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(T) Here Global Festival : Le Bénin à l’honneur cette année.

Le Festival (T)here Global, organisé par l’université Sunny Purchase, à New York aux États-Unis fait un spécial focus sur le Bénin. Cette édition du festival permettra aux New-Yorkais de découvrir le Bénin à travers :
un concert donné par le groupe de musique béninois BIM (Bénin International Musical). Ce groupe réputé pour son mélange de chant vodoun et de modernité va poser ces valises pour la première fois aux Etats-Unis et y faire la promotion du drapeau tricolore;
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la Diva de la musique béninoise, Angélique Kidjo, première femme africaine à figurer dans le magazine Forbes et détentrice de 3 grammy awards animera une communication sur le thème : Artiste comme activiste;
Marie-Cécile Zinsou de la fondation Zinsou, elle donnera une conférence sur l’art panafricain contemporain;
le plasticien béninois Hector Sonon, déjà à New york pour une résidence artistique, qui fera une exposition avec un jeune photographe béninois, Audace Aziakou (Dah Photography).
Plusieurs autres conférences, colloques, goûters africains et autres activités sont également prévus. Des films seront aussi projetés à ce festival et, puisque nous sommes sur un blog cinéma, je vous offre un aperçu des films à voir à l’écran.
In search of Voodoo : Root to heaven de Djimon Houssou.
L’acteur hollywoodien d’origine béninoise, deux fois nominés aux oscars, fait son baptême en réalisation avec ce documentaire, lequel raconte l’histoire originelle du voodoo.
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Wax In the city de Elie Seonnet.
Dans ce documentaire, Flora coquerel (Miss France 2014 et franco béninoise) va découvrir le wax avec une Afrique dynamique, et positive. Elle se promène à Dantokpa, le plus grand marché ouest-africain situé à Cotonou; chez la nouvelle génération de designers Nanawax, Elie Kuame, dans les rues de Paris; en Hollande où se trouve la grande fabrique du wax, au Sénégal, au Burkina Faso,…pour comprendre le WAX.
Les films réalisés par les étudiants lors du voyage d’échange entre les étudians de l’ISMA (Bénin), ceux de Sunny Purchase (USA) et ceux de Ciné Institute (Haïti). Ces films, venus de différents pays et qui abordent des thèmes tels que la recherche de son identité culturelle, la famille, l’amour, la violence et autres, seront présentés au public.
Blanc-Noir et Heureux de Cornélia Glele
Ce film, qui a été produit par l’ISMA et réalisé par moi, sera aussi projeté pour la première fois aux États-Unis. Le film raconte l’histoire d’un photographe béninois, Cyrille Vito, qui va à la découverte des albinos afin de mettre en exergue un côté que personne ne voit jamais, le côté heureux de ces personnes.
(T)Here Global festival aura lieu du 27 au 29 septembre prochain à l’université Sunny Purchase. Si vous désirez en savoir plus, cliquez sur ce lien.   .Vous aurez le programme complet du festival et les détails sur la billetterie.
 

Rencontre avec Marie-Inès Ayonga, actrice camerounaise.

Cette semaine je vous emmène au Cameroun, ce pays d’Afrique qui a connu ces dernières années une vraie croissance dans le domaine du cinéma. Je vous offre une  interview avec Marie-Inès Ayonga (MIA) qui, la trentaine environ,  est l’une des actrices les plus en vue du pays. Moi je l’ai découverte dans la série Jugement dernier qui est passée sur A+.
MIA, dans quels films as-tu joué ?
J’ai joué dans Coup de tonnerre de Jean marie Nengue, Orly de Francis Tene Kouagne, L’argent soigne la mort de Richard Enama, Céréla de jean-Baptiste Bekolo, dans la série Jugement dernier de Elvis Noulem, etc. En tout, j’ai joué dans un peu plus de 7 court-métrages, plus de 8 long- métrages et dans 11 séries télévisées
Tu as été le personnage principal dans la série Jugement dernier qui est passé récemment  sur la chaine A+. Peux-tu nous dire ce que raconte cette série et quel a été ton rôle ?
La série télévisée Jugement dernier est l’histoire de Natachas, une jeune fille qui a, très tôt, perdu ses parents. Elle se retrouve dans une vie de couple avec un jeune étudiant qui, malheureusement, ne répond pas à ses attentes. Natachas est capricieuse et orgueilleuse et ne respecte pas les habitants de son village, elle ne respecte personne. Elle quitte donc le village pour tenter l’aventure en ville, où plusieurs mésaventures l’attendent.

