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In the search of  Voodoo : Djimon Hounsou alterne documentaire et grand reportage.

Rétablir l’histoire du Vodou, c’est la mission que s’est donné l’acteur et producteur béninois Djimon Hounsou en prenant une nouvelle casquette : celle de réalisateur.  «  Le vodoun est une part de notre tradition, de notre culture » dixit Djimon Hounsou

Deux fois nominés aux oscars, Djimon fait partie de la distribution de grands films américains tels que Blood Diamond, Fast and Furious 7, Gladiator.  Son premier film est In the search of Voodoo : Root to heaven, un long métrage documentaire, réalisé sur le Vodoun béninois en  2018. Ce film a  été co-écrit avec le scénariste et monteur américain  Thompson Douglas.

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Djimon Hounsou

 

Après l’avant-première à Lomé (Togo) et quelques festivals parcourus dans le monde, le film a été projeté lors du There Global Festival Celebrating Benin afin de faire découvrir au public américain le mythe du Vodou présent au Bénin. L’auteur traite de la thématique en toute neutralité, sans un réel point de vu.

Le film ressemble donc plus à un reportage qu’à un documentaire. Il veut comprendre le Vodoun, il va à la rencontre de divers adeptes de Vodoun qui lui racontent leurs affinités avec les dieux vodoun et les avantages à être adepte du Vodoun. En Face, Djimon Hounsou met des prêtres catholiques, des imams et des scientifiques qui sont, pour la plupart, contre le Vodoun. Cette dualité empêche de connaitre le point de vu réel de l’auteur même si son titre « A la recherche du Vodoun : des racines aux paradis » tente de nous dire qu’il veut restaurer l’image du Vodoun qui a été sali durant des siècles par la colonisation et les religions exogènes.

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Sur le plan technique, les images sont très colorées et dynamiques, les plans sont variés et agréables à voir. Le réalisateur nous propose même une petite scène assez intéressante,  qui n’était pas prévue et que son équipe a vécue pendant le tournage. Une façon de nous dire « on écrit le film mais c’est le terrain qui commande ».  Le son également est une grande réussite, avec en sus la voix d’un Djimon Hounsou narrateur qui captive l’attention durant les 65 minutes que dure le film.

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un Egun Egun dans in the search of VOODOO

In The Search of Vodoo est le film parfait à voir si vous voulez en apprendre plus sur le vodou. Cela vous aidera à vous faire votre propre opinion sur cette entité.

crédit photos: http://www.insearchofvoodoo.com

Le métier de Directeur de la photographie en 7 questions

Alain Nounagnon est directeur de la photographie et connaît depuis quelques années, un essor dans le métier. Nanti d’un Master of fine art en gestion de production, spécialité lumière, il travaille dans le cinéma et a déjà collaboré avec des réalisateurs de plusieurs pays. Il a, par exemple, travaillé comme premier assistant Directeur photo avec Kwaku Alston et Hervé Cohen sur, respectivement, « In the search of Voodoo » de Djimon Hounsou (si si, le fameux documentaire qu’on attend tous de voir) et Kids Against Malaria de Jon Fine. Ils sont unanimes : le gars connaît son job. Je l’ai donc rencontré et, devant des boissons fruitées, il m’a parlé du métier de Directeur Photo.
Qu’est ce que c’est que la tâche du directeur photo ?
Le directeur de la photographie ou chef opérateur prise de vue,  c’est celui-là qui est responsable de l’image lors d’une production cinématographique.
La tâche du directeur de la photographie est de veiller, lors d’un tournage, à la qualité technique et artistique de l’image. Le cadreur est là pour exécuter les ordres du directeur photo. Il intervient avant,  pendant et après une production cinématographique.
Avant une production cinématographique,  c’est lui qui définit la caméra à utiliser,  les objectifs,  les angles de prise de vues, les filtres,  les lumières et qui établit le découpage technique avec le réalisateur. Après le tournage, il a l’obligation de suivre le bon déroulement de l’étalonnage afin qu’on ne modifie pas la teinte qu’il a donnée au film.
Mais pourquoi le métier s’appelle Directeur de la photographie alors que le DP n’est pas sur le plateau pour prendre des photos ?
(Rire) j’attendais cette question !!! C’est vrai qu’on a des points communs mais ce n’est pas le même métier. Le DP crée la lumière alors que le photographe peut prendre les photos et les retoucher après. Maintenant, pourquoi la dénomination directeur de la photographie ? Je ne sais pas.

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Sur le plateau du film documentaire Okuta la pierre de Aymar Esse


Avec quelles personnes collabore t-il le plus sur un plateau ?
Le directeur de la photographie travaille en étroite collaboration avec le réalisateur. Il est le chef de l’équipe images. Il dirige les assistants-directeur de la photographie,  les cadreurs, les machinistes,  les électriciens en général et travaille aussi en post-production avec le monteur.
Ne peut-on pas se passer du DP sur un plateau surtout si on n’a pas beaucoup d’argent ?
Il est impossible de se passer d’un directeur de la photographie sur un plateau de tournage.
Mais malheureusement chez nous, ce métier n’est pas du tout connu. Ici par exemple, le producteur te parle de restrictions budgétaires et donc te paye juste pour venir cadrer son film. Et là, par passion, tu es obligé de jouer deux rôles :   celui du cadreur et du directeur de la photographie. De plus, tu as obligation de résultat.
Dois-je comprendre que ce sont les cadreurs qui deviennent DP ?
Pour devenir un directeur de la photographie, le processus normal est de faire une école de cinéma, faire tout au moins un Master 2 en gestion de l’image, spécialité lumière.
Par ailleurs, il est nécessaire de comprendre qu’être directeur de la photographie c’est une question de pratique et d’expériences.
Pour la petite histoire,  avant d’être un chef opérateur de prise de vues digne de ce nom, il faut d’abord être stagiaire de l’équipe image sur plusieurs productions, ensuite être cadreur sur plusieurs productions pendant des années et être assistant-directeur photo sur plusieurs années également afin d’acquérir beaucoup d’expérience. Après l’étape d’assistant, on peut maintenant t’appeler directeur de la photographie. En résumé,  c’est vrai qu’il faut au minimum 5 ans d’ études dans une école de cinéma,  mais pour être un directeur photo,  c’est plus la pratique et l’expérience afin de pouvoir acquérir l’aptitude nécessaire qu’il faut.
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Sur le plateau de tournage de « kids Against Malaria » De Jon FINE


Quel est le matériel du directeur photo ?
Il utilise tout ce qui touche à l’image, les gélatines, les lampes, la caméra, les objectifs,etc.
Est-ce un métier qui paie bien en Afrique ?
(Rire)merci d’avoir précisé en Afrique, car quand les productions internationales viennent ici,  on souffle un peu.  On ne vit pas encore totalement de notre métier,  on vit plutôt par passion pour le métier…