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FESPACO 2019 : Deux films d’écoles représenteront le Bénin à ce cinquantenaire.

Du 23 février au 2 Mars 2019, Ouagadougou la capitale du Burkina Faso va vivre les 50 ans du plus grand festival de film et de télévision de l’Afrique. Le Bénin y sera représenté cette année avec seulement deux courts métrages d’écoles, contrairement à l’édition de 2017 à laquelle on était avec 8 films dont 7 en compétition.

A la veille de cette fête du cinéma africain, je vous propose de découvrir les deux films qui vont défendre nos couleurs nationales :

Incompris de Jaures Koukpemedji

Le film raconte l’histoire de Bryan, un jeune bachelier, qui rêve d’être artiste. Son désir est brisé par la volonté imposante et indiscutable de sa mère qui, elle, souhaite voir son fils devenir un médecin. Un bras de fer mère-fils est alors engagé.

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de Giscard Dah Fonton

Satya est une jeune fille de 17ans, orpheline de mère. Elle porte une grossesse de 8 mois dont Mélike âgé de 23ans est l’auteur. Satya vit dans la même maison que sa tante Merveille (interprété par Nadjibath Ibrahim), une jeune femme trentenaire, et Nan sa grand-mère. Merveille nourrit une haine à l’égard de Mélike pour une raison que seules Nan et elle connaissent. Nan demande à Merveille de changer de comportement envers le petit ami de sa nièce. Cette dernière n’y parvient qu’après une série d’évènements qui la renvoient dans son passé.

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Giscard et Jaurès, tous deux étudiants à l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuels ISMA, seront donc nos porte-étendards à ce FESPACO.

Aussi, le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou, étalon d’argent de Yennenga (2017), y assistera en tant que président du jury de la section court-métrage et films d’écoles.

Canal+ Benin Ecranbenin

Le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou

Alors, si vous serez au FESPACO 2019, on peut s’y retrouver. Il suffit de m’envoyer un mail sur info@ecranbenin.net.  Et quand vous y serez, faites un tour au stand du Bénin au MICA afin de découvrir notre cinéma et ce que nous offrons en terme de tourisme.

Rendez-vous est pris donc à Ouaga Doux Goûts ( Ouagadougou).

 

Formation en jeux d’acteurs:Canal+ dévoile le potentiel artistique de 10 jeunes

La salle de cinéma Canal Olympia a abrité, du 04 au 08 février 2019, une séance de formation en jeux d’acteurs au profil des jeunes désireux. Ils étaient plus d’une centaine à s’inscrire mais seuls 10 d’entre eux ont pu bénéficier de cette formation initiée par Canal +, en collaboration avec le réalisateur Sylvestre Amoussou.

Canal

Le réalisateur béninois Sylvestre Amoussou

Dans ses propos liminaires, Sylvestre Amoussou a rappelé que la tâche n’a pas été du tout aisée, mais que grâce à la volonté de tout un chacun des candidats, cela a été une réussite. Il a profité de l’occasion pour inviter le gouvernement à accompagner le cinéma béninois qui a beaucoup de problème pour son essor:  » J’ai du mal à concevoir que le gouvernement de mon pays ait du mal à faire développer le cinéma mais j’ai foi qu’on aura très vite des nouvelles, surtout avec ces nouveaux visages qui vont bientôt illuminer les plateaux de tournage de films au Bénin et à l’international. J’ai eu envie de prendre des jeunes qui n’ont pas encore assez d’expérience pour leur donner les bases du métier. Beaucoup de gens pensent qu’être acteur, c’est faire le guignol, c’est s’amuser. Non, c’est un métier. Je leur ai appris la technique, le travail vocal, comment s’approprier un personnage, comment faire un travail intérieur et d’autres choses inhérentes à un bon jeu d’acteur. Ils ont l’essentiel et je les aiderai du mieux que je peux à continuer de travailler », a déclaré Sylvestre Amoussou, réalisateur et formateur.

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Après cette formation, ces jeunes acteurs, désormais conscients de l’immensité de la tâche qui les attend, ont promis ne pas abandonner leur formation. Ils devront non seulement se perfectionner, mais aussi rendre sur scène les notions acquises avec professionnalisme. « Ce n’est pas facile de se mettre dans la peau du personnage qu’on est en train de jouer. Et moi déjà cette semaine,  j’ai appris et j’ai retenu comment passer d’une émotion à une autre », a confié Yves René M’Bemba, bénéficiaire.

