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Berlinale : Guide pour les cinéastes africains

Hello my people!  En février dernier, j’ai pris part à la 69e édition de la Berlinale, l’un des plus grands festivals de film au monde. Je devais faire un article recap depuis un moment mais je réfléchissais sur ce qu’il serait vraiment important d’aborder vu que le blog est focus cinéma africain. Alors, j’ai finalement pensé à vous faire un petit point sur ce que nous les africains pouvons aller chercher à la Berlinale.

1- EFM

L’European Film Market ou EFM est un grand marché du cinéma.  Il ouvre ses portes à plus de 200 stands.  Vous y trouverez des maisons de production, de distribution, des labs, des fonds, des festivals venus du monde entier … Plus de 10000 producteurs sont présents à ce marché. L’idéal serait donc de s’y rendre avec un projet ou un film et avec un but précis. Les plus grandes sociétés de films du monde y sont représentées et participent aux différentes tables rondes, talk et autres.

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L’EFM vu de face. photo EFM 2018 / Oliver Möst

2-  Berlinale Africa Hubs

La Berlinale Africa Hubs est un pavillon installé à l’EFM et qui fait un focus sur le cinéma de l’Afrique Subsaharienne. Dans  ce pavillon, plusieurs panels, présentations et entretiens sont programmés.  Vous y aurez les détails sur les différents fonds et programmes dédiés à l’Afrique. Vous aurez également la chance  de rencontrer des cinéastes africains et de réseauter. Des films africains y sont également projetés en réalité virtuelle (VR)

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Un talk au Africa Hub avec le réalisateur burkinabé Berni Goldblat et le producteur béninois Faissol Gnonlonfin

3-  Compétition

Vous pouvez inscrire votre film dans les différentes sections du festival telles que le Forum, Génération, Panorama, Berlinale spécial and séries, Vue d’ensemble, compétition, Court métrage Berlinale, Native… Vous pouvez aussi y  aller afin de voir les films venus du monde entier tout simplement. La plupart des films sont des premières mondiales donc vous exclusivité garantie.

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Le film Makila de la réalisatrice congolaise Machérie Ekwa était en compétition à la Berlinale 2018 dans la catégorie Forum

4- Berlinale Talent

La Berlinale Talent est un grand programme, dédié aux cinéastes du monde entier, qui propose un coaching mais également des tables rondes, des talents cycles, des speed dating professionnels et des masters class avec des experts mondiaux de haut niveau. L’initiative s’est d’ailleurs étendu dans le monde et en Afrique, vous avez la Talent Durban en Afrique du Sud. L’appel à inscription pour la talent Durban est d’ailleurs ouvert.  Postulez ici.

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Voilà donc une liste non exhaustive de ce que vous pourriez faire à la Berlinale.  Surtout, n’oubliez pas que c’est un festival qui a lieu en février donc en plein hiver et pensez à vous habiller en conséquence.  Restez connecté sur le blog et sur la page Facebook Ecranbenin et le compte Twitter @ecranbenin, je vous dirai quand les différents appels seront lancés.

Merci à Dorothee Wenner, la déléguée de la Berlinale pour les régions d’Afrique subsaharienne  et de sud d’Asie qui a répondu à mes questions afin de me permettre de faire cet article.

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Dorothee Wenner Photo: Pickle

 

 

Lucie Memba Bos, la fée du cinéma camerounais

Hello par ici !!! C’est le dernier article  de l’année. J’ai choisi à Ecranbenin de vous présenter à la fin de chaque année, une femme cinéaste qui m’a marquée. Après Vero Beya Tshanda l’année dernière, je nous emmène au Cameroun pour découvrir la fée du cinéma du 237. Et ce n’est pas moi qui la traite de fée, c’est son surnom.

Bonjour la fée camerounaise. Présente-toi pour mes lecteurs stp.

Merci à Ecranbenin  d’avoir pris la peine de m’inviter. Je suis Lucie Memba Bos, actrice et productrice camerounaise. Je fais des films en anglais et en français.

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Lucie était membre du jury au festival migration d’Agadir 2018

 

 

On parle beaucoup de toi en tant qu’actrice mais très peu toi comme productrice et c’est cette casquette qui m’intéresse. Alors, comment passe-t-on d’actrice à productrice ?

