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Ensemble disons « Allez l’ecureuil » à Olivier Medjigbode

 

Hello je sais que c’est la période la CAN  et que tout le monde est préoccupé par la victoire des écureuils, ne vous en faites pas je le suis aussi. Mais comme on a l’obligation d’être champion partout  je viens vers vous afin qu’ensemble nous poussions un écureuil du cinéma : Olivier Olabode Medjigbodo.

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Olivier Olabode Medjigbodo

Olivier est un  jeune réalisateur béninois  spécialisé dans les documentaires. Il a été formé à l’institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel (ISMA-BENIN) en réalisation Cinéma et TV, il a  réalisé en 2014: AVO (Le Rituel) un  court métrage de 13min, en 2018 il a réalisé le  film documentaire Sur les traces du Raphia Hookeri. Ce que j’aime chez Olivier c’est qu’il est convaincu de la richesse du Bénin. Pour lui, Le Bénin est tellement riche culturellement  que jamais on ne pourra finir de faire des documentaires sur notre pays.  Il a d’ailleurs ardemment travaillé sur le projet de diffusion de film béninois sur l’ortb dont je vous avais parlé ici.

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Affiche du film Talibé, Co-réalisé par Olivier Medjigbodo.

Olivier est bon, ce n’est pas moi qui le dit. C’est sa sélection à   l’« International Documentary Masterclass « Interdoc » » c’est un évènement qui  est organisé par le Independent Film Center “Filmart” depuis 2011 en Serbie. Chaque  année, 10 jeunes réalisateurs dans le monde sont sélectionnés et on les aides à perfectionné leur futur projet de film documentaire.  C’est une opportunité unique pour tous ceux qui souhaitent développer leurs compétences en documentaire- scénarisation et réalisation de documentaires de création.  Alors sur les milliers de dossier reçu on peut être fière de dire qu’un jeune béninois fait partir des 10 meilleurs jeunes réalisateurs du monde.

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Olivier sur un plateau de tournage.

On peut le dire ou laisser cette raison de fierté rester un rêve. Pourquoi ???? Olivier n’est pas en mesure de financer à 100% son voyage. Il doit prendre en charge son transport et son visa pour la Serbie   qui lui revienne à un peu moins de 2 millions de franc CFA. Je vous demande donc de l’aider en contribuant financièrement à son voyage.

Nous croyons en nos footballeurs ??? Croyons aussi en nos cinéastes et soutenons-les.

Pour aider Olivier : Contactez le sur le 00229 96551330

Ou écrivez-nous via la page facebook de Ecranbenin ou via notre mail info@ecranbenin.net nous transmettrons fidèlement.

 

 

FESPACO 2019 : Deux films d’écoles représenteront le Bénin à ce cinquantenaire.

Du 23 février au 2 Mars 2019, Ouagadougou la capitale du Burkina Faso va vivre les 50 ans du plus grand festival de film et de télévision de l’Afrique. Le Bénin y sera représenté cette année avec seulement deux courts métrages d’écoles, contrairement à l’édition de 2017 à laquelle on était avec 8 films dont 7 en compétition.

A la veille de cette fête du cinéma africain, je vous propose de découvrir les deux films qui vont défendre nos couleurs nationales :

Incompris de Jaures Koukpemedji

Le film raconte l’histoire de Bryan, un jeune bachelier, qui rêve d’être artiste. Son désir est brisé par la volonté imposante et indiscutable de sa mère qui, elle, souhaite voir son fils devenir un médecin. Un bras de fer mère-fils est alors engagé.

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de Giscard Dah Fonton

Satya est une jeune fille de 17ans, orpheline de mère. Elle porte une grossesse de 8 mois dont Mélike âgé de 23ans est l’auteur. Satya vit dans la même maison que sa tante Merveille (interprété par Nadjibath Ibrahim), une jeune femme trentenaire, et Nan sa grand-mère. Merveille nourrit une haine à l’égard de Mélike pour une raison que seules Nan et elle connaissent. Nan demande à Merveille de changer de comportement envers le petit ami de sa nièce. Cette dernière n’y parvient qu’après une série d’évènements qui la renvoient dans son passé.