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MIA en mode maquillage avant le tournage


Quelles recherches as-tu fait pour préparer ce rôle ?
J’ai été formée à l’Institut Spécialisée des Métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel  d’Afrique Centrale (ISCAAC) où j’ai appris la technique du jeu vrai, qui est de partir de soi pour un personnage et la pratique du principe du jeu vrai, qui est la vérité de la scène. Je n’ai pas vraiment fait de recherche, la psychologie de mon personnage m’avait déjà beaucoup renseignée sur la pratique du jeu. J’ai juste eu besoin de me l’approprier et j’avoue, ça m’a beaucoup plu.
Sur le plateau de tournage, le réalisateur te permettait-il d’improviser ?
Oui,  j’ai improvisé par moment et ça a été super facile, d’autant plus que j’avais l’autorisation du réalisateur de le faire et une bonne direction artistique. Je me suis alors juste lâchée  comme  j’aime bien le faire, à fond.
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C’est la bagarre, on se lâche…


Tu tiens également le rôle principal dans le court métrage à succès Mary Jane de Frank Olivier Ndema. Pour les tournages, que préfères– tu, les séries ou les court ou long métrages ? Pourquoi ?
 Mary Jane a été une grande expérience pour moi, la cause défendue dans ce film me tient énormément à cœur. Vous savez, je suis une actrice, je joue partout où le jeu m’appelle, je suis dans tous les projets sérieux, porteurs, innovants et audacieux. Le moment viendra où je ferais un choix de genre cinématographique mais pour l’heure, je reste ouverte d’esprit.
Franck Olivier Ndema, réalisateur, cinéma, cameroun

MIA et le réalisateur Frank Olivier Ndema sur le plateau de Mary Jane


Sur quel projet travailles-tu actuellement ?
Actuellement, je suis sur la production d’une série panafricaine avec le réalisateur ivoirien Jean Noel Bah.  Je travaille aussi sur la deuxième saison de la série Noire City de réalisateur camerounais  André Mbang et je dois aussi travailler sur le tournage de la série Mary Jane qui doit commencer en octobre. La série est produite par DIFFA.
Waooh! est-ce facile de bosser sur trois projets en même temps ? 
 Oui, bien sûr. Je m’accorde juste avec les réalisateurs ou  producteurs pour pouvoir honorer mes engagements.
Si tu as autant de projets, cela veut dire que le cinéma au Cameroun nourrit convenablement, n’est-ce pas?
Le cinéma camerounais me nourrit, maintenant convenablement c’est trop dire car tout change. Le coût de la vie devient de plus en plus élevé et la société de consommation n’est pas nombreuse. Pour ma part, je ne vis que du cinéma et tous mes projets comme ma future émission télévisée tournent au tour du cinéma et affiliés. On doit se battre pour vivre et ce n’est pas que dans le cinéma que c’est difficile.
Culture générale pour finir, que sais- tu du cinéma béninois ?
 Je connais un peu le cinéma béninois et j’aimerais bien travailler avec le réalisateur Sylvestre Amoussou.  J’ai beaucoup aimé son film sur l’immigration (Africa Paradis)  et aussi avec des acteurs tels que Jean Odoutan, Djimon Hounsou et Pipi Wobaho. Je connais aussi Jean Paul Amoussou, acteur, réalisateur, producteur béninois, connu sous le pseudo oncle bazar. J’ai regardé quelques films béninois tels que « Le choc » « Confession » et « Amour et envie ». J’ai beaucoup envie de venir découvrir le professionnalisme des cinéastes béninois et la culture béninoise. Je viendrai à la première invitation.  Je vous rappelle que vous avez gagné des prix et pas des moindres en plus (rire)…. Le Bénin me tente beaucoup et je n’hésiterai pas une seconde, dès que mon agenda me le permettra.
Marie Inès Ayonga, actrice, cinéma, cameroun

Mains en l’air!!!!!!


