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Lucie Memba Bos, la fée du cinéma camerounais

Hello par ici !!! C’est le dernier article  de l’année. J’ai choisi à Ecranbenin de vous présenter à la fin de chaque année, une femme cinéaste qui m’a marquée. Après Vero Beya Tshanda l’année dernière, je nous emmène au Cameroun pour découvrir la fée du cinéma du 237. Et ce n’est pas moi qui la traite de fée, c’est son surnom.

Bonjour la fée camerounaise. Présente-toi pour mes lecteurs stp.

Merci à Ecranbenin  d’avoir pris la peine de m’inviter. Je suis Lucie Memba Bos, actrice et productrice camerounaise. Je fais des films en anglais et en français.

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Lucie était membre du jury au festival migration d’Agadir 2018

 

 

On parle beaucoup de toi en tant qu’actrice mais très peu toi comme productrice et c’est cette casquette qui m’intéresse. Alors, comment passe-t-on d’actrice à productrice ?

L’actorat est ma première casquette. J’ai commencé comme actrice. Puis film après film, j’ai constaté que la production était réduite et pas régulière au Cameroun.  Je  me suis dit qu’il ne fallait pas attendre à chaque fois qu’on m’appelle pour travailler et alors, j’ai décidé de produire des films dans lesquels je pourrai me mettre en valeur, avec des personnages qui me parlent véritablement. C’est comme cela que je suis passée d’actrice à productrice.

En tant que productrice, quelles sont les œuvres que tu as à ton actif ?

Mon premier bébé en tant que productrice s’appelle Paradis. Il a  été tiré de la série Paradis sur laquelle j’avais déjà travaillé. J’ai coproduit ensuite  Ntanapi, qui a eu le prix du meilleur film camerounais et de la meilleure actrice au festival Ecran noir en 2014. Mon label de production LMB production a également coproduit le premier film de guerre camerounais  la Patrie d’abord  de Thierry Ntarmak, dans lequel j’ai également joué le rôle principal.

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La Patrie d’abord fut nominé aux trophées francophones du cinéma 2017

 

 

Concrètement, qu’est-ce que le rôle du producteur sur les projets ?

Le producteur, c’est celui qui se bat pour trouver les moyens humains, financiers, techniques et même spirituels. Le producteur doit aider le film à passer de l’écriture à la réalisation. Il doit trouver tous les moyens dont le projet a besoin pour se matérialiser.

 

Est-ce difficile de trouver l’argent pour les films ?

(Rire) Absolument, surtout dans le contexte africain. C’est difficile partout dans le monde, Hollywood, Bollywood mais c’est pire en Afrique centrale parce qu’on n’a pas une véritable industrie, un canal de distribution des films ; du coup, les investisseurs n’ont pas envie d’y mettre de l’argent puisqu’ils ont peur de la rentabilité du film et c’est logique. Mais avec de la volonté et de la passion,  on arrive à se battre pour pouvoir produire des films. Et je crois que progressivement, nous deviendrons aussi géants que nos voisins du Nigéria qui ont commencé petitement.

Quelles doivent être les qualités d’un producteur ?

Question difficile parce que je crois que les qualités sont personnelles.  Mais je pense qu’être smart, être capable de convaincre les sponsors et de trouver les fonds sont les caractéristiques que tous les producteurs doivent avoir en commun. Le producteur porte une grande casquette, toute la chaine dépend de lui, donc il doit rentabiliser pour faire vivre son équipe. Il doit aussi avoir une bonne ligne éditoriale.

Quelle est la ligne éditoriale de LMB prod ? Ou es-tu ouverte à toutes sortes de projets ?

Je suis ouverte à toutes sortes de projets porteurs. Je travaille sur des projets qui parlent parce qu’un film qui ne vous parle pas finit dans le tiroir et ce n’est pas la place d’une œuvre d’art.

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On voit bien qu’elle aime l’art

Si un jeune béninois ou africain a un projet et est à la recherche d’un producteur pour son film, comment te contacte-t-il ?

