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OUAGA FILM LAB 2018

Initié en Mars 2015, le OUAGA FILM LAB est un laboratoire de développement et de coproduction qui vise à renforcer la compétitivité des réalisateurs et producteurs d’Afrique, à faciliter leur accès aux différents grands laboratoires et fonds de financements internationaux ou locaux. La 3 ème édition qui  se déroule du 20 au 29 Septembre 2018 accueille, au cours de l’atelier Ouaga Producers Lab et de la résidence Ouaga Film Lab, 25 porteurs de projets cinématographiques du Bénin, du Burkina Faso, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Nigéria et du Sénégal, ainsi que plus d’une vingtaine d’experts venant d’Afrique, d’Europe et d’Amérique.
OUAGA PRODUCERS LAB
 Ouaga Producers Lab est un dispositif destiné aux professionnels d’Afrique francophone travaillant dans l´industrie cinématographique et audiovisuelle comme producteurs de fiction, documentaire ou de séries TV, et qui souhaitent dynamiser leurs compétences en production, direction de production et gestion d’entreprise. Quatre producteurs participent à l’édition 2018.
Esther TRAORÉ (Athena Films), productrice de Prejudice, par Kady TRAORÉ (Burkina Faso)
Kotchikpa R. AGBEDE (Strictness), producteur de Angel and Demon, par Yamowan Yves SOSSA (Bénin)
Ousmane SAMASSEKOU (DS Production), producteur de Tônsô, par Mamadou CISSE (Mali)
Tangui Jaloud ZAINOU (Artisan Prod), Producteur de In the Name of Memory, par Linda Leila (Niger)
Wilfried PARÉ (ABCA), Producteur de Etincelles, par Ouassila KHAROUNE (Burkina Faso)
OUAGA FILM LAB
10 projets ont sont sélectionnés.  Ils bénéficient d’ un accompagnement tout au long de la semaine et sont éligibles à plusieurs prix internationaux qui seront décernés le 29 septembre 2018.

Alhassane, The Master of Kharmou, projet de fiction de Idi NOUHOU (Niger), produit par Maman Siradji BAKABE – B@K TECHNO (Niger)
Amilcar Cabral, projet de documentaire de Rui Manuel DA COSTA (Guinea-Bissau), produit par  Carlos VAZ – Telecine Bissau (Guinea-Bissau)
Klema, projet documentaire de Aboubacar GAKOU (Mali), produit par Bassy KONATE – Les Films Du 7 (Mali)
The sheep of Sada, fiction de Pape Bouname LOPY (Sénégal), produit par Khadey ZIDNA Lydel Com Group (Sénégal)
Free to leave, free to stay, projet documentaire de Amina WEIRA (Niger), produit par  Carine Stella NZANG ASSOUMOU – Merveilles Production (Bénin)
Mami Wata, fiction de C.J. « Fiery » OBASI (Nigeria), produit par Oge OBASI – Fiery Film Company (Nigéria)
Moulaye, fiction de Alassane SY (Sénégal), produit par Baila SY – Proxycom (Sénégal)
Genetically Modified Religion, projet documentaire de  Simplice GANOU (Burkina Faso), produit par Rasmata KABORÉ – Tilé Fari Docs (Burkina Faso)
The rise and fall of Jammeh, projet documentaire de Mohamed Lamin TOURAY (Gambia), produit par Bubacarr JALLOW – Flame production (Gambia)
Wakat, fiction de Jean-Baptiste OUEDRAOGO (Burkina Faso), produit par Pierre Claver ZONGO – Yira Entertainment (Burkina Faso)

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Les mentors
Pierre Yaméogo, Burkina Faso
Dora Bouchoucha, Tunisie
Jihan El-Tahri, Egypte
Mama Keïta, Guinée
Moussa Sène Absa, Sénégal
Pedro Pimenta, Mozambique, sont les mentors de cette édition 2018 du OUAGA FILM LAB.
 

