand j’ai reçu l’invitation de Canal + pour voir Black Panther, j’étais un peu réticente pour deux raisons :
1- je ne suis pas vraiment fan des films de super-héros ;
2- je suis depuis un moment focus sur les films africains. Black Panther étant d’origine américaine, je n’étais donc pas vraiment intéressée.
Mais finalement, avec tout le tapage sur les réseaux sociaux et à la télé, je suis quand même allée au CanalOlympia de Wologuede pour voir le fameux film et je peux vous garantir que j’ai été bluffée.
 L’histoire
‘’Black Panther, c’est l’histoire du Prince T-Challa qui revient dans son pays, le Wakanda, pour régner après la mort de son père, le Roi. Le Wakanda est un pays africain isolé et très développé et leur technologie dépasse même celle des USA. Le Wakanda possède le vibranium, un minerai qui leur fournit toute leur puissance. Le méchant du film se nomme Erik Killmonger et est le cousin du roi T-Challa. Quelques années plus tôt, son père avait été tué par le père de T-Challa. Il vivait aux Etats-Unis et rentre maintenant au Wakanda pour prendre le trône. Mission qu’il a réussie. La suite se devine aisément. Un combat s’engage entre lui et T-Challa.’’
J’ai quand même été déçue du dernier combat. Pour ce que je sais des films de super-héros et de guerre, les derniers combats sont ouf, avec de grandes actions et sont généralement longs. Celui-ci était bref et pas si waouh que ça.

943995dd1759946c19db0f604846899c

T-Challa VS Erik Killmonger


 Les costumes et décors
Au-delà de l’histoire, ce sont les costumes et le décor du film qui m’ont impressionnés. Les peuples d’Afrique y sont représentés à travers les tenues des acteurs (les Peulhs, les Yoruba, les Maasai, les Himbale, les Touareg, les Ghanéens ; ce sont là quelques tribus que j’ai reconnus).
La nature est verte ; les cases, les arbres et les chutes d’eau sont vraiment identiques à ceux que nous avons en Afrique. La seule différence est que ceux-là ont été construits dans un studio à Atlanta (USA).
649241e0c0d5b60d4ab9832c5a9f0b81

Le Wakanda


Les femmes du Wakanda
Le roi T-Challa a peut-être vaincu son ennemi mais cela n’aurait pas été possible sans les femmes. Elles constituent la colonne vertébrale du film. Trois femmes principalement ont contribué à la mission de T-Challa :
1- Nakia (Rôle interprété par Lupita Nyong’o) : elle est l’amoureuse du roi T-Challa ; et, en tant que telle, elle est avec lui et le soutient dans toutes ses missions, lui apporte ses conseils et se bat quand c’est nécessaire. Elle a une sacrée force.
a87b15b87836e2d39bf160499c23cbf0 (1)

Lupita Nyong’o dans Black Panther


2- Shuri : C’est la sœur de T-Challa et le cerveau technologique du Wakanda. Elle possède un laboratoire, fabrique les costumes et gadgets de combat. Elle a même réussi à guérir un blessé par balles en 24heures. C’est l’Einstein wakandaise
images

Letitia Wright dans le rôle de « Shuri »


3- Danai Guira : l’actrice américaine et zimbabwéenne, qui a fêté ses 40 ans le 14 février dernier, incarne le rôle d’Okoye, chef des guerrières du Wakanda. C’est grâce à elle que le combat final, entre pro et anti T-Challa, n’a pas dégénéré. Sa devise et celle des Dora Milage (nom de son équipe) est Le Wakanda pour toujours. Elles se battent donc jusqu’au dernier souffle pour leur pays.
dd0ef85b7d4664446be4409e1de6b840

Danai Gurira la générale des Dora Milaje


Voilà ce que je peux partager avec vous après ma visite au Wakanda. Je vous recommande ce film qui passe actuellement dans les salles CanalOlympia. Vous allez aimer.
Crédit photos: Marvel Studios

Trois films africains à voir à la St Valentin

Hello les cinéphiles amoureux ou célibataires ! J’espère que vous vous portez bien. Aujourd’hui, c’est la St Valentin et j’ai voulu, en cette période, voir des films d’amour africains afin de vous les proposer. Durant mes recherches, j’ai compris que les africains n’étaient pas vraiment dans le feeling «  ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Les réalisateurs optent, beaucoup plus, pour un mélange de drame et de romance. Je vous propose donc, dans ce billet, trois films que j’ai vus et qui parlent d’amour
Ben et Ara de Nnegest Likké (Cameroun/USA)
Ce film éthiopien et américain de 84 minutes est un mélange d’histoire d’amour et de religion. Il raconte l’histoire de Ben, un étudiant préparant un PhD en philosophie très poussé vers la raison et d’Ara, (rôle interprété par Constance Ejuma) une jeune femme musulmane qui ne jure que par Allah. La raison ou la foi ou encore l’amour ? Ce film est un mélange de tragédie et de magie. Ce n’est pas pour rien qu’il a remporté autant de prix dans les festivals (Festival international du film panafricain de Canne, écrans noirs, African Movie Academy…).

 
 
 
 Pacte de Joël Tchedré (Togo)
Si vous suivez Pacte, vous ne ferez jamais un pacte de sang, ni avec votre amoureux ni avec personne d’autre d’ailleurs . Dans ce film, on a affaire à un couple, lié par un pacte de sang pour la vie et la mort. La femme meurt et revient hanter son mari « préféré ». Elle est partout et le dérange sans cesse. Exaspéré, il se donne finalement la mort pour la rejoindre. Il dure 17 minutes et a été réalisé par le togolais Joel Tchedre. Le film a participé à plusieurs festivals tels que le FESPACO , le FESTICAB, et le Toukountchi au Niger.