Pour la responsable de l’institution, l’objectif de ce projet est de détecter, d’éclore et de soutenir les talents africains. « Nous avons décidé, depuis la fin de l’année dernière, de lancer des formations parce que l’Afrique est devenu un continent phare pour le groupe Canal + et qu’il faut savoir redonner où il y a des talents. De plus en plus, nos programmes sont africanisés puisque c’est ce qui fonctionne. il faut donc que les gens se reconnaissent à la télé et pour se reconnaître, il faut des personnes locales qui puissent jouer les rôles pour que vous, vous puissiez vous abonner pour vous reconnaître. Donc c’est vraiment dans la chaîne de notre Adn de pouvoir proposer ces formations. Si on arrive à trouver des partenaires, des structures, des institutions et des ministères qui veulent nous accompagner nous sommes preneurs pour travailler tous ensemble », a martelé Grace Loubassou, responsable chargée des relations institutionnelles.

Sylvestre Amoussou n’a pas manqué de crier son ras le bol par rapport à la non émergence du cinéma béninois et l’accompagnement du gouvernement « C’est la principale raison qui m’a poussé à faire connaître beaucoup de Béninois à travers mon film « L’orage africain » avec lequel j’ai été au Fespaco et qui a remporté l’étalon d’argent. Bientôt le Burkina célébrera 50 ans de cinéma du Fespaco et je suis président du jury dans la catégorie court métrage et films d’écoles ». Et il poursuit en disant  » j’y vais, pas pour dire que le Bénin est pays d’honneur, mais en tant que béninois.  » « J’ai l’impression que c’est quand tu évolues ailleurs que le Bénin te reconnait » a t’il fait savoir. Après une semaine de formation, apprenants et formateurs sont fiers du travail abattu. Un projet que Canal+ va certainement renouveler pour faire éclore d’autres talents du cinéma béninois.

Marina Hounnou (coll)

 

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Photo de famille des jeunes formés

 

15eme édition du festival international cinéma et migration d’Agadir : le Bénin était à l’honneur

Le Festival International Cinéma et Migration d’Agadir est un festival qui se déroule de 15 ans dans la ville d’Agadir situé au sud du Maroc.  Depuis deux ans, le festival s’est ouvert sur l’Afrique. Ainsi, la Cote d’Ivoire et le Cameroun ont été reçu comme invités d’honneur. Cette année, le Bénin était sous les feux des projecteurs. Un hommage a été rendu au grand réalisateur béninois Sylvestre Amoussou, de nombreux reportages ont été réalisés sur la délégation béninoise et sur le cinéma béninois. Une soirée a été consacrée au Bénin durant ce festival. J’ai participé à ce beau festival, Voici le best of en image.

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La délégation béninoise à l’ouverture du festival

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Sandra Adjaho, actrice béninoise

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Sylvestre Amoussou, honoré durant la spéciale soirée « Bénin »

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Au milieu, l’actrice marocaine Fatima Boujou dans une tenue traditionnelle du Bénin

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Le drapeau du Bénin était sur le lieu du festival

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Bien sur on a fait du tourisme

Voici la célébration du Bénin en vidéo.

Claire Diao: « Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone »

J’ai connu Claire Diao sur TV5 monde Afrique. En effet, je suis abonnée à la rubrique critique cinéma, qu’elle anime deux fois par mois en alternance avec Djia Mambu. Je me suis ensuite abonnée à son site Awotélé. Durant le Festival International de Film de Durban, je l’ai rencontrée en vrai et je lui ai posé quelques questions, après un copieux repas qu’on a partagé.
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Bonjour Claire, présente-toi pour mes lecteurs, s’il te plaît.
Je suis Claire Diao, journaliste et critique de cinéma franco burkinabé. J’ai une société de distribution qui s’appelle  SUDU connexion et j’ai créé qui s’appelle Quartiers lointains. J’ai également cofondé la revue cinématographique panafricaine Awotélé
Ta personnalité est attachée à beaucoup de mots tels que Awotélé, Sudu connexion, quartier lointain. Explique-nous amplement,si tu le veux bien, chacun de ses concepts.
Ok je vais y aller dans l’ordre.
En 2013, j’ai fondé Quartier lointain, qui est un programme itinérant de courts métrages et qui circule entre la France, les Etats-Unis et plusieurs pays d’Afrique. L’idée c’est de proposer, une année, des courts métrages français issus de la diaspora et une année les courts métrages issus de la diaspora d’Afrique, toujours autour d’un thème. Pendant un an, on circule donc avec les films et on reverse les frais de locations aux producteurs.
En 2015, j’ai cofondé avec Michel Amarger une revue de cinéma qui s’appelle Awotélé et qui est publié trois fois par an à l’occasion des grands festivals du continent : les journées cinématographiques de Carthage, le festival international de Durban et le Fespaco au Burkina Faso. C’est une revue bilingue, français-anglais, avec des distributeurs à travers toutes l’Afrique.
En 2016, j’ai monté la société de distribution Sudu Connexion, pour porter à la fois Quartier lointain et Awotélé, mais aussi pour pouvoir proposer aux programmateurs, aux festivals et au chaines de télévision des contenus  d’Afrique et de sa diaspora qui manquent cruellement de visibilité.