Claire Diao: « Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone »

J’ai connu Claire Diao sur TV5 monde Afrique. En effet, je suis abonnée à la rubrique critique cinéma, qu’elle anime deux fois par mois en alternance avec Djia Mambu. Je me suis ensuite abonnée à son site Awotélé. Durant le Festival International de Film de Durban, je l’ai rencontrée en vrai et je lui ai posé quelques questions, après un copieux repas qu’on a partagé.
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Bonjour Claire, présente-toi pour mes lecteurs, s’il te plaît.
Je suis Claire Diao, journaliste et critique de cinéma franco burkinabé. J’ai une société de distribution qui s’appelle  SUDU connexion et j’ai créé qui s’appelle Quartiers lointains. J’ai également cofondé la revue cinématographique panafricaine Awotélé
Ta personnalité est attachée à beaucoup de mots tels que Awotélé, Sudu connexion, quartier lointain. Explique-nous amplement,si tu le veux bien, chacun de ses concepts.
Ok je vais y aller dans l’ordre.
En 2013, j’ai fondé Quartier lointain, qui est un programme itinérant de courts métrages et qui circule entre la France, les Etats-Unis et plusieurs pays d’Afrique. L’idée c’est de proposer, une année, des courts métrages français issus de la diaspora et une année les courts métrages issus de la diaspora d’Afrique, toujours autour d’un thème. Pendant un an, on circule donc avec les films et on reverse les frais de locations aux producteurs.
En 2015, j’ai cofondé avec Michel Amarger une revue de cinéma qui s’appelle Awotélé et qui est publié trois fois par an à l’occasion des grands festivals du continent : les journées cinématographiques de Carthage, le festival international de Durban et le Fespaco au Burkina Faso. C’est une revue bilingue, français-anglais, avec des distributeurs à travers toutes l’Afrique.
En 2016, j’ai monté la société de distribution Sudu Connexion, pour porter à la fois Quartier lointain et Awotélé, mais aussi pour pouvoir proposer aux programmateurs, aux festivals et au chaines de télévision des contenus  d’Afrique et de sa diaspora qui manquent cruellement de visibilité.

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Le dernier numéro de Awotele


N’est-ce pas beaucoup pour une seule personne ?
J’essaie de m’entourer. J’ai beaucoup lancé les projets bénévolement. Cela demande beaucoup d’énergie, de trouver les financements et j’espère, à terme, avoir suffisamment de moyens pour pouvoir embaucher des personnes capables de supporter chacun de ces projets, afin de pouvoir déléguer au maximum.
Tu maîtrises très bien le cinéma anglophone et celui francophone en Afrique. Selon toi, où est-ce que le cinéma connait une belle ascension actuellement ?
Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone, notamment parce que le cinéma francophone a beaucoup été financé, par la France par exemple, par l’Europe et se développe un peu moins quand il y a une absence de financement. A l’inverse des anglophones qui ont toujours été habitués à se débrouiller d’eux-mêmes et ils ont une vision un peu plus business et commerciale du cinéma alors que du côté des francophones, il y a un amour du film, un amour du cinéma d’auteur.
Tu as récemment fait sortir un livre, Double vague. De quoi traite t-il?
Double vague, c’est le résultat de cinq années d’articles, d’interviews, avec une cinquantaine de cinéastes français, pour la plupart nés dans une double culture souvent de parents étrangers venus en France. Ils ont grandi en tant que Français et cela interroge leur place dans la société et l’image qu’ils ont envie de donner de la France, des gens qui leur ressemblent notamment parce qu’il y a beaucoup de discrimination en France, de représentation stéréotypée des personnes issues de la diaspora.
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Double Vague