Miranda de Blaise Ntedju (Cameroun)
David est beau et riche mais ne parvient pas à trouver une femme sincère pour l’aimer. Elles veulent toutes de son argent. Il finit par rencontrer Miranda, se déguise en pauvre et prend le nom de Valentin. Les deux filent le parfait Amour. Cependant, la mère de Miranda est contre cette relation. Pour elle, sa fille mérite mieux. Elle tente, sans succès, de la donner en mariage à un riche homme du village. Miranda découvrira plus tard que son Valentin lui avait menti sur sa situation financière et elle le rejette,se sentant trahie. Mais l’amour étant plus fort et sous l’influence de sa mère, elle retourne vers lui. Même si j’ai trouvé un peu brusque cette façon de dire Non et Oui par la suite, ça reste un beau film à voir en couple le 14 février pour ceux qui rêvent d’une soirée cinéma.

Ma liste n’est pas exhaustive. N’hésitez pas à me proposer d’autres films africains sur la même thématique si vous en connaissez

Guy Kalou nous dit tout sur le métier d’acteur de cinéma

Il s’appelle Guy Kalou. Il est ivoirien, acteur de cinéma, producteur et depuis quelques temps, réalisateur cinéma. Il a fait une visite flash au Bénin, et étant l’un des meilleurs acteurs francophones (c’est mon avis), je l’ai rencontré afin de lui soutirer tous les secrets pour être bon acteur. L’interview a duré environ une heure et c’était « G E-N I- A L ». On a beaucoup rigolé et Guy faisait tout le temps la comédie. Je crois que c’est pour me rappeler que j’étais devant un acteur de cinéma. Trêve de blabla, voici l’interview.
 
Bonsoir Guy. Comment avez-vous découvert l’actorat ?
Par hasard. C’était en 2005, je bossais dans une entreprise de cosmétique et au détour d’un déjeuner avec une amie, j’ai vu une affiche de casting. Elle m’a incité à y aller vu que j’ai l’habitude de les faire rigoler au bureau. J’ai tenté ma chance. C’était mon premier casting. Environ dix jours après, on m’a appelé pour me dire que j’étais retenu pour le rôle principal. Je n’y croyais pas du tout. J’ai même dit au réalisateur qu’il était fou puisque j’avais zéro expérience. L’aventure a commencé comme ça avec le film Le clash. Le réalisateur s’appelle N’goh Raymond
raymoviemaker-vip-blog-com-824289afichechrCLASH[1].tif.jpg
Et après Le clash, les tournages se sont se sont succédés …
Avec beaucoup de chance, après Le clash, il y a eu Dr Boris, Coup de force conjugal, ensuite Illusion perdue, Exil intérieur , Interprète, Brouteur… J’ai enchainé les tournages ce qui m’a permis de m’améliorer et aussi de me positionner comme acteur de cinéma en Côte d’Ivoire.
FB_IMG_1516490599557
D’après mes lectures sur vous, on vous classe toujours parmi les meilleurs de la Côte d’Ivoire et c’est aussi mon avis. C’est quoi le secret ?
Règle Numéro 1: il faut croire en soi et ne pas devenir acteur juste pour se faire voir. C’est un moyen de s’exprimer et il faut le sentir; je pense qu’on le sent. Lors de votre premier rôle, c’est à vous de déterminer si c’est votre chemin ou pas. Avant de faire une école d’actorat, Dieu doit déposer un petit don en vous. Il faut ensuite professionnaliser ce don en allant se faire former, en allant se frotter à des anciens. Et il faut également garder les expériences que vous enchainez sur les plateaux. Il faut être humble, modeste. On ne donne qu’aux humbles. Et l’humilité vous ouvre des portes. En gros, il y a le don, l’humilié et aller à l’école professionnelle et celle des ainés.

FB_IMG_1516490840576

Guy Kalou sur un plateau de tournage


Un bon acteur, est- ce celui qui peut incarner tous les rôles ?
Pour moi c’est impossible. C’est mon avis. Une personne ne peut pas incarner tous les rôles. Le personnage, avant d’être psychologique, il est d’abord physiologique donc il faut correspondre aux critères physiques. Ensuite, il y a le critère psychologique. On a beau être le meilleur acteur, on ne peut pas faire tous les rôles. Un acteur, qui veut vraiment faire carrière, doit être sélectif. Si vous ne sentez pas un rôle, ne le faites pas, même pour de l’argent. Un jeu d’acteur raté dans un film peut briser une carrière.
Quelles sont les difficultés du job ?
Ici en Afrique, puisque c’est l’aire géographique que je maîtrise , on a plusieurs difficultés. D’abord on n’a pas de boulot tout le temps, donc difficile de vivre uniquement de son métier d’acteur. Après, quand il y a des productions, les budgets sont restreints. Parfois, on joue dans des films car on a envie d’exister ,mais on finit d’exister mais on ne vit pas.
Je suis sûre que tout n’est pas mauvais. Quel est le côté chic de votre métier ?
Le fait de rentrer dans différents personnages. Le cinéma est une arme et c’est d’ailleurs pourquoi je fais uniquement du cinéma d’engagement.
FB_IMG_1516490481332
Comment fait-on pour être un acteur célèbre ?
La célébrité, on ne l’achète pas, on ne la construit pas. Elle vous accompagne selon que vous posez un pas, bien ou pas. Ne venez pas au cinéma pour être célèbre, venez pour être de bons acteurs, des gens qui jouent juste. Ça vous amènera la célébrité.
Crédit photo: Page Facebook Guy Kalou