A cause des difficultés financières, je ne produis que les films dans lesquels je joue.  Lorsque la boite de production grandira, je les produirai avec beaucoup de plaisir et ils pourront me joindre en passant par toi, Ecranbenin.

Dernière question : imagine toi séquestrée par des individus, ils serrent ton cou, tu vois la scène ? Et là ils te disent « Lucie, aujourd’hui tu dois choisir entre l’actorat et la production ».

(Rire) Ton schéma est bizarre hein. Question piège ! Je choisirai l’actorat parce que c’est un métier qui me passionne et dans lequel je m’épanouis. Je l’aime, c’est mon premier amour.

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Lucie et moi à la fin de l’entretien

Crédit photo: Page FB Lucie Memba Bos

Rencontre avec Marie-Inès Ayonga, actrice camerounaise.

Cette semaine je vous emmène au Cameroun, ce pays d’Afrique qui a connu ces dernières années une vraie croissance dans le domaine du cinéma. Je vous offre une  interview avec Marie-Inès Ayonga (MIA) qui, la trentaine environ,  est l’une des actrices les plus en vue du pays. Moi je l’ai découverte dans la série Jugement dernier qui est passée sur A+.
MIA, dans quels films as-tu joué ?
J’ai joué dans Coup de tonnerre de Jean marie Nengue, Orly de Francis Tene Kouagne, L’argent soigne la mort de Richard Enama, Céréla de jean-Baptiste Bekolo, dans la série Jugement dernier de Elvis Noulem, etc. En tout, j’ai joué dans un peu plus de 7 court-métrages, plus de 8 long- métrages et dans 11 séries télévisées
Tu as été le personnage principal dans la série Jugement dernier qui est passé récemment  sur la chaine A+. Peux-tu nous dire ce que raconte cette série et quel a été ton rôle ?
La série télévisée Jugement dernier est l’histoire de Natachas, une jeune fille qui a, très tôt, perdu ses parents. Elle se retrouve dans une vie de couple avec un jeune étudiant qui, malheureusement, ne répond pas à ses attentes. Natachas est capricieuse et orgueilleuse et ne respecte pas les habitants de son village, elle ne respecte personne. Elle quitte donc le village pour tenter l’aventure en ville, où plusieurs mésaventures l’attendent.

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MIA en mode maquillage avant le tournage


Quelles recherches as-tu fait pour préparer ce rôle ?
J’ai été formée à l’Institut Spécialisée des Métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel  d’Afrique Centrale (ISCAAC) où j’ai appris la technique du jeu vrai, qui est de partir de soi pour un personnage et la pratique du principe du jeu vrai, qui est la vérité de la scène. Je n’ai pas vraiment fait de recherche, la psychologie de mon personnage m’avait déjà beaucoup renseignée sur la pratique du jeu. J’ai juste eu besoin de me l’approprier et j’avoue, ça m’a beaucoup plu.
Sur le plateau de tournage, le réalisateur te permettait-il d’improviser ?
Oui,  j’ai improvisé par moment et ça a été super facile, d’autant plus que j’avais l’autorisation du réalisateur de le faire et une bonne direction artistique. Je me suis alors juste lâchée  comme  j’aime bien le faire, à fond.
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C’est la bagarre, on se lâche…


Tu tiens également le rôle principal dans le court métrage à succès Mary Jane de Frank Olivier Ndema. Pour les tournages, que préfères– tu, les séries ou les court ou long métrages ? Pourquoi ?
 Mary Jane a été une grande expérience pour moi, la cause défendue dans ce film me tient énormément à cœur. Vous savez, je suis une actrice, je joue partout où le jeu m’appelle, je suis dans tous les projets sérieux, porteurs, innovants et audacieux. Le moment viendra où je ferais un choix de genre cinématographique mais pour l’heure, je reste ouverte d’esprit.
Franck Olivier Ndema, réalisateur, cinéma, cameroun

