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FESPACO 2019 : Deux films d’écoles représenteront le Bénin à ce cinquantenaire.

Du 23 février au 2 Mars 2019, Ouagadougou la capitale du Burkina Faso va vivre les 50 ans du plus grand festival de film et de télévision de l’Afrique. Le Bénin y sera représenté cette année avec seulement deux courts métrages d’écoles, contrairement à l’édition de 2017 à laquelle on était avec 8 films dont 7 en compétition.

A la veille de cette fête du cinéma africain, je vous propose de découvrir les deux films qui vont défendre nos couleurs nationales :

Incompris de Jaures Koukpemedji

Le film raconte l’histoire de Bryan, un jeune bachelier, qui rêve d’être artiste. Son désir est brisé par la volonté imposante et indiscutable de sa mère qui, elle, souhaite voir son fils devenir un médecin. Un bras de fer mère-fils est alors engagé.

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de Giscard Dah Fonton

Satya est une jeune fille de 17ans, orpheline de mère. Elle porte une grossesse de 8 mois dont Mélike âgé de 23ans est l’auteur. Satya vit dans la même maison que sa tante Merveille (interprété par Nadjibath Ibrahim), une jeune femme trentenaire, et Nan sa grand-mère. Merveille nourrit une haine à l’égard de Mélike pour une raison que seules Nan et elle connaissent. Nan demande à Merveille de changer de comportement envers le petit ami de sa nièce. Cette dernière n’y parvient qu’après une série d’évènements qui la renvoient dans son passé.

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Giscard et Jaurès, tous deux étudiants à l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuels ISMA, seront donc nos porte-étendards à ce FESPACO.

Aussi, le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou, étalon d’argent de Yennenga (2017), y assistera en tant que président du jury de la section court-métrage et films d’écoles.

Canal+ Benin Ecranbenin

Le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou

Alors, si vous serez au FESPACO 2019, on peut s’y retrouver. Il suffit de m’envoyer un mail sur info@ecranbenin.net.  Et quand vous y serez, faites un tour au stand du Bénin au MICA afin de découvrir notre cinéma et ce que nous offrons en terme de tourisme.

Rendez-vous est pris donc à Ouaga Doux Goûts ( Ouagadougou).

 

Les films béninois sur l’ORTB dès le 21 janvier 2019!

Depuis 2017 que le blog existe, ce billet est le premier que j’écris avec beaucoup d’émotion et de fierté. En créant Ecranbenin, le rêve était de donner une bonne visibilité au cinéma béninois. Et, aujourd’hui, ce rêve est en train de devenir une réalité. La télévision nationale du Bénin a non seulement acheté des films béninois mais s’apprête à les diffuser pour le bonheur des téléspectateurs. Voici l’histoire:

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Tout a commencé par ce post

J’ai heureusement (ou malheureusement, ça dépend de qui voit) hérité du surnom « Grande Gueule » sur les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’un jour, alors que je taquinais des photographes, j’ai écrit un commentaire dans lequel j’ai accusé l’ORTB de ne pas diffuser les films béninois. J’ai alors été approchée par des responsables de la maison.

Au début, je flippais parce que je ne savais pas à quoi m’attendre. Je me suis donc rendue à la première réunion avec notre maman du cinéma béninois Christiane Chabi-Kao et la pétillante réalisatrice Kismath Baguiri. A cette réunion, loin de me blâmer, la responsable de l’ORTB que nous avions rencontrée était également d’accord sur le fait que notre télé devrait montrer nos productions et a proposé qu’on travaille sur ce projet.

Durant plusieurs mois, des cinéastes béninois et la télévision nationale ont travaillé en symbiose et vous verrez le résultat sur  vos écrans dès le 21 janvier 2019 juste après le journal télévisé de 20h.

Enfin, je pourrai servir une réponse aux nombreux messages que je reçois sur ecranbenin sur où et comment voir un film du Bénin.  Le plus dur est fait, les films béninois vont passer sur l’ORTB le reste est dans le camp des cinéphiles. C’est à vous maintenant de savourer ces films et de me dire surtout quand vous aimez et quand vous n’aimez pas. Progressivement, notre cinéma  prendra corps et dans quelques années, nous brillerons et révélerons notre pays.

Merci à l’ORTB pour cette belle aventure qu’elle permet aux cinéastes de vivre puisque le plus grand bonheur d’un réalisateur, c’est que son film soit vu.

Avec beaucoup d’amour et de fierté, je vous souhaite bon visionnage.

 

Lucie Memba Bos, la fée du cinéma camerounais

Hello par ici !!! C’est le dernier article  de l’année. J’ai choisi à Ecranbenin de vous présenter à la fin de chaque année, une femme cinéaste qui m’a marquée. Après Vero Beya Tshanda l’année dernière, je nous emmène au Cameroun pour découvrir la fée du cinéma du 237. Et ce n’est pas moi qui la traite de fée, c’est son surnom.

Bonjour la fée camerounaise. Présente-toi pour mes lecteurs stp.

Merci à Ecranbenin  d’avoir pris la peine de m’inviter. Je suis Lucie Memba Bos, actrice et productrice camerounaise. Je fais des films en anglais et en français.

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Lucie était membre du jury au festival migration d’Agadir 2018

 

 

On parle beaucoup de toi en tant qu’actrice mais très peu toi comme productrice et c’est cette casquette qui m’intéresse. Alors, comment passe-t-on d’actrice à productrice ?

