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Le film ivoirien Résolution remporte le prix Félix Houphouët-Boigny  du Conseil de l’Entente lors du  Fespaco 2019

Depuis 2015, le Conseil de l’Entente prime un film avec un trophée d’une valeur d’un million de Fcfa et une enveloppe de 10 millions de F CFA.

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Le prix spécial Félix Houphouet-Boigny

Sur la centaine de films en compétition au Fespaco, une short list de 15 films a été retenue par l’organisation. Ces films sont réalisés par des jeunes de moins de 45 ans venant d’un pays membre de la CEDEAO et abordant des thématiques qui touchent l’organisation telles que la promotion de la démocratie et l’Etat de droit, la paix et la justice sociale, la fraternité et la solidarité.

Au soir du vendredi 1er Mars 2019, le long métrage Résolution , co-réalisé par Boris Oue et Marcel Sangne a remporté le prix. Leur film raconte  l’histoire de Yenan, une femme puissante qui dirige une usine de cacao.  Mariée à un procureur (interprété par Bruno Henry), sa famille semble parfaite mais au fond se cachent plusieurs blessures profondes qui la détruisent à petit feu. À travers ce film, les auteurs abordent les questions de  violences faites aux femmes en Afrique.

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A propos du conseil de l’entente

Le Conseil de l’Entente est un forum de coopération régionale ouest-africain créé en mai 1959 par la Côte d’Ivoire , le Niger , le Burkina Faso et  le Bénin et rejoint en 1966 par le Togo. Cette organisation, à finalité principalement économique, dispose d’un Secrétariat Exécutif  permanent basé à Abidjan , la plus grande ville de Côte d’Ivoire depuis 1966.

 

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Interview Kismath Baguiri "je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités"

Kismath Baguiri fait partie de cette nouvelle génération de cinéastes béninois hyper motivée que j’aime. Elle est scénariste, réalisatrice, actrice de cinéma et organise depuis 2017 le Ciné229Awards. C’est la grande cérémonie qui récompense les acteurs du cinéma, qui se sont fait remarquer durant l’année. J’étais chez elle et devant nos bouteilles de bissap, elle a répondu à mes questions. Mais avant je lui ai demandé de faire un serment, parce-que notre jeune cinéaste est une grande cachotière.
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Bonjour Kismath. Alors en début d’interview, je voudrais que tu jures de tout dire à Ecranbénin, de n‘esquiver aucune question.
(Rire pendant un bon moment) On est au tribunal ???? Je vais répondre à toutes les questions sous réserve. Mais bon je promets, je vais répondre à tes questions dans la mesure du possible.
Kismath Baguiri, c’est qui  réellement ?
Kismath Baguiri, c’est une jeune béninoise qui a fait ses études à Parakou, et qui a ensuite continué dans le cinéma puisqu’elle est passionnée par l’art, tout ce qui est beau… Kismath c’est une jeune scénariste, réalisatrice, comédienne et chanteuse. Elle est attachée à des valeurs telles que la loyauté, l’humilité.
En tant que comédienne tu as quels films à ton actif ?
J’ai joué dans mon propre film, Health War, ensuite j’ai joué dans le film rhum’heure du réalisateur togolais Maxime Tchincoun qui a eu le Kodjo Ebouclé au clap Ivoire 2016, j’ai joué dans beaucoup de films d’étudiants et dans une série en Côte d’Ivoire « Intrigue à Babi ».
 
Et tant que scénariste et réalisatrice ?
J’ai à mon actif 2 court métrages fictions : « Health War » et  « Game over »  que j’ai écrit et réalisé, et mon tout dernier bébé qui est la saison deux de la série « Ting Tang » que j’ai réalisé. J’ai écrit le scénario « la bonne maitresse » une série ivoirienne.
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Parlant de Ting Tang, la salle était pleine à l’avant-première, ça fait quoi de voir le public béninois supporter notre cinéma.
Hum, Franchement j’étais surprise, ça nous a fait super plaisir. Ça veut dire que les gens croient en nous, et en ce que nous faisons. C’était très émouvant.