MIA et le réalisateur Frank Olivier Ndema sur le plateau de Mary Jane


Sur quel projet travailles-tu actuellement ?
Actuellement, je suis sur la production d’une série panafricaine avec le réalisateur ivoirien Jean Noel Bah.  Je travaille aussi sur la deuxième saison de la série Noire City de réalisateur camerounais  André Mbang et je dois aussi travailler sur le tournage de la série Mary Jane qui doit commencer en octobre. La série est produite par DIFFA.
Waooh! est-ce facile de bosser sur trois projets en même temps ? 
 Oui, bien sûr. Je m’accorde juste avec les réalisateurs ou  producteurs pour pouvoir honorer mes engagements.
Si tu as autant de projets, cela veut dire que le cinéma au Cameroun nourrit convenablement, n’est-ce pas?
Le cinéma camerounais me nourrit, maintenant convenablement c’est trop dire car tout change. Le coût de la vie devient de plus en plus élevé et la société de consommation n’est pas nombreuse. Pour ma part, je ne vis que du cinéma et tous mes projets comme ma future émission télévisée tournent au tour du cinéma et affiliés. On doit se battre pour vivre et ce n’est pas que dans le cinéma que c’est difficile.
Culture générale pour finir, que sais- tu du cinéma béninois ?
 Je connais un peu le cinéma béninois et j’aimerais bien travailler avec le réalisateur Sylvestre Amoussou.  J’ai beaucoup aimé son film sur l’immigration (Africa Paradis)  et aussi avec des acteurs tels que Jean Odoutan, Djimon Hounsou et Pipi Wobaho. Je connais aussi Jean Paul Amoussou, acteur, réalisateur, producteur béninois, connu sous le pseudo oncle bazar. J’ai regardé quelques films béninois tels que « Le choc » « Confession » et « Amour et envie ». J’ai beaucoup envie de venir découvrir le professionnalisme des cinéastes béninois et la culture béninoise. Je viendrai à la première invitation.  Je vous rappelle que vous avez gagné des prix et pas des moindres en plus (rire)…. Le Bénin me tente beaucoup et je n’hésiterai pas une seconde, dès que mon agenda me le permettra.
Marie Inès Ayonga, actrice, cinéma, cameroun

Mains en l’air!!!!!!


 
 

Nicole Dadjo, maquilleuse  de cinéma : « C’est un terrain quasi vierge »

Nicole Annick Dadjo est esthéticienne et maquilleuse sur les plateaux de films et exerce le métier depuis plusieurs décennies. Elle a été maquilleuse sur tous les films de Prince ogoudjobi (le réalisateur de la série Deuxième chance qui passe actuellement sur A+) et a également travaillé sur plusieurs autres productions béninoise, burkinabé, anglaise ; etc. Nicole enseigne le maquillage dans les écoles de cinéma. Elle m’a invité à suivre un de ses cours, l’interview a été réalisée juste après.
 
 
Nicole, qu’est-ce que le maquillage plateau et en quoi diffère-t-il du maquillage simple ?
Le maquillage plateau est un maquillage qui se fait au cinéma. Il tient compte du scénario. Quand le maquilleur reçoit le scénario, il le lit, fait son propre dépouillement et crée des maquillages en fonction de ce qui est écrit dans le scénario.  Il fait des effets au besoin, réalise le maquillage en fonction de l’éclairage du plateau et du lieu du tournage. Il faut donc avoir des notions de cinéma, être créatif, être rapide et avoir de la finesse alors que dans un maquillage simple on se contente juste de maquiller le sujet selon l’évènement.
Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ?
Au début, je détestais le maquillage. Je ne me maquillais même pas. Puis j’ai eu un boulot et dans la boîte, le maquillage était exigé. Plus tard, je me suis intéressée au cinéma et j’ai travaillé sur la production du film  Voyage à Ouaga . Sur le plateau, j’ai rencontré une grande maquilleuse qui s’appelle Amy Zouré. J’ai été fascinée par son travail. J’ai donc décidé de faire du maquillage plateau. Je me suis inscrite pour la formation à Paris-Bénin Esthétique et  j’ai ensuite bossé sur le tas pendant deux années. J’ai notamment travaillé sur les plateaux du réalisateur nigérian Tundé Kelani. Après, j’ai complété ma formation dans une école française à Arras. A tout ça, s’ajoutent les livres que j’achète, les recettes que je teste.