Paulin Soumanou Vieyra, premier réalisateur d’Afrique Subsaharienne

Si Paulin Soumanou Vieyra était encore en vie, il aurait 93 ans aujourd’hui (né le 31 janvier 1925). Pour son anniversaire de naissance, je vous offre ce billet qui aborde tout ce que vous devez savoir sur celui-là qui est considéré comme le père du cinéma d’Afrique noire francophone.
1438678054--3923
Là où tout a commencé…
Il est né à Porto-Novo (capitale du Bénin ex Dahomey) et est béninois, naturalisé sénégalais. Soucieux de son avenir, son père l’envoie étudier en France à l’âge de 10ans. Il découvre le cinéma à Paris en paraissant comme figurant dans un film interprété par Gérard Philipe. Il a ensuite étudié ensuite le cinéma à l’institut des hautes études cinématographiques (aujourd’hui la FEMIS) et est le premier africain à avoir foulé le seuil de cette école.
psv-M.jpg
Afrique- sur-seine…
En 1955, Paulin Soumanou Vieyra a réalisé avec Robert Caristan, Jacques Mélo Kane et Mamoudou Sarr  Afrique- sur-seine son premier court métrage. C’est une fiction de 21 minutes qui raconte la vie des étudiants africains à Paris et la nostalgie qu’ils éprouvent loin de leur terre natale. Après cette expérience, PSV a réalisé plusieurs films documentaires et un seul long métrage. Il a écrit plusieurs livres sur le cinéma africain et fut le mentor de Ousmane Sembène. Il a, de ce fait, contribué à la réalisation de plusieurs de ses films (Le Mandat, Xala, Ceddo) tout en occupant de grandes fonctions dans l’administration sénégalaise. Il fut également historien du cinéma africain et a été à l’origine de la Fédération Panafricaine des Cinéastes.
afrique-sur-seine-de-paulin-soumanou-vieyra.jpg
Après PSV…
Le 4 novembre 1987, Paulin Soumanou Vieyra décède à Paris des suites d’une crise cardiaque.
Son fils Stéphane Soumanou Vieyra a créé l’association PSV-Film qu’il dirige. Cette association organise de nombreuses activités afin de faire connaître les œuvres de Paulin Soumanou Vieyra et de lui rendre hommage.
En 2005, Ousmane Sembène rend un hommage au fils du Dahomey dans là revue de Présence Africaine, Numéro 170, Cinquante ans de cinéma africain, Hommage à Paulin Soumanou Vieyra.
Son buste inauguré le dimanche 26 février 2017 trône au siège du FESPACO et un hommage spécial lui a été rendu lors de l’édition 2017 du festival.
Des prix dans d’autres festivals portent son nom. Environ 31 ans après sa mort, il demeure un monument pour le cinéma africain.


De là où tu es, joyeux anniversaire Paulin Soumanou Vieyra.
 
Crédits photos:
Festival cinéma d’Afrique, PSV film
 

« Capoeira », le film de Samson Adjaho sur le puissant héritage africain en avant-première

Le 31 janvier prochain ne sera pas un jour ordinaire à l’espace Tchif de Cotonou. Il y aura, ce jour, l’avant-première du film documentaire «  Capoeira, puissant héritage africain ». Le film est produit par   Mamoudou Fassassi et réalisé par Samson Adjaho qui nous avait parlé il y a quelques semaines du métier de réalisateur. C’est donc pour nous l’occasion d’apprécier le travail de ce réalisateur. J’ai suivi le film en exclusivité et j’ai fait une interview afin de vous mettre dans le bain de ce à quoi vous aurez droit lors de sa projection.
De quoi parle le film ?
Capoeira puissant héritage africain, est un film documentaire de 30 minutes. Il parle du parcours de combattant de Mamoudou Fassassi, contremaitre et pratiquant de la Capoeira. C’est un jeune passionné de capoeira qui a tout sacrifié pour cet art. J’ai voulu aussi relier l’histoire des aïeuls des origines à cette danse qui raconte le vaillant parcours de nos aïeuls.

IMG-20180123-WA0024

Mamoudou Fassassi contremaître de la capoeira


Comment le projet est-il né ?
Je pratiquais une danse, cousine de la capoeira, qu’on appelle le moringue. J’ai créé ensuite une troupe pour cette danse-là. Mamoudou Fassassi faisait partie de mes élèves. Je l’ai trouvé attentif et visionnaire. Je lui ai confié par la suite la gestion du groupe. On s’est revus longtemps après ; Moi étant cinéaste, on a eu l’idée de faire un film sur la danse pour la faire connaître aux Béninois. Dix ans après, il m’a appelé pour me rappeler qu’on n’avait toujours pas fait notre film. On s’est vus et avec une caméra et une lumière, on l’a tourné.
Qu’est-ce que ça fait de faire un film sur le producteur de son film ?
(Rire) Il n’y a pas un sentiment particulier. C’est un film que j’ai co-produit. C’est vrai qu’en tant que producteur, il avait un certain veto mais quand vous avez la même vision que celui qui produit votre film, généralement ça passe. On n’est pas toujours d’accord sur certains points mais en fin de compte, tout s’est bien passé.
L’équipe du film est vraiment restreinte. Est-ce un choix ou une contrainte financière ?
L’une des particularités majeures du documentaire, c’est qu’il ne nécessite pas de gros moyens. Il est vrai que les moyens n’étaient pas suffisants pour le film mais on n’a pas été inquiet puisqu’on ne sort pas le grand jeu pour ce genre de film.
Il y a quelques erreurs dans le film, notamment la variation du son par moment. Est-ce également un choix ?
Oui il y a des erreurs avec le son, ou lors des interviews. On voit, par exemple, un interviewé regarder un peu trop haut et ainsi de suite. J’ai vu ces erreurs et j’ai laissé passer parce que dans ce film on est plus focus sur le message que sur l’aspect technique. Notre ambition, c’est que tous les enfants du Bénin découvrent cette danse qui a un rapport avec nos racines plutôt que d’être attachés au twerk et autres.
Il y a des extraits d’autres films utilisés dans le film. Quels arrangements avez-vous fait avec les producteurs de ces films?
Vous savez, quand vous respectez le droit moral et que vous ne dépassez pas 8 à 10 secondes d’une œuvre que vous citez et qui est en harmonie avec votre œuvre, vous n’avez pas de problème. C’est ce que nous avons fait dans le film. Nous avons utilisé de courts extraits en citant les auteurs.
IMG-20180123-WA0034