L’actorat est ma première casquette. J’ai commencé comme actrice. Puis film après film, j’ai constaté que la production était réduite et pas régulière au Cameroun.  Je  me suis dit qu’il ne fallait pas attendre à chaque fois qu’on m’appelle pour travailler et alors, j’ai décidé de produire des films dans lesquels je pourrai me mettre en valeur, avec des personnages qui me parlent véritablement. C’est comme cela que je suis passée d’actrice à productrice.

En tant que productrice, quelles sont les œuvres que tu as à ton actif ?

Mon premier bébé en tant que productrice s’appelle Paradis. Il a  été tiré de la série Paradis sur laquelle j’avais déjà travaillé. J’ai coproduit ensuite  Ntanapi, qui a eu le prix du meilleur film camerounais et de la meilleure actrice au festival Ecran noir en 2014. Mon label de production LMB production a également coproduit le premier film de guerre camerounais  la Patrie d’abord  de Thierry Ntarmak, dans lequel j’ai également joué le rôle principal.

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La Patrie d’abord fut nominé aux trophées francophones du cinéma 2017

 

 

Concrètement, qu’est-ce que le rôle du producteur sur les projets ?

Le producteur, c’est celui qui se bat pour trouver les moyens humains, financiers, techniques et même spirituels. Le producteur doit aider le film à passer de l’écriture à la réalisation. Il doit trouver tous les moyens dont le projet a besoin pour se matérialiser.

 

Est-ce difficile de trouver l’argent pour les films ?

(Rire) Absolument, surtout dans le contexte africain. C’est difficile partout dans le monde, Hollywood, Bollywood mais c’est pire en Afrique centrale parce qu’on n’a pas une véritable industrie, un canal de distribution des films ; du coup, les investisseurs n’ont pas envie d’y mettre de l’argent puisqu’ils ont peur de la rentabilité du film et c’est logique. Mais avec de la volonté et de la passion,  on arrive à se battre pour pouvoir produire des films. Et je crois que progressivement, nous deviendrons aussi géants que nos voisins du Nigéria qui ont commencé petitement.

Quelles doivent être les qualités d’un producteur ?

Question difficile parce que je crois que les qualités sont personnelles.  Mais je pense qu’être smart, être capable de convaincre les sponsors et de trouver les fonds sont les caractéristiques que tous les producteurs doivent avoir en commun. Le producteur porte une grande casquette, toute la chaine dépend de lui, donc il doit rentabiliser pour faire vivre son équipe. Il doit aussi avoir une bonne ligne éditoriale.

Quelle est la ligne éditoriale de LMB prod ? Ou es-tu ouverte à toutes sortes de projets ?

Je suis ouverte à toutes sortes de projets porteurs. Je travaille sur des projets qui parlent parce qu’un film qui ne vous parle pas finit dans le tiroir et ce n’est pas la place d’une œuvre d’art.

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On voit bien qu’elle aime l’art

Si un jeune béninois ou africain a un projet et est à la recherche d’un producteur pour son film, comment te contacte-t-il ?

A cause des difficultés financières, je ne produis que les films dans lesquels je joue.  Lorsque la boite de production grandira, je les produirai avec beaucoup de plaisir et ils pourront me joindre en passant par toi, Ecranbenin.

Dernière question : imagine toi séquestrée par des individus, ils serrent ton cou, tu vois la scène ? Et là ils te disent « Lucie, aujourd’hui tu dois choisir entre l’actorat et la production ».

(Rire) Ton schéma est bizarre hein. Question piège ! Je choisirai l’actorat parce que c’est un métier qui me passionne et dans lequel je m’épanouis. Je l’aime, c’est mon premier amour.

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Lucie et moi à la fin de l’entretien

Crédit photo: Page FB Lucie Memba Bos

FIFF COTONOU 2019 CALL FOR ENTRIES

The ECRANBENIN association has the honor to bring to the attention of  professionals women filmmakers that the registrations  to the 1st edition of the International Women’s Film Festival of Cotonou are open from september 13th  to 17th  2019.

The selection has two main sections:

  • the official competition section of short films which is reserved for films by African women directors

NB: No film more than two (02) years of age on May 31, 2019 will be selected.

  • the out-of-competition section which is open to women’s filmmakers’ films from around the world:

– films addressing the problems women face;

– films highlighting the know-how or the path of a woman to inspire other women.

 

Any registration for the selection implies the acceptance of the terms and conditions of the first edition of the Cotonou FIFF https://www.ecranbenin.net/?page_id=63

Registration files are receivable at the email address at fiffcotonou@ecranbenin.net

FIFF COTONOU

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APPEL A FILMS FIFF COTONOU 2019

L’association ECRANBENIN a l’honneur de porter à la connaissance des femmes professionnelles du cinéma que les inscriptions pour la sélection des films de la 1ere  édition, prévue pour se tenir du 13 au 17 septembre 2019 , sont ouvertes.

La sélection comporte deux sections principales :

  • la section compétition officielle des films courts-métrages qui est réservée aux films de réalisatrices africaines

NB : Aucun film de plus de deux (02) ans d’âge au 31 Mai 2019 ne sera sélectionné.

  • la section hors compétition qui est ouverte aux films des cinéastes femmes du monde :

–  films abordant les problèmes auxquels les femmes sont confrontées;

– films mettant en exergue le savoir-faire ou le parcours d’une femme afin d’inspirer les autres femmes.