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Quelques membres de l’équipe technique de Ting Tang


Tu travailles aujourd’hui entre la Cote d’Ivoire et le Bénin, quel pays préfères-tu?
(Hésitante) C’est vrai que je suis sollicitée des deux côtés mais je reste béninoise à vie, donc je préfère le Bénin même si pour le moment il ne m’offre pas les meilleures opportunités. On est justement en train de travailler pour que les gens commencent à comprendre ce dont il s’agit réellement dans notre domaine et commencent à nous accompagner.
Ce n’est pas compliqué d’être à la fois chanteuse, comédienne et réalisatrice ?
Non, tous ces domaines se rejoignent, dans un film il y a des chansons, donc c’est simple pour moi de proposer des musiques de film, pour mes propres films ou pour les films d’autres auteurs. Pour le jeu d’acteur, c’est bien que j’ai des notions d’actorat afin de diriger les comédiens sur mes plateaux en tant que réalisatrice.
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KISMATH sur un plateau de  tournage


C’est quoi ton palmarès au jour d’aujourd’hui ?
J’ai eu mon plus gros palmarès avec le film Health War qui a été sélectionné à plusieurs festivals comme Emergence au Togo, Africlap en France, Ficmec et le Rebiap à Parakou, où il a eu le prix du meilleur montage et meilleure réalisation. Il a été sélectionné en Egypte, et a également participé à la fête du cinéma avec Canal+. Il est actuellement en compétition pour le Festimaj. J’ai aussi eu le prix du meilleur scénario au festival des séries en Côte d’Ivoire avec « Intrigue à Babi » et mon actrice Eliane Tapé a eu le prix de l’interprétation féminine.
Avec ton association Terre D’ében tu organises depuis l’année dernière l’évènement ciné229, tu peux me rappeler le concept stp ?
C’est une soirée au cours de laquelle on récompense les meilleurs jeunes talents du domaine cinématographique. La particularité, c’est que tout le monde est récompensé, technicien, acteurs,… La première édition a eu lieu en décembre 2017 et nous sommes en train de préparer la seconde édition.
Quelle va être la particularité de ciné229awards 2018 ?
On aura éventuellement des invités internationaux qui ont déjà donné leur accord de principe, les lauréats de l’édition passée feront un film qui sera projeté à cette édition. Cela permet de cultiver l’union, l’entraide entre les cinéastes de la nouvelle génération. Donc si des personnes ont envie de se positionner comme sponsors ou partenaires, c’est le moment.
Je sais et je sens que tu es en train de travailler sur un nouveau projet. Parles-nous du projet et n’oublie pas le serment du début.
Hahaha le fameux serment !!! C’est bien deviné, mais je ne travaille pas sur un, mais sur plusieurs projets en même temps. Il y en a qui sont prioritaires. Parmi eux il y a la promotion de la série Ting Tang, l’organisation de la seconde édition de ciné229awards et la réalisation de mon prochain court métrage. Je sais que tu veux que je parle du film mais je ne le ferai pas avant avoir bouclé le projet. La seule chose que je peux te dire, c’est que ça raconte l’histoire d’une domestique et parmi les actrices du film, il y a la talentueuse Carole Lokossou. Mais c’est promis, Ecranbenin verra le film en premier.
Je suis rassurée. Dernièrement tu étais sur deux festivals, Série-Série et les Journées Cinématographique de la Femme Africaine de image au Burkina Faso où tu as rencontré de grandes dames telles que Marguerite Abouet et Naky Sy Savané, qu’est-ce que tu as appris durant ces Festivals ?
J’ai appris énormément. A Série Série, j’ai rencontré assez de producteurs, réalisateurs dont j’avais vu les œuvres par le passé, j’ai eu assez de conseils, de techniques et d’approches pour mes projets.
J’ai bénéficié de beaucoup de conseils avec Marguerite Abouet. Naky Sy aujourd’hui, c’est ma maman d’un autre pays. J’ai appris de ces deux grandes dames. Aux JCFA j’ai rencontré des femmes merveilleuses qui font beaucoup pour le cinéma africain. C’est dommage qu’elles n’aient pas la même cote de popularité que les hommes
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Kismath au côté de certaines cinéastes africaines pendant les JCFA


Pour finir, qu’est ce qui reste selon toi au Bénin, pour devenir une vraie nation du cinéma ?
Il reste beaucoup de choses à faire, mais il faut saluer le travail des cinéastes. Il y a de plus en plus de projets de qualité qui sortent du Bénin. Il faut mettre en place une meilleure politique pour la promotion de notre cinéma, rouvrir nos salles qui ont fermées. Il faut que les chaines de télévision apprennent à consommer les productions béninoises, et il faut que le public apprenne aussi à consommer le cinéma local.