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Du miel, du café et d’autres ingrédients secrets pour fabriquer le faux sang pour les plaies


Quel est le projet sur lequel tu as eu du plaisir à travailler ?
J’éprouve du plaisir sur tous mes projets mais mon préféré reste Le retour du roi mais le film n’est pas encore sorti. J’aime ce projet parce que j’ai vraiment fait du progrès côté création. Je me suis surpassée et ça me rend vraiment fière.
Parlant fierté, qu’est-ce qui te rend vraiment fière dans ton métier ?
Je suis fière quand je finis mon travail sur un plateau et les gens disent « Waooh ! Le maquillage est beau. C’est vraiment réussi…»  ça me rend très fière. L’autre chose qui me rend fière, c’est partager ma connaissance avec les personnes que je forme.
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Un étudiant content après qu’on ai réalisé sur lui un saignement du nez et un hématome 😅 il devait pleurer normalement pour faire le jeu mais trop content du résultat il a tout le temps rigolé


En maquillage que réussis-tu le plus ?
Les plaies (rire) je les réussis, et à chaque fois, j’arrive à créer une nouvelle technique de plaie. Je crée aussi des matériels locaux parce que c’est cher d’importer des trucs d’Europe. Je n’utilise plus le latex par exemple mais je continue de faire des plaies. Je fabrique moi-même les pâtes à modeler.
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Elle adore réaliser les plaies. Pendant le cours ses élèves ont eu droit à plusieurs techniques, celle de la pâte à modeler, celle du coton, celle de la cigarette…


Qu’est ce qui serait assez fort pour te dissuade d’exercer ton métier.
(Longue réflexion) je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé un truc qui réduit mon amour pour le maquillage plateau. J’ai du plaisir à maquiller.
Quelles écoles recommanderais-tu à quelqu’un qui voudrait embrasser cette carrière ?
Au Bénin et en Afrique, je n’en connais pas vraiment. Je lui recommanderais de se faire former sur le tas d’abord et ensuite compléter sa formation en Europe. Mais si la personne dispose de moyens, elle peut directement aller dans une école en Europe. Je recommande aussi de se faire former en esthétique parce que c’est important de connaître la peau sur laquelle on veut travailler afin de ne pas irriter les gens. il y a aussi Youtube aujourd’hui elle pourra voir les tutoriels. Il faut aussi faire beaucoup de stage afin d’avoir la main.
Ok !trouve-t-on  vraiment du travail dans ce domaine ?
C’est un terrain assez vierge. Il n’y a pas beaucoup de maquilleurs dans l’industrie donc c’est vraiment facile d’avoir à faire. De plus, avec toutes les écoles de formations en réalisation, c’est sûr qu’il y aura de plus en plus de tournage.
Dernière question pour toi, les maquilleurs sont-ils bien payés sur les plateaux ?
Le maquilleur est payé au même titre que les autres techniciens. 50 milles franc CFA la journée. Mais au Bénin ce n’est pas toujours ça.
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Nicole montre la réalisation d’un maquillage du jour à ses étudiants


 
 
 

Le Beatmaker béninois, Marshall Cyano, exporte son talent vers le cinéma.

Bonjour les cinéphiles. Cette semaine, je vous propose une interview avec le beatmaker béninois Marshall Cyano (je suis sûre que ça vous fait bizarre hiihiihi). Ce n’est pas ma faute. Marshall a mis un pied dans le cinéma et il faut donc qu’Ecranbenin le mette dans la sauce. Pour les personnes qui suivent A+, vous avez sûrement remarqué comme moi la nouvelle série Aissa qui fait du buzz et si vous l’avez remarqué, vous devriez aussi avoir constaté que dans le générique, on entend le «  Marshall Cyano » qu’on entend souvent dans les sons de Fanicko, Dibi Dobo, Vano et autres….. Il vient chercher quoi dans le cinéma ? Je l’ai rencontré un après-midi à l’Institut Français, on a bien rigolé et on a fait notre interview. Mais avant la lecture de l’interview, suivez le générique de Aissa afin qu’on soit tous au même niveau d’information.