Extrait utilisé dans le film


Vous êtes apparu deux fois dans l’oeuvre. Qui a dirigé l’équipe pendant que vous répondiez aux questions de l’interview ?
Je n’avais pas d’assistant réalisateur donc malgré ma position d’interviewé, je dirigeais l’équipe. C’était amusant. Je faisais cadrer et je vérifiais le plan avant de répondre aux questions.
IMG-20180123-WA0035.jpg
Dans le second plan du film où on vous voit, vous jouiez à la PlayStation. Quel est le lien avec la capoeira ?
Je m’identifie beaucoup au personnage d’Eddy Gordo, qui est le personnage mythique capoeira du jeu vidéo Tekken. Cette image, c’est pour montrer comment cette danse a évolué jusqu’à atteindre une dimension planétaire. Tous les enfants qui jouent aux jeux vidéo connaissent la capoeira à travers Eddy Gordo. C’est un film qui rassemble toutes les sensibilités pour montrer aux jeunes que ce personnage qu’ils ont l’habitude de voir, transmet la même émotion que ce dont nous parlons.
3b374600fdaf3f56b9abc10624dbf041

Eddy Gordo tekken 6 ©creative uncunt


L’écriture, le tournage, la post-production ont duré combien de temps ?
Toutes ces étapes ont pris environ une dizaine de mois. L’écriture a pris environ deux mois. On a tourné à Cotonou, Dassa, Agoué ; ça a pris un peu de temps. Et la post-production a duré environ 6 mois. On n’a pas bossé sous pression.
Votre film sera en avant-première le 31 Janvier à l’Espace Tchif de Cotonou. Après cette grande projection, quel sera son destin ?
Le destin du film, c’est éventuellement les festivals ; c’est surtout les projections dans toutes les villes et dans tous les villages du Bénin. Faire connaître l’histoire de la capoeira, les chants de la capoeira, les danses de la capoeira à chaque enfant du Bénin. C’est vraiment ça le grand objectif.
FB_IMG_1516774792133.jpg
 

La série béninoise « Deuxième chance » saison 2, sur A+ dès le 21 avril.

Imaginez une classe de niveau primaire ou secondaire avec des élèves de plus de 30 ans ; vous devinez l’ambiance ? C’est cela « Deuxième chance ».
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1684554018266067&id=729977640390381
 
Dans la série, produite avec la participation de la chaîne A+, le réalisateur Prince Ogoudjobi présente une classe de cours pour adultes, fréquentée par une dizaine d’élèves qui n’ont pas eu la chance de terminer leur cycle scolaire. Ces élèves se sont donc inscrits au cours « Deuxième Chance » pour améliorer leur niveau en français.

IMG_20170420_123306

Une photo de classe (élèves et professeurs) du cours deuxième chance


J’ai vu quelques épisodes de la série et je peux vous garantir que vous allez exploser de rire. «  Deuxième chance », ce n’est pas comme l’école classique que nous avons fait avec cours magistraux et compos après. Non !!! Ici, on vous enseigne sur la base des expériences vécues par les élèves. Et rassurez-vous, ils vivent de sacrées histoires. Entre les histoires de sexe, de religion, d’argent, de corruption et autres, il y a toujours un nouveau mot à apprendre afin de rentrer chez soi moins bête. Et on bavarde même en classe (pour leurs âges ils bavardent aussi bien que les enfants du CM1). Chaque épisode dure 13 minutes.
Dans la série, on retrouve des acteurs béninois qui nous ont fait nous tordre de rire il y a quelques années, dans d’autres productions. Vous aurez affaire à Zinko Pierre (Eléphant mouillé), Grâce Agnila, Madison Zossoungbo (de la série Nelson et Madison), Alexandre Atindoko (Alèmèdjè) et bien d’autres. On va rire à l’ancienne mais plus devant nos DVD mais plutôt devant A+, qui la diffusera en exclusivité dès le 21 avril 2018.
LOGO APLUS NEW BASELINE - Copie
IMG_20170420_121533
 
 
 
 

Fiche du film
Réalisateur : Prince Ogoudjobi
Scénariste : Jean-Claude Hellequin
Producteur : Prince Ogoudjobi
Durée : 13 min
Genre : société
Type : série TV
Pays : Bénin

 

Festico 2018 : Le festival pour rire, rire et rire

Partagez cet article jusqu’à ce qu’il parvienne au dernier réalisateur spécialisé dans le genre comique.
J’ai découvert depuis peu une nouvelle et belle génération d’humoristes africains sur facebook. Leur mode opératoire : de courtes vidéos qui vous font rire jusqu’à vous arracher parfois des larmes. Et parlant de rire, le Cameroun organise depuis 6 ans déjà un festival pour mettre en valeur les œuvres comiques. Alors cette année, Ecranbenin s’associe à ce festival africain du rire. L’appel à film est lancé depuis un moment et je souhaite la participation de plusieurs réalisateurs africains (il faut que l’Afrique gagne). Donc dans ce court billet, je vous fais découvrir le Festico.
Le Festico, qu’est-ce que c’est?
Le festival international du film d’humour et de comédie de Yaoundé FESTICO (festival des images comiques) existe depuis 2013. C’est un festival destiné uniquement aux œuvres comiques. Cela change un peu du drame auxquels les cinéphiles sont habitués dans les festivals.