 

Toute inscription à la sélection implique l’acceptation des conditions et du règlement de la 1ere  édition du FIFF Cotonou https://www.ecranbenin.net/?page_id=63

Les dossiers d’inscription sont recevables à l’adresse électronique  au fiffcotonou@ecranbenin.net au plus tard le 31 Mai 2019

FIFF COTONOU

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Pourquoi j’aime le ciné229 Awards

On est tous d’accord que pour faire du cinéma au Bénin, il faut s’armer de beaucoup de courage puisqu’il n’y a pas réellement un circuit de distribution pour nos films, et encore moins des festivals nationaux pour reconnaitre les œuvres des uns et des autres.
Ici, on se plaint quotidiennement de l’oubli du cinéma par tous les gouvernements qui passent, de nos salles qui sont devenus lieux de cultes, abris pour bestioles et autres.
Dans cette litanie de malchance, mauvaise foi ou malheur (je ne sais pas), il y a des jeunes qui osent et qui font avec les moyens qu’ils ont, quitte à un sponsor de les soutenir : c’est ça le Ciné229Awards. 

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Les trophées du Ciné229 Awards


Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
C’est un gala, organisé par l’Association Terre d’ébène, lors duquel sont primés, depuis l’année dernière, les acteurs du cinéma béninois. Les meilleurs films, réalisateurs, acteurs et techniciens, tous les postes que nous utilisons usuellement au Bénin sont pris en compte par le comité d’organisation du Ciné229 Awards. Ceci vient donc insuffler une nouvelle dynamique à notre cinéma en instaurant l’esprit de compétition et donc la volonté de mieux faire.
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L’actrice béninoise Nadjibath Ibrahim a reçu l’année dernière le prix de la meilleure interprétation féminine.


Comment participer au ciné229Awards, édition 2018 ?
Vous aviez réalisé un film dernièrement ou aviez travaillé sur un projet comme acteur, cadreur, preneur de son, monteur, maquilleur… envoyez votre candidature en suivant les indications sur ce lien. Le deadline est pour le 09 septembre 2018 et la compétition est ouverte aux béninois uniquement.
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Envie de soutenir l’évènement ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une initiative jeune et ils travaillent beaucoup sur fonds propre donc un petit coup de main pourra les soulager. Si vous avez envie d’aider ou de devenir partenaire de l’évènement, vous pouvez m’envoyer un mail sur ecranbenin@gmail.com je me chargerai de vous mettre en relation avec le comité d’organisation.
Alors quelqu’un a compris pourquoi j’aime le ciné229awards ?

Ciné Guimbi, de la mort à la vie.

Les salles de cinéma en Afrique, surtout francophone, ont progressivement disparu. Certaines sont devenues des lieux de cultes, d’autres des ghettos, d’autres encore des commerces ou des abris pour toutes sortes de reptiles. Une question que je reçois quotidiennement en tant que blogueuse cinéma c’est: « où voir un film africain ? ». C’est la grande question qui me fait balbutier. Au Burkina, une association a décidé de redonner vie à une salle de cinéma à Bobo-Dioulasso et un crowfunding a été lancé afin que chacun de nous puisse participer à ce merveilleux projet. Berni Goldblat nous en parle brièvement à travers cet entretien.
 
Bonjour Berni, présentes- toi stp.
Je m’appelle Berni Goldblat, cinéaste suisso-burkinabè. Je suis réalisateur, producteur et formateur en écriture documentaire. En 2017 mon long métrage de fiction cinéma, WALLAY, a eu sa première mondiale à la Berlinale et a depuis été sélectionné à 130 festivals et obtenu 17 prix.
Je suis également le président de l’Association de Soutien du Cinéma au Burkina Faso (ASCBF) qui porte le projet de la renaissance du Ciné Guimbi.
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Quel est l’état actuel du Ciné Guimbi ?
Le Ciné Guimbi est une salle de cinéma qui a ouvert en 1957 et qui a fermé en 2005. C’était la salle la plus populaire de Bobo-Dioulasso. Elle est située au centre-ville, non loin de la Mairie de Bobo. Nous avons commencé la lutte en 2013. Il fallait d’abord trouver les fonds pour racheter le terrain qui coûtait 80 millions de franc CFA, la salle appartenait à un particulier. Le nouveau cinéma est en chantier depuis 2015: Une salle de 174 places, un bar restaurant, des bureaux et un centre de ressource. C’est la phase 1 du projet. Lorsque cette phase sera achevée, nous débuteront les travaux de la grande salle de 324 places et une salle multifonction située au dessus qui pourra servir de salle de conférence, de 3ème écran, de salle de formation etc.
Parle nous de l’opération « Sauvons le ciné Guimbi ».
Depuis 2013 l’Association a levé environ 900’000 Euros. Des fonds publics et privés du Burkina, de Belgique, de France et de Suisse, de nombreuses personnes venues de partout, des fondations et des institutions ont contribué. Nous avons un réseau de plus de 80 festivals amis de part le Monde.
Le 8 juin passé une campagne de financement participatif a été lancée pour essayer d’atteindre la somme de 50’000 euros. Nous sommes aujourd’hui à 66% et nous espérons vivement atteindre la sommes prévue avant la deadline fixée au 23 juillet.
Le Ciné Guimbi est devenu le symbole de la résistance des salles de cinéma en Afrique. Le secteur est viable. De grands groupes internationaux ouvrent des salles aujourd’hui sur le Continent. Malgré la piraterie, les bouquets tv, internet etc rien ne remplace l’expérience unique de voir un film dans une salle de cinéma et à plusieurs. Nous sommes ravis de partager notre expérience avec nos collègues sur le Continent et d’ailleurs afin que d’autres Guimbi voient le jour.
A quoi va ressembler le nouveau Ciné Guimbi ?
Il sera bien plus qu’une salle de cinéma, il sera plutôt un centre culturel audio-visuel. Il y aura une priorité mise sur le cinéma africain mais il y aura aussi des films d’ailleurs, des blockbusters, des films d’auteurs, des documentaires etc. Un important volet d’éducation à l’image sera proposé aux jeunes de Bobo. Comme le disait feu Sembene Ousmane, « le cinéma, c’est l’école du soir ». Au Ciné Guimbi on pourra aussi assister à des conférences, découvrir des expositions, regarder des retransmissions de matchs de football, suivre des formations, écouter de la musique, rencontrer du monde, boire un verre et manger.
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On a hâte. Comment soutenir le ciné Guimbi ?
Je demande à tout le monde de faire un tour sur Notre page internet ulule afin de voir les vidéos, les photos et les infos qui expliquent le pourquoi et le comment de la campagne. Sur la page il est possible de contribuer en quelques clics.
Au Burkina Faso il est aussi possible de contribuer via le numéro Mobicash : 62 98 44 43
Ce n’est pas un projet pour Bobo-Dioulasso seulement mais un chantier pour toute l’Afrique. Notre souhait est qu’en 2019, lors du cinquantenaire du Fespaco, la première salle puisse déjà être opérationnelle. Elle sera magnifique, tout le monde se retrouvera à Bobo pour fêter ça.
Vous voulez aider le Ciné Guimbi ? Cliquez ici et n’oubliez pas de partager cet article.
facebook:Ciné Guimbi
twitter:@cineGuimbi
Instagram:Ciné Guimbi
site web: www.cineguimbi.org