Hello chef ! Présente-toi pour moi et pour mes lecteurs s’il te plaît.
Salut, je suis Marshall Cyano, Omontecho Patrick Ciano à l’état civil. Je suis beatmaker et ingénieur de son. J’ai travaillé avec Fanicko, Vano, Blaaz,Dibi Dobo et beaucoup d’autres artistes.

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Marshall Cyano en studio


Actuellement nous autres, fans de cinéma, sommes câblés sur la série musicale Aissa. Et dans l’une des chansons, on entend en début Marshall cyano. Est-ce toi qui as fait cette chanson ? Si oui, raconte-nous l’aventure.
Oui, c’est moi. J’ai été approché par le co-producteur de la série, Kodjo Houngbeme de Nouvelle Donne Production, qui cherchait déjà à collaborer avec moi sur un projet depuis un moment. Donc il m’a contacté, il m’a dit qu’il recherchait un générique pour la série Aissa. Alors j’ai bossé et je lui ai fait plusieurs propositions, Il a écouté, on a vu le texte ensemble. Ensuite, l’artiste (Senzaa Brown NDLR) est venu ici à Cotonou, elle est entrée en studio et on a fait le reste du travail.
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Senzaa Brown incarne le rôle de Aissa dans la série


C’était quand et combien de temps a duré ce travail ?
C’était en décembre dernier, si ma mémoire est bonne (rire). L’enregistrement a duré une journée, puisque l’artiste  avait déjà le texte et a eu le temps de répéter avant de venir en studio.
Et est-ce la première fois que tu bosses sur un projet au cinéma ?
(Hésitant) non, c’est la deuxième fois. La première fois, c’était il y a quatre ou cinq ans mais la série n’a pas vu le jour.
Pourquoi cela et comment s’appelle cette série morte à la naissance, si je peux me permettre ce terme?
Je ne me rappelle pas du nom, je ne sais pas pourquoi elle n’est pas sortie. Je me rappelle juste que c’est l’adaptation d’un livre écrit par un béninois.
Ah dommage. Pour en revenir à Aissa, comment as-tu trouvé l’expérience et as-tu envie d’évoluer comme beatmaker au cinéma ?
Déjà, j’ai remarqué que ce n’est pas la même chose quand on veut faire un beat pour une simple chanson et pour un film. C’est plus complexe quand c’est un film parce que ce dernier a une thématique, et il faut que la musique qu’on crée aille avec. Au cinéma, l’émotion est importante. C’est assez stressant et intéressant en même temps. Pour les chansons, les artistes demandent un beat, je leur crée ça et ils posent alors qu’en cinéma, on ne crée pas sur un coup de tête. Ça demande assez de soin et beaucoup d’attention et quand le beat est réussi, c’est assez gratifiant. J’ai aimé l’expérience, c’est différent de ce que je fais tous les jours et je voudrais bien reprendre.
Fiche de film (Aissa)
Synopsis : AÏSSA, jeune fille dans la fleur de l’âge, perd sa mère. Après une enfance heureuse au village, AÏSSA doit aller vivre chez son père, un inconnu et s’intégrer à sa famille. Continuellement accablée et maltraitée par Clotilde sa belle-mère et Kimy sa demi-sœur, AISSA ne peut pas compter sur son père indécis et évasif. Ewoua la gouvernante est la seule avec qui elle créée un lien de complicité.
AISSA trouve alors refuge dans ses rêveries et ses chansons mélodieuses. Elle espère devenir un jour une star de la musique.
Pays : Cameroun
Genre : série musicale
Format : 26 X 26
Producteurs : Jean Roke Patoudem, Kodjo Houngbeme
Acteurs : Senzaa Brown, Hama Hahaya,Romaine Ebo’o Emma Lohoues, Lino Versace….
Bande annonce Aissa👇👇👇

Sergent Markus, RotC, Lek, Yanick Tchaou et Lucrèce Olikoyi (costumière) tous des béninois ont aussi travaillé sur série Aissa.
Crédit photo: Page Facebook Jean Roke Patoudem, Marshall Cyano
Crédit vidéo : Patou film in action

Huguette Goudjo, Costumière de cinéma et fière.