FB_IMG_1515010930990

Badges Festico 2018


Particularité de la 6e édition du Festico ?
Cette année, il y aura une distinction spéciale dénommée Jean MICHE KANKAN, qui va récompenser l’ensemble de la carrière d’un artiste humoriste.
De plus, il y aura des projections de films comiques pour enfants en présence des élèves des établissements primaires afin de les initier au cinéma.
IMG-20180104-WA0030

Jean-Miché Kankan, artiste humoriste camerounais décédé le 13 février 1997


Quel genre d’œuvre peut être inscrit au Festico ?
Les drames sont d’office éliminés, on est d’accord. Par contre, les films comiques dans le genre fiction, comédie dramatique, satire, farce, burlesque, humour noir, documentaire, spot publicitaire, magazine, téléfilm, comédie musicale, sitcom, série tv, film d’animation, canular, gag, spectacle de stand up / one man show filmé, pièce de théâtre peu importe la durée, peuvent être soumis au comité de sélection du festival.
Comment y participer ?
Le festival est prévu pour se tenir du 2 au 5 Mai 2018 à Yaoundé au Cameroun. Pour participer, il suffit d’écrire via la boîte postale 2545 YAOUNDE-MESSA / CAMEROUN avec une fiche d’inscription et deux (2) DVD du film, avant le 15 avril 2018. Pour avoir la fiche d’inscription, cliquez Ici et pour obtenir le règlement général Ici.
Si vous avez des soucis, contactez, ecranbenin@gmail.com  ou engoferdinand@yahoo.fr ou encore feliciaasseh@gmail.com .
FB_IMG_1515010695645

Une réalisatrice présente son film durant la dernière édition du Festico


En attendant de vous retrouver à Yaoundé pour savoir quel film nous fera le plus rire, je vous souhaite une belle année 2018, une année pleine de rire et de succès.

L’incroyable histoire de Véronique Tshanda Beya.

Avec Vero, On a commencé à travailler sur cet article depuis Aout-Septembre 2017, mais j’ai tenu à le mettre comme dernier article sur le blog pour une seule raison : elle est l’actrice africaine de l’année et il faut clôturer avec elle (lol). On l’a vue sur toutes les chaînes et dans tous les magazines(enfin,ceux qui suivent l’actualité cinématographique) . Elle a interprété avec brio le rôle de Félicité dans le film éponyme réalisé par Alain Gomis. Cette femme forte, drôle et humble, grosse inconnue de tous avant 2017 a une histoire digne d’un conte de fées.
FB_IMG_1514325386881
Avant Félicité le casting…
Etre actrice a toujours été son rêve mais, n’ayant pas eu de soutien, elle a rangé ce rêve au placard. Elle a fait des études de science commerciale et de marketing. Sans boulot, elle a enchaîné de petits jobs, et fait du commerce « informel » dans sa ville Kinshasa. Une amie connaissant sa passion pour le théâtre, lui a proposé de participer au casting du film Félicité et elle a tenté sa chance. Deux mois, après elle n’avait toujours pas eu de suite et s’est imaginé un échec. Elle a finalement été invitée à passer un second casting puis un troisième et un quatrième et a obtenu le rôle principal du film devant des comédiens professionnels. Son incroyable histoire d’actrice commence là.

FB_IMG_1514355154676

Vero Beya pendant le tournage de Félicité


Félicité
Dans le Film d’ Alain Gomis, la belle congolaise incarne le rôle de Félicité, une chanteuse, mère d’un garçon de 16ans. Un jour son fils a un accident. Pour sauver, ce dernier d’une amputation, Félicité se lance dans une quête désespérée à travers la ville. Elle parcourt ses relations pour trouver l’argent nécessaire, elle est parfois prise en pitié, parfois très humiliée. Vero a brillement tenu le rôle, ce qui lui a valu sa fulgurante ascension.
FB_IMG_1514325355792
De la vente de vêtements aux tapis rouges et festivals
Après des séances de répétition, des mois de tournages et de post-production, le film a été présenté pour la première fois à Berlin en Allemagne. C’est le début des red-carpet pour notre star congolaise qui a ensuite enchaîné les apparitions sur plusieurs festivals, des passages à la télé et des interviews. Le film a eu un palmarès de ouf (grand prix du jury à la berlinade 2017, Etalon d’or de Yennenga au Fespaco 2017, nominé parmi les 9 films -sur 91-de la short liste de la catégorie du « meilleur film long métrage » en langue étrangère de la 90è Edition des oscars du cinéma aux Etats-Unis).
FB_IMG_1514325349210

Vero Beya sur Le Walk of Fame


2018…
L’actrice dont l’histoire rappelle celle de Rachel Mwanza (actrice congolaise aussi) a promis ne pas disparaitre des écrans. Elle va continuer dans l’arène cinématographique et aurait des surprises pour très bientôt. 2018 c’est dans quelques jours et on a hâte de voir ce que tu nous réserves Vero.
Crédit Photo: Page Facebook Vero Bea & Félicité