Claire, connais-tu le cinéma béninois ? Que sais-tu de notre cinéma ?
Je sais assez peu de chose du cinéma béninois. Je connais le cinéaste Sylvestre Amoussou qui est l’un des principaux cinéastes à présenter des films aux FESPACO et qui auto-produit ces films. J’ai participé en 2012 au festival quintessence de Ouidah. Ça a été ma seule fois au Bénin. J’ai rencontré quelques cinéastes de courts métrages comme Kismath Baguiri. J’ai rencontré aussi Dorothé Dognon qui était directeur de la direction de cinématographie. Et je connais enfin le critique de cinéma Espera Donouvossi et l’ISMA qui est une école de cinéma au Bénin.
Dernière question  Claire, quel est ton top 5 des réalisateurs africains qui vont émerger dans les 10 prochaines années?
Top 5 oulala !!!! C’est dur d’en nommer, ils sont tous talentueux. Je pense que je continuerai de parler de Sibs Shongwe-La Mer, un sud-africain qui avait présenté « Necktie Youth » il y a deux ou trois ans et qui a eu beaucoup de succès, surtout du côté anglophone. Jim Chuchu du Kenya qui a fait avec le collectif NEST « Stories of our lives », qui se démarque avec son approche multidisciplinaire puisqu’il fait aujourd’hui des expositions photos de la réalité virtuelle. Je pense aussi à Kaouther Ben Hania, la réalisatrice tunisienne du film « La belle et la meute », elle s’est fait une place sur la scène internationale et je pense qu’elle continuera à se démarquer dans les années à venir. Le quatrième c’est Dieudo Hamadi de la République démocratique du Congo qui se fait remarquer dans l’univers du documentaire et cinquième Wanuri Kahiu, Rungano Nyoni qui se sont toutes deux faits repérer avec des courts métrages et qui sont passés au premier long avec « Rafiki » et «  I am not a witch ». j’aimerais que sur les prochains films elles nous surprennent, nous épatent. J’ai triché. Il y a ex æquo (rire).
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Claire Diao durant le Festival International de Film de Durban


Crédits Photos: Page Facebook Claire Diao.
 

Aicha Macky, réalisatrice et féministe engagée.

La série Festival International de Film de Durban continue et, aujourd’hui, je fais mon premier article sur le cinéma nigérien. J’ai enfin rencontré la réalisatrice et productrice nigérienne Aicha Macky que j’ai commencée à suivre depuis le dernier FESPACO. Elle a réalisé le documentaire l’Arbre sans fruit qui aborde l’infertilité chez la femme. Ce documentaire a parcouru plus de 150 festivals dans le monde et a remporté plus de 50 prix. J’ai échangé et partagé plusieurs  jours avec la patronne de la boite de production Tabou production.
Aicha, pourquoi ta boite de production s’appelle-t’elle Tabou production ?
Tabou production parce que ma ligne éditoriale, c’est d’explorer tous les sujets tabous et non-dits  de notre société dans le but de briser la glace pour faire un dialogue autour de ces thématiques qu’on n’aborde pas et qui, quelque part,  font mal à la société. J’ai donc envie, avec la caméra, qu’on aborde ces sujets-là afin de changer les mentalités.
Et pour toi, est-ce le documentaire le meilleur genre pour s’exprimer?
Oui, puisque j’aime raconter des histoires réelles. Il est vrai qu’on peut raconter des histoires avec n’importe quel genre du cinéma mais avec le documentaire, l’histoire est beaucoup plus touchante. Elle parle beaucoup plus quand c’est la réalité et qu’elle a été vécue. J’aime surtout aborder les sujets qui parlent des conditions de la femme parce que c’est l’être le plus faible et il y a beaucoup de tabous autour d’elle.
Question polémique, beaucoup me disent que le documentaire n’est pas un genre pour le cinéma mais pour la télé. Ils pensent que c’est un nid d’incapables, dans le style tu as envie de faire du cinéma mais tu n’as pas la force pour tenir en fiction donc tu fais du documentaire. Que penses-tu de cela ?
(Rire) Tu as toi-même vu le résultat au Durban Filmmart : sur 9 bourses accordées, 8 sont allées aux documentaires donc je pense que cela devrait interpeler les gens qui pensent que le documentaire n’est pas un travail. La fiction est si simple, je peux rentrer dans ma chambre et imaginer une histoire. Mais pour faire du documentaire, il faut aller vers les gens, rencontrer un personnage, aimer son histoire, faire des repérages, faire de l’immersion s’il le faut, rentrer dans l’intimité des personnes, prendre autant de temps avent d’écrire juste l’histoire. Je ne suis pas là pour comparer la fiction et le documentaire mais si le cinéma se résumait au loisir, je ne le ferais pas. J’ai choisi de faire le documentaire parce que derrière, il y a un engagement qui est humain, social.
On a vu ton engagement dans le film l’Arbre sans fruit qui raconte ta propre histoire et le quotidien de beaucoup d’autres femmes africaines. Les regards envers toi ont-ils changé ?
Le changement s’observe sur un long terme. Néanmoins, j’ai remarqué que le regard a changé, pas qu’autour de moi mais aussi autour de la question dont j’ai traitée. Ce qui me touche personnellement, c’est quand à la sortie d’une salle, quelqu’un me dit «  ça fait longtemps qu’on a ce problème avec mon épouse, on n’arrive pas à en parler  ou quand on en parle c’est pour me disputer et là je prends l’engagement d’aller en consultation avec elle ». Je pense que le film a déclenché quelque chose. Faire ce film a également été une thérapie pour moi puisque j’ai pu parler de mon problème et c’est pareil pour les autres femmes qui ont intervenu dans le film.