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Giscard et Jaurès, tous deux étudiants à l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuels ISMA, seront donc nos porte-étendards à ce FESPACO.

Aussi, le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou, étalon d’argent de Yennenga (2017), y assistera en tant que président du jury de la section court-métrage et films d’écoles.

Canal+ Benin Ecranbenin

Le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou

Alors, si vous serez au FESPACO 2019, on peut s’y retrouver. Il suffit de m’envoyer un mail sur info@ecranbenin.net.  Et quand vous y serez, faites un tour au stand du Bénin au MICA afin de découvrir notre cinéma et ce que nous offrons en terme de tourisme.

Rendez-vous est pris donc à Ouaga Doux Goûts ( Ouagadougou).

 

(T) Here Global Festival : Le Bénin à l’honneur cette année.

Le Festival (T)here Global, organisé par l’université Sunny Purchase, à New York aux États-Unis fait un spécial focus sur le Bénin. Cette édition du festival permettra aux New-Yorkais de découvrir le Bénin à travers :
un concert donné par le groupe de musique béninois BIM (Bénin International Musical). Ce groupe réputé pour son mélange de chant vodoun et de modernité va poser ces valises pour la première fois aux Etats-Unis et y faire la promotion du drapeau tricolore;
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la Diva de la musique béninoise, Angélique Kidjo, première femme africaine à figurer dans le magazine Forbes et détentrice de 3 grammy awards animera une communication sur le thème : Artiste comme activiste;
Marie-Cécile Zinsou de la fondation Zinsou, elle donnera une conférence sur l’art panafricain contemporain;
le plasticien béninois Hector Sonon, déjà à New york pour une résidence artistique, qui fera une exposition avec un jeune photographe béninois, Audace Aziakou (Dah Photography).
Plusieurs autres conférences, colloques, goûters africains et autres activités sont également prévus. Des films seront aussi projetés à ce festival et, puisque nous sommes sur un blog cinéma, je vous offre un aperçu des films à voir à l’écran.
In search of Voodoo : Root to heaven de Djimon Houssou.
L’acteur hollywoodien d’origine béninoise, deux fois nominés aux oscars, fait son baptême en réalisation avec ce documentaire, lequel raconte l’histoire originelle du voodoo.
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Wax In the city de Elie Seonnet.
Dans ce documentaire, Flora coquerel (Miss France 2014 et franco béninoise) va découvrir le wax avec une Afrique dynamique, et positive. Elle se promène à Dantokpa, le plus grand marché ouest-africain situé à Cotonou; chez la nouvelle génération de designers Nanawax, Elie Kuame, dans les rues de Paris; en Hollande où se trouve la grande fabrique du wax, au Sénégal, au Burkina Faso,…pour comprendre le WAX.
Les films réalisés par les étudiants lors du voyage d’échange entre les étudians de l’ISMA (Bénin), ceux de Sunny Purchase (USA) et ceux de Ciné Institute (Haïti). Ces films, venus de différents pays et qui abordent des thèmes tels que la recherche de son identité culturelle, la famille, l’amour, la violence et autres, seront présentés au public.
Blanc-Noir et Heureux de Cornélia Glele
Ce film, qui a été produit par l’ISMA et réalisé par moi, sera aussi projeté pour la première fois aux États-Unis. Le film raconte l’histoire d’un photographe béninois, Cyrille Vito, qui va à la découverte des albinos afin de mettre en exergue un côté que personne ne voit jamais, le côté heureux de ces personnes.
(T)Here Global festival aura lieu du 27 au 29 septembre prochain à l’université Sunny Purchase. Si vous désirez en savoir plus, cliquez sur ce lien.   .Vous aurez le programme complet du festival et les détails sur la billetterie.
 