Maëlle, pâtissière, nous raconte une journée de tournage au cinéma.

 
La semaine dernière, la réalisatrice béninoise Kismath Baguiri a tourné son troisième court métrage. J’ai été invitée sur le plateau et j’y suis allée avec une fan de Ecranbénin, Maëlle Acakpo qui est pâtissière. A la fin, je lui ai demandé de vous raconter comment elle a vécu ce premier plateau cinéma. Lisez sa réponse.
 
« J’ai émis le souhait de participer à un tournage cinéma. Cornélia Glele, la promotrice de Ecranbenin m’a donc invitée dès qu’elle a pu sur un plateau. On était sur les lieux déjà à 7h. Première émotion pour moi: j’ai aperçu tata Carole Lokossou, la célèbre actrice béninoise que j’ai toujours vue à la télévision.  J’ai pu discuter avec elle pendant que la réalisatrice visualisait les prises de la veille avec son assistant, c’était très bien. A côté,il y a avait une maquilleuse qui mettait du sang sur une jeune actrice et les techniciens vérifiaient que le matériel était ok.
Après ce checking, Tata Carole et la jeune actrice ont fait du sport (je ne savais pas que c’était important d’être au top physiquement pour être acteur).

Carole Lokossou Ecranbenin blog Cinéma actrice

Le sport matinal. Allez hop on fait des pompes


Première prise de la journée, un décor a été installé, les prises ont été faites avec plusieurs reprises puisque la réalisatrice voulait le meilleur plan.
Ecranbénin, Kismath Baguiri, Alain Nounagnon, blog, cinéma, réalisateur, cadreur

Première scène de la journée


A midi, on a eu droit à une pause- déjeuner et on a changé de lieu de tournage pour le dernier épisode du film. Et là, j’ai compris que les films ne se tournaient pas selon l’ordre qu’on voit à la télévision, on a tourné la fin du film avant le début. Le moment le plus ennuyeux pour un spectateur comme moi est d’avoir à regarder la même scène se reproduire plus de 20 fois. La plupart du temps, ce n’est nullement parce-que les acteurs ont mal joué mais parce qu’une ombre sortie de nulle part apparait sur l’écran du caméraman ou encore parce qu’un bruit parasite s’invite.  Moi je ne voyais même pas l’ombre dont parlaient les techniciens (mais bon à chacun son métier)
Corneille Houssou, Elodie Guedeme, script, preneur de son, blog cinéma, ecranbenin

Le preneur de son et la script pendant la scène ou l’ombre dérangeait.