Au dernier festival de Cannes tu as présenté ton nouveau projet « Zinder ». Ce même projet est revenu au Festival international du film de Durban, tu as pitché ton nouveau projet et a d’ailleurs eu le prix Afridocs. Parle-nous de ce nouveau projet et du prix que tu as reçu.
C’est un prix que m’a octroyé Afridocs. Zinder c’est ma ville natale et j’y ai grandi. C’est un havre de paix qui m’a bercée. Après l’évènement Charlie Hebdo le 15 janvier 2015, la ville est devenue tristement célèbre, beaucoup de personnes ont écrit sur la ville, ils ont écrit sur les jeunes de Zinder. Tout le monde raconte la vie de ces jeunes. Aujourd’hui, j’ai envie que ces jeunes se racontent eux-mêmes. Je veux leur donner la parole pour qu’on comprenne qui ils sont, pourquoi ils sont violents parfois. Dans ce film, je vais aussi montrer comment ils vivent quotidiennement puisqu’ils sont, pour la plupart, désœuvrés. Je veux qu’ils montrent leur vision du monde.
Des jeunes violents hein !!! Tu n’as pas peur de les approcher ?
Non, je n’ai pas peur puisque ce ne sont que des préjugés, des jugements. Ils font partie de notre société. Quand son bras est malade, on ne l’ampute pas, on le prend et on le soigne. C’est ce que je veux faire.
 

À propos d’Afridocs :
Afridocs est une plateforme qui diffuse des films documentaires africains. C’est comme avoir un festival de film  sur votre écran qui donne accès à des documentaires puissants et de qualité primés dans les plus grands festivals du monde.

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Le prix Afridocs

 

Pourquoi j’aime le ciné229 Awards

On est tous d’accord que pour faire du cinéma au Bénin, il faut s’armer de beaucoup de courage puisqu’il n’y a pas réellement un circuit de distribution pour nos films, et encore moins des festivals nationaux pour reconnaitre les œuvres des uns et des autres.
Ici, on se plaint quotidiennement de l’oubli du cinéma par tous les gouvernements qui passent, de nos salles qui sont devenus lieux de cultes, abris pour bestioles et autres.
Dans cette litanie de malchance, mauvaise foi ou malheur (je ne sais pas), il y a des jeunes qui osent et qui font avec les moyens qu’ils ont, quitte à un sponsor de les soutenir : c’est ça le Ciné229Awards. 

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Les trophées du Ciné229 Awards


Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
C’est un gala, organisé par l’Association Terre d’ébène, lors duquel sont primés, depuis l’année dernière, les acteurs du cinéma béninois. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. Ceci vient donc insuffler une nouvelle dynamique à notre cinéma en instaurant l’esprit de compétition et donc la volonté de mieux faire.
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L’actrice béninoise Nadjibath Ibrahim a reçu l’année dernière le prix de la meilleure interprétation féminine.


Comment participer au ciné229Awards, édition 2018 ?
Vous aviez réalisé un film dernièrement ou aviez travaillé sur un projet comme acteur, cadreur, preneur de son, monteur, maquilleur… envoyez votre candidature en suivant les indications sur ce lien. Le deadline est pour le 09 septembre 2018 et la compétition est ouverte aux béninois uniquement.
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Envie de soutenir l’évènement ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une initiative jeune et ils travaillent beaucoup sur fonds propre donc un petit coup de main pourra les soulager. Si vous avez envie d’aider ou de devenir partenaire de l’évènement, vous pouvez m’envoyer un mail sur ecranbenin@gmail.com je me chargerai de vous mettre en relation avec le comité d’organisation.
Alors quelqu’un a compris pourquoi j’aime le ciné229awards ?

Ciné Guimbi, de la mort à la vie.