Huguette fait partie des perles du cinéma béninois. Assez discrète, on n’entend pas vraiment parler d’elle. Moi je l’ai découvert en discutant avec le producteur congolais Rufin Mbou Mikima. Il m’a dit : « le Bénin a de très belles personnes dans le cinéma. Je travaille d’ailleurs avec une chef costumière du Bénin pour le second long métrage de Françoise Ellong,  que je produis au Cameroun ». J’étais stupéfaite : une costumière béninoise ? difficile d’y croire. J’ai alors décidé de mener ma petite enquête sur cette dame et ce que j’ai découvert est juste époustouflant. Son CV est une merveille et elle s’impose, peu à peu, comme une figure importante du cinéma africain. Elle a été costumière sur L’œil du cyclone de Sékou Traoré (2015), Vindicte de Ange-regis Hounkpatin (2016), Walay de Berni Goldblat (2017), Cessez le feu de Emmanuel Courcol (2017), ou encore Kuntak de Françoise Ellong (2018),entre autres. Elle est actuellement au Bénin et j’ai sauté sur l’occasion pour la rencontrer, afin de vous faire découvrir le métier de costumière de cinéma.

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Rufin Mbou Mikima et Huguette Goudjo


Qu’ est ce qu’ une costumière de cinéma ?
C’est une technicienne du cinéma qui s’occupe, surtout au moment de la préparation du film, de gérer les costumes, de parler avec le réalisateur et de comprendre sa vision, dans le but de décider du costume qui ira à chaque acteur du film.
Je crois que costume, ici, signifie vêtement. Est-ce à dire que le costumier est un couturier ?
Oui. Quand on est costumier, on doit forcément avoir la base, le B-A BA de la couture. Moi je dessine parfois les croquis de ce que je veux, pour aider le styliste.
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Huguette costumière sur le film l’œil de cyclone avec l’acteur Burkinabé Rasmané Ouedraogo


Où as-tu appris ce métier ?
Sur le tas. Après mon bac, je suis entrée à l’université où j’ai commencé le secrétariat, mais je n’aimais pas ça. Je ne me voyais pas assise derrière un bureau. Et quand je suivais le journal avec ma mère les soirs, je lui disais : « tiens, cette journaliste est mal habillée » et ma mère me refoulait, genre « toi tu sais quoi des habits et du style ». Avec le temps, j’ai compris que je voulais évoluer dans un domaine ayant un lien avec les habits et j’ai fini par choisir le métier de costumière. J’ai reçu des cours en ligne de costumières françaises et c’est ainsi que je suis devenue costumière.
Te rappelles-Tu de ton premier film ?
C’était en 2008. Dix ans maintenant. C’était « Deuxième bureau » de Sanvi Panou. J’ai été sollicitée par un technicien de Laha Productions pour prendre le scénario. J’ai flippé parce que c’était mon baptême de feu et je n’avais que mes cours, appris dans des documents. Je n’avais ni coach ni mentor. Je me demandais si je serais à la hauteur. En fin de compte, j’ai réussi ce test et il n’y a eu aucune erreur de raccord. J’étais fière de moi. Après cela, le réalo m’a rappelée pour faire la série entière. J’ai été très chanceuse et cela m’a servi de publicité car, la série est diffusée sur certaines chaînes tv de certains pays sous-régionaux
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Huguette costumière sur le film béninois « le retour du roi » réalisé par Roger Nahum