Témoignage : J’ai occupé le poste de scripte sur une fiction

Le weekend dernier le réalisateur béninois Yaovi Amehounkpe m’a invité sur son plateau. Il m’a proposé le poste de script. Je savais que j’allais vous parler de ce poste à travers une interview avec une vraie scripte afin qu’elle nous explique en quoi consiste son job. Je le ferai mais en attendant, je partage avec vous  ce à quoi mes trois journées de tournages ont ressemblées.
Conférence de production
La veille du tournage, Le réalisateur a réuni l’équipe technique, il nous a expliqué pourquoi il a voulu de nous dans son équipe, ce qu’il attend de chaque personne et comment les trois jours de travaux vont se dérouler. Il m’a mise en relation avec Céline Atcho qui a occupé ce poste sur plusieurs plateaux. Céline m’a donc expliqué mes taches, elle m’a présenté comment on remplit la fiche de script et tous ce que je devais faire en tant que script.
 


Le job de script
Etant un film à petit budget j’avais en charge le clap également. Le matin, je notais toutes les séquences à tourner afin que le réalisateur se concentre sur ses acteurs. Je notais les informations de chaque séance sur le clap et j’annonçais après chaque REC (mis en marche de la caméra). Dès qu’on finit de tourner une séquence je note dans ma fiche de script si le son et l’image étaient bons. Ceci permet au monteur une fois le tournage achevé, de savoir qu’elles sont les prises qui sont exploitables et celles qui ne le sont pas. Le script est donc la mémoire du tournage, il doit savoir si toutes les séquences ont été tournées,  est ce que les dialogues prévues dans les différentes séquences sont respectées, est ce que le raccord est juste (Cliquez ici pour comprendre la notion de raccord au cinéma) et quelle est la qualité des séquences tournées.
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Je dois claper avant chaque scène


L’expérience
Au début j’avais un peu flippé n’étant pas sur mon territoire (mon truc c’est le documentaire) mais l’équipe de tournage a été vraiment sympathique avec moi. Il n’y a pas eu de discrimination. Les régisseurs  se sont assurés qu’on soit bien logés et nourris et que la cohésion règne dans l’équipe. On a donc au-delà du tournage passé d’excellents moments de blagues et de détentes à Dogbo (commune ou à lieu le tournage)
 

 
Le film
Je n’ai pas le droit dévoiler le film tant qu’il n’est pas sorti mais n’ayez pas peur nous aurons l’exclusivité. Je peux juste dire que c’est l’histoire d’un garçon béninois qui a été éduqué par un expatrié. Une fois âgé, le jeune homme essaie de retrouver ses parents biologiques.  Le film a connu la participation du célèbre acteur béninois Alexis Adadji  alias Tonton J et de certains autochtones de Dogbo qui à la fin m’ont fait gouter le Sodabi (alcool traditionnel béninois)  de Adja. La ligne éditoriale du blog n’étant pas culinaire je n’en dirai pas plus.
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Selfie avec Tonton J et Florida Zossoungbo (assistante caméra)


Des bisous

Nicole Dadjo, maquilleuse  de cinéma : « C’est un terrain quasi vierge »

Nicole Annick Dadjo est esthéticienne et maquilleuse sur les plateaux de films et exerce le métier depuis plusieurs décennies. Elle a été maquilleuse sur tous les films de Prince ogoudjobi (le réalisateur de la série Deuxième chance qui passe actuellement sur A+) et a également travaillé sur plusieurs autres productions béninoise, burkinabé, anglaise ; etc. Nicole enseigne le maquillage dans les écoles de cinéma. Elle m’a invité à suivre un de ses cours, l’interview a été réalisée juste après.
 