Guy Kalou nous dit tout sur le métier d’acteur de cinéma

Il s’appelle Guy Kalou. Il est ivoirien, acteur de cinéma, producteur et depuis quelques temps, réalisateur cinéma. Il a fait une visite flash au Bénin, et étant l’un des meilleurs acteurs francophones (c’est mon avis), je l’ai rencontré afin de lui soutirer tous les secrets pour être bon acteur. L’interview a duré environ une heure et c’était « G E-N I- A L ». On a beaucoup rigolé et Guy faisait tout le temps la comédie. Je crois que c’est pour me rappeler que j’étais devant un acteur de cinéma. Trêve de blabla, voici l’interview.
 
Bonsoir Guy. Comment avez-vous découvert l’actorat ?
Par hasard. C’était en 2005, je bossais dans une entreprise de cosmétique et au détour d’un déjeuner avec une amie, j’ai vu une affiche de casting. Elle m’a incité à y aller vu que j’ai l’habitude de les faire rigoler au bureau. J’ai tenté ma chance. C’était mon premier casting. Environ dix jours après, on m’a appelé pour me dire que j’étais retenu pour le rôle principal. Je n’y croyais pas du tout. J’ai même dit au réalisateur qu’il était fou puisque j’avais zéro expérience. L’aventure a commencé comme ça avec le film Le clash. Le réalisateur s’appelle N’goh Raymond
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Et après Le clash, les tournages se sont se sont succédés …
Avec beaucoup de chance, après Le clash, il y a eu Dr Boris, Coup de force conjugal, ensuite Illusion perdue, Exil intérieur , Interprète, Brouteur… J’ai enchainé les tournages ce qui m’a permis de m’améliorer et aussi de me positionner comme acteur de cinéma en Côte d’Ivoire.
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D’après mes lectures sur vous, on vous classe toujours parmi les meilleurs de la Côte d’Ivoire et c’est aussi mon avis. C’est quoi le secret ?
Règle Numéro 1: il faut croire en soi et ne pas devenir acteur juste pour se faire voir. C’est un moyen de s’exprimer et il faut le sentir; je pense qu’on le sent. Lors de votre premier rôle, c’est à vous de déterminer si c’est votre chemin ou pas. Avant de faire une école d’actorat, Dieu doit déposer un petit don en vous. Il faut ensuite professionnaliser ce don en allant se faire former, en allant se frotter à des anciens. Et il faut également garder les expériences que vous enchainez sur les plateaux. Il faut être humble, modeste. On ne donne qu’aux humbles. Et l’humilité vous ouvre des portes. En gros, il y a le don, l’humilié et aller à l’école professionnelle et celle des ainés.

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Guy Kalou sur un plateau de tournage


Un bon acteur, est- ce celui qui peut incarner tous les rôles ?
Pour moi c’est impossible. C’est mon avis. Une personne ne peut pas incarner tous les rôles. Le personnage, avant d’être psychologique, il est d’abord physiologique donc il faut correspondre aux critères physiques. Ensuite, il y a le critère psychologique. On a beau être le meilleur acteur, on ne peut pas faire tous les rôles. Un acteur, qui veut vraiment faire carrière, doit être sélectif. Si vous ne sentez pas un rôle, ne le faites pas, même pour de l’argent. Un jeu d’acteur raté dans un film peut briser une carrière.
Quelles sont les difficultés du job ?
Ici en Afrique, puisque c’est l’aire géographique que je maîtrise , on a plusieurs difficultés. D’abord on n’a pas de boulot tout le temps, donc difficile de vivre uniquement de son métier d’acteur. Après, quand il y a des productions, les budgets sont restreints. Parfois, on joue dans des films car on a envie d’exister ,mais on finit d’exister mais on ne vit pas.
Je suis sûre que tout n’est pas mauvais. Quel est le côté chic de votre métier ?
Le fait de rentrer dans différents personnages. Le cinéma est une arme et c’est d’ailleurs pourquoi je fais uniquement du cinéma d’engagement.
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Comment fait-on pour être un acteur célèbre ?
La célébrité, on ne l’achète pas, on ne la construit pas. Elle vous accompagne selon que vous posez un pas, bien ou pas. Ne venez pas au cinéma pour être célèbre, venez pour être de bons acteurs, des gens qui jouent juste. Ça vous amènera la célébrité.
Crédit photo: Page Facebook Guy Kalou