Le métier de Directeur de la photographie en 7 questions

Alain Nounagnon est directeur de la photographie et connaît depuis quelques années, un essor dans le métier. Nanti d’un Master of fine art en gestion de production, spécialité lumière, il travaille dans le cinéma et a déjà collaboré avec des réalisateurs de plusieurs pays. Il a, par exemple, travaillé comme premier assistant Directeur photo avec Kwaku Alston et Hervé Cohen sur, respectivement, « In the search of Voodoo » de Djimon Hounsou (si si, le fameux documentaire qu’on attend tous de voir) et Kids Against Malaria de Jon Fine. Ils sont unanimes : le gars connaît son job. Je l’ai donc rencontré et, devant des boissons fruitées, il m’a parlé du métier de Directeur Photo.
Qu’est ce que c’est que la tâche du directeur photo ?
Le directeur de la photographie ou chef opérateur prise de vue,  c’est celui-là qui est responsable de l’image lors d’une production cinématographique.
La tâche du directeur de la photographie est de veiller, lors d’un tournage, à la qualité technique et artistique de l’image. Le cadreur est là pour exécuter les ordres du directeur photo. Il intervient avant,  pendant et après une production cinématographique.
Avant une production cinématographique,  c’est lui qui définit la caméra à utiliser,  les objectifs,  les angles de prise de vues, les filtres,  les lumières et qui établit le découpage technique avec le réalisateur. Après le tournage, il a l’obligation de suivre le bon déroulement de l’étalonnage afin qu’on ne modifie pas la teinte qu’il a donnée au film.
Mais pourquoi le métier s’appelle Directeur de la photographie alors que le DP n’est pas sur le plateau pour prendre des photos ?
(Rire) j’attendais cette question !!! C’est vrai qu’on a des points communs mais ce n’est pas le même métier. Le DP crée la lumière alors que le photographe peut prendre les photos et les retoucher après. Maintenant, pourquoi la dénomination directeur de la photographie ? Je ne sais pas.

IMG-20171218-WA0021

Sur le plateau du film documentaire Okuta la pierre de Aymar Esse


Avec quelles personnes collabore t-il le plus sur un plateau ?
Le directeur de la photographie travaille en étroite collaboration avec le réalisateur. Il est le chef de l’équipe images. Il dirige les assistants-directeur de la photographie,  les cadreurs, les machinistes,  les électriciens en général et travaille aussi en post-production avec le monteur.
Ne peut-on pas se passer du DP sur un plateau surtout si on n’a pas beaucoup d’argent ?
Il est impossible de se passer d’un directeur de la photographie sur un plateau de tournage.
Mais malheureusement chez nous, ce métier n’est pas du tout connu. Ici par exemple, le producteur te parle de restrictions budgétaires et donc te paye juste pour venir cadrer son film. Et là, par passion, tu es obligé de jouer deux rôles :   celui du cadreur et du directeur de la photographie. De plus, tu as obligation de résultat.
Dois-je comprendre que ce sont les cadreurs qui deviennent DP ?
Pour devenir un directeur de la photographie, le processus normal est de faire une école de cinéma, faire tout au moins un Master 2 en gestion de l’image, spécialité lumière.
Par ailleurs, il est nécessaire de comprendre qu’être directeur de la photographie c’est une question de pratique et d’expériences.
Pour la petite histoire,  avant d’être un chef opérateur de prise de vues digne de ce nom, il faut d’abord être stagiaire de l’équipe image sur plusieurs productions, ensuite être cadreur sur plusieurs productions pendant des années et être assistant-directeur photo sur plusieurs années également afin d’acquérir beaucoup d’expérience. Après l’étape d’assistant, on peut maintenant t’appeler directeur de la photographie. En résumé,  c’est vrai qu’il faut au minimum 5 ans d’ études dans une école de cinéma,  mais pour être un directeur photo,  c’est plus la pratique et l’expérience afin de pouvoir acquérir l’aptitude nécessaire qu’il faut.
IMG-20171218-WA0019

Sur le plateau de tournage de « kids Against Malaria » De Jon FINE


Quel est le matériel du directeur photo ?
Il utilise tout ce qui touche à l’image, les gélatines, les lampes, la caméra, les objectifs,etc.
Est-ce un métier qui paie bien en Afrique ?
(Rire)merci d’avoir précisé en Afrique, car quand les productions internationales viennent ici,  on souffle un peu.  On ne vit pas encore totalement de notre métier,  on vit plutôt par passion pour le métier…

5 choses à savoir sur les « CanalOlympia »

La dernière news cinéma au Bénin, c’est bien sûr l’ouverture du CanalOlympia Wologuédè. Enfin les personnes qui n’ont pas eu la chance d’aller dans une vraie salle de cinéma, de voir des films devant des bols de popcorn pourront rectifier le tir. Personnellement, j’ai déjà testé trois salles CanalOlympia (Cotonou, Ouaga et Lomé) et je peux vous rassurer, j’y ai passé d’agréables instants à voir de bons films. Mais bon, j’ai eu quand même un peu froid à cause de la climatisation qui était à fond (comprenez, je suis frileuse).
 
Trêve de bavardage, je vous propose plutôt un court billet des 5 choses à savoir sur les CanalOlympia :
1- C’est une salle de cinéma qui appartient au groupe Vivendi et le nom CanalOlympia est le contracté de Canal+ et de Olympia en référence à la mythique salle de Paris qui appartient au même groupe.
2- Les fondations du premier CanalOlympia, ont été posées le 27 septembre 2015 à Conakry en Guinée et la première salle a été inauguré le 10 janvier 2017 toujours à Conakry.
canalolympia.jpg
3- CanalOlympia existe à Douala (CanalOlympia Bessengue) Yaoundé (CanalOlympia Yaoudé1), Conakry (CanalOlympia Kaloum), Niamey (CanalOlympia Hippodrome), Lomé (CanalOlympia Godopé) Cotonou (CanalOlympia Wologuédé) Ouaga (CanalOlympia Yennenga), Dakar (CanalOlympia Terranga).
4- La comédie dramatique française Primaire  réalisée par Hélène Angel est le premier film a avoir été projeté dans un CanalOlympia
098975.jpg
5- Avec un intérieur capable d’accueillir 300 personnes, Il redonne le goût des films en salle aux cinéphiles des pays qui n’avaient plus de salle de cinéma comme le Bénin Et le Sénégal.
Eh bien,je crois qu’après avoir lu cet article, vous en savez un peu plus sur les CanalOlympia. Mais puisque l’on dit qu’il vaut mieux voir une fois qu’entendre mille fois, ne vous privez pas d’une bonne séance de film seul, en couple, entre potes ou en famille…

{Mon avis} Le voyage des oubliés de Sénami Kpetehogbé

Réalisateur : Sènami Kpetehogbe
Acteurs: Sèna Agbofoun, Rosita Ogba,Florisse Adjanonhoun
Genre : Drame
Nationalité : Bénino-Nigériane
Durée : 1h55’
Synopsis :
Nnawo, une jeune femme musulmane, quitte le nord du Nigéria pour le Bénin dans le but de déplacer Yabani son mari handicapé et sa fille de 11ans qui vivent quotidiennement dans l’insécurité.