L’autre chose qui m’a beaucoup marquée est l’accueil. Dès mon arrivée, j’ai été reçue comme la chef, ahahaaa. Un accueil chaleureux, comme si on se connaissait depuis fort longtemps. Chaque technicien était disposé à m’expliquer comment se faisait son métier  ou encore à m’apprendre les termes techniques du cinéma malgré le stress. Ce fut une journée remplie et très riche pour moi. »
Maëlle Acakpo, pâtissière, blog, ecranbenin, cinéma, cuisine

Chef Maëlle


 

Recap formation en acting

A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, Ecranbenin a organisé une formation en actorat pour 10 jeunes femmes. Elle a eu lieu les 24 et 25 mars 2018 et 10 jeunes femmes ont été formées en actorat. Durant la formation qu’a donné Carole Lokossou et Kismath Baguiri, les filles ont fait du sport (beaucoup pensaient que l’actorat c’était du maquillage et des tapis rouges, hihihi). Elles ont appris à jouer seule (monologue), elles ont appris à jouer ensemble, elles ont eu des techniques pour entrer dans la peau des personnages, etc. Suivez ici le reportage, réalisé par Médard Vianou, pour récapituler les deux jours de formation.
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=178551752771251&id=126209954672098
 
Merci à toutes les personnes qui ont accompagné cette première activité physique de Ecranbenin. Merci à Btech Space, Black Feeling production, EIDA consulting, Awalé Afriki, Beninculture, Maquis chez Nad, Assan Salami, Loukman, Tidjani, Irmine Ayihounton,Karell Attolou, Marina Hounnou, Carole Lokossou, et Médard Vianou grâce à qui cette formation a été un succès.
 

La mort au coin de la rue, un film de Fidèle Kossou

La mort au coin de la rue est un film documentaire de 26 minutes, réalisé par la journaliste-réalisatrice Fidèle Kossou. C’est son deuxième film après Mon repos, Ma vie, qui était dans la sélection officielle du festival clap Ivoire 2017.

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Fidèle Kossou, réalisatrice


La mort au coin de la rue sera en avant-première le  samedi 3 mars 2018, à l’espace Tchif de Cotonou  à  partir de 19h, et sera suivi d’un débat avec la réalisatrice qui exposera les conditions du tournage.
Le film traite de la vindicte populaire. Loin d’être un documentaire qui ennuie, il est dynamique entre images d’archive, extraits de film et témoignage de personne ayant subi et manqué la mort après une vindicte.  La mort au coin de la rue, c’est beaucoup d’émotions et la réalisatrice a même fait participer le slameur béninois Kmal, pour slamer l’une des histoires. J’avoue qu’il faut avoir une sacrée force pour ne pas fondre en larmes. Hormis les séquences sur la vindicte populaire, il comporte aussi d’autres histoires, comme celles sur le colonel Devy, les disparitions de sexe et sur les vieilles sorcières.

La qualité technique du film est également acceptable. L’image, le son et le montage du film ont été bien faits et, croyez-moi, vous ne verrez pas les 26 minutes passer.  Cependant, pour les personnes sensibles, il y a certaines images à éviter puisqu’on parle de vindicte populaire. Des images illustratives un peu choquantes ont été montrées. Prenez donc vos dispositions.
Les billets du film sont à 1000 francs CFA. Ecranbenin a offert cinq billets à certains de ces abonnés. Il s’agit de :

  • René Atcha
  • Sandra Adjaho
  • Lucrèce d’Almeida
  • Géovanny Laurias
  • Raoul Avadete

 

Trois films africains à voir à la St Valentin

Hello les cinéphiles amoureux ou célibataires ! J’espère que vous vous portez bien. Aujourd’hui, c’est la St Valentin et j’ai voulu, en cette période, voir des films d’amour africains afin de vous les proposer. Durant mes recherches, j’ai compris que les africains n’étaient pas vraiment dans le feeling «  ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Les réalisateurs optent, beaucoup plus, pour un mélange de drame et de romance. Je vous propose donc, dans ce billet, trois films que j’ai vus et qui parlent d’amour
Ben et Ara de Nnegest Likké (Cameroun/USA)
Ce film éthiopien et américain de 84 minutes est un mélange d’histoire d’amour et de religion. Il raconte l’histoire de Ben, un étudiant préparant un PhD en philosophie très poussé vers la raison et d’Ara, (rôle interprété par Constance Ejuma) une jeune femme musulmane qui ne jure que par Allah. La raison ou la foi ou encore l’amour ? Ce film est un mélange de tragédie et de magie. Ce n’est pas pour rien qu’il a remporté autant de prix dans les festivals (Festival international du film panafricain de Canne, écrans noirs, African Movie Academy…).

 
 
 
 Pacte de Joël Tchedré (Togo)
Si vous suivez Pacte, vous ne ferez jamais un pacte de sang, ni avec votre amoureux ni avec personne d’autre d’ailleurs . Dans ce film, on a affaire à un couple, lié par un pacte de sang pour la vie et la mort. La femme meurt et revient hanter son mari « préféré ». Elle est partout et le dérange sans cesse. Exaspéré, il se donne finalement la mort pour la rejoindre. Il dure 17 minutes et a été réalisé par le togolais Joel Tchedre. Le film a participé à plusieurs festivals tels que le FESPACO , le FESTICAB, et le Toukountchi au Niger.

Miranda de Blaise Ntedju (Cameroun)
David est beau et riche mais ne parvient pas à trouver une femme sincère pour l’aimer. Elles veulent toutes de son argent. Il finit par rencontrer Miranda, se déguise en pauvre et prend le nom de Valentin. Les deux filent le parfait Amour. Cependant, la mère de Miranda est contre cette relation. Pour elle, sa fille mérite mieux. Elle tente, sans succès, de la donner en mariage à un riche homme du village. Miranda découvrira plus tard que son Valentin lui avait menti sur sa situation financière et elle le rejette,se sentant trahie. Mais l’amour étant plus fort et sous l’influence de sa mère, elle retourne vers lui. Même si j’ai trouvé un peu brusque cette façon de dire Non et Oui par la suite, ça reste un beau film à voir en couple le 14 février pour ceux qui rêvent d’une soirée cinéma.