Festival Emergence 2017 : le palmarès

Emergence 2017, c’est complètement fini. C’est à Anoumou Amekudji (critique cinéma), Angela Aquereburu (productrice-réalisatrice), Emerson Ayivor (producteur) et Aymar Esse (réalisateur) qu’ a échu la tâche de récompenser les plus méritants parmi les 23 films en compétition.
Voici le palmarès de la 4ème édition du Festival Emergence :
Meilleur film fiction et Meilleure interprétation masculine : Pile à l’heure de l’Ivoirienne Mariam Doumbouya.
Le film, long de 16 minutes, raconte l’histoire de ZOKO un jeune ouvrier. Un jour, il emprunte la pinasse pour se rendre au boulot. Lors de la traversée, il tombe sous le charme du discours de ZEZE, un tradi-praticien qui vante les mérites d’un produit spécial dénommé ‘’Pile à l’heure’’. ZOKO l’achète en espérant l’utiliser avec sa nouvelle conquête, Bijou. Frustré par ses mésaventures passées, il décide de quadrupler la dose contrairement aux prescriptions de ZEZE. Malheureusement, une fois à l’hôtel, le surdosage provoque une terrible diarrhée qui l’empêche, à son grand désarroi, de concrétiser ses fantasmes. Cliquez là pour voir la Bande-annonce du film.

Meilleur film documentaire : Comme si on a plus de valeur de Clemens de Souza du Togo.
Personnellement, je pense que c’est le meilleur film du festival du point de vue histoire. C’est un documentaire de 26 minutes qui nous transporte dans l’univers des malades mentaux. Le réalisateur promène sa caméra dans les rues de Lomé et nous fait découvrir le quotidien de ces personnes que nous appelons péjorativement « les fous »

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Clemens de Souza (en chemise noire) meilleur réalisateur documentaire


Prix spécial du meilleur son destiné uniquement aux films togolais et meilleure Interprétation féminine : Brigitte du réalisateur togolais Gilbert Bararmna-Boukpessi
Dans le film, Nassiba Tchassanté interprète le rôle de la grande sœur courageuse. Ses parents sont décédés et elle doit se battre pour que son jeune frère survive à un cancer. Pour avoir l’argent nécessaire afin de le sauver, elle se propose comme mère porteuse d’un riche couple. Malheureusement, après l’accouchement elle connaît des complications et meurt en couches.
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Nassiba Tchassanté, meilleure interprétation féminine


Coup de cœur du jury : La peau de caméléon du réalisateur français Remy Jennequin
Ce film peint un militant togolais « caméléon ». Il est à la fois partisan du parti de Faure Gnassingbe et de celui de jean-Pierre Fabre. Il change de couleur et de discours mais un jour il devra choisir.
J’ai trouvé le film assez instructif et drôle avec un excellent jeu d’acteur. Mais je pense que pour un sujet aussi sensible que la politique, le réalisateur aurait pu utiliser des pseudonymes pour représenter les partis et les noms de leurs leaders contrairement au schéma qui nous a été présenté.
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Le preneur de son sur la production reçoit le prix pour Rémy Jennequin


Le prix spécial de la réalisatrice offert par l’association infos ciné est revenu à la réalisatrice malienne Hawa N’diaye pour le film documentaire L’absence.Le documentaire de 13minutes raconte l’histoire d’une jeune fille qui a souffert de l’absence de son père. Ce dernier est plus occupé par les affaires de la mosquée que par sa propre famille.
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Voilà le récapitulatif des vainqueurs de cette quatrième édition du Festival Émergences. Les Écureuils du Bénin n’ont pas eu de prix. Souhaitons leur donc bonne préparation et bonne chance pour la cinquième édition du festival qui est déjà en téléchargement.