Tu sais, je me promène souvent sur les plateaux des réalisateurs et je ne vois pas vraiment de costumière. Le métier te fait-il vivre ou chômes-tu souvent ?
(Rire) C’est vrai que ce métier est très saisonnier. Tu peux chômer pendant six mois avant d’avoir un nouveau contrat. Mais au Bénin, on ne travaille presque jamais parce que la qualité des œuvres n’impose pas, encore, la présence d’un costumier. Il y a beaucoup de postes qui ne sont pas sollicités sur les plateaux dont celui de costumier. Donc, on est obligé d’avoir des contacts à l’étranger et d’aller bosser sur les projets hors du Bénin.
Il est vrai que c’est ton gagne-pain mais, en toute honnêteté, ne penses-tu pas qu’on peut se passer de ce poste, surtout sur les petites productions ?
Cela est impossible si tu veux avoir un bon résultat. On dit souvent que les postes du cinéma sont complémentaires, donc quand un poste manque, on le ressent sur la version finale du film.
D’accord. Parlons cash à présent. Les costumiers gagnent-ils gros sur les plateaux ?
(Rire pendant un bon moment) Cela dépend de votre contrat. Mais sur une bonne production, le costumier peut être à 50 milles francs par jour et ça, c’est quand il veut bosser gratis, parce que c’est un travail épuisant. Maintenant, si le tournage est long, vous pouvez négocier sous forme de forfait et avoir 4-5 millions pour 30 jours. L’autre chose, c’est que sur les productions, on joue souvent le rôle de costumier et d’habilleur, qui est normalement un autre poste du cinéma. Cela fait que notre cachet est vraiment un forfait.
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Huguette a travaillé sur le film « Kuntak » de Françoise Ellong. Le film n’est pas encore sorti


Si un jeune a envie de suivre tes pas, que doit-il faire pour devenir costumier ?
Je le prends tout de suite avec moi. Au Bénin, je n’ai jamais vu une personne s’intéresser à ce métier. Je n’ai pas d’assistant donc je pourrai le prendre avec moi afin de partager mes connaissances avec lui. Je l’emmènerai sur mes plateaux, au Bénin ou à l’étranger, pour qu’il puisse s’exercer. Je recommanderais quand à ces jeunes, qui ont envie d’embrasser cette carrière, de voir des films, de faire attentions aux costumes et à tous les détails qui y figurent, selon le personnage, etc..
Huguette, c’est la fin de l’entretien que je te laisse conclure..
Merci Cornélia. Je vais simplement dire que j’aime mon métier, j’adore ce que je fais. Et je voudrais partager ceci avec toutes les personnes qui travaillent dans le cinéma : «  il faut être humble ». Quand on n’est pas humble, on n’est pas compatible avec le cinéma.
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Huguette et moi. On a passé un bel après-midi


Crédit photo: Huguette Goudjo

Trois films africains à voir à la St Valentin

Hello les cinéphiles amoureux ou célibataires ! J’espère que vous vous portez bien. Aujourd’hui, c’est la St Valentin et j’ai voulu, en cette période, voir des films d’amour africains afin de vous les proposer. Durant mes recherches, j’ai compris que les africains n’étaient pas vraiment dans le feeling «  ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Les réalisateurs optent, beaucoup plus, pour un mélange de drame et de romance. Je vous propose donc, dans ce billet, trois films que j’ai vus et qui parlent d’amour
Ben et Ara de Nnegest Likké (Cameroun/USA)
Ce film éthiopien et américain de 84 minutes est un mélange d’histoire d’amour et de religion. Il raconte l’histoire de Ben, un étudiant préparant un PhD en philosophie très poussé vers la raison et d’Ara, (rôle interprété par Constance Ejuma) une jeune femme musulmane qui ne jure que par Allah. La raison ou la foi ou encore l’amour ? Ce film est un mélange de tragédie et de magie. Ce n’est pas pour rien qu’il a remporté autant de prix dans les festivals (Festival international du film panafricain de Canne, écrans noirs, African Movie Academy…).

 
 
 
 Pacte de Joël Tchedré (Togo)
Si vous suivez Pacte, vous ne ferez jamais un pacte de sang, ni avec votre amoureux ni avec personne d’autre d’ailleurs . Dans ce film, on a affaire à un couple, lié par un pacte de sang pour la vie et la mort. La femme meurt et revient hanter son mari « préféré ». Elle est partout et le dérange sans cesse. Exaspéré, il se donne finalement la mort pour la rejoindre. Il dure 17 minutes et a été réalisé par le togolais Joel Tchedre. Le film a participé à plusieurs festivals tels que le FESPACO , le FESTICAB, et le Toukountchi au Niger.