Les salles de cinéma en Afrique, surtout francophone, ont progressivement disparu. Certaines sont devenues des lieux de cultes, d’autres des ghettos, d’autres encore des commerces ou des abris pour toutes sortes de reptiles. Une question que je reçois quotidiennement en tant que blogueuse cinéma c’est: « où voir un film africain ? ». C’est la grande question qui me fait balbutier. Au Burkina, une association a décidé de redonner vie à une salle de cinéma à Bobo-Dioulasso et un crowfunding a été lancé afin que chacun de nous puisse participer à ce merveilleux projet. Berni Goldblat nous en parle brièvement à travers cet entretien.
 
Bonjour Berni, présentes- toi stp.
Je m’appelle Berni Goldblat, cinéaste suisso-burkinabè. Je suis réalisateur, producteur et formateur en écriture documentaire. En 2017 mon long métrage de fiction cinéma, WALLAY, a eu sa première mondiale à la Berlinale et a depuis été sélectionné à 130 festivals et obtenu 17 prix.
Je suis également le président de l’Association de Soutien du Cinéma au Burkina Faso (ASCBF) qui porte le projet de la renaissance du Ciné Guimbi.
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Quel est l’état actuel du Ciné Guimbi ?
Le Ciné Guimbi est une salle de cinéma qui a ouvert en 1957 et qui a fermé en 2005. C’était la salle la plus populaire de Bobo-Dioulasso. Elle est située au centre-ville, non loin de la Mairie de Bobo. Nous avons commencé la lutte en 2013. Il fallait d’abord trouver les fonds pour racheter le terrain qui coûtait 80 millions de franc CFA, la salle appartenait à un particulier. Le nouveau cinéma est en chantier depuis 2015: Une salle de 174 places, un bar restaurant, des bureaux et un centre de ressource. C’est la phase 1 du projet. Lorsque cette phase sera achevée, nous débuteront les travaux de la grande salle de 324 places et une salle multifonction située au dessus qui pourra servir de salle de conférence, de 3ème écran, de salle de formation etc.
Parle nous de l’opération « Sauvons le ciné Guimbi ».
Depuis 2013 l’Association a levé environ 900’000 Euros. Des fonds publics et privés du Burkina, de Belgique, de France et de Suisse, de nombreuses personnes venues de partout, des fondations et des institutions ont contribué. Nous avons un réseau de plus de 80 festivals amis de part le Monde.
Le 8 juin passé une campagne de financement participatif a été lancée pour essayer d’atteindre la somme de 50’000 euros. Nous sommes aujourd’hui à 66% et nous espérons vivement atteindre la sommes prévue avant la deadline fixée au 23 juillet.
Le Ciné Guimbi est devenu le symbole de la résistance des salles de cinéma en Afrique. Le secteur est viable. De grands groupes internationaux ouvrent des salles aujourd’hui sur le Continent. Malgré la piraterie, les bouquets tv, internet etc rien ne remplace l’expérience unique de voir un film dans une salle de cinéma et à plusieurs. Nous sommes ravis de partager notre expérience avec nos collègues sur le Continent et d’ailleurs afin que d’autres Guimbi voient le jour.
A quoi va ressembler le nouveau Ciné Guimbi ?
Il sera bien plus qu’une salle de cinéma, il sera plutôt un centre culturel audio-visuel. Il y aura une priorité mise sur le cinéma africain mais il y aura aussi des films d’ailleurs, des blockbusters, des films d’auteurs, des documentaires etc. Un important volet d’éducation à l’image sera proposé aux jeunes de Bobo. Comme le disait feu Sembene Ousmane, « le cinéma, c’est l’école du soir ». Au Ciné Guimbi on pourra aussi assister à des conférences, découvrir des expositions, regarder des retransmissions de matchs de football, suivre des formations, écouter de la musique, rencontrer du monde, boire un verre et manger.
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On a hâte. Comment soutenir le ciné Guimbi ?
Je demande à tout le monde de faire un tour sur Notre page internet ulule afin de voir les vidéos, les photos et les infos qui expliquent le pourquoi et le comment de la campagne. Sur la page il est possible de contribuer en quelques clics.
Au Burkina Faso il est aussi possible de contribuer via le numéro Mobicash : 62 98 44 43
Ce n’est pas un projet pour Bobo-Dioulasso seulement mais un chantier pour toute l’Afrique. Notre souhait est qu’en 2019, lors du cinquantenaire du Fespaco, la première salle puisse déjà être opérationnelle. Elle sera magnifique, tout le monde se retrouvera à Bobo pour fêter ça.
Vous voulez aider le Ciné Guimbi ? Cliquez ici et n’oubliez pas de partager cet article.
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site web: www.cineguimbi.org

« Ouaga girls» rompt avec les stéréotypes du sexe faible.