L’actorat est ma première casquette. J’ai commencé comme actrice. Puis film après film, j’ai constaté que la production était réduite et pas régulière au Cameroun.  Je  me suis dit qu’il ne fallait pas attendre à chaque fois qu’on m’appelle pour travailler et alors, j’ai décidé de produire des films dans lesquels je pourrai me mettre en valeur, avec des personnages qui me parlent véritablement. C’est comme cela que je suis passée d’actrice à productrice.

En tant que productrice, quelles sont les œuvres que tu as à ton actif ?

Mon premier bébé en tant que productrice s’appelle Paradis. Il a  été tiré de la série Paradis sur laquelle j’avais déjà travaillé. J’ai coproduit ensuite  Ntanapi, qui a eu le prix du meilleur film camerounais et de la meilleure actrice au festival Ecran noir en 2014. Mon label de production LMB production a également coproduit le premier film de guerre camerounais  la Patrie d’abord  de Thierry Ntarmak, dans lequel j’ai également joué le rôle principal.

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La Patrie d’abord fut nominé aux trophées francophones du cinéma 2017

 

 

Concrètement, qu’est-ce que le rôle du producteur sur les projets ?

Le producteur, c’est celui qui se bat pour trouver les moyens humains, financiers, techniques et même spirituels. Le producteur doit aider le film à passer de l’écriture à la réalisation. Il doit trouver tous les moyens dont le projet a besoin pour se matérialiser.

 

Est-ce difficile de trouver l’argent pour les films ?

(Rire) Absolument, surtout dans le contexte africain. C’est difficile partout dans le monde, Hollywood, Bollywood mais c’est pire en Afrique centrale parce qu’on n’a pas une véritable industrie, un canal de distribution des films ; du coup, les investisseurs n’ont pas envie d’y mettre de l’argent puisqu’ils ont peur de la rentabilité du film et c’est logique. Mais avec de la volonté et de la passion,  on arrive à se battre pour pouvoir produire des films. Et je crois que progressivement, nous deviendrons aussi géants que nos voisins du Nigéria qui ont commencé petitement.

Quelles doivent être les qualités d’un producteur ?

Question difficile parce que je crois que les qualités sont personnelles.  Mais je pense qu’être smart, être capable de convaincre les sponsors et de trouver les fonds sont les caractéristiques que tous les producteurs doivent avoir en commun. Le producteur porte une grande casquette, toute la chaine dépend de lui, donc il doit rentabiliser pour faire vivre son équipe. Il doit aussi avoir une bonne ligne éditoriale.

Quelle est la ligne éditoriale de LMB prod ? Ou es-tu ouverte à toutes sortes de projets ?

Je suis ouverte à toutes sortes de projets porteurs. Je travaille sur des projets qui parlent parce qu’un film qui ne vous parle pas finit dans le tiroir et ce n’est pas la place d’une œuvre d’art.

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On voit bien qu’elle aime l’art

Si un jeune béninois ou africain a un projet et est à la recherche d’un producteur pour son film, comment te contacte-t-il ?

A cause des difficultés financières, je ne produis que les films dans lesquels je joue.  Lorsque la boite de production grandira, je les produirai avec beaucoup de plaisir et ils pourront me joindre en passant par toi, Ecranbenin.

Dernière question : imagine toi séquestrée par des individus, ils serrent ton cou, tu vois la scène ? Et là ils te disent « Lucie, aujourd’hui tu dois choisir entre l’actorat et la production ».

(Rire) Ton schéma est bizarre hein. Question piège ! Je choisirai l’actorat parce que c’est un métier qui me passionne et dans lequel je m’épanouis. Je l’aime, c’est mon premier amour.

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Lucie et moi à la fin de l’entretien

Crédit photo: Page FB Lucie Memba Bos

APPEL A FILMS FIFF COTONOU 2019

L’association ECRANBENIN a l’honneur de porter à la connaissance des femmes professionnelles du cinéma que les inscriptions pour la sélection des films de la 1ere  édition, prévue pour se tenir du 13 au 17 septembre 2019 , sont ouvertes.

La sélection comporte deux sections principales :

  • la section compétition officielle des films courts-métrages qui est réservée aux films de réalisatrices africaines

NB : Aucun film de plus de deux (02) ans d’âge au 31 Mai 2019 ne sera sélectionné.

  • la section hors compétition qui est ouverte aux films des cinéastes femmes du monde :

–  films abordant les problèmes auxquels les femmes sont confrontées;

– films mettant en exergue le savoir-faire ou le parcours d’une femme afin d’inspirer les autres femmes.