Ma liste n’est pas exhaustive. N’hésitez pas à me proposer d’autres films africains sur la même thématique si vous en connaissez

Festico 2018 : Le festival pour rire, rire et rire

Partagez cet article jusqu’à ce qu’il parvienne au dernier réalisateur spécialisé dans le genre comique.
J’ai découvert depuis peu une nouvelle et belle génération d’humoristes africains sur facebook. Leur mode opératoire : de courtes vidéos qui vous font rire jusqu’à vous arracher parfois des larmes. Et parlant de rire, le Cameroun organise depuis 6 ans déjà un festival pour mettre en valeur les œuvres comiques. Alors cette année, Ecranbenin s’associe à ce festival africain du rire. L’appel à film est lancé depuis un moment et je souhaite la participation de plusieurs réalisateurs africains (il faut que l’Afrique gagne). Donc dans ce court billet, je vous fais découvrir le Festico.
Le Festico, qu’est-ce que c’est?
Le festival international du film d’humour et de comédie de Yaoundé FESTICO (festival des images comiques) existe depuis 2013. C’est un festival destiné uniquement aux œuvres comiques. Cela change un peu du drame auxquels les cinéphiles sont habitués dans les festivals.

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Badges Festico 2018


Particularité de la 6e édition du Festico ?
Cette année, il y aura une distinction spéciale dénommée Jean MICHE KANKAN, qui va récompenser l’ensemble de la carrière d’un artiste humoriste.
De plus, il y aura des projections de films comiques pour enfants en présence des élèves des établissements primaires afin de les initier au cinéma.
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Jean-Miché Kankan, artiste humoriste camerounais décédé le 13 février 1997


Quel genre d’œuvre peut être inscrit au Festico ?
Les drames sont d’office éliminés, on est d’accord. Par contre, les films comiques dans le genre fiction, comédie dramatique, satire, farce, burlesque, humour noir, documentaire, spot publicitaire, magazine, téléfilm, comédie musicale, sitcom, série tv, film d’animation, canular, gag, spectacle de stand up / one man show filmé, pièce de théâtre peu importe la durée, peuvent être soumis au comité de sélection du festival.
Comment y participer ?
Le festival est prévu pour se tenir du 2 au 5 Mai 2018 à Yaoundé au Cameroun. Pour participer, il suffit d’écrire via la boîte postale 2545 YAOUNDE-MESSA / CAMEROUN avec une fiche d’inscription et deux (2) DVD du film, avant le 15 avril 2018. Pour avoir la fiche d’inscription, cliquez Ici et pour obtenir le règlement général Ici.
Si vous avez des soucis, contactez, ecranbenin@gmail.com  ou engoferdinand@yahoo.fr ou encore feliciaasseh@gmail.com .
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Une réalisatrice présente son film durant la dernière édition du Festico


En attendant de vous retrouver à Yaoundé pour savoir quel film nous fera le plus rire, je vous souhaite une belle année 2018, une année pleine de rire et de succès.

Zoom sur le job de réalisateur

On a tous vu avant le début des films cette fameuse phrase « un film de ». J‘ai donc rencontré Samson Adjaho, réalisateur béninois, à qui j’ai posé quelques questions afin de mieux comprendre le métier de réalisateur. Qui sait après lecture on aura de nouvelles vocations.

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Fauteuil du réalisateur sur les plateaux de tournage.


Dans le cinéma, qui est-ce qu’on appelle réalisateur ?
Le réalisateur, c’est celui à qui le producteur confie le film après l’écriture du scénario. Il est le chef d’orchestre sur la production. Il constitue son équipe technique, cordonne la validation de la préparation du film avec son assistant, il écrit son découpage technique, organise le casting, les repérages…Pendant le tournage il dirige les acteurs et les techniciens. Il intervient de la fin du scénario jusqu’à la sortie du film.
Le réalisateur écrit-il des scénarii ?
Oui un réalisateur peut écrire le scénario s’il est aussi scénariste, mais il n’y est pas obligé
Quelles sont les qualités d’un bon réalisateur ?
Le bon réalisateur, c’est un artiste, un fou, quelqu’un qui rêve beaucoup, c’est quelqu’un qui a une grande culture générale. Ce sont les deux grandes qualités du réalisateur. L’humilité, le sourire, la simplicité, on a vu de très grands réalisateurs qui ne souriaient à personnes et pourtant sortaient de très grands films. En gros il faut 1% de talent et 99% de culture.
 
Olivier Koné

Ambiance plateau!!! Le réalisateur ivoirien Oliver Koné en discussion avec son preneur de son


Est-ce qu’il y a une formation particulière à suivre pour être réalisateur ?
Aujourd’hui il y a des formations diplômantes pour avoir le diplôme de licence ou de master en réalisation mais ça n’exclut pas la culture personnelle.
Combien gagne environ un réalisateur cinéma dans le contexte béninois?
(Rire) je ne pourrai pas donner une fourchette type parce qu’au Bénin le métier n’est pas régit par une loi donc le réalisateur négocie lui-même son salaire selon le projet.
Le réalisateur fiction est-il différent du réalisateur documentaire ?
Les deux sont réalisateurs, mais dans la faisabilité, le réalisateur documentaire peint la réalité alors que le réalisateur fiction crée l’histoire, imagine le décor. Mais de plus en plus le réalisateur documentaire emprunte des éléments chez le réalisateur fiction et vice versa. C’est la même cause d’émotion mais avec des démarches différentes
À quelle difficulté, le réalisateur est souvent confronté ?
L’art c’est abstrait et transmettre la vision que l’on a au public, c’est extrêmement difficile. La deuxième difficulté c’est avoir le moyen de ses rêves : on n’a jamais le moyens de ses rêves. La troisième difficulté est enfin la direction de l’équipe ; ce n’est pas facile de diriger de la ressource humaine.
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Le réalisateur béninois Samson Adjaho en plein tournage.😉😉😉

Où voir un film à Cotonou ?