 
 

Le métier de Directeur de la photographie en 7 questions

Alain Nounagnon est directeur de la photographie et connaît depuis quelques années, un essor dans le métier. Nanti d’un Master of fine art en gestion de production, spécialité lumière, il travaille dans le cinéma et a déjà collaboré avec des réalisateurs de plusieurs pays. Il a, par exemple, travaillé comme premier assistant Directeur photo avec Kwaku Alston et Hervé Cohen sur, respectivement, « In the search of Voodoo » de Djimon Hounsou (si si, le fameux documentaire qu’on attend tous de voir) et Kids Against Malaria de Jon Fine. Ils sont unanimes : le gars connaît son job. Je l’ai donc rencontré et, devant des boissons fruitées, il m’a parlé du métier de Directeur Photo.
Qu’est ce que c’est que la tâche du directeur photo ?
Le directeur de la photographie ou chef opérateur prise de vue,  c’est celui-là qui est responsable de l’image lors d’une production cinématographique.
La tâche du directeur de la photographie est de veiller, lors d’un tournage, à la qualité technique et artistique de l’image. Le cadreur est là pour exécuter les ordres du directeur photo. Il intervient avant,  pendant et après une production cinématographique.
Avant une production cinématographique,  c’est lui qui définit la caméra à utiliser,  les objectifs,  les angles de prise de vues, les filtres,  les lumières et qui établit le découpage technique avec le réalisateur. Après le tournage, il a l’obligation de suivre le bon déroulement de l’étalonnage afin qu’on ne modifie pas la teinte qu’il a donnée au film.
Mais pourquoi le métier s’appelle Directeur de la photographie alors que le DP n’est pas sur le plateau pour prendre des photos ?
(Rire) j’attendais cette question !!! C’est vrai qu’on a des points communs mais ce n’est pas le même métier. Le DP crée la lumière alors que le photographe peut prendre les photos et les retoucher après. Maintenant, pourquoi la dénomination directeur de la photographie ? Je ne sais pas.

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Sur le plateau du film documentaire Okuta la pierre de Aymar Esse


Avec quelles personnes collabore t-il le plus sur un plateau ?
Le directeur de la photographie travaille en étroite collaboration avec le réalisateur. Il est le chef de l’équipe images. Il dirige les assistants-directeur de la photographie,  les cadreurs, les machinistes,  les électriciens en général et travaille aussi en post-production avec le monteur.
Ne peut-on pas se passer du DP sur un plateau surtout si on n’a pas beaucoup d’argent ?
Il est impossible de se passer d’un directeur de la photographie sur un plateau de tournage.
Mais malheureusement chez nous, ce métier n’est pas du tout connu. Ici par exemple, le producteur te parle de restrictions budgétaires et donc te paye juste pour venir cadrer son film. Et là, par passion, tu es obligé de jouer deux rôles :   celui du cadreur et du directeur de la photographie. De plus, tu as obligation de résultat.
Dois-je comprendre que ce sont les cadreurs qui deviennent DP ?
Pour devenir un directeur de la photographie, le processus normal est de faire une école de cinéma, faire tout au moins un Master 2 en gestion de l’image, spécialité lumière.
Par ailleurs, il est nécessaire de comprendre qu’être directeur de la photographie c’est une question de pratique et d’expériences.
Pour la petite histoire,  avant d’être un chef opérateur de prise de vues digne de ce nom, il faut d’abord être stagiaire de l’équipe image sur plusieurs productions, ensuite être cadreur sur plusieurs productions pendant des années et être assistant-directeur photo sur plusieurs années également afin d’acquérir beaucoup d’expérience. Après l’étape d’assistant, on peut maintenant t’appeler directeur de la photographie. En résumé,  c’est vrai qu’il faut au minimum 5 ans d’ études dans une école de cinéma,  mais pour être un directeur photo,  c’est plus la pratique et l’expérience afin de pouvoir acquérir l’aptitude nécessaire qu’il faut.
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Sur le plateau de tournage de « kids Against Malaria » De Jon FINE


Quel est le matériel du directeur photo ?
Il utilise tout ce qui touche à l’image, les gélatines, les lampes, la caméra, les objectifs,etc.
Est-ce un métier qui paie bien en Afrique ?
(Rire)merci d’avoir précisé en Afrique, car quand les productions internationales viennent ici,  on souffle un peu.  On ne vit pas encore totalement de notre métier,  on vit plutôt par passion pour le métier…