Mon avis :
Nnawo est une jeune femme heureuse, mariée avec une enfant. Elle vit dans une famille typiquement africaine : cour commune, partage de repas dans une même assiette. Son bonheur est de courte durée parce que le terrorisme sévit dans la région du nord Nigéria ou elle vit. Après avoir perdu tous les membres de sa famille exceptés son époux handicapé moteur et sa fille, Nnawo est contrainte de venir à Cotonou au Bénin afin d’étudier les possibilités d’y emmener sa famille.
Sènami Kpetehogbe dans son premier long métrage est resté fidèle à son registre de film. Après la faim dans son court métrage Dinan, il aborde dans ce film la tolérance religieuse et le terrorisme. Comment est-on perçu par la société béninoise quand on est une personne étrangère et voilée ? Comment vivent les victimes des villages où sévit le terrorisme ? C’est ce que le réalisateur nous a montré avec des séquences parfois drôles et parfois très mélancoliques.
Le style et la religion, un frein.
Nnawo, partant du Nigéria, devait sûrement se dire que les choses se passeraient pour le mieux au Bénin mais erreur, son allure fait peur. Voile de la tête au pied, chaussettes, ce n’est pas un mode vestimentaire habituel ici. Elle enchaîne dans plusieurs domiciles le job de lavandière et passe ses nuits dans la rue. Nnawo se retrouve en face d’un couple chrétien catholique dont la mère de famille a la phobie des étrangers et voue, même si elle ne l’affirme pas, une haine aux musulmans. Intolérance religieuse. Le destin veut que la jeune nigériane travaille chez elle et casse même par mégarde une statue de la Vierge Marie. Ceci renforce la haine de la jeune dame. Cependant, grâce à son époux et à son père spirituel, elle reprend confiance et apprend à aimer la jeune musulmane. Ç’aurait pu être une bonne fin, n’est-ce pas ? Malheureusement, le réalisateur a voulu qu’elle reperde à nouveau confiance puisqu’elle s’est vu menacée et presque tuée par Nnawo qui, en maqnue d’argent pour retourner dans son Nigéria natal, l’a braquée et a emporté une somme considérable.
IMG-20171205-WA0021
Pendant ce temps au Nigéria…
Alors que Nnawo cherche désespérément les moyens d’offrir un avenir meilleur à sa famille, son époux sombre dans l’alcool et la pauvreté puisque sa fille, par mégarde, lui a annoncé : « Maman a trouvé un bonhomme qui nous donnera une maison ».
Le film n’a pas de happy end, la haine religieuse n’a fait qu’augmenter, le terrorisme n’a pas diminué d’un pouce et le mari sentant son handicap lourd et ne voyant pas d’avenir radieux à l’horizon met fin à ses jours ainsi qu’à ceux de sa fille, leur imposant ainsi un long voyage puisqu’ils sont les oubliés de la terre.
 

Festival Emergence 2017 : le palmarès

Emergence 2017, c’est complètement fini. C’est à Anoumou Amekudji (critique cinéma), Angela Aquereburu (productrice-réalisatrice), Emerson Ayivor (producteur) et Aymar Esse (réalisateur) qu’ a échu la tâche de récompenser les plus méritants parmi les 23 films en compétition.
Voici le palmarès de la 4ème édition du Festival Emergence :
Meilleur film fiction et Meilleure interprétation masculine : Pile à l’heure de l’Ivoirienne Mariam Doumbouya.
Le film, long de 16 minutes, raconte l’histoire de ZOKO un jeune ouvrier. Un jour, il emprunte la pinasse pour se rendre au boulot. Lors de la traversée, il tombe sous le charme du discours de ZEZE, un tradi-praticien qui vante les mérites d’un produit spécial dénommé ‘’Pile à l’heure’’. ZOKO l’achète en espérant l’utiliser avec sa nouvelle conquête, Bijou. Frustré par ses mésaventures passées, il décide de quadrupler la dose contrairement aux prescriptions de ZEZE. Malheureusement, une fois à l’hôtel, le surdosage provoque une terrible diarrhée qui l’empêche, à son grand désarroi, de concrétiser ses fantasmes. Cliquez là pour voir la Bande-annonce du film.