Miranda de Blaise Ntedju (Cameroun)
David est beau et riche mais ne parvient pas à trouver une femme sincère pour l’aimer. Elles veulent toutes de son argent. Il finit par rencontrer Miranda, se déguise en pauvre et prend le nom de Valentin. Les deux filent le parfait Amour. Cependant, la mère de Miranda est contre cette relation. Pour elle, sa fille mérite mieux. Elle tente, sans succès, de la donner en mariage à un riche homme du village. Miranda découvrira plus tard que son Valentin lui avait menti sur sa situation financière et elle le rejette,se sentant trahie. Mais l’amour étant plus fort et sous l’influence de sa mère, elle retourne vers lui. Même si j’ai trouvé un peu brusque cette façon de dire Non et Oui par la suite, ça reste un beau film à voir en couple le 14 février pour ceux qui rêvent d’une soirée cinéma.

Ma liste n’est pas exhaustive. N’hésitez pas à me proposer d’autres films africains sur la même thématique si vous en connaissez

Festico 2018 : Le festival pour rire, rire et rire

Partagez cet article jusqu’à ce qu’il parvienne au dernier réalisateur spécialisé dans le genre comique.
J’ai découvert depuis peu une nouvelle et belle génération d’humoristes africains sur facebook. Leur mode opératoire : de courtes vidéos qui vous font rire jusqu’à vous arracher parfois des larmes. Et parlant de rire, le Cameroun organise depuis 6 ans déjà un festival pour mettre en valeur les œuvres comiques. Alors cette année, Ecranbenin s’associe à ce festival africain du rire. L’appel à film est lancé depuis un moment et je souhaite la participation de plusieurs réalisateurs africains (il faut que l’Afrique gagne). Donc dans ce court billet, je vous fais découvrir le Festico.
Le Festico, qu’est-ce que c’est?
Le festival international du film d’humour et de comédie de Yaoundé FESTICO (festival des images comiques) existe depuis 2013. C’est un festival destiné uniquement aux œuvres comiques. Cela change un peu du drame auxquels les cinéphiles sont habitués dans les festivals.

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Badges Festico 2018


Particularité de la 6e édition du Festico ?
Cette année, il y aura une distinction spéciale dénommée Jean MICHE KANKAN, qui va récompenser l’ensemble de la carrière d’un artiste humoriste.
De plus, il y aura des projections de films comiques pour enfants en présence des élèves des établissements primaires afin de les initier au cinéma.
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Jean-Miché Kankan, artiste humoriste camerounais décédé le 13 février 1997


Quel genre d’œuvre peut être inscrit au Festico ?
Les drames sont d’office éliminés, on est d’accord. Par contre, les films comiques dans le genre fiction, comédie dramatique, satire, farce, burlesque, humour noir, documentaire, spot publicitaire, magazine, téléfilm, comédie musicale, sitcom, série tv, film d’animation, canular, gag, spectacle de stand up / one man show filmé, pièce de théâtre peu importe la durée, peuvent être soumis au comité de sélection du festival.
Comment y participer ?
Le festival est prévu pour se tenir du 2 au 5 Mai 2018 à Yaoundé au Cameroun. Pour participer, il suffit d’écrire via la boîte postale 2545 YAOUNDE-MESSA / CAMEROUN avec une fiche d’inscription et deux (2) DVD du film, avant le 15 avril 2018. Pour avoir la fiche d’inscription, cliquez Ici et pour obtenir le règlement général Ici.
Si vous avez des soucis, contactez, ecranbenin@gmail.com  ou engoferdinand@yahoo.fr ou encore feliciaasseh@gmail.com .
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Une réalisatrice présente son film durant la dernière édition du Festico


En attendant de vous retrouver à Yaoundé pour savoir quel film nous fera le plus rire, je vous souhaite une belle année 2018, une année pleine de rire et de succès.