 
Nicole, qu’est-ce que le maquillage plateau et en quoi diffère-t-il du maquillage simple ?
Le maquillage plateau est un maquillage qui se fait au cinéma. Il tient compte du scénario. Quand le maquilleur reçoit le scénario, il le lit, fait son propre dépouillement et crée des maquillages en fonction de ce qui est écrit dans le scénario.  Il fait des effets au besoin, réalise le maquillage en fonction de l’éclairage du plateau et du lieu du tournage. Il faut donc avoir des notions de cinéma, être créatif, être rapide et avoir de la finesse alors que dans un maquillage simple on se contente juste de maquiller le sujet selon l’évènement.
Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ?
Au début, je détestais le maquillage. Je ne me maquillais même pas. Puis j’ai eu un boulot et dans la boîte, le maquillage était exigé. Plus tard, je me suis intéressée au cinéma et j’ai travaillé sur la production du film  Voyage à Ouaga . Sur le plateau, j’ai rencontré une grande maquilleuse qui s’appelle Amy Zouré. J’ai été fascinée par son travail. J’ai donc décidé de faire du maquillage plateau. Je me suis inscrite pour la formation à Paris-Bénin Esthétique et  j’ai ensuite bossé sur le tas pendant deux années. J’ai notamment travaillé sur les plateaux du réalisateur nigérian Tundé Kelani. Après, j’ai complété ma formation dans une école française à Arras. A tout ça, s’ajoutent les livres que j’achète, les recettes que je teste.

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Du miel, du café et d’autres ingrédients secrets pour fabriquer le faux sang pour les plaies


Quel est le projet sur lequel tu as eu du plaisir à travailler ?
J’éprouve du plaisir sur tous mes projets mais mon préféré reste Le retour du roi mais le film n’est pas encore sorti. J’aime ce projet parce que j’ai vraiment fait du progrès côté création. Je me suis surpassée et ça me rend vraiment fière.
Parlant fierté, qu’est-ce qui te rend vraiment fière dans ton métier ?
Je suis fière quand je finis mon travail sur un plateau et les gens disent « Waooh ! Le maquillage est beau. C’est vraiment réussi…»  ça me rend très fière. L’autre chose qui me rend fière, c’est partager ma connaissance avec les personnes que je forme.
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Un étudiant content après qu’on ai réalisé sur lui un saignement du nez et un hématome ? il devait pleurer normalement pour faire le jeu mais trop content du résultat il a tout le temps rigolé


En maquillage que réussis-tu le plus ?
Les plaies (rire) je les réussis, et à chaque fois, j’arrive à créer une nouvelle technique de plaie. Je crée aussi des matériels locaux parce que c’est cher d’importer des trucs d’Europe. Je n’utilise plus le latex par exemple mais je continue de faire des plaies. Je fabrique moi-même les pâtes à modeler.
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Elle adore réaliser les plaies. Pendant le cours ses élèves ont eu droit à plusieurs techniques, celle de la pâte à modeler, celle du coton, celle de la cigarette…


Qu’est ce qui serait assez fort pour te dissuade d’exercer ton métier.
(Longue réflexion) je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé un truc qui réduit mon amour pour le maquillage plateau. J’ai du plaisir à maquiller.
Quelles écoles recommanderais-tu à quelqu’un qui voudrait embrasser cette carrière ?
Au Bénin et en Afrique, je n’en connais pas vraiment. Je lui recommanderais de se faire former sur le tas d’abord et ensuite compléter sa formation en Europe. Mais si la personne dispose de moyens, elle peut directement aller dans une école en Europe. Je recommande aussi de se faire former en esthétique parce que c’est important de connaître la peau sur laquelle on veut travailler afin de ne pas irriter les gens. il y a aussi Youtube aujourd’hui elle pourra voir les tutoriels. Il faut aussi faire beaucoup de stage afin d’avoir la main.
Ok !trouve-t-on  vraiment du travail dans ce domaine ?
C’est un terrain assez vierge. Il n’y a pas beaucoup de maquilleurs dans l’industrie donc c’est vraiment facile d’avoir à faire. De plus, avec toutes les écoles de formations en réalisation, c’est sûr qu’il y aura de plus en plus de tournage.
Dernière question pour toi, les maquilleurs sont-ils bien payés sur les plateaux ?
Le maquilleur est payé au même titre que les autres techniciens. 50 milles franc CFA la journée. Mais au Bénin ce n’est pas toujours ça.
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Nicole montre la réalisation d’un maquillage du jour à ses étudiants