Mars, je l’ai dit, est consacré à la femme sur le blog. Je vous fais découvrir aujourd’hui Ouaga girls, un film réalisé par une femme sur les femmes.

Ouaga girls est un documentaire de 83 minutes, réalisé par Theresa Traoré Dahlberg, une jeune suédo-burkinabè. La réalisatrice signe, avec cette œuvre, son premier long métrage, à travers lequel elle nous plonge dans le bleu de huit mécaniciennes en formation à Ouagadougou.
Pourquoi ce film est-il top ?
J’aime les documentaires, mais j’aime encore plus Ouaga girls à cause de l’histoire qui est racontée. Des jeunes femmes venues d’horizon divers, ayant eu des histoires différentes : absence d’une mère pour l’une, maternité trop tôt pour une autre…, chacune des ouaga girls dégage une énergie, une envie de réussir dans le métier choisi, « la mécanique auto ». Dans la discussion, entre les filles du centre professionnel et les hommes qui s’étonnent de voir des filles avec des clés à molette sous des véhicules, on retient qu’il n’y a pas de métier exclusif pour les hommes ni pour les femmes.

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Il n’y a pas de métier exclusif pour les hommes ni pour les femmes


Une femme mécanicienne, on pourrait penser qu’elle perdrait sa féminité, mais ce n’est pas le cas de ces filles, qui prennent soin d’elles. La réalisatrice nous offre même un passage chez la coiffeuse où l’une des futures mécaniciennes se rend belle. La coiffeuse, un peu surprise d’ailleurs, lui jette un «  tes cheveux ne vont pas te déranger ?  », auquel elle répond : «  non, il suffit que j’attrape bien et je ferai mon travail ».
Elles savent aussi s’amuser, entre les potins en classe, les sorties dans les boites de nuit et les concerts. Des filles équilibrées en somme.
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Le film, contrairement à certains films documentaires, n’ennuie pas, les histoires racontées accrochent, les images sont très fluides, le son est également présent avec une belle musique de film, sur laquelle le père de la réalisatrice, Richard Saidou Traoré, a travaillé. On a l’impression, en suivant ce long métrage, qu’on est dans le film et qu’on est caché dans une pièce de laquelle on découvre le secret des huit Ouaga girls. On est partout : à la maison, à l’école, dans les lieux de détente, chez la psychologue, etc. On est même présent pendant les examens et on sait qui essaie de tricher ou pas.
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Bintou une Ouaga Girl et sa petite fille à la maison


La motivation de Theresa
J’ai suivi deux fois Ouaga Girls et, à la fin de la deuxième visualisation, j’ai discuté avec Theresa sur le film. Je sais que les films sur les minorités marchent bien mais je voulais comprendre ses motivations. Elle m’a répondu ceci : « Je suis intéressée par les sujets qui abordent les choix que nous faisons dans la vie. Ce qui se cache derrière nos décisions, comment la société nous influence. J’ai fait un premier film Taxi sister sur un chauffeur de taxi à Dakar. J’ai fait ensuite Ouaga girls que je trouve intéressant puisque ces filles sont comme des pionnières. Elles sont venues à l’école pour différentes raisons. J’ai eu envie de les suivre dans leur quotidien : école, maison, vie nocturne. Je voulais aussi faire un film où je pouvais laisser le cinéma fier, plein d’énergie et plein d’espoir et c’est que je crois avoir fait dans Ouaga girls ».
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Theresa Traoré Dahlberg


Je ne sais pas si ce billet vous a mis l’eau à la bouche mais si vous êtes intéressé et que vous vous trouvez à Ouagadougou ou en France, le film passe actuellement en salle. Par contre, si vous êtes hors de ces deux pays, aucun problème. Vous n’avez qu’à patienter car, il sera bientôt diffusé sur TV5 monde. Je vous dirai quand c’est le moment sur ma page Facebook. Aimez la page pour avoir l’information.  Cliquez ici