 

Toute inscription à la sélection implique l’acceptation des conditions et du règlement de la 1ere  édition du FIFF Cotonou https://www.ecranbenin.net/?page_id=63

Les dossiers d’inscription sont recevables à l’adresse électronique  au fiffcotonou@ecranbenin.net au plus tard le 31 Mai 2019

FIFF COTONOU

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15eme édition du festival international cinéma et migration d’Agadir : le Bénin était à l’honneur

Le Festival International Cinéma et Migration d’Agadir est un festival qui se déroule de 15 ans dans la ville d’Agadir situé au sud du Maroc.  Depuis deux ans, le festival s’est ouvert sur l’Afrique. Ainsi, la Cote d’Ivoire et le Cameroun ont été reçu comme invités d’honneur. Cette année, le Bénin était sous les feux des projecteurs. Un hommage a été rendu au grand réalisateur béninois Sylvestre Amoussou, de nombreux reportages ont été réalisés sur la délégation béninoise et sur le cinéma béninois. Une soirée a été consacrée au Bénin durant ce festival. J’ai participé à ce beau festival, Voici le best of en image.

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La délégation béninoise à l’ouverture du festival

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Sandra Adjaho, actrice béninoise

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Sylvestre Amoussou, honoré durant la spéciale soirée « Bénin »

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Au milieu, l’actrice marocaine Fatima Boujou dans une tenue traditionnelle du Bénin

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Le drapeau du Bénin était sur le lieu du festival

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Bien sur on a fait du tourisme

Voici la célébration du Bénin en vidéo.

(T) Here Global Festival : Le Bénin à l’honneur cette année.

Le Festival (T)here Global, organisé par l’université Sunny Purchase, à New York aux États-Unis fait un spécial focus sur le Bénin. Cette édition du festival permettra aux New-Yorkais de découvrir le Bénin à travers :
un concert donné par le groupe de musique béninois BIM (Bénin International Musical). Ce groupe réputé pour son mélange de chant vodoun et de modernité va poser ces valises pour la première fois aux Etats-Unis et y faire la promotion du drapeau tricolore;
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la Diva de la musique béninoise, Angélique Kidjo, première femme africaine à figurer dans le magazine Forbes et détentrice de 3 grammy awards animera une communication sur le thème : Artiste comme activiste;
Marie-Cécile Zinsou de la fondation Zinsou, elle donnera une conférence sur l’art panafricain contemporain;
le plasticien béninois Hector Sonon, déjà à New york pour une résidence artistique, qui fera une exposition avec un jeune photographe béninois, Audace Aziakou (Dah Photography).
Plusieurs autres conférences, colloques, goûters africains et autres activités sont également prévus. Des films seront aussi projetés à ce festival et, puisque nous sommes sur un blog cinéma, je vous offre un aperçu des films à voir à l’écran.
In search of Voodoo : Root to heaven de Djimon Houssou.
L’acteur hollywoodien d’origine béninoise, deux fois nominés aux oscars, fait son baptême en réalisation avec ce documentaire, lequel raconte l’histoire originelle du voodoo.
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Wax In the city de Elie Seonnet.
Dans ce documentaire, Flora coquerel (Miss France 2014 et franco béninoise) va découvrir le wax avec une Afrique dynamique, et positive. Elle se promène à Dantokpa, le plus grand marché ouest-africain situé à Cotonou; chez la nouvelle génération de designers Nanawax, Elie Kuame, dans les rues de Paris; en Hollande où se trouve la grande fabrique du wax, au Sénégal, au Burkina Faso,…pour comprendre le WAX.
Les films réalisés par les étudiants lors du voyage d’échange entre les étudians de l’ISMA (Bénin), ceux de Sunny Purchase (USA) et ceux de Ciné Institute (Haïti). Ces films, venus de différents pays et qui abordent des thèmes tels que la recherche de son identité culturelle, la famille, l’amour, la violence et autres, seront présentés au public.
Blanc-Noir et Heureux de Cornélia Glele
Ce film, qui a été produit par l’ISMA et réalisé par moi, sera aussi projeté pour la première fois aux États-Unis. Le film raconte l’histoire d’un photographe béninois, Cyrille Vito, qui va à la découverte des albinos afin de mettre en exergue un côté que personne ne voit jamais, le côté heureux de ces personnes.
(T)Here Global festival aura lieu du 27 au 29 septembre prochain à l’université Sunny Purchase. Si vous désirez en savoir plus, cliquez sur ce lien.   .Vous aurez le programme complet du festival et les détails sur la billetterie.