La grosse question qu’on me posait quand j’ai parlé de création d’un blog dédié au cinéma, c’est : « existe-t’il des salles de cinéma au Bénin ?»
Alors en guise de premier article post  lancement, j’ai fait une liste non exhaustive de quelques endroits où on peut voir des films à Cotonou et environs.
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1. Institut Français de Cotonou. L’ex CCF propose au public béninois deux séances de projection par semaine. Il s’agit de Ciné mômes tous les mercredis à 16h (films destinés aux enfants et pour lesquels l’entrée est gratuite pour les adhérents de moins de 12ans) et le Mardi c’est ciné, chaque mardi soir. Ces projections sont faites pour tous avec, parfois en bonus, la participation des réalisateurs. L’entrée est libre et gratuite.
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2. Val’s Plazza. Le centre commercial Val’s Plazza fait des projections les mercredis, les samedis et les dimanches. La session pour enfants a lieu les mercredis et les dimanches à 16h et celle pour adultes les mercredis, les samedis et les dimanches à 20h. Les billets pour voir les films à Val’s Plazza coûtent 3000f donnant droit à un grand bol de pop-corn.

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Les ciné pass de Val’s Plazza


3. Le Centre. Le centre est situé à Atropocodji et propose aux cinéphiles les Vendredis du cinéma. Comme le nom l’indique, les projections ont lieu chaque vendredi à 19h30. L’entrée y est également libre et gratuite.
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4.L’Espace Tchif. Après sa fermeture temporaire, il a rouvert ses portes et propose dorénavant une soirée cinéma chaque mercredi à partir de 20h. Le billet d’entrée coûte 1000 F et vous aurez la chance d’y suivre régulièrement des films réalisés par des béninois et des africains.
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5.Play Zone. Eh benh c’est la totale à playZone. Les projections ont lieu tous les jours de 18h à 3h du matin et le billet pour aller voir les films coûte 2000F.
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Bonus
Ouais ! Il y a un bonus. Le Canal Olympia!!!! Vous connaissez ? C’est une salle de cinéma du groupe Vivendi. Il existe dans plusieurs pays d’Afrique et la salle du Bénin sera bientôt inaugurée à wologuede.
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Alors, envie de voir un film ? Par quelle salle allez-vous commencer ?
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ciné229awards : 5 choses à savoir

Vous êtes plusieurs à vous demander ce qu’est le ciné229awards. On vous propose alors un top 5 des choses à savoir sur cet événement qui a été lancé le 04 septembre 2017. 
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  1. C’est la première soirée de distinction des acteurs du cinéma au Bénin.
  2. Ce concours prend en compte tous les acteurs du cinéma réalisateur, acteurs, maquilleurs, techniciens…et vise la promotion des jeunes talents du cinéma béninois
  3. C’est une compétition organisé par de jeunes cinéastes organisé en association. L’association est dénommé terre d’ébène
  4. La compétition est ouverte à tous les acteurs du cinéma. il vous suffira d’inscrire un film sur la www.ciné229.org
  5. 14 prix officiels seront décernés soit 10 dans la catégorie fiction et 4 dans la catégorie documentaire

Clap Ivoire 2017 : le Bénin rentre avec un prix

Tenu à Abidjan du 04 au 08 septembre 2017, le festival international des films courts-métrages Clap Ivoire a connu la participation de 15 réalisateurs venus des pays de la Cedeao. Le Bénin était représenté avec un film documentaire « mon repos, ma vie » réalisé par Fidèle Kossou et une fiction « Mon Android »réalisé par Ganiath Lai-Yaya. Celui-ci a reçu un prix. 
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Au terme de ces 5 jours où les participants ont reçu des masters class et effectué des visites dans des structures de production, les cinéastes béninoises rentrent au bercail avec le prix spécial du jury jeune espoir pour le film « mon Android ». Le Kodjo Eblouclé (plus grand prix de la compétition) est revenu à la réalisatrice sénégalaise Kadidjatou Sow pour son film  « une place dans l’avion ». Vous pouvez suivre le film de notre lauréate béninoise en suivant ce lien

Dans la peau d’une assistante réalisatrice

J’ai participé au tournage de fin  de film de Gande Audrey journaliste documentariste. Son film met en valeur les poteries de la localité de Sè (petit village situé au sud-ouest du Bénin). La réalisatrice a mis en place, une short équipe de cadreur, preneur de son, gestionnaire de production. Non non je n’étais pas sur le tournage pour bavarder ou pour jouer les kpakpatos, j’y étais en tant que qu’assistante réalisatrice. Je vous raconte. 