Meilleur film documentaire : Comme si on a plus de valeur de Clemens de Souza du Togo.
Personnellement, je pense que c’est le meilleur film du festival du point de vue histoire. C’est un documentaire de 26 minutes qui nous transporte dans l’univers des malades mentaux. Le réalisateur promène sa caméra dans les rues de Lomé et nous fait découvrir le quotidien de ces personnes que nous appelons péjorativement « les fous »

_MG_8904

Clemens de Souza (en chemise noire) meilleur réalisateur documentaire


Prix spécial du meilleur son destiné uniquement aux films togolais et meilleure Interprétation féminine : Brigitte du réalisateur togolais Gilbert Bararmna-Boukpessi
Dans le film, Nassiba Tchassanté interprète le rôle de la grande sœur courageuse. Ses parents sont décédés et elle doit se battre pour que son jeune frère survive à un cancer. Pour avoir l’argent nécessaire afin de le sauver, elle se propose comme mère porteuse d’un riche couple. Malheureusement, après l’accouchement elle connaît des complications et meurt en couches.
_MG_8917

Nassiba Tchassanté, meilleure interprétation féminine


Coup de cœur du jury : La peau de caméléon du réalisateur français Remy Jennequin
Ce film peint un militant togolais « caméléon ». Il est à la fois partisan du parti de Faure Gnassingbe et de celui de jean-Pierre Fabre. Il change de couleur et de discours mais un jour il devra choisir.
J’ai trouvé le film assez instructif et drôle avec un excellent jeu d’acteur. Mais je pense que pour un sujet aussi sensible que la politique, le réalisateur aurait pu utiliser des pseudonymes pour représenter les partis et les noms de leurs leaders contrairement au schéma qui nous a été présenté.
_MG_8911

Le preneur de son sur la production reçoit le prix pour Rémy Jennequin


Le prix spécial de la réalisatrice offert par l’association infos ciné est revenu à la réalisatrice malienne Hawa N’diaye pour le film documentaire L’absence.Le documentaire de 13minutes raconte l’histoire d’une jeune fille qui a souffert de l’absence de son père. Ce dernier est plus occupé par les affaires de la mosquée que par sa propre famille.
PicsArt_11-29-02.12.11
Voilà le récapitulatif des vainqueurs de cette quatrième édition du Festival Émergences. Les Écureuils du Bénin n’ont pas eu de prix. Souhaitons leur donc bonne préparation et bonne chance pour la cinquième édition du festival qui est déjà en téléchargement.
 

Marthe-Carmelle Okoumassoun l'écureuil du Bénin au festival Emergence.

Le festival émergence est un festival de court-métrage fiction et documentaire qui se déroule chaque année au Togo. La quatrième édition du festival  démarre demain à Lomé au Togo. 23 films sont en compétitions pour obtenir les précieux lauriers du festival et dans la catégorie des films documentaires, le Bénin est représenté par le film Egba Omondjagoun. Réalisé par Marthe-Carmelle Okoumassoun, ce film dure 12minutes 59 secondes. A la veille de son départ pour Lomé, j’ai rencontré la jeune réalisatrice à qui j’ai posé quelques questions afin de faire découvrir son film au public béninois.

FB_IMG_1510334436904

Selfie de l’équipe de production pendant le tournage


En une phrase, qui est Marthe-Carmelle Okoumassoun ?
C’est une jeune fille qui se bat et qui a une licence en journalisme. Je suis également l’auteure-réalisatrice du film Egba Omondjagoun.
Parlant de Egba Omondjagoun, de quoi traite le film et pourquoi ce titre ?
C’est un documentaire qui parle du clan princier de Dassa. Ce clan n’est pas très connu et même certains fils de Dassa n’y connaissent pas grand chose. J’y ai alors consacré un film. Je l’ai ainsi titré parce que tout le monde dit généralement Omondjagoun mais la vraie appellation est Egba Omondjagoun parce qu’ils viennent de Egba au Nigéria.
A quel moment toi  as-tu découvert les Omondjagoun de Dassa ?
J’ai toujours eu connaissance de l’existence des Omandjagoun de Dassa vu que je suis originaire de cette ville. Mais, je ne savais pas vraiment grand-chose d’eux. Ce tournage a, de ce fait, eu d’abord sur moi-même l’effet escompté. J’ai véritablement découvert ce clan lors de la réalisation de mon film.
Comment s’est conçu le scénario du film et quel est le coût en terme de budget ?
Le film m’a couté un peu moins d’un million. Pour le scénario, j’ai écrit un dossier de production mais arrivée sur le terrain, j’ai fait face à d’autres réalités. J’ai alors travaillé en tenant compte de tous les paramètres présents.
Raconte nous une anecdote qui t’a marquée durant le tournage.
(Rire pendant un long moment) Une anecdote !!!!!! Une chose qui m’a marquée parmi tant d’autres , c’est quand on est allé à Tré. On devait grimper les collines, ça a pris 45min. Nous étions arrivés sur une sorte de clairière. J’étais heureuse d’être arrivée à destination mais notre guide nous a dit qu’on venait de faire la moitié du trajet. Là je me suis mise à pleurer. C’était d’ailleurs ça ma principale difficulté sur ce tournage ; il fallait beaucoup grimper et pour moi qui ne suis pas très sportive, c’était chaud.
FB_IMG_1510334423134

En route pour le sommet de la colline….


Tu défendras les couleurs du Bénin à Lomé dès demain dans le cadre du festival Emergence. Qu’est-ce que cela te fait ?
Je suis fière mais je stresse aussi beaucoup. Ce sont des amis qui m’ont informée de la sélection du film. J’ai ensuite consulté la liste et je me suis rendu compte que j’étais la seule béninoise en compétition. J’avoue que c’est stressant.
Parmi les autres films en compétition, lequel te fait peur ?
Je n’ai pas peur. Si mon film est meilleur à celui des autres, je gagnerai. Dans le cas contraire, je ne gagnerai pas de trophée mais j’aurais gagné en expérience. Je suis personnellement satisfaite parce que cette sélection est pour moi une victoire morale.
FB_IMG_1508281850601

Liste des films sélectionnés pour le Festival émergence 2017


Après Emergence, quel sera le destin du film ?
Ah !!! Je suis retournée à Dassa et on a complété le tournage avec des plans tournés en drone. Donc je vais remonter le film pour lui donner un nouveau visage. Après je vais l’envoyer à d’autres festivals.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer jusqu’à Lomé vous voir le film en salle, vous pouvez le voir sur YouTube. cliquez là?????