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Le dernier numéro de Awotele


N’est-ce pas beaucoup pour une seule personne ?
J’essaie de m’entourer. J’ai beaucoup lancé les projets bénévolement. Cela demande beaucoup d’énergie, de trouver les financements et j’espère, à terme, avoir suffisamment de moyens pour pouvoir embaucher des personnes capables de supporter chacun de ces projets, afin de pouvoir déléguer au maximum.
Tu maîtrises très bien le cinéma anglophone et celui francophone en Afrique. Selon toi, où est-ce que le cinéma connait une belle ascension actuellement ?
Je pense que le cinéma anglophone est en train de prendre le pas sur celui francophone, notamment parce que le cinéma francophone a beaucoup été financé, par la France par exemple, par l’Europe et se développe un peu moins quand il y a une absence de financement. A l’inverse des anglophones qui ont toujours été habitués à se débrouiller d’eux-mêmes et ils ont une vision un peu plus business et commerciale du cinéma alors que du côté des francophones, il y a un amour du film, un amour du cinéma d’auteur.
Tu as récemment fait sortir un livre, Double vague. De quoi traite t-il?
Double vague, c’est le résultat de cinq années d’articles, d’interviews, avec une cinquantaine de cinéastes français, pour la plupart nés dans une double culture souvent de parents étrangers venus en France. Ils ont grandi en tant que Français et cela interroge leur place dans la société et l’image qu’ils ont envie de donner de la France, des gens qui leur ressemblent notamment parce qu’il y a beaucoup de discrimination en France, de représentation stéréotypée des personnes issues de la diaspora.
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Double Vague


Claire, connais-tu le cinéma béninois ? Que sais-tu de notre cinéma ?
Je sais assez peu de chose du cinéma béninois. Je connais le cinéaste Sylvestre Amoussou qui est l’un des principaux cinéastes à présenter des films aux FESPACO et qui auto-produit ces films. J’ai participé en 2012 au festival quintessence de Ouidah. Ça a été ma seule fois au Bénin. J’ai rencontré quelques cinéastes de courts métrages comme Kismath Baguiri. J’ai rencontré aussi Dorothé Dognon qui était directeur de la direction de cinématographie. Et je connais enfin le critique de cinéma Espera Donouvossi et l’ISMA qui est une école de cinéma au Bénin.
Dernière question  Claire, quel est ton top 5 des réalisateurs africains qui vont émerger dans les 10 prochaines années?
Top 5 oulala !!!! C’est dur d’en nommer, ils sont tous talentueux. Je pense que je continuerai de parler de Sibs Shongwe-La Mer, un sud-africain qui avait présenté « Necktie Youth » il y a deux ou trois ans et qui a eu beaucoup de succès, surtout du côté anglophone. Jim Chuchu du Kenya qui a fait avec le collectif NEST « Stories of our lives », qui se démarque avec son approche multidisciplinaire puisqu’il fait aujourd’hui des expositions photos de la réalité virtuelle. Je pense aussi à Kaouther Ben Hania, la réalisatrice tunisienne du film « La belle et la meute », elle s’est fait une place sur la scène internationale et je pense qu’elle continuera à se démarquer dans les années à venir. Le quatrième c’est Dieudo Hamadi de la République démocratique du Congo qui se fait remarquer dans l’univers du documentaire et cinquième Wanuri Kahiu, Rungano Nyoni qui se sont toutes deux faits repérer avec des courts métrages et qui sont passés au premier long avec « Rafiki » et «  I am not a witch ». j’aimerais que sur les prochains films elles nous surprennent, nous épatent. J’ai triché. Il y a ex æquo (rire).
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Claire Diao durant le Festival International de Film de Durban


Crédits Photos: Page Facebook Claire Diao.