Ecran

l’équipe de tournage☺☺☺☺


Alors on a pris le départ de Cotonou avec beaucoup de retard pour des raisons logistiques.  Une fois dans le village de Sè, on est passé au commissariat pour signaler notre position aux autorités et en suite début de tournage. On a tourné en majorité, les plans de situation, les plans de coupe… et on a mis fin à la journée à 18h avec une belle fatigue.
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Fin de tournage. On partage un repas en groupe.


 
Couac le logement trouvé par la réalisatrice n’était pas adéquat. On a décampé malgré la fatigue et après quelques heures de recherches, on a trouvé une nouvelle maison pour la couchette grâce à des contacts que j’avais dans le village.
 
 
Deuxième jour de tournage. La réalisatrice a mis les petits plats dans les grands pour nous faire faire le travail de deux jours en un . On a donc pu finir le tournage ce jour-là. L’expérience fut belle car cela m’a permis de rencontrer des femmes dévouées, battantes qui transforment la terre en objet d’art et ustensile. J’ai même appris à faire quelques petits pots.

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Je vous dirai quand le film sortira.

C’est quoi un « Gestionnaire de production » ?

Les productions audiovisuelles coutent beaucoup d’argent et pour soulager le réalisateur de la gestion de ces fonds, le métier de gestionnaire de production a été créé. Arnold SETOHOU, gestionnaire de production béninois nous parle de ce métier en  huit questions.
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C’est qui le gestionnaire de production ? 
Le gestionnaire de production est celui-là qui assure la mise en œuvre et le suivi des moyens matériels, Techniques, humains et financiers d’un projet audiovisuel (cinéma, évènementiel etc.) tout en ayant comme tableau de bord le cadre budgétaire prévu. Il gère beaucoup de paperasse (administration, juridique et financier), et est très sollicité pendant la production.
Le gestionnaire de production est-il différent du directeur de production ?
Je pense que Oui, les deux sur un même projet n’ont pas le même rôle. Le directeur est beaucoup plus imprégné du projet que le gestionnaire de production. Le directeur de production est impliqué de la conception du projet à la finition et représente un pont entre l’équipe technique, artistique et le producteur. Il faut dire que le directeur peut être aussi le producteur ou coproducteur. En gros, sur un même projet le gestionnaire de prod est un salarié du directeur de production pour être ces yeux et ces mains et ces pieds en vue d’un bon accomplissement du projet. Dans un autre cas le directeur de prod porte les deux casquettes.
Ce poste très important du cinéma est-il une réalité dans les œuvres cinématographiques béninoises ?
Il faut commencer par notifier que les œuvres cinématographiques professionnelles sont rares au Benin et le respect des postes au cinéma n’est pas encore très cultivé. Vous pouvez voir un producteur qui est à la fois réalisateur et même comédien… croyants mieux gérer, ils se disent donc qu’ils peuvent se passer de certains postes et surtout celui du GP qui n’est pas très connu non plus.
C’est un peu dommage. Sur un plateau de tournage, c’est quoi la journée type d’un GP ?
La journée type d’un GP pour moi est un mélange de passion et de stress et c’est cela qui fait toute la beauté du métier. Il doit s’assurer que tout soit en place pour le ‘’Action !’’ (Décore, techniciens, comédiens etc.). Il doit veiller au respect du plan de travail qui garantit la survie du budget. Le plus stressant est la gestion des imprévus qui surgissent de partout : des caprices de comédiens ou de techniciens, des changements climatiques, des pannes techniques etc.
Vu que c’est le GP qui gère l’argent de la production, combien est qu’il se paie à lui même ? 
Rire, tous les projets n’ont pas la même taille donc c’est difficile à dire surtout dans un environnement comme le nôtre où on n’est pas payé au pourcentage du budget.
Pourquoi selon vous ce poste n’est pas très connu du grand public ?
Du grand public ? Beaucoup de poste ne sont pas connu surtout ceux derrière la caméra comme on le dit.  Mais pour ce poste en particulier c’est beaucoup plus compliqué de voir son impact sur le produit fini d’une œuvre audiovisuelle. Je n’ai pas encore vu le prix du meilleur gestionnaire de production ou de meilleur directeur de production, mais il y  a le prix de la meilleure photographie, montage, son et autres. Voilà un peu pourquoi.
Pour un jeune qui veut faire ce métier quelles sont les qualités qu’il doit avoir ?
Etre très dynamique et surtout avoir la passion de son métier. C’est très important. Il faut avoir une bonne connaissance générale de la chaîne de production audiovisuelle : mise en scène, la production, la décoration, la prise de vue, la post-production etc. et savoir comment tout ça fonctionne. Ces connaissances sont indispensables pour des choix qui pèseront moins sur le budget. Par exemple le choix d’un drone au lieu d’une grue qui revient très chère en termes de logistique et de main d’œuvre. Etre très ouvert d’esprit afin de mieux gérer les ressources humaines qui est très complexe en raison des personnalités qui sont pas les mêmes. Donner le meilleur de soit sur tous les projets dont il aura l’opportunité de travailler. Ça définit la suite de sa carrière. Garder donc à l’esprit que chaque production aussi petite qu’elle soit est un défi à relever.
Pour finir notre entretient est qu’une personne  qui a tout le temps fait de la littérature peut-il devenir GP ?
De la littérature sans une connaissance de la chaîne de production audiovisuelle ? Non. Mais il ferait un bon auteur et pourrait travailler avec plein de producteurs, gestionnaires de production, Scénariste et réalisateurs.

Arnold Setohou

Arnold Setohou, Gestionnaire de production.